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Mobiliser dès maintenant la première ligne de soin pour mieux anticiper les épisodes de grandes chaleurs
Pas de doute, la planète se réchauffe, avec des conséquences multiples, où que l’on soit sur le globe. Le changement climatique n'est vraiment plus une menace lointaine, mais une réalité palpable. Si l’on zoome sur la région Grand-Est, zone à climat continental, on sait que les épisodes de grandes chaleurs ou de canicule vont y devenir de plus en plus fréquents.
Au plan sanitaire, il est crucial de se mobiliser à tous les niveaux pour limiter au mieux les conséquences pour la santé individuelle et publique de ces périodes de grandes chaleurs. Des alertes sont possibles, mais les prévisions météorologiques manquent encore de précision pour annoncer bien en amont les vagues de chaleur.
Face à cette menace, les autorités ont mis en place des dispositifs dédiés. Le Plan Canicule, activé chaque année du 1er juin au 15 septembre, inclut l'organisation de la permanence des soins en médecine ambulatoire et la programmation anticipée des capacités d'hospitalisation.
Mais on doit faire mieux et construire, avec la population et avec les responsables locaux une culture de prévention face aux vagues de chaleur. Il est essentiel que chaque citoyen adopte les bons réflexes en cas de canicule.
Les médecins généralistes ont un rôle à jouer dès maintenant dans la sensibilisation et l'éducation de leurs patients sur les risques liés à la chaleur et les mesures de prévention.
Dans ce bulletin, les grandes lignes de ce qui est mis en place et des pistes et des outils pour faire au mieux.
Dr Claude BRONNER
Président de l'URPS ML Grand Est
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DOSSIER DE LA SEMAINE
Fortes chaleurs et canicule : la santé en surchauffe
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Les vagues de chaleur, de plus en plus fréquentes et intenses sous l’effet du changement climatique, représentent un défi croissant pour la santé publique. Elles exacerbent les risques pour les populations vulnérables (personnes âgées, femmes enceintes, nourrissons, populations précaires ou fragilisées par des maladies chroniques…), mais aussi pour tout un chacun, et mettent à rude épreuve les systèmes de soins.
Les médecins sont en première ligne pour anticiper et reconnaître les conséquences parfois silencieuses mais graves de ces épisodes extrêmes, de la déshydratation aigüe et des coups de chaleur aux exacerbations de maladies chroniques, en passant par l’augmentation des troubles cardiovasculaires et respiratoires…
Il est crucial de rester vigilants, d'informer nos patients sur les mesures préventives et de nous adapter à ces nouvelles réalités climatiques, en collaboration avec tous les professionnels de santé, les institutions et les populations, afin d’assurer une prise en charge optimale, d’atténuer l'impact des vagues de chaleur et de protéger au mieux la santé de tous.
De quoi parle-t-on ?
Quand le mercure monte, on parle de « vague de chaleur », un terme générique qui désigne une période au cours de laquelle les températures peuvent entraîner un risque sanitaire pour la population. On parle ainsi de vague de chaleur nationale lorsque la température moyenne quotidienne nationale dépasse 25,3°C.
Le terme vague de chaleur recouvre plusieurs situations qui diffèrent selon leur durée et leur intensité :
- Pic de chaleur (vigilance jaune) : chaleur intense de courte durée (un ou deux jours) présentant un risque sanitaire pour les populations fragiles ou surexposées.
- Épisode persistant de chaleur (vigilance jaune) : températures élevées qui perdurent dans le temps (supérieur à trois jours).
- Canicule (vigilance orange) : période de chaleur intense pour laquelle la combinaison des températures minimales et maximales atteint ou dépasse les seuils départementaux durant trois jours et trois nuits consécutifs. En Grand-Est, selon les départements, les seuils en journée vont de 33 à 35°C et les seuils de nuit de 18 à 19°C.
- Canicule extrême (vigilance rouge) : canicule exceptionnelle par sa durée, son intensité, son étendue géographique, entrainant un fort impact sanitaire et sociétal.
Anticiper et surveiller
Suite à la canicule de 2003, le ministère chargé de la santé a mis en place un dispositif national de gestion sanitaire des vagues de chaleur. Ce dispositif a été révisé en 2021 (guide ORSEC gestion sanitaire des vagues de chaleur). Un plan national de gestion des vagues de chaleur prolonge ce dispositif en l’élargissant aux impacts non directement sanitaires : transports, énergie, agriculture, éducation, sports…
La préparation et la gestion sanitaire des vagues de chaleur reposent sur 6 piliers :
1/ Un dispositif national de vigilance météorologique, porté par Météo France, avec 4 couleurs (vert, jaune, orange, rouge) qui indiquent le niveau de vigilance correspondant à la gravité de l’évènement. Ce dispositif de veille est activé du 1er juin au 15 septembre, chaque année.
Avec 33 journées, l’année 2022 détient le nombre record de jours de vagues de chaleur pour un seul été, loin devant 1983 (23 jours) et 2003 (22 jours). L’été 2024 se classe quant à lui au 8e rang des étés les plus chauds depuis 1900.
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2/ Une surveillance sanitaire, nationale et territoriale, portée par Santé publique France et activée en période de vigilance orange ou rouge. Dans le cadre de cette surveillance, santé publique France analyse :
- les données de morbidité (nombre de passages aux urgences et nombre d’actes de médecine d’urgence de ville (SOS médecins)) pour les pathologies susceptibles d’être en lien avec la chaleur. Ces données permettent de mesurer les variations de sollicitation du système de santé, de détecter rapidement toute éventuelle mise en tension et d’identifier les classes d’âges les plus impactées ;
- les données de mortalité : ces données ne sont pas disponibles au décours immédiat d’une vague de chaleur mais sont publiées à l’issue de la saison estivale ;
- les données relatives aux accidents du travail mortel, possiblement en lien avec la chaleur.
Des bilans régionaux sont édités : bilan Chaleur et Santé Grand-Est, été 2024.
3/ Un dispositif de prévention et de communication visant à sensibiliser la population sur les gestes à adopter pour se protéger individuellement et à mettre en place des mesures de protection collective. De très nombreux outils utiles à partager avec les patients sont disponibles : supports de prévention (dépliants, brochures, affiches) en plusieurs langues, infographies…
Le site « Vivre avec la chaleur » donne accès à de nombreux conseils sur les comportements à adopter et la façon d’adapter son mode de vie et ses activités en cas de fortes chaleurs.
En période de canicule ou de canicule extrême, lorsque le dispositif national d’appui et de conduite de crise sanitaire est activé, des actions de communication complémentaires à celles mises en œuvre par les acteurs locaux peuvent être déclenchées au niveau national : activation du numéro vert « Canicule Info Services » (0800 06 66 66) ; diffusion de spots télé et radio ; partenariat avec les entreprises de transports et les autorités en charge des mobilités…
4/ Une disposition spécifique ORSEC relative à la gestion sanitaire des vagues de chaleur.
5/ Une disposition spécifique ORSAN EPI-CLIM, cadre de préparation et de réponse opérationnelle du système de santé face aux situations sanitaires exceptionnelles. Il a pour objectif d’organiser à l’échelle de la région la réponse du système de santé en assurant sa montée en puissance.
6/ Un dispositif national d’appui et de conduite de crise.
Agir au-delà du monde de la santé
La lutte contre les risques canicule ne s’arrête pas au monde de la santé.
Une approche multidisciplinaire et communautaire est essentielle. Elle doit concerner les professionnels de la santé, ceux de de l’urbanisme, de la construction et de l’aménagement du territoire, aussi bien que toute la classe politique, les collectivités territoriales et locales, les employeurs et la population.
A titre d’exemples, des interventions de fond sont nécessaires pour rendre les villes plus résistantes face à la chaleur, en privilégiant des solutions respectueuses de l'environnement et peu énergivores ; les communes peuvent mettre en place des registres canicule pour recenser et aider les personnes vulnérables, favoriser l'accès à des logements temporaires et à des structures d'hébergement, ainsi qu'à l'eau et à l'hygiène ; les employeurs doivent évaluer quotidiennement les risques pour les travailleurs, surtout ceux travaillant en extérieur ou dans des environnements déjà chauds, et mettre en place des mesures de prévention adaptées (cadre réglementaire récemment renforcé)… La solidarité entre les générations et au sein de la communauté est également un élément clé.
Au-delà du cadre strictement médical, les médecins peuvent jouer un rôle central dans la lutte contre le risque canicule en sensibilisant les collectivités et les décideurs aux enjeux sanitaires du changement climatique. Ils peuvent promouvoir l'aménagement urbain durable (espaces verts, îlots de fraîcheur), encourager des politiques de logement adaptées (isolation thermique, accès à l'eau), et participer à l’éducation du public sur les comportements à adopter en période de chaleur extrême. Leur voix, à la croisée de la science et de l’intérêt général, est essentielle pour orienter des actions préventives à l’échelle sociétale.
Des outils pour votre pratique
Des outils et des informations pour vos patients
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NIVEAUX ET TENDANCE DES GASTRO-ENTÉRITES ET POLLENS
EN RÉGION GRAND EST
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Actuellement, l'activité des gastro-entérites en Grand Est est un peu au-dessus de la moyenne nationale, mais se situe à un niveau comparable à celui observé habituellement en cette période.
Sur le front des pollens, les pollens de graminées sévissent de façon importante partout en France. C’est le bon moment pour rappeler les conseils de prévention à vos patients.
Sources :
| | Frémissements sur le front de la circulation des SARS-CoV-2 : les autorités sanitaires prolongent la campagne de vaccination « de printemps » jusqu’au 30 juin | |
Mi-avril, les Autorités de Santé ont lancé une nouvelle vague de vaccination covid-19 dite « de printemps », courant jusqu’au 14 juin. Le constat justifiant cette campagne est simple : la faible circulation hivernale du SARS-CoV-2, le dernier pic épidémique de covid-19 remontant à septembre 2024 et la faible couverture vaccinale au cours de l'hiverlaissent raisonnablement penser que l'immunité de la population a diminué.
Cette campagne de vaccination concerne, comme l’an passé, les personnes dont les défenses immunitaires diminuent plus rapidement dans le temps :
- les personnes âgées de 80 ans ou plus ;
- les patients immunodéprimés, quel que soit leur âge ;
- les résidents des EHPAD/USLD ;
- toute personne à très haut risque selon chaque situation médicale individuelle et dans le cadre d’une décision médicale partagée avec l’équipe soignante.
Ces personnes peuvent recevoir une dose de vaccin covid-19 dès 3 mois après la dernière injection ou infection au SARS-CoV-2 (virus du covid).
Par ailleurs, toute personne souhaitant se faire vacciner, même si elle ne fait pas partie de la cible, peut recevoir une injection contre le Covid-19 (dès 6 mois après la dernière injection ou infection au SARS-CoV-2).
L’engouement autour de cette nouvelle campagne est resté plus que modéré.
Pourtant, depuis quelques semaines, on note un discret retour des cas de covid-19, notamment chez les seniors, et un nouveau variant de SARS-CoV-2 est signalé. Nul ne peut donc prévoir à ce jour ce qui va se passer dans les mois qui viennent, et la campagne de renouvellement vaccinal est prolongée jusqu’au 30 juin 2025. Il ne faut plus tarder à protéger les plus fragiles, et ce d’autant qu’on peut aujourd'hui dire, avec le nombre de doses injectées dans le monde, que les vaccins utilisés protègent contre les formes graves et sont très bien tolérés.
https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/dgs-urgent_no2025-14_prolongation_de_la_vaccination_covid.pdf
| | Cap au nord pour les chenilles processionnaires | | |
Initialement présentes dans le sud de l'hexagone, les chenilles processionnaires profitent du réchauffement climatique pour remonter vers les régions plus au nord. En Grand-Est, leur présence a déjà été signalée dans 5 des 10 départements de la région (Aube, Bas-Rhin, Haute-Marne, Marne et Meuse).
Les Processionnaires du pin (Thaumetopoea pityocampa) et les Processionnaires du chêne (Thaumetopoea processionea L.) sont des insectes (papillons) qui, au stade chenille, sont recouverts de poils urticants. Ces poils, que l’on retrouve sur les chenilles du 3e au 5e stade larvaire, dans les cocons, dans les nids et dans les sites d’enfouissement sont dangereux pour les humains et les animaux domestiques (chiens, chats, etc.). Ils peuvent être à l’origine de réactions graves (respiratoires, cutanées, des muqueuses ou de l’œil). C’est également une menace pour les exploitations forestières (défoliation des espèces présentes en exploitation forestière ou dans les parcelles urbaines).
Pour tout savoir sur ces insectes, les reconnaitre, connaître les mesures de prévention et la réglementation concernant ces espèces dont la prolifération est considérée comme nuisible à la santé humaine dans le code de la santé publique, mais aussi participer au signalement si besoin : https://chenille-risque.info/
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Bulletin rédigé par Open Rome pour l’URPS Médecins Libéraux Grand Est.
Illustration : Urbs
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