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C’est Noel ! Même si ce n'est qu'un rattrapage de l'inflation, la revalorisation des honoraires médicaux s'applique enfin, et dans un parfait timing, à partir du 22 décembre 2024.
La plupart des logiciels de facturation seront mis à jour automatiquement, mais il est plus prudent de s'en assurer malgré tout.
Parmi les évolutions notables : les actes de nuit et du dimanche disparaissent en télémédecine et subissent une cure d’amaigrissement conséquente en présentiel (sauf justification médicale). Il a toutefois été décidé que l’application de cette mesure serait progressive et regardée de près dans les mois qui viennent. Il est bon de le savoir, à une période où les jours fériés sont nombreux.
L'accès aux soins en médecine spécialisée, une enquête-réalité
L’URPS ML Grand Est, et plus particulièrement son Collège des Spécialistes, a réalisé une enquête de grande ampleur sur la réalité des délais d’obtention de rendez-vous auprès de 9 spécialités parmi les plus en tension.
Les résultats, incontestables, sont impressionnants. Ils ont été présentés à la presse vendredi dernier et ont déjà fait l'objet de publications (voir plus bas).
L'enquête a été commandée auprès de l'institut CSA, qui a contacté TOUS les médecins de la région avec 2 scénarios : un nouveau patient sollicitant un rendez-vous dans un contexte non-urgent et un contexte semi-urgent.
Les résultats mettent en lumière une situation difficile, après des années de numérus clausus et le départ en retraite massif des médecins, dans un contexte où les patients sont de plus en plus âgés et où les prises en charges se complexifient. Mais ils soulignent également une activité des médecins spécialistes du Grand Est supérieure à la moyenne nationale.
Outre la mise en lumière de la réalité de l'accès aux soins dans notre région, l'enquête du collège des spécialistes montre clairement le danger de la financiarisation de la médecine et rappelle que la régulation à l’installation ne règle rien.
L’URPS ML Grand Est suggère quelques pistes d’amélioration, telles que la généralisation des stages chez les spécialistes libéraux, l’encouragement à l’installation et au cumul emploi-retraite, le travail collaboratif (secrétariats, assistants et IPA notamment), l’utilisation des outils numériques (DMP, messagerie et téléexpertise) et l'évolution de l’organisation des cabinets avec le développement des sites secondaires ou encore des avancées conventionnelles comme l’élargissement de la MCU ou la mise en place des Equipes de Soins Spécialisées (ESS).
On soulignera que l’enquête concerne le cas d'un patient qui ne bénéficie pas de l’appui d’un médecin traitant qui qualifie le besoin pour lui : cela reste heureusement une situation courante qui permet de diminuer les délais.
Enfin, l’évolution de certaines spécialités comme l’ophtalmologie et la chirurgie orthopédique montrent que l’augmentation du nombre de médecins et la réorganisation du travail vont obligatoirement améliorer la situation actuelle, qui marque le creux de la vague.
Dr Claude Bronner
Président de l'URPS ML Grand Est
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