Numéro 7 | 09 janvier 2025 | |
Tout est enfin prêt pour mieux protéger les enfants et les jeunes contre les méningites | |
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Déjà 7 ans depuis la mise en place pour les nourrissons de l’obligation de vaccination contre 11 pathologies, dont la méningite C. Ces obligations vaccinales, annoncées provisoires, étaient également assorties d’une possibilité d’adaptation à l’épidémiologie des pathogènes concernés.
Bien que le passage par l’obligation vaccinale ne soit pas en faveur d’une culture de santé publique réussie, cette démarche contribue à l’augmentation régulière des couvertures vaccinales des enfants. Si les couvertures vaccinales DTPcoq et Hib étaient déjà hautes, la mise à disposition de vaccins hexavalent, puis l’obligation vaccinale en 2018 ont permis d’augmenter drastiquement celle de l’hépatite B (3 doses à 24 mois) passée de 64,6% en 2008, à 91,8% en 2017 puis 95,9% en 2023.
Côté vaccination ROR, un effort reste à faire puisque, malgré l’obligation vaccinale, l’objectif de couverture vaccinale de 95% (2 doses à 24 mois) reste non atteint : couverture vaccinale à 86,3% en 2017 et 92,8% en 2023. [Source : Santé Publique France]
L’évolution de l’épidémiologie des maladies infectieuses n’est pas gravée dans le marbre et l’augmentation de la couverture vaccinale participe aussi à cette évolution : la vaccination contre les méningites en est un bon exemple.
Depuis 2018, l’obligation vaccinale concernait la seule méningite C et la vaccination contre la méningite B restait seulement recommandée. Au fil des années, les données de surveillance ont montré que cette politique vaccinale s’éloignait peu à peu de l’efficience et nécessitait des adaptations. C’est désormais chose faite avec, depuis décembre, les recommandations méningite du calendrier vaccinal 2024 enfin prises en charge par l’Assurance Maladie et, depuis le 1er janvier 2025, les modifications de l’obligation vaccinale concernant les méningites. A nous de jouer pour protéger au mieux les plus petits et les jeunes adultes !
Dr Claude Bronner
Président de l'URPS ML Grand Est
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Bulletin URPS de Santé Publique : stop ou encore ?
Stop ou encore, je donne mon avis sur le bulletin de santé publique de l’URPS ML
L’URPS Médecins Libéraux du Grand Est diffuse depuis le début de l'automne son Bulletin de Santé Publique, en partenariat avec la société OPEN ROME. Après quelques mois d'expérimentation, nous souhaitons évaluer votre intérêt pour ce type d'information et ce format, afin de décider de son renouvellement.
Souhaitez-vous que l'URPS rende pérenne cette publication dont l’objectif est de résumer la situation épidémique des territoires du Grand Est et de traiter des sujets généraux pour faciliter la pratique des soins ?
Deux clics suffisent pour partager votre avis ! Vous pouvez ajouter un commentaire libre non obligatoire, mais bienvenu, c’est encore mieux.
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Niveaux et tendance de l'activité virale en région Grand Est | |
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(données de la semaine 01/2025)
Comparaison à la semaine précédente
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La situation épidémique impacte les consultations et visites de ville de manière importante, mais le principal problème reste la surcharge hospitalière avec des patients qui nécessitent une prise en charge plus poussée pendant quelques jours. Les médecins libéraux rendent vraiment service avec des prises en charge qui permettent de maintenir les patients à domicile. | |
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Les infections respiratoires virales saisonnières (grippe et VRS) restent très actives dans tout l’hexagone, entrainant un surcroit d’activité en première ligne de soins, et mettant en tension les services d’urgence et les services hospitaliers. Selon les dernières données de Santé publique France et de façon classique, l’activité des bronchiolites commence à diminuer ; la grippe en revanche continue sa poussée, avec un niveau d'intensité exceptionnellement élevé à l'hôpital.
Dans la région Grand Est : le VRS est épidémique depuis la semaine 48/2024 (semaine du 25 novembre au 1er décembre) et la grippe depuis la semaine 50/2024 (semaine du 9 au 15 décembre). Fin décembre, les prélèvements respiratoires analysés par les laboratoires non hospitaliers participant au réseau RELAB en Grand Est, étaient positifs pour la grippe dans 35,6% des cas, pour le VRS dans 7,5% des cas (et pour le covid-19 dans 7% des cas).
Sources : Santé publique France, réseau RELAB
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La prévention des infections invasives à méningocoques (IIM) | |
Situation épidémiologique
Le bilan publié par Santé publique France pour l’année 2023 montre bien l’évolution de l’épidémiologie des IIM depuis la pandémie de covid et la mise en place de la vaccination obligatoire contre les méningocoques C.
Nombre de cas d’infections invasives à méningocoque selon les principaux sérogroupes, France entière, 2016-2023 (Source : Santé Publique France)
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La période covid a vu une baisse importante de l’incidence des IIM, avec une reprise forte depuis la saison hivernale 2022-2023, pour tous les sérogroupes sauf le C. Ainsi, en 2023, 560 cas d’infections invasives à méningocoque ont été déclarés (+72% par rapport à 2022) : 240 cas étaient liés au sérogroupe B, 160 cas au sérogroupe W, 130 cas au sérogroupe Y et seulement 5 cas au sérogroupe C.
Les IIM connaissent globalement deux pics d’âge distincts : l’un au cours des premières années de vie et l’autre au moment de l’adolescence. En 2023, les nourrissons et jeunes enfants étaient les plus à risque d’IIM B. Les IIM W affectaient à la fois les nourrissons et les adultes de différents groupes d’âges, tandis que les IIM Y concernaient les adultes les plus jeunes mais aussi les personnes âgées.
D’un point de vue clinique, en 2023, la présence d’un purpura fulminans était rapportée pour 18% des cas d'IIM (23% pour les IIM B, 16% pour les IIM W et 11% pour les IIM Y). D’autres formes cliniques plus rares peuvent s’observer, en particulier pour le sérogroupe W : arthrites septiques, péricardites septiques, pneumonies, atteintes digestives avec troubles gastro-intestinaux aigus.
On notait aussi une létalité plus élevée des IIM W (19%) en comparaison des autres sérogroupes (7% pour les IIM B et 8% pour les IIM Y).
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Évolution des recommandations
Afin d’adapter la prévention à la situation épidémiologique, les recommandations émises par l'HAS en mars 2024 sont désormais applicables et prises en charge à 65% par l’Assurance Maladie (prise en charge complétée par les complémentaires santé) :
- Depuis le 1er janvier 2025, la vaccination obligatoire des nourrissons contre les IIM C doit être remplacée par la vaccination tétravalente conjuguée ACWY selon un schéma à 2 doses (M6, M12).
- Depuis le 1er janvier 2025, la vaccination contre les IIM de sérogroupe B est obligatoire chez l’ensemble des nourrissons selon un schéma à 3 doses (M3, M5, M12).
- Pour compléter la protection individuelle et de groupe des tranches d’âge les plus touchées, une vaccination tétravalente ACWY à une dose est recommandée dans le calendrier vaccinal 2024 pour tous les adolescents entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage chez les 15-24 ans.
- Des recommandations particulières sont prévues autour d’un cas ou lors d’épisodes de cas groupés.
Au vu de l’épidémiologie, le Collège de la Médecine Générale a émis quelques réserves sur la recommandation de la vaccination ACWY avant 1 an ; toutefois, la protection des plus petits dépend de la bonne couverture vaccinale des enfants de 1 an et plus et ne sera pas assurée dans l’immédiat, ce qui justifie momentanément la recommandation.
En pratique, depuis le 1er janvier 2025 :
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Vaccination contre les IIM ACWY
Si une vaccination a été initiée avec un vaccin monovalent C chez un nourrisson, elle doit être poursuivie avec un vaccin tétravalent ACWY.
Un enfant ayant été vacciné antérieurement par un vaccin ACWY ou un vaccin méningococcique C avant l’âge de 11 ans pourra bénéficier d’une dose de vaccin ACWY entre 11 et 14 ans.
Il est possible de co-administrer les vaccins ACWY (dans des sites séparés) avec les autres vaccins du calendrier vaccinal, en fonction de l’acceptabilité des parents et du médecin.
Vaccination contre les IIM B
En cas de rattrapage chez le nourrisson, la vaccination peut être initiée jusqu’à l’âge de 2 ans. Les schémas recommandés varient en fonction de l’âge :
- Vaccination initiée entre 2 et 5 mois : deux doses de 0,5 ml chacune en respectant un intervalle minimal de deux mois entre les doses de primovaccination et une dose de rappel entre 12 et 15 mois en respectant un délai d’au moins six mois entre la dernière dose de primovaccination et la dose de rappel.
- Vaccination initiée entre 6 et 11 mois : deux doses de 0,5 ml chacune en respectant un intervalle minimal de deux mois entre les doses de primovaccination et une dose de rappel au cours de la deuxième année avec un intervalle d’au moins 2 mois entre la primovaccination et la dose de rappel.
- Vaccination initiée entre 12 à 23 mois : deux doses de 0,5 ml chacune en respectant un intervalle minimal de deux mois entre les doses suivi d’une dose de rappel avec un intervalle de 12 à 23 mois entre la primovaccination et la dose de rappel.
Bexsero® peut être administré de manière concomitante avec les antigènes vaccinaux diphtérie, tétanos, coqueluche acellulaire, Haemophilus influenzae de type b, poliomyélite inactivée, hépatite B, pneumococcique heptavalent conjugué, rougeole, oreillons, rubéole, varicelle et méningococcique ACWY. Toutefois, en raison d’un risque accru de fièvre, de sensibilité au niveau du site d’injection, de changements d’habitudes alimentaires et d’irritabilité lorsque Bexsero® est co-administré avec les vaccins ci-dessus, des vaccinations séparées peuvent être envisagées lorsque cela est possible.
Sources :
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Mise à jour du calendrier vaccinal 2024 | |
Le calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2024 a été mis à jour en décembre 2024 pour tenir compte de la mise en œuvre effective des modifications concernant les IIM.
Vous trouverez ci-dessous deux tableaux récapitulatifs utiles issus de ce document et résumant les vaccinations nécessaires chez l’enfant et chez l’adulte.
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Premier cas d’infection à Monkeypox (Mpox) du nouveau clade Ib identifié en France : restons vigilants !
Un premier cas de Mpox du clade I b vient d’être diagnostiqué en Bretagne, chez une femme n’ayant pas voyagé en Afrique centrale, zone où ce virus circule actuellement. La France est ainsi le 5ème pays européen à déclarer un cas de ce nouveau clade du virus Mpox.
Une bonne raison pour rappeler la présence de ce virus sur nos territoires et l’importance des mesures de prévention :
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Vaccination des personnes à haut risque d’exposition : hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) rapportant des partenaires multiples et personnes trans rapportant des partenaires multiples ; travailleurs et travailleuses du sexe/personnes en situation de prostitution ; professionnels des lieux de consommation sexuelle ; partenaires ou personnes partageant le même lieu de vie que celles à haut risque d’exposition.
Les personnes ayant des liens étroits avec les pays d'Afrique centrale où circule activement le virus Mpox (personnes visitant régulièrement leur famille ou travailleurs humanitaires) peuvent également se faire vacciner avant leur voyage.
Les coordonnées des centres de vaccination contre le virus Mpox sont disponibles sur www.sante.fr/mpox.
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Application stricte des gestes barrières par les voyageurs en provenance ou à destination d’Afrique centrale : se laver fréquemment les mains, éviter les contacts avec des personnes infectées par le Mpox ou présentant des éruptions cutanées pouvant évoquer le Mpox, avec les objets potentiellement contaminés par ces personnes (les vêtements, le linge de maison ou la vaisselle), ainsi qu’avec les animaux et particulièrement les rongeurs.
https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2025/face-au-premier-cas-de-mpox-de-clade-i-b-identifie-en-france-les-autorites-sanitaires-rappellent-l-importance-de-la-vaccination-pour-les-publics-c
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Bulletin rédigé par Open Rome pour l’URPS Médecins Libéraux Grand Est.
Illustrations : URBS
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