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De quoi parle-t-on ?
Les arbovirus regroupent un ensemble hétérogène de virus enveloppés à ARN, transmis à l’Homme par des arthropodes hématophages (moustiques, tiques, phlébotomes…) à partir d’un réservoir animal ou d’un individu infecté.
Il existe plus de 500 arbovirus, dont une centaine est pathogène pour l’Homme, notamment :
- des Flavivirus, dont les virus de la fièvre jaune, de la dengue, du Zika, du West Nile et de l’encéphalite à tique
- des Alphavirus, dont le virus du chikungunya
- des Phlebovirus, dont le virus Toscana sévissant dans le sud de la France et sur le pourtour méditerranéen.
Les arbovirus circulent principalement dans les régions tropicales ou subtropicales. Certains sont régulièrement importés (cas importés) en métropole par des voyageurs (dengue, chikungunya et Zika notamment). A leur retour, les voyageurs infectés peuvent en effet être piqués par un moustique tigre (Aedes albopictus), désormais implanté en métropole ou en Corse. Ce moustique peut ensuite transmettre le virus à d’autres personnes.
On observe aussi, depuis quelques années, une augmentation de l’incidence de cas autochtones dans les régions tempérées. On parle de cas autochtone quand une personne a contracté la maladie sur le territoire national et n’a pas voyagé en zone contaminée dans les 15 jours précédant l’apparition des symptômes.
Les modes de transmission sont essentiellement vectoriels. Une personne infectée peut, au retour de voyage, contaminer un moustique pendant la période de virémie, soit à partir de 2 jours avant les premiers symptômes environ et jusqu’à 7 jours après. Les moustiques tigres hexagonaux et corses (voir carte d’implantation ci-dessous), contaminés par des personnes virémiques au retour de voyage, peuvent ensuite transmettre le virus de façon "autochtone".
La transmission via les produits issus du corps humain (transfusions, greffes…) est également possible, mais elle est plus rare. Pour le Zika, la transmission par voie sexuelle pendant quelques mois après le début de l’infection existe, lors de rapports non protégés.
Les arbovirus peuvent aussi se transmettre directement de la mère à l’enfant, si la mère est infectée pendant sa grossesse.
La situation en France métropolitaine au 16 juillet 2025
Depuis le 1er mai 2025, début de la surveillance renforcée, plus de 1000 cas ont déjà été rapportés :
- 581 cas importés de dengue (dont 15 en Grand Est),
- 799 cas importés de chikungunya (dont 34 en Grand Est),
- 1 cas importé de Zika.
En métropole, la période d’activité des moustiques tigres, vecteurs de ces maladies, débute en mai. Alors que les cas autochtones, du chikungunya majoritairement, étaient jusque-là principalement cantonnés au quart sud-est de l’hexagone, avec une tendance à l’extension en tache d’huile, 2 nouveaux cas de chikungunya ont été déclarés depuis mi-juin à distance de cette zone : en Nouvelle Aquitaine (Illats – Gironde) et dans le Grand Est (Lipsheim – Bas Rhin) (voir carte ci-dessous).
Au 16 juillet, treize épisodes (31 cas) de transmission autochtone ont ainsi été identifiés en France hexagonale :
- 12 épisodes de chikungunya (1 à 13 cas par épisode),
- 1 épisode de de dengue (1 cas).
A noter que, au 16 juillet, aucun épisode de transmission autochtone n’a été mis en évidence en Europe, en dehors de la France.
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