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[UPDATE - ATTAQUES CHIMIQUES]

Attaques massives à l’arme chimique en Syrie ce matin : 100 personnes tuées et près de 400 victimes d’asphyxie

Paris, le 4 avril 2017. Update : A 17h15, le bilan des attaques chimiques est de 100 morts par suffocation et 400 victimes suite à plusieurs attaques chimiques massives au gaz toxique depuis ce matin dans le village de Khan Sheikhoun au sud de la région d'Idlib. Le centre des casques blancs de Khan Sheikhoun, ainsi que l’hôpital Al-Rahme ont été aussi touchés par une attaque chimique. On recense plus d’une quarantaine d’attaques depuis 6h30. Elles continuent encore en ce moment.  Le bilan ne cesse de s’aggraver alors que les attaques continuent de se poursuivre dans la région d’Idleb mais aussi des attaques non-chimiques à Hama.Une conférence de presse a été organisée aujourd’hui, 16h00 (15h00 - heure française), à Gaziantep, en présence de l’UOSSM et des autres ONG présentent sur le terrain. Voici la vidéo : https://www.facebook.com/uossm.org/videos/1316911401721585/

Des attaques massives condamnées avec force par l’UOSSM qui viennent malheureusement confirmer la situation présentée dans notre rapport exclusif “Syrian hospitals surveillance study” que nous venons de publier. L’étude, publiée par l’Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux (UOSSM), fait un état des lieux de 107 hôpitaux au Nord et au Sud de la Syrie et révèle que tous ont été atteints par des frappes aériennes au moins une fois depuis 2016 – certains jusqu’à 25 fois.

“Notre rapport est le plus complet parmi ceux qui existent à ce jour, et les résultats sont édifiants.” déclare le Dr Ziad Alissa, président de l’UOSSM France. “Nous soupçonnons depuis longtemps le ciblage délibéré des hôpitaux syriens par les frappes aériennes  - notre rapport le confirme. Il y a maintenant des preuves accablantes que les frappes visant ces hôpitaux ne sont pas accidentelles, et sont en réalité une stratégie militaire délibérée. Il ne peut plus y avoir de doute : les entités qui contrôlent les zones aériennes en Syrie attaquent délibérément les établissements médicaux. Comme l’Article 14 de la quatrième Convention de Genève désigne explicitement les hôpitaux comme étant des zones protégées, les 289 attaques contre des hôpitaux syriens sont des crimes de guerre, et l’ONU est mandatée pour prendre des mesures afin de stopper ces attaques maintenant", ajoute-t-il.

Plusieurs attaques recensées en mars 2016 dont celle d’un des centres de santé de l’UOSSM

"Alors que nous tenions notre conférence annuelle à Genève le 25 mars 2017 et que nous nous préparions à publier notre rapport, un hôpital était frappé par trois attaques aériennes et était mis hors service à Kafr Nabel, Idleb. Le 25 mars à Hama, des armes chimiques étaient larguées depuis un hélicoptère, tuant un chirurgien volontaire alors qu’il opérait sur un patient. Ces attaques laissent une marque sur toute l’humanité et sont un rappel honteux de l’inaction de la communauté internationale vis-à-vis de la protection de l’infrastructure médicale en Syrie", déclarait le Dr. Tawfik Chamaa de l’UOSSM Suisse.

Depuis, les frappes se sont multipliées. Le 28 mars, une installation médicale soutenue par l’UOSSM à Kafr Nabudah a été mise hors service après avoir été bombardée à 13h30 heure locale. Un membre du personnel a été légèrement blessé et le bâtiment, la fondation, le générateur, les portes, les fenêtres et les murs ont été endommagés, selon la Direction de la Santé de Hama. Le Dr Ziad Alissa, président de l’UOSSM France, a déclaré : "Ce sont des informations très inquiétantes, car de nombreuses personnes dans l'ensemble de la région comptent sur cette installation médicale pour recevoir des soins médicaux d'urgence et non urgents, et ils n'y ont plus accès".

Le 30 mars, la zone de Latamneh, toujours à Hama, a été touchée par une frappe aérienne faisant au moins 70 blessés, dont des membres du personnel médical. Les quartiers de Tashreen et de Qaboun, dans l’Est de Damas, ont également été attaqués à l’arme chimique, blessant des dizaines de personnes par intoxication. De nombreux membres du personnel médical ainsi que des chauffeurs d’ambulance ont été victimes d’irritations bronchiques lors du transport et du traitement des patients touchés par l'attaque. Suite à ces bombardements, l’usine pharmaceutique d’Ibn al Haitham à Alep Ouest est hors service. Le Dr Ziad Alissa, demande à l’OIAC (Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques) de réagir rapidement face ces graves violations du droit international.

Les conclusions-clés du Rapport de Surveillance des Hôpitaux Syriens :

  • Tous les hôpitaux examinés à Alep, Idleb, Lattaquié, Hama, Daraa, Quneitra et Homs ont été atteints au moins une fois par une frappe aérienne directe ou indirecte en 2016. Certains hôpitaux ont été frappés jusqu’à 25 fois. La moyenne est de trois attaques pour un hôpital.
  • Les trois-quarts des hôpitaux examinés étaient situés dans des bâtiments non destinés à accueillir des infrastructures médicales et étaient en fait des hôpitaux improvisés, mal équipés pour apporter les soins médicaux nécessaires.
  • Plus de la moitié du personnel dans ces hôpitaux n’avait reçu aucune formation pour répondre à des frappes aériennes, ni pour les documenter, et un tiers du personnel médical n’avait pas d’expérience en sécurité du travail ou en gestion des risques.
  • Il y a une pénurie alarmante en spécialités médicales comme la chirurgie vasculaire, la neurochirurgie et la chirurgie plastique, ainsi qu’en équipement nécessaire.
  • Suite à ces constats, l’UOSSM conclue pour la première fois que de nouvelles mesures sont requises en urgence pour protéger les hôpitaux et le personnel de santé contre les frappes aériennes.
  • Le rapport complet est disponible ici.

Note : la réalisation du rapport de l’UOSSM a été rendue possible grâce aux nombreuses directions médicales et les organisations actives sur le terrain pour sauver des vies.

  L’UOSSM, Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux est une organisation humanitaire médicale française et  internationale dont la mission est d’apporter secours et soins médicaux aux populations affectées par le conflit en Syrie, sans aucune considération pour leur nationalité, leur origine ethnique, leur sexe, leur religion ou leur affiliation politique. Crée en 2012, l’UOSSM a déployé son action autour de cinq programmes majeurs en Syrie pour accompagner et soutenir le personnel soignant, les victimes civiles et les malades au quotidien : la construction et le soutien d’hôpitaux, la mise en place de centres de soins primaires, de centres de soutien psychologique et de santé mentale, la formation du personnel médical et la recherche médicale. L’UOSSM soutient plus de 120 hôpitaux et plus de 200 centres de santé à travers toute la Syrie. 
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