“Le 4 juillet, il a présenté une symptomatologie, faites de courbature, de fièvre et de toux sèche. Le 7 juillet, le test PCR a confirmé l’atteinte au COVID-19. Immédiatement, l’hôpital a été confiné, les opérations ont été arrêtées. Des tests PCR pour l’ensemble des soignants de l’hôpital sont en cours pour détecter la présence d’autres cas éventuels. Bien entendu, ce que nous pouvons craindre, c’est un foyer, qui puisse se répandre sur l’ensemble de la population, qui est extrêmement fragilisé et pour lequel le confinement paraît totalement impossible. “
Pr Raphaël Pitti, responsable formation de l'UOSSM, médecin anesthésiste réanimateur.
“Jusqu’à maintenant, il n’y avait pas de cas COVID-19, car il y avait très de peu de mouvement dans le nord ouest, c’était une zone enclavée. Avec ce 1er cas, l'inquiétude se fait sentir auprès des soignants en Syrie. Beaucoup de questions se posent. Il y a une inquiétude pour sa femme, qui est aussi médecin, qui travaille à Al-Bab (région d’Alep) et à qui il a rendu visite quelques jours auparavant."
Dr Ziad Alissa, président de l'UOSSM France, médecin anesthésiste réanimateur.
La confirmation d’un cas de COVID-19 dans le nord-ouest de la Syrie est particulièrement inquiétante, car elle intervient lors des négociations du Conseil de sécurité de l’ONU sur le sort de la résolution transfrontalière qui permet l'acheminement de l'aide humanitaire dans la région.
“En ce moment, au niveau des Nations-Unies, se discute la prolongation des deux corridors humanitaires, qui devaient venir à terme en juillet 2020. Il est important que nous puissions agir pour que l’aide humanitaire puisse être prolongée de 12 mois au lieu de 6 mois. Cette aide humanitaire est essentielle pour la région. Sur 4,2 millions d’habitants, 2,8 millions sont des déplacés de guerre (réfugiés) qui vivent dans des camps.”
Pr Raphaël Pitti, responsable formation de l'UOSSM, médecin anesthésiste réanimateur.
Un système de santé sinistré et peu équipé face au COVID-19
Il n’y a que 201 lits de soins intensifs et 95 respirateurs disponibles dans tout le nord-ouest syrien. Hors soins intensifs, on comptabilise un lit médicalisé pour 1 363 habitants. Beaucoup moins que toutes les normes internationales, et moins que les normes humanitaires.
600 médecins seulement sont présents dans le nord-ouest de la Syrie, pour 4,2 millions de personnes. Soit, 1,4 médecins pour 10 000 habitants. Ils opèrent 500 000 actes médicaux gratuits par mois.