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The American Society of
Le Souvenir Français Inc.
Bulletin mensuel - Vol. VI, No. 1
Janvier 2026
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America250:
De l'aide secrète à l'Alliance officielle
1776-1778
Guerre de l'Indépendance
(1ère partie d'une série en 2026)
(traduction semi-automatisée de la version originale en anglais)
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Illustration de couverture:
La France offrant la Liberté à l’Amérique , huile sur toile, 135cm x 186cm par Jean Suau (1755-1841), Musée franco-américain (Blérancourt)
En 1784, le peintre remporta le concours de l'Académie royale de Toulouse avec ce tableau (1784).
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Éditorial
2026 est une année spéciale, car les États-Unis d'Amérique célébreront leur 250e anniversaire.
Nous ne voulions pas attendre le 4 juillet pour célébrer le rôle de la France, qui a commencé secrètement dès 1775, dans la naissance de la nouvelle république.
Malheureusement, plusieurs des acteurs clés de cet événement marquant de l'histoire mondiale ne sont pas particulièrement honorés ou commémorés. Les manœuvres secrètes qui ont eu lieu pendant les mois cruciaux qui ont précédé la Déclaration d'indépendance méritent d'être rappelées.
Comme nos lecteurs le savent bien, nous basons toujours nos bulletins mensuels sur les monuments, statues, plaques et repères existants, et nous transcrivons fidèlement les textes gravés. Comme il n'y en a pas beaucoup liés à cette période de l'histoire des États-Unis, nous sommes allés directement à la source : l'incroyable correspondance diplomatique du ministère français des Affaires étrangères à Versailles.
Nous retracerons donc les rôles cruciaux joués par le roi Louis XVI, son ministre des Affaires étrangères Vergennes, les envoyés spéciaux Benjamin Franklin et Silas Deane, l'activisme de Pierre Caron de Beaumarchais, les premières interventions du marquis de Lafayette et du baron de Kalb. Nous nous souviendrons également du rôle d'autres acteurs clés, largement ignorés dans les manuels d'histoire, tels que Jacques-Donatien Leray de Chaumont, Charles-François de Broglie, le marquis de Ruffec, Julien Achard de Bonvouloir et Jacques Barbeu-Dubourg... Ils méritent d'être rappelés à l'occasion de cet anniversaire.
La deuxième partie de ce bulletin reprendra notre tradition bien établie qui consiste à rendre hommage à un volontaire américain particulier qui s'est battu et est mort pour la France. Ce mois-ci, nous rendrons hommage au lieutenant David Endicott Putnam, descendant du héros de la guerre d'indépendance Israel Putnam, surnommé « l'as des as » américain pour ses treize victoires confirmées et ses trente victoires non confirmées. Il avait rejoint la Légion étrangère française le 31 mai 1917 et a été abattu le 12 septembre 1918.
Comme toujours, la troisième partie de notre bulletin est consacrée aux annonces de nos associations partenaires, et des nôtres. En ce mois de janvier, nous inclurons un calendrier des dates importantes qui feront partie des célébrations 'America250'.
Enfin, nous vous invitons à renouveler votre adhésion pour 2026 ou à envisager de devenir membre. Vous trouverez à la fin de ce bulletin un lien pour envoyer votre cotisation, qui commence à 50 $ (25 $ pour les Anciens combattants et les étudiants). Nous avons prévu plusieurs plaques et monuments commémoratifs pour 2026, et nous vous remercions pour votre fidèle et généreux soutien.
Joyeux 250e anniversaire! Puissions-nous ne jamais oublier les valeurs communes pour lesquelles tant de nos ancêtres américains et français se sont battus côte à côte.
Thierry Chaunu
Président, American Society of Le Souvenir Français, Inc.
Délégué Général du Souvenir Français pour les Etats-Unis
Note: La mention "Mort Pour la France" a été instituée pendant la Première Guerre mondiale par la loi du 2 juillet 1915 et modifiée par la loi du 28 février 1922. Nos lecteurs nous pardonnerons d'utiliser cette appellation pour tous les militaires des conflits antérieurs.
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Contexte historique
Un contexte géopolitique en pleine évolution
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Nous ne retracerons pas ici toute l'histoire des conflits croissants entre les treize colonies et la Grande-Bretagne qui ont débuté en 1765.
• Les tensions se sont accrues au cours de la décennie qui a suivi le traité de Paris de 1763, qui a marqué l'expulsion de la France d'Amérique du Nord. En résumé, le mécontentement à l'égard de la domination coloniale dans les treize colonies britanniques d'Amérique du Nord n'avait cessé de croître depuis 1763.
• Cependant, ce sont les batailles de Lexington et de Concord, le 19 avril 1775, qui opposèrent les troupes régulières britanniques et les milices citoyennes du Massachusetts, qui marquèrent officiellement le début de la guerre d'indépendance américaine (connue aux États-Unis sous le nom de guerre révolutionnaire américaine).
• Le 10 mai, le deuxième Congrès continental, qui réunissait des délégués des treize colonies, se réunit à Philadelphie. Parmi les délégués figuraient George Washington, Benjamin Franklin, John Jay, Arthur Lee, Silas Deane, John Adams et Thomas Jefferson.
• Le 14 juin, le Congrès créa l'armée continentale afin d'assurer la défense commune des Treize Colonies. Le lendemain, George Washington fut choisi pour diriger l'armée, dont il prit officiellement le commandement le 3 juillet.
Il devint rapidement évident que les insurgés, comme on les appelait, avaient besoin d'une aide extérieure, les tentatives de conciliation s'étant rapidement évaporées.
• Après avoir déclaré leur indépendance le 4 juillet 1776, les treize anciennes colonies ont dû défendre cette indépendance par la force des armes, entamant ainsi une nouvelle phase du conflit : une véritable guerre d'indépendance. Face à l'armée britannique, les Américains devaient forger des alliances avec d'autres puissances pour avoir une chance de l'emporter. C'est dans ce contexte que la France et les Français sont entrés en scène.
• Beaucoup a été écrit sur le désir de vengeance de la monarchie française envers la Grande-Bretagne. Si ce sentiment a indéniablement été un facteur de motivation constant, se concentrer uniquement sur celui-ci est trop simpliste et néglige l'opinion publique dominante, qui soutenait sincèrement les insurgés.
• La monarchie française n'était pas philosophiquement encline à défendre le républicanisme ou à approuver la rébellion de sujets contre leur souverain, même britannique. De plus, la monarchie faisait preuve d'une grande prudence pour éviter toute confrontation directe avec la Grande-Bretagne, d'autant plus que les forces militaires françaises n'avaient pas encore pleinement retrouvé leur puissance en 1776. La monarchie cherchait également à recevoir le soutien de l'Espagne, avant tout conflit potentiel avec la Grande-Bretagne. Cela explique la position initialement prudente et circonspecte de la France, compte tenu de l'incertitude quant à l'issue de la révolte des insurgés, qui aurait pu conduire les Britanniques à chercher à se venger en envahissant les lucratives Antilles françaises.
• Pendant ce temps, l'opinion publique, menée par les intellectuels français, devint rapidement favorable et enthousiaste à l'égard de la révolte coloniale outre-Atlantique. Le public français considérait la lutte américaine de manière positive et célébrait les événements qui se déroulaient. L'esprit qui régnait à l'époque des Lumières prônait la liberté et les droits naturels. Le public, ainsi qu'une nouvelle génération d'aristocrates se montrait très favorable à la lutte contre le despotisme. La présence de Benjamin Franklin à Paris a considérablement accru l'intérêt des Français pour les événements outre-Atlantique : il a été chaleureusement accueilli dans les salons aristocratiques et libéraux de Paris. La presse et les loges maçonniques ont également contribué à populariser la cause américaine.
L'un des principaux architectes du soutien français aux États-Unis naissants fut Charles Gravier de Vergennes, ministre des Affaires étrangères de Louis XVI. Et l'un des premiers partisans les plus ardents de la cause insurgée n'était autre que Pierre Caron de Beaumarchais, l'immortel auteur du Barbier de Séville (1775) et Le Mariage de Figaro (1778).
Dans ce bulletin, nous rendrons hommage à de nombreux autres Français qui ont joué un rôle important dans la naissance des États-Unis.
Mais bien sûr, rien ne se faisait sans le consentement du roi; c'est pourquoi nous commençons par lui rendre hommage.
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Louis XVI
Roi de France et de Navarre
(1774-1792)
Premier à reconnaître, et principal artisan,
de l'indépendance des États-Unis.
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Ci-dessus :
À gauche : Louis XVI, roi de France et de Navarre, peinture de Joseph-Siffred Duplessis (détail), château de Versailles, reproduite dans Versalia, revue de la Société des Amis du château de Versailles, n° 10, 2007. Domaine Public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=124259329
À droite : Statue de Louis XVI, Louisville, Kentucky. Photo de Bedford, domaine public
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=93976805
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King Louis XVI (23 août 1754 – 21 janvier 1793) est souvent présenté comme étant timoré, indolent, incapable de prendre une décision. Il est vrai qu'il était véritablement indécis dans de nombreuses affaires intérieures.
Cependant, après quelques hésitations initiales, il s'est souvent montré décisif en ce qui concerne les affaires américaines, en grande partie grâce à l'influence de Vergennes qui poursuivait des objectifs stratégiques clairs.
Oui, il était extrêmement prudent dans ses décisions, mais il était méticuleux, s'intéressait personnellement aux moindres détails, travaillait très assidûment, et était déterminé à atteindre son objectif premier : restaurer la puissance française après le désastreux traité de Paris de 1763.
Il nomma également dans son cabinet des hommes compétents pour la plupart : Maurepas comme conseiller proche et de confiance ; ses ministres de la Guerre Saint Germain, Montbarrey, Ségur ; ses secrétaires à la Marine Antoine de Sartine et Charles Eugène de La Croix de Castries ; son ministre des Finances Turgot, et son directeur du Trésor, Necker ; et l'infatigable ministre des Affaires étrangères Charles Gravier, comte de Vergennes.
• Louis XVI refusa tout gain territorial dès le début, puis à nouveau après avoir remporté la victoire. Il pensait que la nature industrieuse de la nouvelle nation serait bénéfique au commerce français, mais lui et le cabinet français étaient sans doute assez naïfs à cet égard.
• Tout en se montrant prudent et soucieux de ne pas provoquer la guerre alors qu'il réarmait la marine et l'armée, Louis XVI approuva personnellement et surveilla de près l'aide considérable apportée secrètement aux insurgés : argent, munitions et équipement, et nombre de personnel militaire détaché pour la circonstance.
• Dans l'ensemble, il ne reçoit pas tout le crédit qui lui est dû. En tant que roi, il est souvent négligé parce qu'il est politiquement incorrect, tant pour la République américaine que pour la République française, de lui rendre un hommage ostentatoire pour son rôle dans la naissance des États-Unis. Une fois de plus, comme il est facile d'oublier que rien n'aurait pu se produire sans lui ! Aucun volontaire, aucun transfert de fonds n'aurait pu avoir lieu sans son assentiment.
La richesse des archives diplomatiques et de la correspondance interne du gouvernement est constante : sa signature manuscrite accompagnée de la mention « Approuvé » est omniprésente, comme nous le verrons...
Sa mémoire aux États-Unis :
• Afin de remercier le roi Louis XVI pour son aide dans l'indépendance des États-Unis, l'assemblée législative de Virginie a donné son nom à une colonie de Virginie. La ville de Louisville a été officiellement fondée par l'assemblée législative de Virginie en 1780, puis est devenue une partie du Kentucky lorsque celui-ci a obtenu le statut d'État en 1797.
• Hormis la basilique de Saint-Denis ou la Chapelle Expiatoire, il n'y a bien sûr aucune statue de lui en France, mais il en a (avait) une aux États-Unis : une statue de 3,6 mètres de haut et pesant 9 tonnes, située à Louisville, dans le Kentucky. Cette représentation en marbre du 'patron' de Louisville a été commandée à l'origine par la fille survivante du roi, Marie-Thérèse, et dévoilée dans les années 1820 à Montpellier, en France, 36 ans après sa décapitation, sous le règne de son frère Louis XVIII. Elle fut reléguée dans un entrepôt pendant des décennies dans la France républicaine jusqu'en 1956, date à laquelle Louisville et Montpellier sont devenues villes jumelles. La sculpture d'Achille-Joseph Valois, alors âgée de 138 ans, a été offerte au maire de Louisville, Kenneth Schmied, en signe d'amitié entre les deux villes...
Statue de Louis XVI, Louisville, KY
Jefferson County Courthouse, 527 West Jefferson Street, Louisville, KY 40202
GPS: 38.254338, -85.760130
(1967-2021 - remisée depuis):
• Inscription:
“ Louis XVI
1754 – 1793
Roi de France
1774 – 1793 «
« Cette ville a été baptisée Louisville en 1780
en raison de son soutien aux colonies américaines pendant la guerre d'indépendance.
La statue, sculptée par Valois en 1827, a été offerte à Louisville
par sa ville jumelle en France, Montpellier ,
en tant que symbole permanent de notre amitié particulière.
Inaugurée le 17 juillet 1967.
François Delmas, maire de Montpellier.
Kenneth Schmied, maire de Louisville. »
Il s'agit de la seule statue du roi Louis XVI aux États-Unis. Cette statue a été endommagée lors des manifestations liées à la mort de George Floyd à l'été 2020. Peu après, le conseil municipal a adopté une résolution visant à la restaurer et à la réinstaller à son emplacement d'origine. Cependant, le projet est aujourd'hui au point mort et la statue reste dans un entrepôt. La ville est confrontée à deux obstacles pour la réinstaller : un coût de réparation de 200 000 dollars et un débat public sur ce qu'elle représente.
Une enquête réalisée en 2022 a révélé que 40 % des habitants estiment que le monarque du XVIIIe siècle ne reflète pas leurs valeurs, invoquant ses liens avec le colonialisme et son opposition à la démocratie. Les partisans de la statue affirment qu'elle rend hommage au soutien apporté par la France pendant la Révolution américaine, qui a joué un rôle crucial dans la fondation de la nation.
Le conseiller municipal républicain Kramer a déclaré dans une interview accordée à NPR en mai 2024 :
« ... elle symbolise ce que croyaient les fondateurs de la ville : que le soutien de la France a joué un rôle déterminant dans la Révolution américaine... Sans la volonté des Français de s'impliquer dans ce conflit, sans la diversion [qu'ils ont créée], je ne sais pas comment on peut ignorer l'importance de cela... »
Quel que soit l'avenir de cette statue, deux panneaux ont été laissés intacts :
Panneaux à Louisville, KY
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Ci-dessus:
À gauche: Photo par Darren Jefferson Clay, 7 avril 2024
https://www.hmdb.org/m.asp?m=245720
À droite: Photo par Michael Herrick, 19 mai 2017
https://www.hmdb.org/m.asp?m=104581
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• En plus de la statue, il existe deux plaques commémoratives mentionnant le roi Louis XVI (soulignées en gras par nous) à Louisville, dans le Kentucky :
Stèle, « Freedom Park: A Journey to Freedom Settlement»
1911 S 3rd St, Louisville KY 40208
GPS: 38.220133, -85.760417
• Inscription (extraits):
[...] “Au nord, dans le « Vieux Nord-Ouest », des dizaines de sociétés amérindiennes coexistaient avec des trappeurs et des commerçants français clairsemés. Loin au sud, les « cinq nations indiennes civilisées » – les Choctaws, les Cherokees, les Chickasaws, les Creeks et les Seminoles – occupaient la majeure partie des États du sud actuels. [...]
Au printemps 1779, les colons débarquèrent et, lors d'une réunion publique le 17 avril 1779, fondèrent la ville de Louisville, nommée en l'honneur de Louis XVI de France.”
Panneau, « City and County Named »
Jefferson County Courthouse, 527 West Jefferson Street, Louisville, KY 40202
GPS: 38.254317, -85.760033
• Inscription:
Nom de la ville et du comté.
« Louisville, située aux chutes de l'Ohio, a été fondée en 1778 par George Rogers Clark. Le site a d'abord servi d'avant-poste militaire ; la ville qui s'est développée a été nommée en l'honneur de Louis XVI. Le comté de Kentucky, en Virginie, a été divisé en 1780 en trois comtés : Jefferson, Fayette et Lincoln. Le comté de Jefferson a été nommé en l'honneur du gouverneur Thomas Jefferson, qui a signé la première charte de la ville de Louisville.
Érigé en 1981 par la Kentucky Historical Society · Kentucky Department of Highways. (Numéro de repère 1697.) »
• Le roi Louis XVI est également (indirectement) honoré aux États-Unis dans les lieux suivants :
Bourbon County
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• Le comté de Bourbon a été créé en 1785 à partir d'une partie du comté de Fayette, en Virginie, et nommé d'après la dynastie des Bourbons, en remerciement de l'aide apportée par Louis XVI de France pendant la guerre d'indépendance américaine. Le siège du comté est la ville de Paris. C'est également le berceau du whisky Bourbon.
Panneau, « Bourbon County”
301 Main St, Paris, KY 40361
GPS: 38.212733, -84.249817
• Inscription:
“Nommé en l'honneur de la famille royale française* qui a aidé les colonies pendant la guerre d'indépendance. Bourbon était l'un des neuf comtés de Virginie créés avant que le Kentucky ne devienne un État en 1792. À partir de son territoire d'origine, vingt-quatre comtés ont été créés, ainsi que des parties de dix autres nouveaux comtés. C'est à cet endroit que le premier palais de justice, construit en 1787, a marqué le siège du comté. Connu sous le nom de Hopewell, il a été rebaptisé Paris.
Érigé en 1969 par la Kentucky Historical Society et le Kentucky Department of Highways. (Numéro de repère 1246 - Remarque* : marqué en gras par nos soins)
Louisville, Géorgie
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• Louisville, en Géorgie, a été officiellement constituée en municipalité le 26 janvier 1786, dans le but de devenir la capitale de l'État, mais il a fallu dix ans pour que cela se concrétise. Savannah était la capitale coloniale, mais elle était jugée trop éloignée du centre de population en pleine expansion, ce qui a conduit à la désignation d'Augusta comme capitale de l'État dans les années 1780.
• La ville a été nommée en l'honneur de Louis XVI, qui a soutenu les Continentaux pendant la guerre d'indépendance américaine et qui était encore roi de France au moment de la création de la ville. Il a fallu de nombreuses années pour que la ville se développe, et les bâtiments du gouvernement de l'État ont été achevés en 1795. Un ancien cimetière dédié aux soldats de la guerre d'indépendance se trouve à l'ouest de la ville.
Panneau, “Louisville, Georgia, 1786 - 1986”
131 W Broad St, Louisville, GA 30434
GPS: 33.000600, -82.410117
• Inscription:
“Fondée en 1786, la ville de Louisville a été nommée en l'honneur du roi Louis XVI en reconnaissance de l'aide qu'il a apportée aux colonies pendant la Révolution américaine. De 1796 à 1805, Louisville a été la première capitale permanente de la Géorgie : l'actuel palais de justice du comté (Louisville est le siège du comté de Jefferson) est construit sur le site de l'ancien Capitole de l'État. L'ancien marché couvert, sans doute le monument le plus célèbre de Louisville, se dresse toujours au centre de la ville. Ce monument a été érigé en 1986 pour célébrer le bicentenaire de Louisville et en mémoire d'A.P. Little (1891-1971), qui a occupé le poste de secrétaire-directeur municipal de Louisville de 1922 jusqu'à sa retraite en 1967. Offert par sa famille.
Érigé par la famille de A. P. Little. »
Dauphin County, Pennsylvanie
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Ci-dessus :
À gauche : La reine Marie-Antoinette avec ses enfants, 1787 à Versailles ; par Élisabeth Louise Vigée Le Brun - Domaine public. (De gauche à droite) : Marie-Thérèse Charlotte, connue sous le nom de Madame Royale à la cour ; la reine avec Louis-Charles, duc de Normandie, sur ses genoux ; le Dauphin, à droite, montre du doigt un berceau vide, rappelant au public le décès récent de Marie-Sophie-Béatrice. Le cabinet utilisé pour ranger les bijoux et décoré de fleurs de lys brille dans la pénombre. Le Dauphin est mort le 4 juin 1789, au début de la Révolution française, alors que les États généraux étaient en session, ce qui a profondément affecté Louis XVI et Marie-Antoinette, qui étaient tous deux des parents aimants.
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=22553475
À droite: Panneau, Dauphin County, https://pabucketlist.com/
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• Au-delà de Louis XVI lui-même, sa famille proche a également été honorée par ses contemporains américains, qui étaient très conscients de l'aide qu'il leur avait apportée et qui lui ont témoigné leur gratitude. À titre d'exemple, ces deux plaques expliquent qu'un comté de Pennsylvanie a été nommé en l'honneur de son fils (alors âgé de 4 ans), le Dauphin, Louis Joseph Xavier François.
• Louis Joseph Xavier François, Né le 22 octobre 1781 et décédé le 4 juin 1789, il portait le titre de Dauphin de France. Il était le deuxième enfant et le premier fils du roi Louis XVI et de Marie-Antoinette. Dans la hiérarchie de la famille royale française, Louis Joseph était connu sous le nom de « Fils de France ». Malheureusement, il mourut à l'âge de sept ans des suites d'une tuberculose. Après sa mort, son frère âgé de quatre ans, Louis Charles, lui succéda en tant que Dauphin et héritier présomptif du trône.
• Deux panneaux rendent explicitement hommage à la famille royale française (indiqué en gras par nos soins) :
Panneau, “Dauphin County“
Across from Dauphin County Bldg & Grounds, 2 Market St, Harrisburg, PA 17101
GPS: 40.258533, -76.882617
• Inscription:
“Créé le 4 mars 1785 à partir d'une partie du comté de Lancaster. Son nom rend hommage au fils aîné du roi français Louis XVI. Harrisburg, le chef-lieu du comté, a été fondée en 1785 et a obtenu le statut de ville en 1860. Depuis 1812, elle est la capitale de l'État de Pennsylvanie.
Érigé en 1981 par la Commission historique et muséale de Pennsylvanie.”
Panneau, “Old Dauphin County Courthouses”
304 Market St, Harrisburg, PA 17101
GPS: 40.261283, -76.881167
• Inscription (extraits):
“Deux palais de justice du comté de Dauphin occupaient ce site situé à l'intersection de Market Street et de ce qui était à l'origine connu sous le nom de Raspberry Street, rebaptisé plus tard Court Street. Le plan initial de John Harris, Jr. pour Harrisburg réservait ce terrain à l'usage du comté, créé à partir d'une partie du comté de Lancaster en 1785 et nommé en l'honneur du prince héritier de France afin de reconnaître le soutien français à la Révolution américaine. En tant que nouveau siège du comté, Harrisburg a en fait été baptisée Louisburg pendant plusieurs années en l'honneur du roi de France Louis XVI, mais elle a pris le nom de Borough of Harrisburg par une loi de l'Assemblée législative de l'État en 1791 » [...]
Érigé par la Commission du projet historique de Harrisburg, à la demande du maire Stephen R. Reed..”
• Il existe quelques rues ici et là qui portent le nom de « King Louis Street» (et non St. Louis St), par exemple à New Brunswick, Secaucus, Hopelawn, Whippany et Perth Amboy dans le New Jersey, à Staten Island dans l'État de New York, à Cheektowaga, Massapequa et Saint Louis dans l'État du Missouri, ou encore à Brandon en Floride...
• Souvent négligé par les touristes qui visitent le domaine de George et Martha Washington : un portrait du roi, dans leur salle à manger.
Mount Vernon, Virginie
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Ci-dessus :
Portrait du roi Louis XVI, offert par le roi à George Washington et accroché dans sa salle à manger à Mount Vernon, en Virginie.. Photos: TC © ASSFI 2021
https://mountvernonnewroom.tumblr.com/post/67069735532/a-portrait-of-a-king-at-mount-vernon
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Louis XVI est un peu partout dans son château de Versailles....
Aux États-Unis, les touristes peuvent admirer un portrait du roi, offert par Louis XVI lui-même à George Washington en 1791, dans la salle à manger du général à Mount Vernon, et remis en mains propres par l'ambassadeur de France de l'époque.
Jean Baptiste, chevalier (plus tard Comte) de Ternant (12 décembre 1751 - 15 novembre 1833) était un officier militaire français, diplomate, et fut ambassadeur de France aux États-Unis de 1791 à 1793.
• Il est né à Damvilliers, dans la province du Barrois (aujourd'hui département de la Meuse) en 1751 et devient lieutenant dans le Royal Corps of Engineers en 1772.
• Pendant la guerre d'Indépendance américaine, il se porte volontaire en même temps que Lafayette pour soutenir les "Insurgents" et s'engage dans l'Armée continentale.
• Commençant en 1778 à Valley Forge comme major, il est promu lieutenant-colonel le 25 septembre 1778 et sert comme sous-inspecteur dans l'armée continentale. Il est capturé à Charleston le 12 mai 1780 et libéré dans le cadre d'un échange de prisonniers en 1782. Il est promu au rang de colonel le 13 octobre 1783. Son titre officiel était « Inspecteur général et conseiller des généraux commandants des forces du Sud ».
Au total, il a servi dans l'Armée continentale pendant 5 ans.
• En 1780, de Ternant est élu à l' American Philosophical Society.
• Après la guerre, il retourne en France en 1784 où il est promu au grade de colonel. En 1785, il sert comme colonel dans l'armée de la République néerlandaise (toujours avec l'assentiment du roi de France) et renforce les défenses d'Amsterdam contre les Prussiens. De retour en France, il est colonel du régiment Royal-Liégeois de 1788 à 1791.
• Il est renvoyé aux États-Unis pour une courte période en tant que ministre français en août 1791, alors que la Révolution française est en cours. Il est tenté et demande une réaffectation dans l'armée lorsque la France repousse les forces de la Coalition européenne, avant de juger plus prudent de rester aux États-Unis lorsque la monarchie française est abolie le 21 septembre 1792. Les Girondins le destituent le 30 décembre 1792 et Edmond-Charles Genet lui succède.
• Un monarque à Mount Vernon:
Pendant son mandat d'ambassadeur de France aux États-Unis, on se souvient qu'il a remis le 22 décembre 1791 un cadeau personnel du roi Louis XVI au général George Washington : un portrait magnifiquement encadré et incrusté de diamants, qui a été exposé dans sa résidence officielle à Philadelphie, puis en 1797 à Mount Vernon, dans la salle à manger officielle du général, au-dessus de la porte d'entrée.
Le portrait gravé de 1790 a été réalisé par Charles-Clément Bervic et reproduit le portrait d'État original peint en 1789 par Antoine-François Callet, qui était le portraitiste officiel du roi. Cette œuvre originale, intitulée « Louis Seize, Roi des Français, Restaurateur de la Liberté », est exposée au Salon d'Apollon du château de Versailles.
Dans son mot de présentation, de Ternand s'attribue un mérite quelque peu indu en écrivant:
"Permettez-moi de vous offrir une nouvelle gravure du roi des Français. Je serai très satisfait si vous considérez cette faible marque de mon vif et respectueux attachement à votre personne comme digne de votre aimable acceptation."
Le même jour, Washington répond à de Ternant pour lui exprimer ses remerciements, en écrivant,
"J'accepte avec grand plaisir la nouvelle et élégante estampe du Roi des Français que vous avez eu l'obligeance de m'envoyer ce matin comme marque de votre attachement à ma personne. Vous me croirez, Monsieur, si je vous assure que j'ai un sentiment reconnaissant et vif du respect personnel et de l'amitié exprimés en votre faveur qui accompagnent l'estampe."
• Louis XVI a voulu en faire un cadeau personnel: les coins inférieurs du portrait sont ornés de cartouches portant les initiales du président (« G » et « W ») et, au centre, l'écusson de la famille Washington. Les coins supérieurs comportent le monogramme du roi de France (« L » et « XVI »), tandis que le centre affiche les armoiries royales françaises, surmontées d'une couronne percée et flanquées d'une coiffe amérindienne à droite et du bonnet français de la liberté à gauche. Cette combinaison de symboles souligne les liens étroits entre la France et les États-Unis, nés de leur alliance pendant la guerre d'Indépendance.
Nous reprenons notre récit avec un acteur clé du rôle joué par la France dans l'indépendance des États-Unis : l'infatigable comte de Vergennes, qui convainquit Louis XVI de soutenir les insurgés et qui les aida sans relâche, même lorsque leur cause semblait désespérée.
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Pierre Gravier, Comte de Vergennes
Ministre des Affaires Étrangères
Soutien indéfectible des insurgés
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A Foreign Minister for the Ages
• Charles Gravier, comte de Vergennes (29 décembre 1719 – 13 février 1787), occupa le poste de ministre des Affaires étrangères de 1774 jusqu'à sa mort en 1787. Il est né à Dijon et a fait ses études dans un établissement jésuite de la région. Vergennes a poursuivi une carrière diplomatique, occupant diverses fonctions au Portugal et en Bavière, avant de devenir ambassadeur auprès de l'Empire ottoman, puis de la Suède. À l'avènement du roi Louis XVI en 1774, il fut nommé ministre des Affaires étrangères.
• Vergennes avait prévu les implications de l'indépendance américaine dès 1765, prédisant que la perte du Canada encouragerait les colons américains à « briser leurs chaînes ». Avant l'implication officielle de la France dans le conflit, il approuva l'initiative de Pierre Beaumarchais visant à apporter un soutien secret à la France, comme nous le verrons plus loin.
• À partir du début de l'année 1776, la France fournit aux révolutionnaires américains des provisions, des armes, des munitions et des volontaires indispensables. En 1777, Vergennes communique aux commissaires américains que la France reconnaît les États-Unis et se déclare disposée à établir une alliance offensive et défensive avec la nation naissante.
• Malgré le coût immense de la guerre menée à travers le monde, Vergennes s'assura que les insurgés disposeraient des fonds nécessaires. Un million de livres tournois leur fut accordé en 1776 pour commencer. Plus tard, « malgré la dureté des circonstances », écrivit Vergennes à La Luzerne (ambassadeur français), et l'état déjà préoccupant de nos finances, une « nouvelle subvention gratuite de six millions de livres tournois » fut accordée aux Américains. Rochambeau avait déjà reçu des fonds, un million et demi en février, accompagnés d'une lettre de Necker disant : « Soyez assuré, monsieur, que tout ce qui sera demandé au Trésor public pour votre armée sera prêt immédiatement. » Sept millions arrivèrent peu après sur l'Astrée... » - - Jusserand, Jean J.. Rochambeau en Amérique (édition française) (pp. 61-62).
• Quant aux objectifs poursuivis par les Français, le roi Louis XVI ne revendiquait aucun territoire, alors qu'il aurait pu demander la restitution du Canada cédé aux Britanniques seulement 20 ans auparavant. Vergennes écrivait au marquis de Noailles, ambassadeur français à Londres : « Nos engagements sont simples ; ils ne sont agressifs envers personne ; nous n'avons souhaité nous assurer aucun avantage dont d'autres nations pourraient être jalouses et que les Américains eux-mêmes pourraient regretter, avec le temps, de nous avoir accordé. »
• King Louis XVI reiterated his position on several occasions, notably during the negotiations that led to the Treaty of Paris in 1783.
• La volumineuse correspondance, les instructions et les réflexions de Vergennes ont été compilées en 1884 par l'historien Henri Doniol dans une série de 5 volumes de 700 pages chacun, intitulée "Histoire de la participation de la France à l'établissement des États-Unis d'Amérique : correspondance diplomatique et documents". Malheureusement, nous n'avons pas trouvé de traduction anglaise. Il est particulièrement instructif de lire directement ces sources. L'édition française est disponible en téléchargement gratuit à l'adresse suivante : Gallica - Bibliothèque Nationale de France.
• Pour sortir la France de l'impasse financière, Vergennes conseilla au roi de convoquer les États généraux, mais il mourut deux ans plus tôt, le 13 février 1787. Son château fut détruit pendant la Révolution française et ses biens confisqués...
Sa mémoire aux Etats-Unis:
• Il n'existe aucun monument commémoratif ni aucune plaque en son honneur aux États-Unis.
• Cependant, la ville de Vergennes, dans le Vermont, a été nommée en son honneur, comme l'a promulgué le gouverneur Ethan Allen et suggéré par Michel de Crèvecoeur (alors consul général de France à New York).
Remarque : il n'existe aucune plaque dans cette ville pour honorer son homonyme. Sur le site internet de la ville, un chapitre consacré à une visite guidée à pied indique brièvement :
« Vergennes doit son nom à Charles Gravier, comte de Vergennes, qui occupa le poste de ministre des Affaires étrangères français pendant la guerre d'indépendance américaine. En raison de ses contributions personnelles, financières et politiques à la cause américaine, Ethan Allen suggéra que la ville porte le nom de Gravier. »
• En France, son nom reste particulièrement associé à son poste, car les ministres des Affaires étrangères occupent traditionnellement le « fauteuil de Vergennes ».
• Dans son ouvrage classique intitulé Le Diplomate, Jules Cambon, ambassadeur de France à Washington (1897-1902), note : « L'Amérique et la France ont érigé des monuments à La Fayette et Rochambeau, et à juste titre ; il aurait été normal qu'elles honorent également la mémoire de Vergennes. »
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Jean-Frédéric Phélypeaux, Comte de Maurepas,
Ministre d'Etat
Conseiller particulier du Roi
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Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas, est né le 9 juillet 1701 à Versailles et mort le 21 novembre 1781 dans la même ville. Il était un aristocrate et homme politique français.
• Il a occupé le poste de secrétaire d'État à la Marine sous Louis XV de 1723 à 1749. Il était un ministre de la Marine efficace. Il convient de noter que la Royal Navy, surprise par la qualité des navires français, a immédiatement intégré les unités capturées lors des batailles de 1747 à sa flotte et a commencé à les reproduire.
• Il a connu une longue période de disgrâce en 1749, qui a duré 25 ans. Il a été exilé à une distance de quarante lieues (environ 160 km) de Paris.
• Lorsque Louis XVI monta sur le trône en 1774, il devint ministre d'État et le mentor de facto du jeune roi. Il occupa ce poste jusqu'à sa mort.
• C'est lui qui nomma Vergennes ministre des Affaires étrangères.
• Bien que très prudent en matière de guerre, il ne s'opposa pas à ce que la France se range du côté des insurgés.
Sa mémoire aux Etats-Unis:
Il n'y a aucune plaque ni aucun mémorial en son honneur aux États-Unis. Le fort Maurepas dans le Mississippi, le lac Maurepas et le lac Pontchartrain en Louisiane ne portent pas son nom, mais celui de son père, Louis II Phélypeaux de Pontchartrain (29 mars 1643 - 22 décembre 1727), successivement marquis de Phélypeaux (1667), comte de Maurepas (1687), comte de Pontchartrain (1699), qui fut chargé de la Maison royale (1690-1714) et secrétaire à la Marine (1690-99).
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Anne Robert Jacques Turgot
Ministre d'Etat & Contrôleur général des finances (1774-1776)
Jacques Necker
Directeur Général du Trésor Royal (1776-1777)
Directeur Général des Finances (1777-1781)
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Ci-dessus :
En haut à gauche : Portrait de Turgot par François-Hubert Drouais - Galerie Le Serbon, domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=86290174
En haut à droite : Tombe de Benjamin Franklin, Philadelphie, avec une plaque citant Turgot. Photo : TC © ASSFI 2022
En bas à gauche : Portrait de Necker, d'après Joseph-Siffred Duplessis - Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=725209
En bas à droite : Compte Rendu au roi, 1781. La guerre a épuisé le trésor français, l'une des principales causes du déficit budgétaire français qui a conduit à la Révolution de 1789, par Lombards Library - Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12630134
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• Anne Robert Jacques Turgot, Baron de l'Aulne (10 mai 1727 – 18 mars 1781), plus connu sous le nom de Turgot, était un économiste et homme d'État français. On se souvient surtout de lui aujourd'hui comme l'un des premiers défenseurs du libéralisme économique. Il faisait preuve d'une extrême prudence budgétaire et était réticent à dépenser pour des entreprises étrangères, mais il suivait les ordres du roi et supervisait le transfert de fonds aux insurgés des 13 colonies jusqu'à sa démission en 1776. Nous l'incluons dans ce bulletin parce qu'il est cité sur une plaque de bronze au-dessus de la tombe de Benjamin Franklin à Philadelphie, preuve que ses contemporains américains le tenaient en haute estime malgré ses réserves initiales.
Plaque en bronze avec citation de Turgot:
Tombe de Benjamin Franklin, Christ Church Burial Ground
340 N 5th St, Philadelphia, PA 19106
GPS: 39.952483, -75.148267
• Inscription:
”Dernière demeure de
Benjamin Franklin, 1706-1790
« Vénéré pour sa bienveillance, admiré pour ses talents, estimé pour son patriotisme, aimé pour sa philanthropie. » - Washington
« Le sage que deux mondes revendiquent comme leur propre » - Mirabeau
« Il a arraché aux cieux la foudre et aux tyrans le sceptre » - Turgot"
• Le présent bulletin n'a pas pour objectif de retracer l'histoire tumultueuse du mandat de Jacques Necker, qui débuta en 1777. Il convient toutefois de le mentionner, car il s'opposa à la forte réticence de Turgot et contribua activement à faciliter le transfert de fonds destinés à aider les insurgés.
• Jacques Necker (30 septembre 1732 – 9 avril 1804) était un banquier prospère originaire de Genève, en Suisse, qui occupa le poste de ministre des Finances sous Louis XVI. Il était connu pour ses réformes, mais certaines de ses mesures suscitèrent un mécontentement important.
• Il a joué un rôle clé dans le financement du soutien français aux colons américains en obtenant d'importants prêts de Genève et d'autres banquiers. Cependant, cette approche a finalement accru la dette de la France, ce qui a contribué à la crise financière qui a déclenché la Révolution française. Au lieu d'augmenter les impôts, il a financé la guerre par des emprunts importants, ce qui a créé une illusion de stabilité financière, mais a laissé la France avec plus de dettes, ce qui a entraîné sa destitution et l'indignation du public.
• En 1781, Necker a publié un rapport faisant état d'un excédent (le « Compte rendu ») afin de dissimuler le déficit, ce qui a ensuite suscité des réactions négatives et des critiques.
• Il est intéressant de noter qu'Albert Gallatin, le quatrième (et détenteur du record de longévité à ce poste) secrétaire au Trésor des États-Unis, était également originaire de Genève et a très bien géré les finances de la jeune République !
Sa mémoire aux Etats-Unis:
Alors qu'Albert Gallatin a sa statue en bronze à l'entrée du bâtiment du Trésor américain, à côté de la Maison Blanche, il n'existe aucune plaque ni aucun panneau aux États-Unis mentionnant le soutien apporté par Jacques Necker à la cause des "Patriots".
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Claude-Louis-Robert, comte de Saint Germain
Ministre de la Guerre (1775-1777)
Alexandre Marie Léonor, Comte de Montbarrey
Secrétaire d'Etat à la Guerre (1777-1780)
Philippe Henri, Marquis de Ségur
Secrétaire d'Etat à la Guerre (1780-1787)
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Ci-dessus :
À gauche : Claude-Louis-Robert (1707-1778), comte de Saint-Germain, par Jean-Joseph Taillasson — château de Versailles, domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=106309573
Au centre : Portrait d'Alexandre Marie Léonor de Saint-Mauris, comte de Montbarrey (1732-1796), par Élisabeth Vigée Le Brun — Château de Versailles, domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21657564
À droite : Philippe Henri, marquis de Ségur, copie de Joséphine Houssaye [source RMN Grand-Palais] d'après un original conservé à la résidence du baron de Villeneuve au château des Roches (Indre) ; autres répliques conservées au musée des Augustins à Toulouse, par Joséphine Houssay / D'après Élisabeth Louise Vigée Le Brun - Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=382195
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• Claude Louis, Comte de Saint-Germain (15 avril 1707 – 15 janvier 1778), général français, est né le 15 avril 1707 au château de Vertamboz dans le Jura. Il fut nommé sous-lieutenant par Louis XV. Il quitta la France, selon certaines rumeurs, à la suite d'un duel ; il servit sous les ordres de l'électeur palatin ; il combattit pour la Hongrie contre les Turcs et, lorsque la guerre de Succession d'Autriche éclata en 1740, il rejoignit l'armée de l'électeur de Bavière (qui devint plus tard empereur sous le nom de Charles VII), faisant preuve d'un tel courage qu'il fut promu lieutenant-feld-maréchal. Il rejoint le maréchal de Saxe aux Pays-Bas et se distingue particulièrement à Lauffeld, Rocoux et Maastricht. Lorsque la guerre de Sept Ans éclata en 1756, il fut nommé lieutenant général et, bien qu'il fût plus compétent que ses collègues commandants et qu'il suscitât l'admiration de ses soldats, Saint-Germain démissionna de son poste en 1760 et accepta un poste de maréchal auprès de Frédéric V de Danemark-Norvège, chargé en 1762 de réorganiser l'armée danoise.
• Il fut présenté à la cour par les réformateurs Turgot et Malesherbes et fut nommé Secrétaire d'Etat à la Guerre par Louis XVI le 25 octobre 1775. Il avait pour objectif de réduire le nombre d'officiers et réformer l'armée, mais il démissionna en 1777.
• Il a joué un rôle clé dans le recrutement du baron von Steuben, un officier prussien compétent qui était sans emploi et résidait à Paris. Il a présenté Franklin à von Steuben, convaincu avec prescience que son expérience militaire serait utile pour organiser l'Armée continentale et former ses soldats.
• Alexandre Marie Eleonor de Saint-Mauris, Comte de Montbarrey, fut plus tard prince de Montbarrey et prince du Saint-Empire romain germanique (1774), grand d'Espagne de première classe (1780), chevalier du Saint-Esprit et lieutenant général (1780). Il est né à Besançon, dans le Jura, le 20 avril 1732. Il était issu d'une famille de Franche-Comté (Dole), anoblie en 1537. Après une brillante carrière militaire, le prince de Montbarrey arriva à la cour du roi Louis XVI, où il fut soutenu par sa parente Madame de Maurepas, épouse du marquis de Maurepas, qui était le premier ministre de Louis XVI. Madame de Maurepas réussit à obtenir pour Montbarrey le poste de directeur de la guerre (une fonction créée spécialement pour lui, sans tâche définie) et adjoint au Comte de Saint-Germain.
• Après la démission du comte de Saint-Germain, avec toujours avec l'aide de Madame de Maurepas, Montbarrey fut nommé secrétaire d'État à la guerre en 1778.
• En 1780, en pleine guerre avec les États-Unis, il fut contraint de démissionner de son poste en raison de critiques concernant l'utilisation abusive de fonds militaires et du scandale provoqué par la révélation que sa maîtresse, Mlle Renard, vendait des nominations militaires.
• Philippe Henri, Marquis de Ségur (20 janvier 1724 – 3 octobre 1801) était maréchal de France et secrétaire d'État à la Guerre sous le règne du roi Louis XV. Il était le petit-fils de Philippe II, duc d'Orléans.
Il prit le commandement d'un régiment d'infanterie à l'âge de dix-huit ans et combattit aux côtés de son père en Italie et en Bohême. Il fut blessé à Roucoux en Flandre en octobre 1746 et perdit un bras à Lauffeld en 1747. Pendant la guerre de Sept Ans, il participa aux batailles de Hastenbeck (1757), Krefeld (1758) et Minden (1759).
• Ses compétences dans la gestion de la Franche-Comté en 1775 lui valurent d'être nommé ministre de la Guerre en 1780, poste qu'il occupa jusqu'en 1787.
Aucun d'entre eux n'est commémoré aux États-Unis par une plaque ou un mémorial. Ils ne semblent pas non plus particulièrement commémorés en France.
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Antoine de Sartine
Secrétaire d'État à la Marine (1774-1780)
Charles Eugene Gabriel de la Croix, Marquis de Castries
Secrétaire d'État à la Marine (1780-1787)
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Ci-dessus :
À gauche : Antoine de Sartine, ministre français du XVIIIe siècle. Par Joseph Boze - Musée Lambinet, Versailles, France, domaine public., https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3037319
À droite : Charles Eugène Gabriel de la Croix, marquis de Castries, par un peintre anonyme, 1783 (il fut nommé maréchal de France en 1783) photo par Gind2005 — œuvre personnelle, domaine public,
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=19940715
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• Antoine Raymond Jean Gualbert Gabriel de Sartine, comte d'Alby, est né à Barcelone, en Espagne, le 12 juillet 1729, et est décédé à Tarragone, en Espagne, le 7 septembre 1801. Il était un homme d'État français qui occupa le poste de lieutenant général de police de Paris de 1759 à 1774 sous le règne de Louis XV, puis celui de secrétaire d'État à la Marine de 1774 à 1780 sous le règne de Louis XVI.
• Son père, fils d'épicier devenu financier, fournissait des provisions aux troupes françaises pendant la guerre de Succession d'Espagne. Cela lui permit de s'enrichir et il devint conseiller financier de la Cour, avant d'être finalement fait chevalier. Son fils Antoine fut anobli en 1755, devint chef de la police, puis fut nommé secrétaire d'État à la Marine.
• Antoine de Sartine fit de la marine française une force avec laquelle il fallait compter, après sa renaissance sous Choiseul à la suite des revers de la guerre de Sept Ans. Sartine entreprit d'importantes réformes à travers sept ordonnances en 1776. Le contrôle de la marine fut confié aux officiers, réduisant ainsi le pouvoir des administrateurs civils. Les ports et les chantiers navals français furent placés sous la direction du comte de Fleurieu. La construction navale fut activement encouragée. Il restructura également l'artillerie navale et le corps d'infanterie de marine.
• Il quadrupla les budgets consacrés à la construction navale, permettant ainsi une construction navale intensive lorsque la France entra dans la guerre d'indépendance américaine au début de l'année 1778. En seulement un an, neuf navires de ligne furent construits dans les chantiers navals français !
• Au début de la guerre d'indépendance américaine, Sartine a mis en place des convois obligatoires qui retardaient les départs mais garantissaient la sécurité.
• La destination officielle des navires venant en aide aux Américains était généralement la colonie française de Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti). La situation était tendue pour les armateurs jusqu'au traité d'alliance avec les États-Unis, moment auquel le ministère de la Marine les a contactés pour les encourager à équiper leurs navires en leur accordant des commissions « Guerre et Marchandises ». Des navires furent transférés aux États-Unis. Par exemple, le Lion, un corsaire armé à Nantes pour les Américains par Jean Peltier Dudoyer, fut rebaptisé Deane.
• Pendant la Révolution française, il réussit à fuir en Espagne et ne revint jamais en France.
Sa mémoire aux Etats-Unis:
Malheureusement, il n'y a aucune plaque commémorative à sa mémoire aux États-Unis. On peut toutefois admirer un buste en marbre le représentant, dans le Petit Appartement du Roi, au château de Versailles.
• Charles Eugène Gabriel de La Croix, Marquis de Castries (25 février 1727 – 11 janvier 1801) était un officier militaire et homme politique français.
Il s'engagea dans le régiment du Roi en mai 1739 et devint lieutenant le 23 août 1742. Parallèlement, il occupa les fonctions de lieutenant du Roi en Languedoc et fut gouverneur de Montpellier et de Sète à partir de 1743. Il se battit vaillamment pendant la guerre de Sept Ans et dans toutes les campagnes de Louis XV. Il devint maître de camp du régiment du Roi-Cavalerie à partir du 26 mars 1744, puis occupa les fonctions de maréchal de camp et commandant général de la cavalerie à partir de 1748.
Il se distingua encore lors de la bataille de Rossbach le 5 novembre 1757, où il fut blessé à deux reprises. Il fut promu lieutenant général le 28 décembre 1758 et devint maître de camp général de la cavalerie le 16 avril 1759. Lors de la bataille de Clostercamp le 16 octobre 1760, son calme contribua à sauver une situation désespérée.
• Le 13 octobre 1780, il est nommé secrétaire d'État à la Marine, sur recommandation de son ami Jacques Necker. Il occupe ce poste jusqu'au 24 août 1787. En 1783, il est élevé au rang de maréchal de France. Il réorganise la flotte et met en place une nouvelle stratégie navale approuvée par le Grand Conseil, qui consiste à redéployer la marine française pour faire face à la nature mondiale du conflit et à affecter des officiers plus agressifs aux flottes et aux escadrons. Cette stratégie permet à la marine française de remporter plusieurs victoires pendant la guerre d'indépendance américaine. Il apporta également d'importants changements réglementaires, rationalisant la hiérarchie de la marine et réorganisant son processus de recrutement. De Castries était très actif dans toutes ses fonctions, ce qui l'amena à déclarer :
«Je voudrais dormir plus vite ».
Sa mémoire aux Etats-Unis:
• Malheureusement, il n'existe aucune plaque ni aucun mémorial rendant hommage au marquis de Castries aux États-Unis. Il est toutefois honoré à Sainte-Lucie, où la capitale de cette nation indépendante des Caraïbes porte son nom. L'île a fait l'objet de 14 conflits entre la France et la Grande-Bretagne, avant de devenir une colonie britannique après la chute de l'empereur Napoléon en 1814.
• Les touristes peuvent visiter le Château at Castries, près de Montpellier, lieu mémoriel de la guerre d'indépendance américaine. Le château a également accueilli en 2022 une exposition itinérante sur l'histoire du Soldat Inconnu américain, illustrant ainsi la longue histoire d'alliance et d'amitié entre les deux nations.
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Above:
Left: Charles-Eugène-Gabriel de La Croix, Marquis de Castries, Marshal of France in 1783 (1727–1801), by Joseph Boze, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=691850
À droite : un buste dans les jardins King George V (!) à Castries, à Sainte-Lucie, dans les Caraïbes orientales, rend hommage au marquis de Castries (1727-1800), qui a donné son nom à la ville. Photo prise par David Stanley, de Nanaimo, au Canada, CC BY 2.0., https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=96659470
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Buste en bronze du Marquis de Castries
King George V Gardens, Jean Baptiste St., Castries, Saint Lucia, Caribbean
GPS: 14.012100, -60.986983
Inscription:
Charles Eugene Gabriel
de la Croix
"Marquis de Castries
1727-1800
Distingué ministre de la
Marine française et des
Colonies (1780-1787) qui a donné son nom à la
ville de Castries."
• Son fils Armand-Charles-Augustin de La Croix, Count of Charlus and future Duke of Castries (1756-1842), traversa l'Atlantique en 1780 pour combattre les Anglais, notamment en Virginie à Yorktown, sous le commandement du général Rochambeau.
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• Armand-Charles-Augustin de La Croix, Comte de Charlus, (23 mai 1756 - 19 janvier 1842) était ami avec le marquis de La Fayette à la cour de Versailles. En mars 1780, La Fayette partit pour la deuxième fois en Amérique après avoir plaidé à la Cour l'envoi d'une expédition armée, et il était probablement désireux de suivre ses traces. Certains historiens pensent qu'il fut choisi pour faire partie de l'Expédition Particulière de Rochambeau parce qu'il était le fils du ministre. Quoi qu'il en soit, il se révéla être un officier compétent.
• Il fut nommé deuxième colonel du régiment de Saintonge, l'un des quatre régiments de l'Expédition. En avril 1780, il embarqua à bord du Jason, un navire de 74 canons de l'escadre commandée par le chevalier de Ternay, et débarqua à Newport, dans le Rhode Island, participant ainsi activement à toutes les opérations de l'armée française en Amérique.
Il est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris.
• Il a rédigé un compte rendu de la campagne américaine: "A middle passage: the journal of Armand-Charles Augustin de la Croix de Castries, Duc de Castries, Comte de Charlus, 6 April 1780 to 29 September 1780"
Après cet aperçu des principales figures ministérielles, revenons aux événements qui ont précédé la Déclaration d'indépendance et présentons un personnage aujourd'hui oublié qui a joué un rôle mineur mais essentiel :
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Julien Achar de Bonvouloir
Émissaire secret auprès des "Insurgents"
Décembre 1775
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Ci-dessus :
En haut : Carpenter's Hall, lieu de réunion du premier Congrès continental des États-Unis, qui fait partie de l'actuel Independence National Historic Park à Philadelphie, par Pbjamesphoto - Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=40075080
En bas : Escalier surmonté d'une plaque en bronze commémorant Achard de Bonvouloir. Les réunions secrètes avec Benjamin Franklin et ses collègues ont eu lieu en 1775 dans les locaux de la Library Company. Un bibliothécaire français, Francis Daymon, a servi d'interprète. Photos : TC © ASSFI 2026.
Malheureusement, nous ne disposons d'aucun portrait de Julien Achard de Bonvouloir.
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La cour de Versailles était « dans le noir » et avait besoin d'évaluer directement la situation en Amérique, l'état d'esprit et la détermination des insurgés, avant d'adopter une ligne de conduite. Pour ce faire, le comte (plus tard duc) de Guînes, ambassadeur de France à la cour de Saint-James à Londres, recommanda de faire appel aux services d'un volontaire, Julien Achar de Bonvouloir, qui pouvait se rendre dans les colonies déguisé en marchand.
• Julien Alexandre Achard, Chevalier de Bonvouloir (10 mai 1749, à Passais-la-Conception – 1783), officier du Régiment du Cap en poste dans la colonie de Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti), devint en 1775 envoyé secret de la France auprès des colonies américaines. Il établit le tout premier contact avec les insurgés, avec l'accord du roi Louis XVI en personne, sur proposition de Vergennes.
• Vergennes accepta et répondit par écrit le 7 août 1775:
"J'ai mis sous les yeux du Roi, Monsieur, la proposition que vous faites de faire retourner en Amérique M. de Bonvouloir dont vous paraissez priser les connaisances et les lumières qu'il a acquises dans ce pays-là. Je ne doute pas que vous ne vous soyez bien assuré qu'il est effectivement ce qu'il se dit, car je dois vous prévenir qu'il n'existe au bureau de la Marine aucun renseignement qui justifie que ce Français ait été attaché dans aucune qualité au Régiment du Cap. Toutefois, Sa Majesté a bien voulu agréer que M. de Sartines lui expédiât, sur votre demande, un brevet de Lieutenant à la suite de ce Régiment vous le trouverez ci-joint. Quant au traitement annuel de deux cents louis que vous proposez, le Roi veut bien l'autoriser, et vous vous en prévaudrez sur moi dans vos états de frais extraordinaires des quartiers; mais, le Roi en vous allouant cette somme, n'entend pas que vous supprimiez celle que vous avez proposée pour vous procurer des intelligences dans le bureau des plantations. S'il est intéressant d'être instruit de ce qui se passe dans l’Amérique septentrionale, il ne l'est pas moins de l'être des ordres qu'on peut y envoyer et même dans les autres Colonies; cette connaissance ne pourra que répandre un grand jour sur l'existence du projet que vous soupçonnez. Le Roi approuve fort la résolution où vous êtes d'expédier M. de Bonvouloir avec assez de précaution pour que, dans aucun cas, sa mission ne puisse nous compromettre. Je crois qu'on peut lui laisser la liberté de prendre service parmi les rebelles si son goût l'y porte, c'est un officier de fortune dont les démarches personnelles ne peuvent jamais tirer à conséquence. Ce qui demande une attention particulière est la manière d'assurer votre correspondance en sorte qu'elle ne puisse être interceptée. Vous voudrez bien réduire ses instructions, qui ne devront être que verbales, à deux objets qui me semblent les plus essentiels l'un, de vous rendre un compte fidèle des évènements et de la disposition la plus générale des esprits; l'autre, de rassurer les Américains contre la frayeur qu'on cherchera sans doute à leur donner de nous. Le Canada est le point jaloux pour eux, il faut leur faire entendre que nous n'y songeons point du tout, et que loin de leur envier la liberté et l'indépendance qu'ils travaillent à s'assurer, nous admirons, au contraire, la grandeur et la noblesse de leurs efforts, et que, sans intérêt pour leur nuire, nous verrions avec plaisir que des circonstances heureuses les missent en liberté de fréquenter nos ports; les facilités qu'ils y trouveroient pour leur commerce leur prouveroient bientôt toute l'estime que nous avons pour eux. Le Roi compte sur votre vigilance et sur votre exactitude à l'informer promptement, Monsieur, de tout ce que vous jugerez intéressant..."
• Le chevalier de Bonvouloir partit pour l'Amérique le 8 septembre 1775, mais le mauvais temps causa des retards et il n'arriva à Philadelphie qu'à la fin de l'automne. En décembre 1775, il organisa trois réunions secrètes à Carpenters' Hall avec Benjamin Franklin et le Comité des affaires secrètes du Congrès continental : cela marqua le premier pas vers l'alliance franco-américaine.
• Le rapport de Bonvouloir parvint à Vergennes à la fin du mois de février 1776, ce qui l'aida à persuader Louis XVI d'envoyer des armes aux rebelles par l'intermédiaire de la société écran Roderigue Hortalez et compagnie, comme nous le verrons plus loin.
• De Bonvouloir rendit compte dans un long rapport:
"Ils m'ont demandé si la France les aiderait et à quel prix. Je leur ai répondu que je croyais que la France leur voulait du bien; si elle les aiderait que cela pou- vait bien être; sur quel pied que je n'en savais rien, mais que si cela arrivait, ce serait toujours à des conditions justes et équitables; que, du reste, s'ils le jugeaient à propos, ils fissent leurs propositions, que j'avais de bonnes connaissances, que je me chargerais de présenter leurs demandes sans rien plus....
Je leur ai répondu:
..."Vous demandez quelle est l'intention de la France à l'égard des colo-
nies du nord de l'Amérique. Je ne croispas trop avancer en vous disant qu'elle « vous veut du bien, et qu'elle n'a point eu, je crois, d'autres sentiments pour « vous que de la bienveillance” [...]
"La France est bien en état de vous fournir deux bons ingénieurs, même plus. La seule démarche, c'est de les demander" [...]
"J’ignore si l'on vous donnera une libre entrée et sortie dans les ports français. Ce serait se déclarer ouvertement pour vous, et la guerre pourrait s'ensuivre. Peut-être fermera-t-on les yeux, c'est là ce qu'il vous faut. J'ai l'honneur de vous répéter, Messieurs, que je ne réponds de rien. Je suis bien peu de chose; j'ai de bonnes connaissances, c'est tout."[...]
• Une plaque à l'intérieur du Carpenters Hall à Philadelphie commémore les réunions secrètes avec de Bonvouloir, mais l'escalier n'est pas accessible au public et la plaque passe inaperçue.
Plaque & panneau d'information:
Carpenters' Hall, site of First Continental Congress
320 Chestnut St, Philadelphia, PA 19106
GPS: 39.948119, -75.147269
• Inscription:
« Ici, en décembre 1775,
Achard De Bonvouloir, émissaire du gouvernement de Sa Majesté,
Louis XVI de France,
rencontra Benjamin Franklin
et le Comité secret de correspondance
du Congrès continental
inaugurant ainsi le mouvement
vers une alliance française. »
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« Cette plaque a été inaugurée le 3 septembre 1983,
bicentenaire de la signature du traité de Paris. »
• Dans le hall principal, parmi de nombreux panneaux, les visiteurs peuvent lire celui qui raconte l'histoire de Bonvouloir et qui rend hommage à l'aide apportée par la France :
• Texte du panneau (extrait) :
« Obtenir le soutien de la France
Trois réunions secrètes : du 18 au 28 décembre 1775 »
« Les colonies avaient besoin d'aide pour obtenir leur indépendance de la Grande-Bretagne. La France envoya un agent, Julien Achard de Bonvouloir, à Philadelphie pour recueillir des informations et communiquer la sympathie de la France. Il connaissait Francis Daymon, bibliothécaire de la Library Company ;
Daymon le présenta à Benjamin Franklin et John Jay. Les quatre hommes se réunirent sous le couvert de la nuit à Carpenters' Hall, car la France ne voulait pas que l'Angleterre découvre son implication.
Bonvouloir fit son rapport, et cela, combiné à d'autres arguments, persuada le roi Louis XVI d'approuver son soutien. La France commença à envoyer des provisions, de l'argent et d'autres formes d'aide. Quatre-vingt-dix pour cent de la poudre à canon utilisée par les Américains était française.
Deuxième étage de Carpenters' Hall : les réunions secrètes de 1775 se déroulèrent dans les locaux de la Library Company. Le bibliothécaire Francis Daymon, un Français, servit d'interprète. »
• Un dépliant distribué aux visiteurs à la Carpenters' Hall raconte l'histoire de manière précise et concise:
« Au cours de trois nuits différentes en décembre 1775, au deuxième étage du Carpenters' Hall, quatre hommes se sont réunis en secret, tous arrivés par des chemins différents afin de ne pas éveiller les soupçons quant à leurs déplacements. John Jay était l'un d'entre eux, Benjamin Franklin était un autre, Francis Daymon était le troisième et Julien Achard De Bonvouloir était le dernier. Le but de ces réunions était d'informer Bonvouloir que les colonies étaient impatientes de recevoir le soutien du roi français Louis XVI dans leur lutte pour se libérer du joug britannique.
Bonvouloir était un agent secret français dont la mission était de se présenter comme un simple citoyen. Sa mission était considérée comme si sensible et si dangereuse que s'il était appréhendé, les Français nieraient son existence, car à cette époque, ils étaient nominalement en paix avec la Grande-Bretagne. Ses ordres étaient de recueillir des informations, d'assurer les colons rebelles du soutien de la France à leur cause et de leur offrir l'utilisation des ports français une fois l'indépendance obtenue.
À la suite de ces réunions secrètes nocturnes, Silas Deane fut envoyé à Paris pour entamer des négociations directes avec les représentants du gouvernement au palais de Versailles afin d'obtenir de l'argent, des provisions et une assistance technique. C'est le premier contact avec les Français, établi par l'intermédiaire de Bonvouloir à Carpenters' Hall, qui permit à la nouvelle nation d'obtenir une aide militaire. Grâce à un réseau clandestin, des fournitures essentielles furent acheminées presque immédiatement via des ports amis des Antilles."
• Il est intéressant de constater qu'une série d'événements relativement improbables ont pu avoir des conséquences aussi profondes. Considérons ceci : une offre de service d'un individu relativement inconnu à un ambassadeur, qui suggère à son ministre d'« essayer » cette option ; un ministre sceptique qui en discute néanmoins avec le roi ; lequel accepte de lui confier un faux brevet d'officier... Pourtant, Bonvouloir a réussi à établir des relations de confiance avec ces membres éminents du Congrès et à mettre en place un canal de communication solide entre eux et la Cour de Versailles!
• À peu près à la même époque, un dîner protocolaire improbable eut lieu dans une garnison de province. Des éléments tout aussi improbables convergent : un tout jeune officier invité à table, écoutant un invité anglais de haut rang – nul autre que le frère du roi d'Angleterre, en route pour l'Italie – qui embrasse soudainement la cause des 'Patriots', alors qu'il s'agissait purement d'une affaire britannique interne entre les colons et leur roi...
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Le Dîner de Metz, 1775
Charles François de Broglie, Marquis of Ruffec
&
L'idéalisme du Marquis de Lafayette
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Ci-dessus :
À gauche : Charles-François, comte de Broglie, marquis de Ruffec © DR
À droite : Marie Joseph Paul Yves Roch Gilbert Motier, marquis de Lafayette, par Charles Willson Peale, 1779-1780. Galerie de portraits de la Second Bank of the United States. Avec l'aimable autorisation de l'Independence National Historical Park.
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Ce n'est pas ici le lieu de présenter La Fayette à nos lecteurs*. Il suffit de dire qu'il a suscité un enthousiasme considérable parmi le public, inspirant de nombreux jeunes aristocrates, et qu'il a incarné à lui seul la sincérité des sentiments d'un grand nombre de Français en faveur des valeurs défendues par les rebelles.
• On sait que Lafayette a entendu parler pour la première fois de la guerre d'indépendance américaine lors d'un dîner le 8 août 1775, alors qu'il était en poste à Metz. Au cours de cette réunion, le duc de Gloucester (le frère cadet du roi George III) a partagé son opinion sincère sur les Américains et les griefs des rebelles. Le duc s'est en fait plaint des colons américains qui s'étaient rebellés contre la domination britannique et s'est moqué de leurs convictions révolutionnaires en matière d'égalité et du droit des peuples à se gouverner eux-mêmes.
La réaction de Lafayette fut immédiate et profonde. Comme il le rappela plus tard, lorsqu'il apprit que les Américains menaient une révolution fondée sur les principes de liberté et d'égalité, « mon cœur fut conquis ».
• Ce célèbre dîner du 8 août 1775 à Metz, auquel Lafayette était invité, fut organisé par un personnage oublié de l'histoire. Charles François de Broglie, marquis de Ruffec (19 août 1719 - 16 août 1781), soldat et diplomate de la maison de Broglie, avait servi Louis XV et, pour de nombreuses raisons, était en semi-disgrâce lorsqu'il fut nommé commandant militaire de la région des Trois-Évêchés en Lorraine. En février 1775, il avait élaboré un plan d'invasion de l'Angleterre et l'avait soumis au roi.
• C'est lui qui suggéra à Vergennes d'utiliser le baron Jean de Kalb comme premier émissaire militaire auprès des colonies rebelles.
• Pendant un moment, il s'imagina un destin aux États-Unis. Cela ne se produisit pas pour diverses raisons, mais comme nous le verrons, il mérite d'être considéré comme un des acteurs de la Révolution américaine. Presque tous les premiers officiers français qui s'engagèrent dans l'armée continentale appartenaient à son cercle, ou avaient servi sous ses ordres, tel de Kalb.
Remarque* : nous renvoyons nos lecteurs notamment à notre Bulletin d'août 2024 :
« L'héritage de Lafayette en Amérique ».
https://conta.cc/3X90SWQ (original version in English)
https://conta.cc/3YQTmRG (version en français)
Après les premiers contacts directs établis par Julien Achard de Bonvouloir, une autre étape concrète vers l'Alliance fut franchie avec la mission de Silas Deane en France et la déclaration retentissante de l'indépendance du 4 juillet 1776.
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La Déclaration d'indépendance
4 juillet 1776
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Ci-dessus:
Declaration of Independence, par John Trumbull - US Capitol, Domaine Public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=180069
John Trumbull représente les cinq membres du comité de rédaction de la Déclaration d'indépendance présentant leur travail au Congrès. Ce tableau figure au dos du billet de banque (peu connu) de 2 dollars. L'original est exposé dans la rotonde du Capitole à Washington. Il ne représente pas une cérémonie réelle ; les personnages représentés ne se sont jamais trouvés dans la même pièce au même moment.
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Le Congrès nomma Deane envoyé secret en France le 2 mars 1776. Il arriva à Paris le 6 juillet 1776.
• Le 8 juillet, le Comité du Congrès envoya la Déclaration d'indépendance, chargeant Silas Deane d'en informer le gouvernement français et les autres gouvernements européens ("afin de la faire connaître à cette puissance et aux autres puissances européennes"). Cette lettre n'arriva jamais, et une deuxième, datée du mois d'août et contenant une copie de la précédente, n'arriva qu'en novembre 1776...
• Les autorités britanniques en Amérique du Nord envoyèrent immédiatement des copies de la Déclaration à Londres. Celle-ci fut publiée dans les journaux britanniques à partir de la mi-août. En réponse aux informations communiquées par l'ambassadeur français à Londres, Vergennes répondit le 2 août :
« Les Anglais voudraient sans doute obtenir réparation pour leurs pertes, et ce n'est qu'à nos dépens [...] qu'ils pourraient l'obtenir. »
Vergennes était vexé de ne pas avoir reçu de copie officielle du Congrès et s'en plaignit dans une correspondance datée du 5 octobre envoyée à l'ambassadeur français à Londres.
• Enfin, Silas Deane put la présenter officiellement à Vergennes le 27 novembre et en informa le Congrès le 28 : « Je préfère certes la simplicité de style, tout comme celle des manières, mais il faut tenir compte de la dignité des États anciens et puissants, ou, si vous préférez, de leurs préjugés en faveur des formes et de l'étiquette établies de longue date ; et comme les États-Unis d'Amérique, par cet acte, se présentent parmi les puissances établies et se rangent à leurs côtés, il est naturel de s'attendre à ce que, lors de cette première présentation, ou de son annonce, on ait recours à une forme plus officielle, ou, si je puis dire, plus respectueuse, plutôt qu'à de simples deux ou trois lignes du comité du Congrès, dans une lettre d'apparence plus authentique, non pas que l'on puisse douter de votre autorité ni de l'authenticité de votre lettre. Je me permets de suggérer qu'il serait opportun de se demander s'il ne convient pas toujours d'utiliser un sceau pour vos démarches ici et pour vos pouvoirs et instructions de nature publique. »
• Vergennes en prit note mais émit des réserves, déclarant, comme le rapporte Deane : « [Vergennes a dit]... les États-Unis peuvent recevoir les mêmes secours et la même assistance de la France, avec ou sans une telle reconnaissance officielle, et peut-être même de manière beaucoup plus avantageuse. » À cet argument et à d'autres du même genre, j'avais d'autant moins de raisons de répondre que vous m'aviez informé que des articles relatifs à une alliance proposée avec la France étaient à l'étude et que je pouvais m'attendre à les recevoir prochainement. » (Rapport de Silas Deane au Congrès, 28 novembre 1776, dans La correspondance diplomatique de la Révolution américaine, compilée par Jared Sparks, 1829, page 68)
• Parallèlement, les autorités espagnoles dans l'hémisphère occidental ont interdit la diffusion de la Déclaration, mais celle-ci a néanmoins été largement diffusée et traduite.
• Formalités mises à part, dès que la nouvelle de la Déclaration d'indépendance a traversé la Manche, un « Conseil extraordinaire » du cabinet français s'est réuni le 31 août, la nouvelle de l'indépendance américaine étant parvenue en Europe via Londres. Dans le compte rendu de cette réunion, on constate clairement que la France avait déjà décidé de reconnaître officiellement l'indépendance des États-Unis et, si nécessaire, d'entrer en guerre pour la faire respecter.
"Lu au Roy dans le Comitté tenu le 31 aoust 1776.
M. le Cie de Maurepas, M. de Saisine, M. de St. Germain, M. de Glagny, M. le Cte de Vergennes faisant raport, “Considérations sur le parti qu'il convient à la France de prendre vis avis de l'Angleterre dans la circonstance actuelle:
“De tous les maux qui peuvent afligér la Société la guerre en est un des plus graves; mais elle en est un destructeur lorsquelle surprend un Etat qui se reposant trop sur sa bonne foi et sur celle de ses envieux, a négligé les précautions d’ou dependoit sa sureté et a dédaigné les occasions de mettre son ennemi habituel dans l’impuissance de lui nuire.”
“La connexité que la guerre formeroit entre la France et lAmerique septentrionale ne seroit pas une de ces liaisons passageres que le besoin du moment fait naitre et évanouir. Nul interest ne pouvant divisér deux peuples qui ne communiquent entre eux qu'a travers de vastes espaces de mer, les raports necessaires de commerce qui s’etabliroient entre eux formeroient une chaîne sinon eternelle du moins dune très longue durée”
"Histoire de la participation de la France à l'établissement des États-Unis d'Amérique : correspondance diplomatique et documents" by Henri Doniol, 1886-1899. Vol.1, p. 567
Bien qu'il fût désormais pratiquement certain que la France reconnaîtrait officiellement l'indépendance des États-Unis et entrerait en guerre pour garantir cette issue, il était encore nécessaire de se réarmer au plus vite, d'obtenir le soutien de l'Espagne si possible, d'assurer la neutralité bienveillante des puissances d'Europe centrale (afin d'empêcher la stratégie habituelle de la Grande-Bretagne consistant à fomenter des coalitions continentales contre la France) et, simultanément, de fournir secrètement toute l'aide matérielle nécessaire aux insurgés.
C'est alors qu'intervient un certain Pierre Caron de Beaumarchais…
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L'activisme de
Pierre Caron de Beaumarchais
et sa société-écran
Roderigue Hortalez & Cie
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• Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (Paris, 24 janvier 1732 – Paris, 18 mai 1799) était un dramaturge, horloger, inventeur et militant français, célèbre auteur du « Barbier de Séville » et du « Mariage de Figaro ». Ses pièces se moquaient des privilèges aristocratiques et prônaient l'intelligence et le mérite au détriment de la naissance noble, inspirant plus tard des opéras de de Mozart et de Rossini et annonçant la ferveur révolutionnaire qui allait embraser la France.
• Beaumarchais a joué un rôle important, bien que souvent méconnu, dans la Révolution américaine, agissant comme marchand d'armes et financier secret pour le compte des Américains. Travaillant en étroite collaboration avec Vergennes, il créa une fausse compagnie commerciale, Rodrigue Hortalez et Compagnie, afin de fournir secrètement à l'armée continentale des ressources militaires, des armes et des fonds français. Ses efforts débutèrent dès 1776, avant même l'entrée officielle de la France dans la guerre en tant qu'alliée en 1778 : le 2 mai 1776, Louis XVI autorisa le transfert d'un million de livres à cette société écran. Les fournitures qu'il livra – notamment des mousquets, de la poudre à canon et de l'artillerie – furent essentielles à d'importantes victoires américaines, comme la bataille de Saratoga en 1777, qui joua un rôle crucial pour convaincre la France de soutenir officiellement la Révolution. Malgré les risques financiers considérables qu'il prit personnellement, Beaumarchais passa des années après la guerre à tenter de recouvrer les dettes que lui devait le gouvernement américain, une dette qui resta en grande partie impayée à sa mort en 1799.
• Alors que l'Amérique était en proie à un élan de patriotisme et d'insurrection, Beaumarchais nourrissait une passion pour la liberté et la lutte des colons. Il est frappant de constater que de nombreuses personnes au sein de la société française, pourtant rigoureusement hiérarchisée et autocratique, étaient tout autant fascinées par les principes de la Révolution américaine.
• Initialement, Vergennes rechercha la meilleure façon de procéder. Il savait que le roi n'était pas prêt à s'engager dans des actions qui risquaient d'être révélées prématurément. Avant et au début de la Révolution américaine, Beaumarchais agissait comme agent français à Londres. Il avait tissé de nombreux liens clandestins. Fin 1775, Beaumarchais rédigea une lettre (par l'intermédiaire de Vergennes) au roi, proposant un plan pour fournir secrètement des armes aux Américains via les Antilles, en échange de tabac et d'autres produits américains. Après une brève hésitation, Louis XVI donna son accord.
"LA PAIX OU LA GUERRE.
Au Roi seul.
Sire,
La fameuse querelle entre l'Amérique et l'Angleterre, qui va bientôt diviser le monde et changer le système de l'Europe, impose à chaque puissance la nécessité de bien examiner par où l'événement de cette séparation peut influer sur elle et la servir ou lui nuire.
Mais la plus intéressée de toutes est certainement la France, dont les îles à sucre sont, depuis la dernière paix, l'objet constant des regrets et de l'espoir des Anglais, désirs et regrets qui doivent infailliblement nous donner la guerre, à moins que, par une faiblesse impossible à supposer, nous ne consentions à sacrifier nos riches possessions du golfe à la chimère d'une paix honteuse et plus destructive que cette guerre que nous redoutons.
Dans un premier mémoire, remis il y a trois mois à Votre Majesté par M. de Vergennes, j'ai tâché d'établir solidement que la justice de Votre Majesté ne pouvait être blessée de prendre de sages précautions contre des ennemis qui ne sont jamais délicats sur celles qu'ils prennent contre nous. Aujourd'hui que l'instant d'une crise violente avance à grands pas, je suis obligé de prévenir Votre Majesté que la conservation de nos possessions d'Amérique et la paix qu'elle paraît tant désirer dépendent uniquement de cette seule proposition: il faut secourir les Américains. C'est ce que je vais démontrer…
Sire, au nom de Dieu, daignez l'examiner avec moi […]"
(Suivent plusieurs pages d'un plaidoyer méthodique appelant à apporter une aide active aux insurgés)
• Avec l'accord du roi, Vergennes chargea Caron de Beaumarchais de mettre en œuvre son plan et de créer une société écran, connue sous le nom de Rodrigue Hortalez et Cie. Cette entité était principalement destinée à dissimuler l'implication de la France dans le soutien aux révolutionnaires américains. Beaumarchais, stratège avisé, enregistra la société en Espagne, veillant à ce qu'aucun document ne puisse la relier au gouvernement français ni à aucune autre institution publique française. L'identité des bailleurs de fonds de Beaumarchais fut gardée secrète. Il collabora également et étroitement avec le seul représentant américain à Paris, Silas Deane, originaire du Connecticut. Des communications secrètes transatlantiques, transitant par Londres et l'Espagne, permirent de lancer l'opération. Deane fut rejoint par la suite par Arthur Lee et Benjamin Franklin, donnant lieu à des intrigues dont les méandres sortent du champ de ce bulletin.
• Le rôle de Beaumarchais dans le soutien à la Révolution américaine est souvent ignoré ou sous-estimé. Nous renvoyons nos lecteurs à l'ouvrage publié par la D.A.R. " Beaumarchais And The American Revolution" par Blanche Evans Hazard (1910).
• Comme l'a écrit par ailleurs Streeter Bass : « On peut sans doute affirmer que Beaumarchais et Deane, par leurs propres efforts, ont permis aux jeunes États-Unis de traverser la période la plus critique de leur naissance » (Beaumarchais et la Révolution américaine, op. cit., p. 12).
Sa mémoire aux États-Unis (outre ses pièces de théâtre):
• À l'instar de Vergennes, Pierre Caron de Beaumarchais n'a ni statue, ni monument, ni plaque commémorative célébrant son rôle décisif dans la naissance des États-Unis.
• Cependant, son nom, ainsi que celui de sa société écran Roderigue Hortalez & Cie., sont mentionnés brièvement sur quelques panneaux d'information touristiques, à côté des canons français utilisés par l'Armée continentale et exposés dans les lieux suivants :
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• Après l'approbation du roi, Vergennes alloua en juin une somme initiale d'un million de livres (équivalant à plusieurs millions de dollars) à Beaumarchais pour l'acquisition et le transport d'armes et d'autres fournitures militaires destinées à l'armée continentale. Parallèlement, Vergennes exerça une forte pression sur l'Espagne, qui apporta une contribution financière équivalente deux mois plus tard, en août. Comme nous le verrons plus loin, bien que l'Espagne fût mécontente de la domination britannique, elle hésitait en raison de ses inquiétudes concernant les intentions américaines en Louisiane, ce qui expliqua sa lenteur à réagir. Cependant, l'habile et persévérant Vergennes parvint finalement à la convaincre de se rallier, bien que toujours en retard, et en retrait.
• La société écran prospéra. Dès sa première année d'activité, en septembre 1777, Rodrigue Hortalez et Cie réussit à expédier, par l'intermédiaire de marchands de Nouvelle-Angleterre ayant des liens commerciaux avec les Indes Occidentales, des vêtements pour 30 000 hommes, 4 000 tentes, 30 000 mousquets avec baïonnettes, plus de 100 tonnes de poudre à canon, 216 canons (principalement de 4 livres) et leurs affûts, 27 mortiers, près de 13 000 obus et plus de 50 000 boulets. Ces fournitures étaient essentielles au maintien de l'effort de guerre, car l'Amérique ne disposait que d'une capacité industrielle minimale.
Panneau, “L'ennemi de mon ennemi est mon ami”
Saratoga Battlefield Tour Road, Stop#3, Stillwater NY 12170
GPS: 42.980150, -73.628483
• Inscription:
« Bien qu'ayant combattu les Américains pendant la guerre de Sept Ans, la France était prête à aider secrètement les jeunes États-Unis. D'importantes cargaisons d'aide "officieuse" arrivèrent en Amérique du Nord tout au long de l'année 1777. Les Français créèrent une société commerciale, Roderigue Hortalez et Compagnie, pour envoyer des tentes, des outils, des vêtements, des armes, de la poudre et des munitions afin d'équiper les Américains.
Leur objectif ? Nuire au plus grand rival de la France, la Grande-Bretagne. »
Légendes des illustrations:
«Beaumarchais, célèbre dramaturge, était un fervent partisan de l'indépendance américaine. Le gouvernement français lui demanda de fonder et de diriger la société Roderigue Hortalez et Compagnie.»
«Fusil d'infanterie français : La compagnie commerciale Hortalez expédia plus de 100 canons et des dizaines de milliers de fusils français en Amérique en 1777.»
«Le roi Louis XVI était un allié inattendu pour les États-Unis. La France était en guerre contre la Grande-Bretagne – et ses colonies nord-américaines – depuis des générations.»
Érigé en 2024 par le parc historique national de Saratoga."
Panneau, “La Bataille de Monmouth – 28 juin 1778“
Monmouth Battlefield State Park, Visitors Center entrance, Manalapan, NJ 07726
GPS: 40.263617, -74.319850
• Inscription:
« En 1777, l'armée continentale avait un besoin urgent d'artillerie de campagne. Lorsque 31 canons de 4 livres de style suédois arrivèrent dans le New Hampshire en avril, le commandant en chef George Washington ordonna qu'ils soient « acheminés au camp aussi rapidement que possible ».
Les Français se réjouirent de la guerre entre leurs ennemis britanniques et les Américains. Pour soutenir la rébellion, en 1776, les arsenaux royaux français mirent à disposition des tonnes d'armes excédentaires. Leur intermédiaire avec l'Amérique était une société commerciale fictive dirigée par le flamboyant dramaturge Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. En 1777, les navires de Beaumarchais livrèrent 100 canons de 4 livres à Portsmouth, dans le New Hampshire, et 53 autres à Charleston, en Caroline du Sud. Certains d'entre eux étaient des canons lourds et anciens (datant de 1732). Les autres étaient des canons plus légers et plus mobiles, de style suédois. »
Érigé par l'Organisation bénévole de restauration et d'archéologie des champs de bataille"
L'adage « L'ennemi de mon ennemi est mon ami », bien que vrai, est quelque peu simpliste et incomplet. Il est indéniable que la cause des insurgés bénéficiait d'un large soutien populaire en France, fondé sur l'idéalisme et ancré dans la philosophie des Lumières, incarnée par Beaumarchais.
L'aide matérielle fournie par la France a permis à l'armée continentale de tenir bon pendant ces mois cruciaux. Au-delà des munitions, des vêtements et de l'équipement, nous allons maintenant examiner l'élément humain qui a donné corps à une alliance durable.
| | Les premiers volontaires français | |
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Ci-dessus :
À gauche : Silas Deane dans un tableau de William Johnston datant de 1766, domaine public. https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7314952
À droite : Gravure d'Alonzo Chappel datant de 1879 représentant Lafayette présenté par le baron Johann de Kalb à Silas Deane, domaine public., https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=34907276
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Lorsque la déclaration d'indépendance des colonies anglaises fut connue, elle produisit une impression considérable, compte tenu des moyens de diffusion de l'information de l'époque. Voir la puissance de la Grande-Bretagne menacée à ce point, à un moment où elle semblait inébranlable, a enflammé les esprits. Comme dans tous les conflits, jusqu'à nos jours, des volontaires et des mercenaires ont pris part à l'Histoire.
• On lit souvent que leur principale motivation était le désir de combattre les Britanniques, afin de venger la défaite de 1763. En d'autres termes, la France et les volontaires français ne se battaient pas pour l'Amérique, mais contre les Britanniques. Cela revient à enfoncer une porte ouverte, car la rivalité entre la France et l'Angleterre durait depuis des siècles. Cela ignore l'influence des philosophes des Lumières, qui ont profondément marqué de nombreuses couches de la société française, à commencer par les jeunes aristocrates. Lafayette n'était pas le seul à s'enflammer à l'évocation des mots « liberté », « démocratie » et « droits de l'homme » ! En outre, cela ignore le fait que l'anglomanie était très répandue en France à cette époque (et l'est encore aujourd'hui, à bien des égards).
En résumé, si les officiers et les soldats enrôlés envoyés en Amérique ne faisaient qu'obéir aux ordres de leur roi (et pouvaient en privé s'offusquer à l'idée d'aider des rebelles contre un roi), et si de nombreux volontaires étaient attirés par la perspective de la gloire ou de la fortune, ou cherchaient à échapper à des problèmes professionnels, pécuniers ou familiaux, il serait incorrect de nier la sincérité de la motivation de nombre de volontaires à se battre pour l'Amérique et la cause des "Patriots".
« Je meurs de la mort que j'ai toujours souhaitée : celle d'un soldat qui se bat pour les droits de l'homme. » Qu'y a-t-il de plus sincère et émouvant que ces derniers mots prononcés par le baron de Kalb sur son lit de mort, après avoir été mortellement blessé lors de la bataille de Camden ?
• Le comte de Broglie joua un rôle déterminant en recommandant de nombreux officiers à l'envoyé américain Silas Deane, qui arriva à Paris en juillet 1776. La mission de Deane consistait à se procurer des armes et des fournitures militaires auprès des Français. En outre, il distribua généreusement des contrats d'engagement à de nombreux officiers, leur promettant des grades élevés dans l'armée continentale, sans en avoir l'autorité, ce qui créa une certaine confusion et causa des maux de tête considérables à George Washington.
• Les premiers volontaires français arrivèrent en 1775 et 1776, dont beaucoup provenaient des Antilles françaises. Bon nombre de ces premiers arrivants furent plus tard décrits par le talentueux Chevalier Dubuysson des Hayes, qui servait comme aide de camp de Lafayette, comme « des officiers criblés de dettes et libérés de leurs régiments européens ». Il affirmait que les gouverneurs des îles des Caraïbes se débarrassaient d'eux en les envoyant en Amérique avec des lettres de recommandation flatteuses... En effet, plusieurs d'entre eux étaient des soldats de fortune, voire pour certains de véritables imposteurs, ce qui suscita une méfiance initiale.
Il y avait certes des brebis galeuses, mais aussi des personnages très attachants.
• L'un d'entre eux, le capitaine d'artillerie Louis d'Ohicky Arundel, d'origine irlandaise, diplômé de l'École royale d'artillerie de Strasbourg, quitta son régiment à Saint-Domingue et s'engagea comme volontaire. Il sera la toute première victime française de la guerre d'indépendance américaine, décédé (dans un accident bizarre dont il fut lui-même responsable, après avoir dirigé avec succès des tirs contre une frégate britannique) lors de la bataille de Gwynn Island, en Virginie, le 9 juillet 1776.
• En collaboration avec les S.A.R. de Virginie, nous prévoyons de lui rendre hommage en apposant une plaque de bronze sur le site le 9 juillet 2026.
• Certains Prisonniers de guerre qui s'étaient portés volontaires très tôt n'ont pas été officiellement reconnus par le gouvernement français. Par exemple,
« M. de Kermoran quitta la France en avril 1776 pour servir comme volontaire ; M. de Bois-Bertrand, avec un grade, partit en juillet. Ils furent les premiers Français dont les noms furent inscrits sur la liste des défenseurs américains. Ils furent faits prisonniers et maltraités par les Anglais, et le gouvernement fut contraint de refuser de les protéger » (H. Doniol, op. cit., vol. 1, p. 665).
Ils sont aujourd'hui totalement oubliés, mais nous prévoyons de leur rendre un hommage approprié à l'avenir.
• Tous n'étaient pas français, mais ils ont tous servi à divers titres dans l'armée française ou ont transité par la France et embarqué depuis un port français, avec l'autorisation des autorités françaises. On peut citer Tadeusz Kościuszko ou Casimir Pulaski, « le père de la cavalerie américaine », tous deux originaires de Pologne, ou Friedrich Wilhelm von Steuben, originaire de Prusse, qui a formé les soldats de l'armée continentale.
Comme mentionné ci-dessus, le Baron de Kalb, né Johann von Robais (19 juin 1721 - 19 août 1780), né à Hüttendorf dans la principauté de Bayreuth et mort à Camden, en Caroline du Sud, était un officier d'origine franconienne qui s'était engagé comme volontaire dans l'Armée continentale. Nous le mentionnons ici pour plusieurs raisons :
• Il avait été employé dans les services diplomatiques secrets sur recommandation du duc de Choiseul, puis envoyé en Amérique en 1768 dans le cadre d'une mission secrète.
• En 1777, lui et Lafayette rencontrèrent Silas Deane et traversèrent ensemble l'Atlantique à bord de La Victoire pour rejoindre l'Armée continentale. Grâce à l'influence de La Fayette, il devint major général le 5 septembre 1777. Lors de la bataille de Camden, le 16 août 1780, son cheval fut tué sous lui. Il tomba à terre et fut transpercé à plusieurs reprises par des baïonnettes. Son ami et aide de camp, le chevalier Charles-François du Buysson, bloqua de son corps les coups supplémentaires. Cependant, de Kalb, prisonnier du général britannique Charles Cornwallis, succomba à ses blessures quelques jours plus tard.
Héritage aux États-Unis :
De Kalb est commémoré dans de nombreux sites aux États-Unis. Nous lui consacrerons un prochain bulletin.
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Ci-dessus :
Le marquis de Lafayette et Benjamin Franklin se rencontrent pour la première fois à Paris en février 1777. Lithographie, française, XIXe siècle.
https://www.art.com/products/p55413812130-sa-i8119279/franklin-and-lafayette-1777.htm
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Nous présenterons plusieurs de ces officiers plus en détail dans de prochains bulletins.
Au début de la guerre, les Français ont apporté une contribution particulièrement importante à la cause des Patriots dans le domaine du génie militaire. En juillet 1777, James Lovell, membre influent du Congrès, écrivait à Washington pour souligner la haute estime dont jouissaient les ingénieurs français : « Le corps des ingénieurs est très honorable en France, et ses officiers sont recherchés par différentes puissances européennes. »
Nous renvoyons nos lecteurs à un bulletin publié en février 2023 : « Les ingénieurs français de George Washington », qui présente plusieurs de ces volontaires :
https://conta.cc/3XBjqMp (original version in English)
https://conta.cc/412e0Nr (version en français)
• Plusieurs étaient volontaires dans l'armée continentale (comme le célèbre et intrépide François de Fleury, père du Corps des ingénieurs de l'U.S. Army ; Philippe Charles Tronson du Coudray ; Jean de Villefranche ; Louis de Cambray-Digny et Étienne Béchet, sieur de Rochefontaine).
Un autre ingénieur (en fait davantage architecte) recruté par Augustin Caron de Beaumarchais n'était autre que le major Pierre Charles L'Enfant qui, comme Rochefontaine, resta au service de George Washington après la guerre d'indépendance et qui conçut, entre autres, le plan de Washington D.C.
Nous renvoyons nos lecteurs à notre Bulletin d'avril 2022 : « Hommage au major Pierre Charles L'Enfant ».
https://conta.cc/3uR5rqO (original version in English)
https://conta.cc/3JPeFIg (version en français)
• Certains ont été recrutés sur contrat : le gouvernement français a secrètement aidé les rebelles en leur prêtant quatre ingénieurs qualifiés de l'armée française. En tant qu'ingénieurs royaux français, tous ont fréquenté l'École royale de Mézières. Cet accord secret a été conclu par Franklin et Deane avec le ministre français de la Guerre et signé à Paris le 13 février 1777 : Antoine LeBègue de Presle Duportail, qui s'est révélé extrêmement compétent, a travaillé en étroite collaboration avec George Washington en tant que brigadier général de l'armée continentale. Sa statue est placée sur le piédestal de la statue de Lafayette en face de la Maison Blanche à Washington ; Jean-Baptiste Gouvion ; Louis de la Radière (qui a une plaque de bronze à l'Académie militaire de West Point) et le lieutenant-colonel Jean-Baptiste de Laumoy. Ils furent les seuls étrangers recrutés sur instruction expresse du Congrès.
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Above:
Top: French postal stamp of 1938 depicting « La Victoire », a ship from Bordeaux with a crew from Bordeaux. The drawing is by H. Cheffer, who indicates after his name “DEL.”, the Latin abbreviation for Delineavit, meaning “he drew.” The text at the bottom reads: LA FAYETTE departs aboard/from “LA VICTOIRE” on March 26, 1777.
https://blog-philatelie.blogspot.com/2010/09/photographie-du-timbre-lafayette-de-l.html
Bottom: 175th Anniversary of Lafayette's arrival in America (A portrait of Lafayette, flags, a cannon, and a ship) First Day of Issue: June 13, 1952, in Georgetown, SC.
https://postalmuseum.si.edu/object/npm_1980.2493.5031
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Le 7 décembre, La Fayette rejoint officiellement la lutte pour la cause des insurgés américains et signe un accord à Paris avec Silas Deane, qui promet au jeune Français le grade de major général dans l'armée de Washington.
Accompagné du baron de Kalb, il est rejoint par 12 officiers à bord de son navire, La Victoire.
• Dans le livre récemment publié (annoncé dans notre Bulletin de décembre 2025) George Washington's Dilemma, Co-écrit par le professeur Norman Desmarais et Arthur S. Lefkowitz, cet ouvrage raconte en détail l'histoire de 200 de ces premiers volontaires français.
• Il reste encore beaucoup à faire pour rendre hommage à ces premiers volontaires. À l'exception du chevalier de Fayols, il existe peu de monuments ou de plaques commémoratives de part et d'autre de l'Atlantique rendant hommage à ceux qui ont rejoint la cause patriotique.
Citons-les ici. Compagnons de Lafayette, leur idéalisme est assez certain.
Outre Lafayette et le baron de Kalb, douze volontaires et trois civils ont embarqué à bord de la Victoire en 1777 :
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François-Augustin Du Boismartin - 32 ans, originaire de Barbezieux
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Louis-Ange de La Colombe* - 22 ans, originaire du Puy-en-Velay
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Charles Bedoulx (Bedaulx) - 25 ans, originaire de Neuchâtel, en Suisse
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Philippe-Louis Candon - 26 ans, originaire de Versailles
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Jacques Franval - 26 ans, originaire de La Réole
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Louis Gimat - 22 ans, originaire d'Agen
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Louis De Vregny - 36 ans, originaire de Strasbourg
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Jean-Pierre Rousseau de Fayols** - 27 ans, originaire de Notre-Dame, près de Ruffec
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Guillaume de Lessere - 25 ans, originaire d'Angoulême
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Charles Antoine de Valfort - 27 ans, originaire de Thionville
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Jean Capitaine Ruffec du Chesnoy - 18 ans, originaire de Ruffec
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Chevalier Dubuisson - 25 ans, originaire de Moulin en Bouvarais
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Jean Lepa - 18 ans, originaire de Ceran près de Rouen
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Vicomte de Mauroy - venu de Bordeaux avec Lafayette (originaire de Bourgogne)
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Léonard Price - 22 ans, originaire de Sauveterre (un Américain nommé en réalité Edmund Brice, étudiant en art rentrant chez lui et devenant plus tard l'un des aides de camp de Lafayette. Il a signé les documents d'embarquement en indiquant qu'il était originaire de Sauveterre)
Remarque* : il était un ami d'enfance de Lafayette, originaire de Chavagnac en Auvergne, et fut son aide de camp jusqu'à la Révolution française. Étrangement, nous n'avons aucune trace de lui après son retour à Philadelphie en 1792.
Remarque** : Nous avons rendu hommage au chevalier de Fayols (également orthographié Fayolle) dans notre bulletin de mars 2021 : "Hommage à deux officiers de la marine française enterrés à Newport, dans le Rhode Island."
https://conta.cc/3vgTuZy (original version in English)
https://conta.cc/3bC7aGJ (version en français)
« Ils étaient tous sous les ordres de Dekalb, a déclaré le baron lui-même ; il les a ensuite appelés la « caravane » de Broglie et s'est senti responsable de leur bien-être devant Broglie.* Apparemment, plus de la moitié des officiers à bord du « Victoire » lorsqu'il a finalement quitté Los Pasajes se considéraient franchement comme des représentants de Broglie. Les autres étaient Lafayette, Delesser, Valfort, Franval, Gimat, La Colombe et Brice. »
Extrait de « Lafayette Comes to America » (Lafayette arrive en Amérique) par Louis Gottschalk, Université de Chicago, 1935, p. 163.
L'entrée en guerre de la France mit fin à l'afflux d'officiers volontaires français vers l'Amérique, marquant ainsi la fin d'une période particulière dans l'histoire de la Révolution américaine.
| Le Congrès sollicite l'aide officielle de la France | | |
• Le 26 septembre 1776, le Congrès nomme Silas Deane (qui, comme nous l'avons vu, se trouvait déjà en France, mais qui n'est désormais nommé officiellement et ouvertement), Benjamin Franklin et Arthur Lee commissaires auprès de la cour française.
• Benjamin Franklin quitte Philadelphie pour la France le 26 octobre et arrive le 4 décembre dans le petit port breton de Saint-Goustan, à Auray. Il atteint Paris le 21 décembre 1776 et, le lendemain, Arthur Lee rejoint Silas Deane et Benjamin Franklin à Paris.
• Leur mission consiste à lever des fonds pour la Révolution américaine, à acquérir des armes et des fournitures, et à négocier un traité commercial et d'alliance avec la France.
« Étant donné que la pénurie d'armes, d'artillerie et d'autres fournitures militaires est si importante aux États-Unis, vous solliciterez la cour de France pour qu'elle fournisse immédiatement vingt ou trente mille mousquets et baïonnettes, ainsi qu'une importante quantité de munitions et de pièces d'artillerie en laiton, qui seront envoyés sous escorte par la France. Les États-Unis s'engageront à payer les armes, l'artillerie et les munitions, et à indemniser la France pour les frais de convoi »... « Engagez quelques bons ingénieurs au service des États-Unis. »
• Benjamin Franklin, alors âgé de 70 ans, fit son apparition dans les salons parisiens. Il fut rapidement et chaleureusement accueilli par l'élite intellectuelle et noble. À cette époque, Franklin était principalement reconnu comme un scientifique accompli, notamment pour son invention du paratonnerre. Benjamin Franklin était connu pour son comportement joyeux et aimable, ce qui facilita son intégration dans la société française. Il parlait français, bien que lentement et avec un fort accent. De plus, pour les Français, il incarnait les valeurs défendues tout au long du XVIIIe siècle par les Lumières. Louis XVI adopta une attitude méfiante envers Franklin et se montra beaucoup moins enthousiaste que ses sujets à son arrivée. Par exemple, le roi ne rencontra pas l'ambassadeur américain à son arrivée en France et attendit le 20 mars 1778 pour le recevoir à sa Cour.
• Arthur Lee, un diplomate américain, avait déjà entrepris des missions similaires en Espagne et en Prusse, mais il avait échoué (la cour espagnole avait refusé de le rencontrer) et aucun renfort n'était arrivé de ces deux pays à cette époque. Benjamin Franklin, en revanche, connaissait bien la France, qu'il avait visitée à deux reprises en 1767 et 1769. Pour cette mission diplomatique, Franklin voyagea avec deux de ses petits-fils. Au total, le voyage de Franklin dura près de neuf ans, puisqu'il partit pour la France en octobre 1776 et ne revint aux États-Unis qu'en juillet 1785.
• La série TV de 2024 Franklin basée sur A Great Improvisation: Franklin, France, and the Birth of America de Stacy Schiff, lauréate du prix Pulitzer, dépeint admirablement tous les acteurs et les intrigues de cette période.
Benjamin Franklin reste aujourd'hui encore une figure populaire en France :
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La popularité de Benjamin Franklin
"Franklinmania"
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Ci-dessus :
Réception de Benjamin Franklin à la cour de France en 1778 Par Anton Hohenstein, vers 1860 - Musée franco-américain (Blérancourt), domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5863964
Benjamin Franklin est considéré comme le premier diplomate américain. Il a représenté les États-Unis en France de 1776 à 1778 avant de présenter ses lettres de créance à la cour française en 1779, devenant ainsi le premier ministre (ou ambassadeur) américain reçu par un gouvernement étranger.
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L'arrivée de Franklin et Lee intensifia le climat diplomatique, car Franklin, entouré d'agents britanniques, mit en œuvre une stratégie brillante pour charmer à la fois la population française et son élite dirigeante. Cependant, l'aide secrète de la France avait déjà été mise en place par Deane et Beaumarchais. Lorsque la France entra ouvertement en guerre, la société de Beaumarchais, tout en poursuivant certaines de ses activités, retomba dans un relatif anonymat, tandis que Deane fut rappelé en Amérique en raison d'allégations non prouvées de corruption.
Benjamin Franklin était extrêmement populaire à Paris pendant son séjour dans cette ville, de 1776 à 1785, en tant qu'ambassadeur américain cherchant à obtenir le soutien de la France dans la guerre d'indépendance. Sa popularité s'expliquait par plusieurs raisons :
• Sa renommée scientifique : Franklin était déjà bien connu dans toute l'Europe pour ses expériences et ses inventions dans le domaine de l'électricité. L'élite intellectuelle française le considérait comme un symbole des idéaux des Lumières : la raison, le progrès et l'utilisation pratique des connaissances.
• Son image soigneusement travaillée : Franklin savait habilement mettre en avant son image d'« Américain simple », portant un bonnet de fourrure et des vêtements sobres au lieu des perruques poudrées et des tenues élaborées des courtisans français. Cela lui donnait l'apparence d'un homme vertueux, proche de la nature et d'une simplicité républicaine, ce qui intriguait les Parisiens, de plus en plus critiques à l'égard de l'extravagance aristocratique.
• Son charme et son humour - Franklin était véritablement charismatique, parlait assez bien français avec un charmant accent américain et devint un habitué des salons parisiens.
• Il était adoré par les femmes influentes de la haute société française, en particulier Madame Brillon et Madame Helvétius, avec lesquelles il échangeait des lettres coquettes...
Son effigie était partout : sur des tabatières, des médaillons, des bagues, des gravures et même des pots de chambre ! Un observateur a remarqué que
« l'on pouvait trouver le visage de Franklin sur presque toutes les cheminées de Paris ».
Il était entouré de foules impatientes de le voir, et les dames de la cour se disputaient son attention lors des événements mondains.
Lorsqu'il négocia avec succès l'importante alliance française en 1778, il devint encore plus un héros, considéré comme le sage philosophe qui avait uni la monarchie éclairée et la vertu républicaine.
Tout comme Lafayette est encore très justement vénéré aux États-Unis, la perception positive du public à l'égard de Benjamin Franklin, également connu sous le nom de « Le Bonhomme Franklin », en tant qu'homme juste, vertueux et simple, reste très présente dans la perception des français de notre époque contemporaine.
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Autres personnages oubliés
Le Ray de Chaumont
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Ci-dessus :
En haut à gauche : Portrait de Jacques-Donatien Le Ray de Chaumont (1726-1803) par Louis François Mariage / Jean Baptiste Claude Robin — Musée de Bretagne, domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=85503703
En haut à droite : Mémorial à Chaumont, New York, photo prise par Cosmos Mariner, le 8 juillet 2010. https://www.hmdb.org/m.asp?m=127899
En bas : La résidence de Benjamin Franklin à Passy, Paris, l'Hôtel de Valentinois, propriété de Leray de Chaumont (avec l'aimable autorisation de la National Gallery of Art, Washington, D.C.)
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Pendant son séjour à Paris, Benjamin Franklin résida à l'Hôtel de Valentinois, situé à Passy, alors en banlieue, aujourd'hui intégré au chic 16e arrondissement. Ce domaine appartenait à un financier, parfois qualifié de « père de la Révolution américaine », mais aujourd'hui tombé dans l'oubli.
• Jacques-Donatien Le Ray de Chaumont (né à Nantes le 1er septembre 1726 – mort à Chaumont-sur-Loire le 22 février 1803) était un financier, courtier maritime et négociant, et l'un des aristocrates les plus riches de France.
• Pour un aristocrate de l'époque, les contributions de Le Ray aux Américains ordinaires étaient remarquables. Il croyait fondamentalement en l'égalité de tous les hommes et le démontrait en donnant de grosses sommes de son propre argent pour acheter des armes, des fournitures et des vêtements pour l'armée américaine naissante.
• Il se lia d'amitié avec Benjamin Franklin, qui séjourna gratuitement pendant neuf ans dans son domaine de Passy, doté d'un personnel complet (qui se trouvait à l'époque à la périphérie de Paris, le long de la route de Versailles). Son domaine, appelé Hôtel de Valentinois, est devenu de fait la première ambassade américaine.
• Il a financé l'achat d'armes, de fournitures et de vêtements pour les insurgés américains naissants. Aux côtés de Benjamin Franklin, Le Ray de Chaumont a collaboré avec John Adams, Silas Deane et le comte de Vergennes pour aider la Révolution américaine.
• Le gouvernement américain demanda à Le Ray de superviser l'équipement et la gestion de la flotte navale conjointe franco-américaine. En étroite collaboration avec l'amiral Charles-Hector d'Estaing, commandant de la flotte française, Le Ray apporta son soutien à la cause américaine, notamment en convertissant un navire marchand nommé Duras en navire de guerre, qu'il fit ensuite don à l'Amérique, le baptisant USS Bonhomme Richard pour le capitaine John Paul Jones.
• Il fut appelé un temps « Père de la Révolution américaine », bien qu'il soit rarement mentionné dans les manuels d'histoire. Il dépensa la majeure partie de sa fortune pour aider les États-Unis naissants.
• Fidèle au roi, il s'opposa au tournant radical de la Révolution française après 1792. Son château de Chaumont-sur-Loire et ses richesses furent confisqués par les révolutionnaires.
• Le village de Chaumont, dans l'État de New York, porte son nom. Son fils, du même nom, connu en Amérique sous le nom de James Le Ray, finit par obtenir la nationalité américaine et fonda le village de Le Ray, dans l'État de New York, à 35 km de là.
Stèle, “Le Ray de Chaumont”, Un des Pères de la Révolution américaine
12061 NY-12E, Chaumont, NY 13622
GPS: 44.066950, -76.129667
• Inscription:
« À la demande de Benjamin Franklin à la cour de France, le comte Jacques LeRay de Chaumont prêta d'importantes sommes d'argent à la cause révolutionnaire. Cela comprenait trois navires de guerre entièrement équipés pour la flotte du commodore John Paul Jones.
Entre 1797 et 1817, le fils du comte, James, acheta des parcelles de terrain et la majeure partie de ce qui est aujourd'hui le comté de Jefferson.
En 1802, un terrain fut arpenté et baptisé Chaumont en l'honneur des domaines français de nos bienfaiteurs. En 1874, Chaumont fut incorporé dans un village. »
Érigé le Memorial Day 1998"
Jacques Barbeu du Bourg
Ami de Benjamin Franklin et
L'un des premiers militants de la cause patriotique
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Ci-dessus :
À gauche : Portrait de Jacques Barbeu du Bourg 1709-1799, domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=304729.
À droite : Manufacture royale d'armes de Saint-Étienne, par Th. Ogier Musée de Saint-Étienne, domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=97798662
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Un autre personnage mérite d'être mentionné. En effet, avant que Beaumarchais ne joue un rôle central dans l'organisation de l'aide secrète de la France aux États-Unis, Jacques Barbeu-Dubourg cherchait activement des moyens d'aider les insurgés.
• Jacques Barbeu-Dubourg ou Du Bourg (12 février 1709 – 14 décembre 1779) était un médecin, botaniste, auteur, traducteur et éditeur français. À ce titre, il était un véritable « encyclopédiste » qui défendait les droits de l'homme.
• Il rencontra Benjamin Franklin lors de la première visite de ce dernier à Paris en 1769 et les deux hommes correspondirent très fréquemment. Il est reconnu pour avoir traduit les œuvres de Benjamin Franklin en français et pour avoir créé un parapluie équipé d'un paratonnerre, qui fut un échec commercial.
Admirateur sincère de Benjamin Franklin, il était enthousiasmé par les idées politiques de la jeune Amérique.
• À partir de mai 1776, il soutient activement la cause des insurgés. Avant d'arriver en France, Benjamin Franklin le contacte et lui fait comprendre qu'il sera le principal « point de contact », comme on dirait aujourd'hui, pour obtenir tout le matériel militaire nécessaire aux insurgés. Franklin avait demandé à Silas Deane de le rencontrer en premier.
• Le gouvernement français désigna initialement Barbeu-Dubourg comme intermédiaire secret pour fournir une aide aux Américains.
• En 1777, il crée une autre société. Il s'associe avec le banquier Grand pour équiper 1 300 soldats. Il approche J. J. Carrier de Montieu, ancien propriétaire de l'arsenal de Saint-Étienne, mais celui-ci s'allie plutôt avec Beaumarchais.
Il entre rapidement en concurrence avec Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, mais le gouvernement français accorde à Beaumarchais la priorité pour l'approvisionnement secret des colons rebelles.
• En tant qu'agent zélé du côté américain, il persuade pendant cette période les personnes suivantes de se porter volontaires pour la cause patriote :
- Philippe Charles Jean Baptiste Tronson du Coudray ;
- Gilles Jean Marie Barazer de Kermorvan ;
- René Etienne Henry Gayault de Boisbertrand (avec Pierre Penet) à rejoindre l'armée américaine et à transporter des cargaisons d'armes pour le Congrès américain.
Les milices américaines manquaient d'ingénieurs. C'est encore Barbeu du Bourg qui contribua à en fournir un certain nombre.
• Finalement, il fut rapidement jugé inapte à remplir cette fonction et fut remplacé par Beaumarchais. Son sens politique n'était pas à la hauteur de celui de ce dernier, et son manque de discrétion dans la conduite de ses activités embarrassait Vergennes, qui devait garder secrète l'aide apportée par la France pendant cette phase initiale de la Révolution américaine.
• Comme l'écrit un spécialiste américain des opérations secrètes : « Il était trop âgé, il manquait de sens des affaires et, plus grave encore dans une entreprise de cette nature, il était peu sûr de lui et bavard. »
Streeter Bass, https://www.cia.gov/resources/csi/static/Beaumarchais-and-American-Revolution.pdf
Il n'est mentionné sur aucune plaque commémorative (à notre connaissance) aux États-Unis. Pourtant, pour sa sincérité et sa passion pour la cause patriotique, son attachement personnel à Benjamin Franklin, sans parler de son travail scientifique considérable, il mérite que l'on se souvienne davantage de lui.
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Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval
Inspecteur général du Corps royal d'artillerie
Membre du Conseil de guerre du Roi (1776)
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On ne peut évoquer Barbeu Dubourg sans présenter Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval, qui a mis de nombreuses armes à la disposition des insurgés. Il a recommandé Tronson du Coudray, alors considéré comme un expert très compétent en artillerie, pour occuper le poste de directeur de l'artillerie de l'armée continentale. Il a déployé une énergie considérable pour rassembler et sélectionner des armements anciens et nouveaux dans les entrepôts et les ports, et mérite d'être reconnu.
« ... Nous ne manquerions pas d'officiers pour servir cette artillerie ; M. de Gribauval (sic), déjà autorisé à leur accorder des congés ad hoc, ferait lui-même la sélection. [...] »
Lettre de Barbeu Dubourg à Vergennes, 19 juin 1776
• Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval (15 septembre 1715, à Amiens - 9 mai 1789, à Paris) était un ingénieur militaire qui a réformé l'artillerie de campagne française. Il a rejoint l'artillerie royale en 1732. Promu officier en 1735, il a concilié ses fonctions militaires avec des études scientifiques.
• En 1764, il est nommé inspecteur de l'artillerie et promu lieutenant général. À partir de 1765, il participe à la modernisation du corps des mines et de l'artillerie. Il teste des pièces d'artillerie légères à Strasbourg et prouve qu'elles peuvent remplacer les pièces lourdes de l'ancienne ordonnance de 1732 du général de Vallière.
• Il développa le premier système complet d'artillerie française, divisé en artillerie de campagne, de siège, de garnison et côtière. Gribeauval fut nommé premier inspecteur de l'artillerie en 1776 par le secrétaire d'État à la Guerre, le comte de Saint-Germain.
• Les pièces d'artillerie légères du système Gribeauval allaient donner à l'artillerie française un avantage significatif sur celle des autres nations européennes jusqu'après les guerres napoléoniennes (Napoléon lui-même a commencé comme officier d'artillerie).
• Cette réforme s'appliquait également aux fusils. Un nouveau modèle de fusil fut conçu. Gribeauval s'est concentré sur la rationalisation de l'artillerie afin de la rendre plus mobile sur le champ de bataille et plus facile à réparer grâce à des pièces interchangeables.
• Le principal mortier français utilisé pendant la guerre d'indépendance américaine était le Mortier de 12 pouces Gribeauval. Cette arme de siège lourde tirait des obus pesant près de 200 livres et faisait partie de la force expéditionnaire du général Rochambeau, jouant un rôle clé dans la victoire lors du siège de Yorktown en 1781. Cependant, des mortiers plus anciens ont également été utilisés.
Son héritage aux États-Unis :
Bien qu'aucune plaque commémorative ne mentionne son nom, de nombreux canons donnés à l'Armée continentale sont exposés dans plusieurs musées :
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Parc historique national Jean Lafitte (champ de bataille de Chalmette) : ce site situé à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, présente deux canons Gribeauval en bronze d'origine dans ses batteries extérieures.
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Fort Ticonderoga : la collection du musée comprend un rare canon de garnison de 12 livres de type Gribeauval. Coulé en 1780 pendant la Révolution américaine, il s'agit de l'un des plus grands canons de forteresse conçus dans le cadre des réformes de Gribeauval.
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Musée national de l'U.S. Army : dans le cadre de l'exposition spéciale « CALL TO Arms : The Soldier and the Revolutionary War » (ouverte jusqu'en 2027), le musée de Fort Belvoir, en Virginie, expose des pièces d'artillerie originales provenant de France et des colonies américaines. Il abrite actuellement un rare canon en bronze qui fait partie d'une paire appartenant à la Society of the Cincinnati.
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Site historique national de Springfield Armory : l'arsenal du Massachusetts conserve historiquement une variété d'armes de l'époque de la guerre d'indépendance et a déjà prêté des pièces, telles qu'un canon français de 4 livres datant de 1758, à d'autres expositions organisées.
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Champ de bataille de Yorktown : faisant partie du parc historique national colonial, la collection de Yorktown du Parc d'Artillerie comprend des canons français restaurés capturés ou utilisés pendant le siège de 1781.
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Victoire de Saratoga
17 October 1777
Preuve de la résilience américaine
Les Français décident d'agir officiellement
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Ci-dessus :
Sarratoga [sic] (La reddition du général Burgoyne au général Horatio Gates, bataille de Saratoga, 17 octobre 1777), par François Godefroy, graveur (Français, 1743 ?-1819), d'après Louis François Sébastien Fauvel, artiste (Français, 1753-1838), The Metropolitan Museum of Art,
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/388688
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• Les batailles de Saratoga, qui se déroulèrent le 19 septembre et le 7 octobre 1777, se soldèrent par une victoire militaire américaine qui convainquit directement le roi Louis XVI de France de rejoindre officiellement la guerre d'indépendance américaine. Les soldats américains remportèrent cette victoire grâce à 90 % de la poudre à canon fournie et financée par la France. Ils utilisèrent des mousquets de modèle français datant de 1763-1766, qui étaient devenus la norme pour l'armée continentale. Merci, Pierre Caron de Beaumarchais !
• La nouvelle de la reddition du général britannique Burgoyne, le 17 octobre 1777, arriva à Paris dans la soirée du 4 décembre 1777. L'impact de la nouvelle de Saratoga sur l'opinion publique fut considérable et la Cour française se trouva alors sous pression pour soutenir ouvertement la cause des patriotes. Les commissaires américains comparèrent la satisfaction du public qu'ils observaient à celle qui accueillerait « une victoire remportée par les troupes françaises sur les ennemis de la France ».
« L'agitation que la nouvelle venue d'Amérique provoque dans tous les esprits oisifs de ce pays est inimaginable », écrit Beaumarchais à M. de Vergennes le 7 décembre ; « les Anglais dans les cafés et les théâtres ne savent plus où se cacher ».
• Ainsi, le 17 décembre 1777, le roi et Vergennes s'engagèrent à reconnaître l'indépendance des Treize Colonies, indépendamment de la décision de l'Espagne de s'y joindre ou non, ce qui provoqua une vive irritation espagnole. Cette victoire américaine fournit à Louis XVI la preuve dont il avait besoin pour surmonter ses doutes sur la cause américaine et former une alliance officielle. Sa marine et son armée ayant été considérablement réarmées à un rythme très rapide, il pouvait désormais fournir ouvertement un soutien militaire crucial et un soutien financier durable, qui s'avérèrent décisifs pour garantir l'indépendance américaine.
Panneau, “Site de la Reddition de Saratoga” (nous soulignons en caractère gras)
Saratoga Surrender Site, Schuylerville NY 12871
GPS: 43.086750, -73.584383
• Inscription (extraits):
“À Saratoga, la campagne britannique qui devait écraser la rébellion américaine s'est plutôt soldée par une capitulation qui a changé le cours de l'histoire mondiale [...]
La nouvelle de la capitulation de Burgoyne s'est rapidement répandue. Le roi Louis XVI de France s'est alors engagé à reconnaître l'indépendance des États-Unis et est devenu un allié officiel de la nouvelle nation. Cette alliance déclencha une guerre mondiale entre la Grande-Bretagne et la France en 1778 ; l'Espagne, alliée de la France, déclara la guerre à la Grande-Bretagne en 1779. Les Britanniques déclarèrent la guerre aux Pays-Bas en 1780 pour avoir soutenu les États-Unis, et le sultanat de Mysore (en Inde), allié de la France, déclara la guerre à la Grande-Bretagne en 1780.
Confronté à une liste croissante d'ennemis, l'empire colonial mondial britannique était gravement menacé. Lorsqu'une autre armée britannique se rendit, à Yorktown, en Virginie, le 19 octobre 1781, à une armée franco-américaine commandée par le général George Washington, la Grande-Bretagne chercha la paix. La guerre d'indépendance américaine prit fin en 1783. » [...]
Érigé par le parc historique national de Saratoga."
| | Réticence persistante de l'Espagne | | |
Ci-dessus :
Caricature politique de 1779, Le diable tient ensemble les rois d'Espagne et de France. Cette caricature fait référence au pacte de la famille Bourbon, par lequel l'Espagne s'est alliée à la France contre l'Angleterre. La ligne de publication se moque des lois britanniques sur le droit d'auteur : « Publié le 1er novembre 1779, que ce soit par loi ou par décret, cela n'a pas d'importance tant que cela se vend ». Bibliothèque publique de Boston, département des imprimés.
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15933626
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Le Pacte de Famille, également connu sous le nom de Pacte familial (en espagnol : Pacto de Familia), consiste en trois alliances distinctes mais similaires entre les monarques Bourbons de France et d'Espagne. Ces accords faisaient partie de la résolution de la guerre de Succession d'Espagne de 1701, qui plaça la maison de Bourbon de France sur le trône d'Espagne.
• Bien que ces accords n'aient pas fusionné les deux couronnes, ils ont établi un cadre de coopération et d'alliance militaire. L'alliance des Bourbons a finalement été rompue par les guerres de la Révolution française.
En 1762, la France remit les clefs de la Louisiane à l'Espagne. Cet immense territoire à l'ouest du Mississippi, placé sous sa tutelle, fut finalement restoré à la France en 1801, puis revendu aux États-Unis en 1803. À l'époque de la Révolution américaine, l'Espagne avait des intérêts plus importants en Amérique que la France et peinait déjà à maintenir son vaste empire colonial.
La réticence de l'Espagne à soutenir la Révolution américaine avait plusieurs causes :
• Préoccupations liées à l'empire colonial : l'Espagne possédait son propre vaste empire américain et craignait que le soutien à la rébellion coloniale contre la Grande-Bretagne n'inspirât des mouvements d'indépendance en Amérique espagnole.
• Prudence stratégique : l'Espagne voulait affaiblir la Grande-Bretagne et récupérer les territoires perdus (en particulier Gibraltar et Minorque), mais ne souhaitait pas renforcer une république américaine potentiellement expansionniste à ses portes coloniales.
• Le moment et les conditions :
Hésitante, l'Espagne n'entra en guerre qu'en 1779, après avoir obtenu de la France des promesses concernant des objectifs territoriaux spécifiques, et ne s'allia jamais officiellement avec les États-Unis : l'Espagne était uniquement alliée à la France contre la Grande-Bretagne.
L'Espagne fournit une aide matérielle, mais évite de reconnaître officiellement l'indépendance américaine avant la fin de la guerre.
La correspondance abondante entre Vergennes et l'ambassadeur français, le comte d'Ossun, témoigne d'une grande frustration face aux hésitations constantes et aux objections de la cour espagnole. Les marchands britanniques étaient mieux traités à Madrid que les marchands français. Même les lettres manuscrites du roi Louis XVI à son « cher oncle » (ils étaient en fait cousins) Carlos III sont restées lettre morte pendant cette première phase qui a duré jusqu'en 1779.
Les actions militaires espagnoles ont été très limitées dans l'ensemble, malgré ce que certains cercles tentent activement de faire croire à travers des publications sur les réseaux sociaux 250 ans plus tard.
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Vers l'intervention armée officielle de la France
Guerre avec la Grande-Bretagne
Traité d'alliance de 1778
Reconnaissance de l'indépendance américaine par la France
Remarque sur l'expression :
« Plus ancien allié »
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Ci-dessus :
En haut : Plaque en marbre à l'Hôtel de Coislin, 4 Place de la Concorde, (angle du 1, rue royale), Paris GPS: 48.867008, 2.322043
Le Traité d'Alliance et le Traité d'Amitié et de Commerce entre la France et les États-Unis ont été signés à l'Hôtel de Coislin à Paris, le 6 février 1778. La nouvelle de la signature est parvenue aux États-Unis le 1er mai, et les traités ont été ratifiés par le Congrès le 4 mai 1778.
En bas : représentation de la signature des Traités d'Alliance, de Commerce et d'Amitié entre la France et les États-Unis, le 6 février 1778, par Charles E. Mills, par Charles Elliott Mills - Domaine public. https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=45583820
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• Le roi Louis XVI a déclaré publiquement qu'il reconnaissait la souveraineté des États-Unis le 6 décembre 1777.
• Le 30 janvier 1778, le roi autorisa le secrétaire du Conseil d'État Conrad Alexandre Gérard à signer le Traité d'Amitié et de Commerce ainsi qu'un Traité d'Alliance secret en son nom.
• Le 6 février 1778, Gérard accomplit cette tâche, et Deane, Franklin et Lee signèrent au nom des États-Unis.
• Par ces traités, la France s'engageait à défendre la « liberté, la souveraineté et l'indépendance » des États-Unis si la guerre éclatait entre la France et la Grande-Bretagne.
• La France s'engageait à continuer de se battre jusqu'à ce que l'indépendance des États-Unis soit garantie par un accord de paix.
• Les États-Unis acceptaient de ne conclure aucune trêve ou paix avec la Grande-Bretagne sans avoir obtenu au préalable le consentement officiel de la France.
• Une plaque (difficilement lisible, partiellement cachée par la grille la séparant du trottoir) située à l'angle ouest de la rue Royale et de la place de la Concorde à Paris indique :
"En cet Hotel
Le 6 février 1778
Conrad A. Gerard
Au nom de Louis XVI, Roi de France
Benjamin Franklin
Silas Deane, Arthur Lee
Au nom des Etats-Unis d’Amérique
Ont signé les traits
D’amitié, de commerce et d’alliance
Par lesquels la France
Avant toute autre nation
Reconnaissait l’indépendance
Des Etats-Unis"
• L'expression « la France, le plus vieil allié de l'Amérique » dans le discours public de nos dirigeants américains est plus ou moins souvent utilisée, selon la température diplomatique du moment. D'un point de vue historique, c'est tout-à-fait exact.
• Le bureau de l'Historien-en-chef du Département d'État des États-Unis le mentionnait clairement, mais a supprimé sa section en ligne « Milestones in the History of U.S. Foreign Relations » (jalons dans l'histoire des relations extérieures des États-Unis). Aujourd'hui, sur le site de ce même Département d'État, on peut lire, par pays, que « la France est l'un des plus anciens alliés des États-Unis », vraisemblablement pour rester... diplomatique, rester "inclusif", et ne pas offenser d'autres tierces parties. Quant au site de l'ambassade américaine au Maroc, il cite ce pays comme le premier ayant reconnu l'indépendance des Etats-Unis (le Sultan avait simplement autorisé l'accostage des navires américains). Il est tout aussi vrai que l'internet déborde de messages sur les réseaux sociaux faisant toutes sortes d'affirmations tronquées, ou farfelues, ou d'explications tortueuses, pour mettre en avant tel ou tel pays.
• Pourtant, c'est un fait historique irréfutable que la France a été la première nation souveraine à reconnaître officiellement les États-Unis d'Amérique par un traité. Le roi Louis XVI a déclaré qu'il reconnaissait la souveraineté des États-Unis le 6 décembre 1777. Par la suite, les traités officiels (en fait, il y en avait deux : le Traité d'Alliance et le Traité d'Amitié et de Commerce) ont été signés par son représentant, Conrad Alexandre Gérard, et par Benjamin Franklin, Arthur Lee et Sileas Deane, à Paris, le 6 février 1778.
• Une première recherche rapide sur l'internet indique que les Pays-Bas et le Maroc sont les premières nations à avoir reconnu les États-Unis, parfois en admettant qu'il s'agit de reconnaissance de facto, et non pas de jure.
• Les Pays-Bas sont devenus le deuxième pays à reconnaître officiellement les États-Unis, le 19 avril 1782, en signant l'instrument diplomatique approprié.
Une première reconnaissance tacite de la souveraineté des États-Unis avait eu lieu le 16 novembre 1776, lorsqu'un salut officiel avait été donné au drapeau américain du navire Andrew Doria sur l'île néerlandaise de Saint-Eustache.
• Le troisième pays, après la France et les Pays-Bas, à reconnaître officiellement les États-Unis est l'Espagne, qui n'est entrée en guerre en tant qu'alliée de la France que le 21 juin 1779, et n'a reconnu l'indépendance américaine que le 20 février 1783, soit sept mois avant la Grande-Bretagne.
• Le Maroc est souvent cité comme étant le premier à reconnaître les États-Unis, car le sultan Mohammed III a signé le 23 juin 1777 un décret accordant aux navires américains la protection et le libre accès aux ports marocains. Cette « reconnaissance » unilatérale n'a cependant pas fait l'objet d'un traité ni d'un échange d'ambassadeurs, et s'est limitée à l'acceptation de l'entrée de navires américains dans les ports du sultanat. La reconnaissance formelle par traité n'a été signée qu'en 1786, ceci après la Suède, la Grande-Bretagne, les États pontificaux, et la Prusse.
Pour une liste avec des explications détaillées, veuillez vous référer à :
https://allthingsliberty.com/2018/05/the-first-countries-to-diplomatically-recognize-the-united-states/
Pour découvrir comment George Washington et l'armée continentale ont célébré la nouvelle de l'alliance française, et comment cette alliance continue d'être célébrée aujourd'hui, veuillez lire notre bulletin d'avril 2021 : « Célébration de la commémoration annuelle du « French Alliance Day »
https://conta.cc/3a6pjvm (original version in English)
https://conta.cc/3g9bGPO (version en français)
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Conrad Alexandre Gérard de Rayneval
Premier ministre plénipotentiaire et
Consul Général, 1778-1779
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Ci-dessus :
À gauche : Conrad-Alexandre Gérard, par Charles Willson Peale - Independence National Historical Park, Philadelphie, photo par TC © ASSFI 2021.
À droite : M. Gérard, ministre français, présenté au Congrès continental, 1778. Par John Rogers (vers 1808-vers 1888), John R. Chapin (1823-1904), vers 1870, Amon Carter Museum of American Art, Fort Worth, Texas
https://www.cartermuseum.org/collection/m-gerard-french-minister-introduced-continental-congress-1778-19812413
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• En ce qui concerne les représentations diplomatiques, les relations diplomatiques bilatérales ont débuté le 6 août 1778, lorsque Gérard a présenté ses lettres de créance au Congrès continental américain en tant que « ministre plénipotentiaire et consul général » de France. Un mois plus tard, le 14 septembre 1778, le Congrès nomma officiellement Benjamin Franklin « ministre plénipotentiaire des États-Unis d'Amérique à la cour de Versailles ». Le 23 mars 1779, Franklin présenta ses lettres de créance à la cour française, qui les accepta, marquant ainsi le début de la première mission diplomatique américaine de l'histoire.
• Conrad Alexandre Gérard de Rayneval (12 décembre 1729 - 16 avril 1790) était un diplomate français notable, originaire de Masevaux en Alsace (Haut-Rhin). Il est principalement connu pour avoir été le signataire du traité d'alliance entre les États-Unis et la France, ainsi que le premier envoyé diplomatique français aux États-Unis.
• Il étudie au collège des Jésuites de Colmar, puis à l'université protestante de Strasbourg, où il est reçu docteur en droit à l'âge de 20 ans.
Parlant couramment l'anglais et l'allemand, il entre au ministère des Affaires étrangères du roi.
• Il a travaillé comme secrétaire de la légation française auprès de l'électeur palatin à Mannheim, qui se trouve aujourd'hui dans le Bade-Wurtemberg. Il est également secrétaire de l'ambassade de France en Autriche. Plus tard, il est rappelé à Paris pour exercer les fonctions de secrétaire du Conseil d'État et de greffier en chef au Bureau des affaires étrangères.
• En 1770, Louis XV l'envoie accueillir la fille de Marie-Thérèse, impératrice d'Autriche, la jeune princesse Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine, future reine de France, destinée à épouser son petit-fils le futur Louis XVI.
• Au début de l'année 1778, sur ordre de Vergennes, il mène des pourparlers avec les dirigeants américains Benjamin Franklin, Silas Deane et Arthur Lee. Ces discussions aboutissent à la signature du Traité d'Alliance et du Traité d'Amitié et de Commerce avec les États-Unis le 6 février 1778.
• En mars 1778, il devient le premier ministre officiel de France aux États-Unis et s'y rend avec Silas Deane sur le navire amiral du comte d'Estaing, le Languedoc (80 canons), qui fait partie d'une flotte de 17 navires transportant 4 000 soldats français. Le Congrès accueille Gérard le 14 juillet, juste un jour avant d'entamer des enquêtes sur les allégations contre Deane.
• Son travail en Amérique consistait principalement à financer des écrivains, Thomas Paine étant le plus célèbre, afin de promouvoir le soutien à une alliance plus forte avec la France. Il a également entretenu des relations avec différents membres du Congrès, qui ont accepté des « cadeaux » de sa part. La plupart des messages qu'il adressait au Congrès étaient oraux, lors de leurs réunions privées. Alors qu'il vivait aux États-Unis, il a obtenu un doctorat en droit (LL.D.) de l'université de Yale.
• Anobli en 1778 comme comte de Munster, titre et nom qu'il n'utilisera qu'exceptionnellement, il continue à se faire appeler « Monsieur Gérard ».
• Le 20 octobre 1779, atteint d'une forte fièvre, il rentre en France. Pour le remercier, le roi Louis XVI lui offre la charge de préteur royal de Strasbourg, qu'il occupe de 1781 à 1789. Il promeut et encourage la culture de nouvelles plantes venues d'Amérique, comme le tabac. Il meurt à Paris le 16 avril 1790.
Son héritage aux États-Unis:
• Malheureusement, à l'exception d'un portrait en pied conservé au musée de l'Indépendance de Philadelphie (photo ci-dessus), il n'existe aucun monument ou plaque en son honneur aux États-Unis.
En France, un collège et une avenue portent son nom ans dans sa ville natale de Masevaux.
Le 27 mai 1978, l'ambassadrice américaine Jamie McCourt a dévoilé une plaque apposée sur sa maison natale au 22, place des Alliés.
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Anne-César de la Luzerne
Ambassadeur de France, 1779-1784
Bailleur de fonds de l'armée continentale
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Ci-dessus :
En haut à gauche : Panneau de bienvenue, ville de Lake Luzerne, New York, fondée en 1792, photo de Trevor W. English,
https://www.townoflakeluzerne.com/
En haut à droite : S.E. M le marquis de La Luzerne, par un auteur inconnu - Bibliothèque numérique de la NYPL, domaine public. https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3422970
En bas à gauche : Fresque murale à l'intérieur du palais de justice du comté de Luzerne, 200 N River St, Wilkes-Barre, PA 18711, https://evergreene.com/projects/luzerne-county-courthouse/
En bas à droite : plaque « Declaration Chamber », Congress Hall, Chestnut Street, Philadelphie, PA 19106
GPS: 39.949050, -75.150533
Photo: https://www.nps.gov/inde/planyourvisit/plaques-and-statues-in-the-park.htm
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• Anne-César de La Luzerne (né à Paris le 15 juillet 1741 - décédé à Southampton en Angleterre, le 14 septembre 1791) est un militaire français du XVIIIe siècle (il était officier de cavalerie) et un diplomate qui a joué un rôle influent auprès du Congrès continental et du nouveau gouvernement des États-Unis d'Amérique après leur indépendance de la Grande-Bretagne.
• En 1779, La Luzerne succède à Conrad Alexandre Gérard de Rayneval au poste de ministre français aux États-Unis, puis devient ambassadeur officiel de France jusqu'en 1784. Pendant son séjour à Philadelphie, base du Congrès continental, alors que les Britanniques occupent New York, il ne manque pas de manifester sa sympathie pour la jeune République.
• Il a garanti l'achat de nourriture pour les troupes de l'armée continentale en 1780 grâce à un prêt personnel.
• C'est lui qui insiste et conseille à George Washington et à Rochambeau d'alerter l'amiral de Grasse, et lui demander de faire voile vers la baie de la Chesapeake afin qu'ils puissent combattre Cornwallis en Virginie au lieu de tenter de prendre New York. Nous citons un passage de l'ambassadeur Jusserand, qui écrit :
“Les termes du problème avaient été amplement discutés dans les lettres et les conférences entre les chefs, et la discussion se poursuivait encore. Celui qui, le premier, s'est décidé et a cessé d'hésiter entre les avantages ou les inconvénients respectifs des deux projets, et qui a déclaré nettement qu'il n'y avait qu'un seul bon plan, qui était de reconquérir le Midi, celui-là, chose étrange, n'était ni Washington ni Rochambeau, et n'était aux États-Unis ni comme marin ni comme soldat, mais comme diplomate, et en attirant l'attention sur ce fait, je ne fais que remplir le plus agréable devoir à l'égard d'un prédécesseur justement admiré. Ce sage conseiller était La Luzerne.
Dans un mémoire inédit, rédigé par lui le 20 avril et envoyé à Rochambeau le 19 mai avec une lettre explicative dans laquelle il demande que sa déclaration (dont il envoie également une copie à [l'amiral] Barras) soit mise sous les yeux de Washington, il insiste sur la nécessité d'une action immédiate, et d'une action dans la Chesapeake : « C'est dans la baie de Chesapeake qu'il paraît urgent de transporter toutes les forces navales du Roi, avec les forces de terre que les généraux jugeront à propos de déployer. Ce changement ne peut manquer d'avoir les conséquences les plus avantageuses pour la suite de la campagne », conséquences qu'il souligne avec une singulière clairvoyance, en ajoutant : « Si les Anglais nous suivent et ne peuvent atteindre la baie qu'après nous, leur situation sera bien différente de la nôtre ; toutes les côtes et l'intérieur du pays sont pleins d'ennemis. Ils n'ont ni les moyens ni le temps d'élever, comme à New-York, les ouvrages nécessaires pour se protéger contre les incursions des troupes américaines et pour se préserver du danger auquel l'arrivée de forces supérieures les exposerait. » Si le plan qu'il soumet présente des difficultés, il faut en former d'autres, mais il maintient que « tous ceux qui ont pour objet le soulagement des Etats du Sud doivent être préférés, et qu'il ne faut pas perdre de temps pour les mettre à exécution ».
-- With Americans of Past and Present Days, 1912, by Jean J. Jusserand (Note: texte traduit de l'anglais. Les historiens ont depuis établi que Rochambeau était partisan, sinon l'inspirateur, de cette stratégie et que Washington ne s'y est rallié qu'avec beaucoup de réticence, et sur le tard, en juillet-août 1781).
• Il est connu pour ses réceptions somptueuses, initiant une tradition suivie par nombre de ses successeurs. La Luzerne, « qui tient un état digne de son souverain », comme l'a noté un contemporain, a donné des dîners mémorables, dont un dîner de 180 invités pour la célébration de la naissance du Dauphin en 1784.
• En 1783, il est membre fondateur de la Société des Cincinnati
• Le roi Louis XVI le fait marquis en 1785, et l'envoie en 1788 comme ambassadeur à Londres; il meurt à son poste en 1791.
Héritage aux Etats-Unis:
• Le comté de Luzerne, en Pennsylvanie, porte son nom.
Une plaque commémorative se trouve à l'adresse suivante:
200 North River Street, Wilkes Barre, PA 18711
GPS: 41.251563, -75.878172
• Inscription (extraits):
”Formé le 25 septembre 1786 à partir du comté de Northumberland.
Nommé en l'honneur du Chevalier de la Luzerne.
Érigé en 1981 par la Commission des musées et de l'histoire de Pennsylvanie.”
• La ville de Lake Luzerne, dans l'État de New York, porte également son nom (il n'y a pas de plaque commémorative).
• Il existe une plaque en bronze, intitulée « Chambre de la Déclaration », située à l'adresse suivante :
Congress Hall, Chestnut Street, Philadelphia, PA 19106
GPS: 39.949050, -75.150533
• Inscription:
« C'est ici que le Congrès continental a siégé à partir de la date de sa convocation, le 10 mai 1775, jusqu'à la fin de la Révolution, sauf en 1776-1777 où il a siégé à Baltimore et en 1777-1779 à Lancaster et York, en raison de l'occupation temporaire de Philadelphie par l'armée britannique.
C'est ici que, le 16 juin 1775, George Washington accepta sa nomination par le Congrès en tant que général de l'armée continentale.
C'est ici que fut adoptée, le 4 juillet 1776, la Déclaration d'indépendance et que furent adoptés et signés, le 9 juillet 1778, les Articles de la Confédération et de l'Union perpétuelle entre les États.
Ici, le 3 novembre 1781, vingt-quatre étendards pris lors de la reddition de Yorktown ont été déposés aux pieds du Congrès et de Son Excellence, l'ambassadeur de France.
Ici, le 17 septembre 1787, la Constitution des États-Unis d'Amérique fut adoptée et signée.
Érigée en 1910 par la Société des descendants des signataires ».
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Les Français en guerre en Amérique
1778-1781
Amiral d'Estaing
Général Comte de Rochambeau
Amiral de Grasse
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Ci-dessus :
À gauche : Portrait de Jean Baptiste Charles Henri Hector, comte d'Estaing, par P. Freislhien, graveur, Gayant le jeune, imprimeur – vers 1780. National Gallery of Art, Washington DC, domaine public. https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=65826900
À droite : Attaque sur Savannah, 8 octobre 1779 (recadrée), par Arthur Ignatius Keller, Administration nationale des archives et des documents des États-Unis, domaine public., https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=174080785
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Ci-dessus :
À gauche : Portrait du comte de Grasse, commandant de la flotte française lors de la bataille de Chesapeake en 1781, par Jean-Baptiste Mauzaisse - Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10628855
À droite : La bataille de Chesapeake (5 septembre 1781), peinture de V. Zveg provenant des collections du Hampton Roads Naval Museum, Virginie, États-Unis, domaine public. https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1177171
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Ci-dessus :
À gauche : Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807), huile sur toile de Charles-Philippe Larivière (1798-1876), vers 1834, exposée au Corps central, Grands Appartements, salle de 1792, château de Versailles, domaine public.
https://collections.chateauversailles.fr
À droite : Bataille de Yorktown, par Auguste Couder - Palais de Versailles, domaine public. https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7029460
Rochambeau se tient au centre du tableau, avec Washington à ses côtés.
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Vergennes envoya l'amiral d'Estaing avec 17 navires, 6 200 marins et 4 000 soldats dans les Caraïbes, où ils arrivèrent en juillet 1778. Cependant, les deux premières années de leur partenariat militaire furent infructueuses. Le siège de Newport en août 1778 fut un échec. Le siège de Savannah en septembre et octobre 1779, qui avait été capturée par les forces britanniques dirigées par Henry Clinton en décembre 1778, connut le même sort. Après que d'Estaing eut levé le siège, les troupes britanniques lancèrent une invasion de la Caroline du Sud, qui aboutit à la chute de Charleston en mai 1780.
L'apparente incapacité des forces françaises à influencer le cours de la guerre a mis à rude épreuve l'alliance. Cependant, cette critique était largement injustifiée : sans le soutien substantiel de la France, l'armée continentale n'aurait probablement pas survécu.
Le changement décisif qui a conduit au déploiement de troupes en Amérique s'est produit à la fin du mois de janvier 1780. Le 2 février, le roi a approuvé le plan connu sous le nom d'Expédition Particulière, qui consistait à transporter une force supposée suffisamment importante outre-mer pour influencer l'issue de la rébellion américaine.
Nous avons consacré plusieurs bulletins à la description des opérations militaires menées par les Français, et nous renvoyons nos lecteurs à ceux-ci :
February 2025 "The Battle of Savannah (1779) and the "Chasseurs Volontaires de Saint Domingue”
https://conta.cc/4ay3TFa (original version in English)
https://conta.cc/4i13c9W (version in French)
July 2025: Tribute to Rochambeau - 300th anniversary, July 1, 1725
https://conta.cc/44D9rNo (original version in English)
https://conta.cc/3IDBW4V (in French)
March 2021: honoring two French Navy officers from Rochambeau’s army buried in Newport, RI.
https://conta.cc/3vgTuZy (original version in English)
https://conta.cc/3bC7aGJ (version en français)
May 2021: honoring the WWII French aviators who died in the USA 1943-1945
https://conta.cc/33Dg7Lh (original version in English)
https://conta.cc/2RKd2Gt (version en français)
June 2021: On the footsteps of Rochambeau (Part 1 – Connecticut)
https://conta.cc/35mkwmJ (original version in English)
https://conta.cc/3gDm1BX (version en français)
July 2021: On the footsteps of Rochambeau (Part 2 – Connecticut & New York)
https://conta.cc/3BjYRtV (original version in English)
https://conta.cc/2UyNBcH (version en français)
August 2021: On the footsteps of Rochambeau (Part 3– New York/New Jersey to Philadelphia)
https://conta.cc/3D4VF6s (original version in English)
https://conta.cc/3szRR8k (version en français)
September 2021: On the footsteps of Rochambeau (Part 4–Philadelphia to Yorktown, Battle of the Capes)
https://conta.cc/3nUFof3 (original version in English)
https://conta.cc/3lLqgOr (version en français)
October 2021: On the footsteps of Rochambeau (Part 5 – Final episode: Victory in Yorktown!)
https://conta.cc/3BOnY8l (original version in English)
https://conta.cc/3AzLSCW (version en français)
June 2022 Bulletin: The crucial role of the French Navy in the War of Independence
https://conta.cc/3u2EjnG (original version in English)
https://conta.cc/39RDLdy (version en français)
September 2023: the Duc de Lauzun and his Legion of hussars
https://conta.cc/460bXLT (original version in English)
https://conta.cc/3tb3hni (version en français)
La victoire à Yorktown, le 19 octobre 1781, fit comprendre aux Britanniques qu'ils avaient bel et bien perdu la guerre et que la poursuivre serait à la fois futile et trop coûteux. Alors que la majeure partie des forces expéditionnaires de Rochambeau repartirent en décembre 1782, après de nombreuses célébrations, la Légion de hussards du duc de Lauzun resta sur place jusqu'à la signature du traité de paix, en guise de garantie et de réassurance auprès des jeunes autorités de la république américaine.
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Ci-dessus :
En haut : À gauche : "Statue du général Gilbert de Lafayette et de ses compatriotes", à Lafayette Square, Washington D.C., avec, sur son piédestal : Au centre : Rochambeau et Le Bègue du Portail, À droite : De Grasse et d'Estaing, photos de ylowking4 - œuvre personnelle, domaine public.
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=13257206
En bas : À gauche : Statue de Rochambeau à Lafayette Square, Washington, D.C., photo par Daderot - CC0. https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21105014 Au centre : De Grasse à Fort Story, en Virginie (photo du colonel Mathieu Brulais, armée française), À droite : Statues de Washington, Lafayette, De Grasse et Rochambeau à Yorktown, en Virginie (photo TC © ASSFI 2021)
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Principaux sites mémoriels aux États-Unis :
Les trois principaux commandants des forces françaises pendant la guerre d'indépendance américaine sont honorés par des statues en bronze sur Lafayette Square, en face de la Maison Blanche à Washington D.C..
• Rochambeau a sa propre statue dans le coin sud-ouest, en face de la statue de Lafayette dans le coin sud-est.
• Au pied de la statue de Lafayette, l'amiral De Grasse a sa propre statue en bronze, à côté de l'amiral d'Estaing. Les deux sont représentés en train de converser. De l'autre côté du piédestal, Rochambeau est à nouveau représenté par sa propre statue, en train de converser avec Le Bègue Duportail.
• De plus, Rochambeau a sa propre statue à Newport, dans le Rhode Island, tandis que De Grasse a la sienne à Fort Story, en Virginie. Les deux hommes sont également représentés dans un groupe sculptural, aux côtés de Washington et Lafayette, à Riverwalk, à Yorktown, en Virginie.
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EPILOGUE
Traité de Paris 1783
Reconnaissance de l'indépendance américaine par la Grande-Bretagne
Sur l'importance de
commémorer avec des vérités historiques
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Ci-dessus :
Le Traité de Paris, par Benjamin West (1783), représente la délégation américaine au Traité de Paris de 1783. La délégation britannique a refusé de poser pour le tableau. Par Benjamin West - Domaine public,
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=868138
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Aucun historien ne conteste le fait que la France a joué un rôle déterminant dans l'indépendance des États-Unis. Pourtant, ce fait est souvent passé sous silence dans les manuels d'histoire et le discours public américain, comme s'il s'agissait d'une sorte d'embarras. Pendant plusieurs décennies, le "roman national", récit de la construction de la nation a exigé que les réalisations soient attribuées uniquement aux États-Unis. Les contributions de la France ont donc souvent été minimisées. La situation s'est considérablement améliorée, mais il reste encore beaucoup à faire et cela reste un défi constant, en particulier auprès des jeunes générations qui ne s'intéressent pas beaucoup à l'histoire.
Nous sommes donc extrêmement reconnaissants envers nos partenaires qui partagent les mêmes valeurs et nous aident à honorer notre héritage commun.
Il y a également quelque chose à garder à l'esprit alors que nous célébrons 'America250'.
Il est toujours bon de mettre en lumière des faits historiques cachés ou oubliés. Des commémorations récentes ont cherché à reconnaître la coalition plus large qui a soutenu l'indépendance américaine.
Cependant, comme l'ont fait remarquer plusieurs de nos associations patriotiques partenaires, nous devons veiller à distinguer les différentes formes de soutien apportées par les différents alliés. Si le rôle de l'Espagne a été réel, le « gros du travail » ('heavy lifting') militaire et la victoire décisive à Yorktown ont été remportés par les forces françaises et américaines combattant côte à côte. Comme cela est gravé dans le marbre de la colonne de la victoire de Yorktown (officiellement appelée Monument à l'Alliance et à la Victoire) : il s'agissait purement et simplement d'une victoire militaire franco-américaine, et d'aucun autre pays. Reconnaître la contribution spécifique de chaque nation, qu'elle soit militaire, diplomatique ou financière, rend hommage à toute la complexité de l'alliance qui a permis d'assurer l'indépendance américaine.
Nous espérons que l'année 'America250' en particulier, et les années à venir jusqu'en 2031 en général, seront l'occasion de réfléchir à cette alliance historique, et que la nation américaine se souviendra des soldats français qui ont été oubliés jusqu'à présent, jusqu'au simple soldat. C'est pourquoi nous saluons et admirons des initiatives telles que celle de la ville de Middlebury, dans le Connecticut, qui érige un 'Rochambeau Memorial Park' avec une sculpture en bronze représentant un soldat français anonyme, ce qui est tout à fait mérité, avec tout le respect dû à leur général, le comte de Rochambeau !
En tant qu'association mémorielle indépendante, apolitique et à but non lucratif, nous commémorerons de nombreuses dates historiques franco-américaines importantes et sollicitons votre généreux soutien financier, quel qu'en soit le montant, afin de nous aider à ériger des monuments et des plaques commémoratives au cours des cinq prochaines années !
Dates importantes dans les 250 ans d'histoire franco-américaine :
* Septembre 1775 : Julien-Alexandre Achard de Bonvouloir, émissaire secret de Vergennes, se rend à Philadelphie pour évaluer la détermination des insurgés et leur faire part de la volonté de la France de leur venir en aide.
Premières dates diplomatiques et militaires (1776-1777)
* 1776-1777 : La France fournit secrètement une aide financière et des fournitures à la cause américaine par l'intermédiaire de la société fictive Hortalez et Cie de Beaumarchais.
* Silas Deane est nommé le 2 mars 1776 agent commercial et représentant secret du Congrès. Il arrive à Bordeaux le 6 juin et à Paris le 5 juillet. Deane est chargé d'acheter des vêtements, des armes et des munitions pour 25 000 soldats, ainsi que de négocier des traités d'alliance et de commerce avec les Français.
* Juin 1776 : la France fournit un million de livres à Hortalez & Cie, c'est-à-dire aux rebelles américains, le premier d'une série de transferts.
* 4 juillet : Déclaration d'indépendance (officiellement communiquée à Vergennes en novembre)
* 9 juillet 1776 : Premier officier français tué pour l'indépendance américaine lors de la bataille de Gwynn Island, en Virginie (capitaine d'artillerie Louis d'Ohicky Arundel) - inauguration d'une plaque commémorative le 7 septembre 2026 avec la S.A.R.
* 17 juillet 1776 : Silas Deane, envoyé par le Congrès en France pour demander de l'aide, rencontre pour la première fois le comte de Vergennes, ministre des Affaires étrangères de Louis XVI.
* 21 décembre 1776 : Benjamin Franklin arrive à Paris en tant qu'ambassadeur.
* 13 juin 1777 : Lafayette, accompagné d'un groupe de volontaires partageant les mêmes idées, débarque en Amérique à bord du Victoire et rejoint l'armée continentale.
* 11 septembre 1777 : Lafayette verse son sang lors de la bataille de Brandywine.
* Hiver 1777 : Lafayette et Washington passent l'hiver avec l'armée continentale à Valley Forge, Pennsylvanie
Alliance officielle (1778)
* 6 février 1778 : signature à Paris du Traité d'alliance et du Traité d'amitié et de commerce - La France est le premier pays à reconnaître officiellement l'indépendance américaine et à s'engager à lui apporter un soutien militaire par traité.
* 20 mars 1778 : première audience officielle de Benjamin Franklin avec le roi Louis XVI.
* 17 mars 1778 : la Grande-Bretagne déclare la guerre à la France.
(Remarque 1 : l'Espagne n'a jamais été officiellement alliée aux États-Unis, mais à la France. L'Espagne a déclaré la guerre à la Grande-Bretagne le 21 juin 1779, après avoir signé le traité d'Aranjuez avec la France le 12 avril 1779. L'Espagne a tacitement reconnu l'indépendance des États-Unis le 17 mars 1783.)
(Remarque 2 : La Grande-Bretagne a déclaré la guerre aux Pays-Bas le 20 décembre 1780. Les Pays-Bas ont officiellement reconnu les États-Unis le 19 avril 1782, devenant ainsi le deuxième pays à le faire officiellement).
* Chaque premier dimanche de mai, commémoration de la « Journée de l'Alliance française » : une messe est célébrée à la chapelle George Washington Memorial Chapel à Valley Forge pour remercier la France et le roi Louis XVI, conformément au décret de George Washington.
Opérations militaires majeures:
* 8 juillet 1778 : la flotte française commandée par l'amiral d'Estaing arrive dans les eaux américaines au large du Delaware.
* 29 juillet - 29 août 1778 : opérations de l'amiral d'Estaing dans le Rhode Island
* 12 septembre 1779 - 18 octobre 1779 : l'amiral d'Estaing assiège Savannah.
* 1778-1781 : la marine française engage les forces britanniques dans plusieurs batailles navales, perturbant les lignes de ravitaillement britanniques. Par exemple, la bataille navale entre l'Hermione et la frégate anglaise Iris le 7 juin 1780, et la bataille de Louisbourg le 21 juillet 1781 entre l'Hermione et l'Astrée contre 5 navires anglais.
* 10 mai 1780 : Lafayette, qui a traversé l'Atlantique à bord de l'Hermione, annonce l'arrivée de Rochambeau à George Washington à Morristown, dans le New Jersey (célébration de la journée « Les Français arrivent »).
* 11 juillet 1780 : une force expéditionnaire française de 5 500 soldats sous le commandement du comte de Rochambeau arrive dans le Rhode Island.
* 1780-1781 : l'armée de Rochambeau coordonne ses actions avec l'armée continentale de Washington :
* 22 septembre 1780 : conférence de Hartford entre Rochambeau et Washington - (célébration annuelle du « Rochambeau Day »)
* 21-22 mai 1781 : conférence de Wethersfield entre Rochambeau et Washington.
* 19 juin 1781 : l'armée française commence sa marche vers le sud pour rejoindre l'armée continentale.
* 6 juillet 1781-19 août 1781 : l'armée française campe aux côtés de l'armée continentale près de l'actuelle Hartsdale, dans l'État de New York (site du futur musée Odell-Rochambeau, notre stèle y sera inaugurée au printemps)
La campagne décisive (1781)
* Août - septembre 1781 : Washington et Rochambeau marchent vers le sud jusqu'en Virginie
(Remarque : la plupart des 52 campements de l'armée française à destination et en provenance de Yorktown font l'objet de célébrations locales. Pour une liste détaillée, consultez la section « Mémoires de France » du site web Souvenir Français)
* 5 septembre 1781 : bataille de Chesapeake - L'amiral français de Grasse bat la flotte britannique, coupant toute possibilité de fuite par la mer.
* 28 septembre - 19 octobre 1781 : siège de Yorktown - Une force franco-américaine combinée d'environ 17 000 hommes encercle le général britannique Cornwallis. La France avait engagé 10 800 hommes et 29 navires de guerre. L'armée continentale comprenait 5 900 soldats réguliers et 3 100 miliciens américains (qui ne prirent pas part aux combats).
* 3 octobre 1781 : bataille du Hook à Gloucester, une importante action de cavalerie remportée par la légion de hussards du duc de Lauzun.
* 19 octobre 1781 : Cornwallis se rend, mettant fin aux principales opérations militaires : à 14 heures, le général O'Hara remet son épée à Rochambeau, qui refuse et lui demande de la remettre à George Washington. Une heure plus tard, deuxième reddition à Gloucester : la garnison anglaise se rend au marquis de Choisy.
* 1782 : plusieurs célébrations peuvent avoir lieu dans les campements de l'armée française le long de la route Washington-Rochambeau, voir ci-dessus.
* 3 septembre 1783 : signature du traité de Paris, mettant officiellement fin à la guerre et reconnaissant l'indépendance américaine pour la Grande-Bretagne.
Tout au long de l'année 2026, nous consacrerons nos bulletins à des aspects spécifiques de l'alliance franco-américaine pendant la Révolution américaine et d'autres périodes de l'histoire des XIXe et XXe siècles.
L'ambassade des États-Unis en France et l'ambassade de France aux États-Unis (ainsi que leurs consulats respectifs) organiseront de nombreux événements et célébrations tout au long de l'année. Nous vous invitons à suivre leurs publications sur les réseaux sociaux !
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Deuxième Partie
Hommage aux Volontaires Américains
qui ont rejoint le Lafayette Flying Corps :
Nous poursuivons notre série entamée en octobre 2023 avec des hommages aux membres de l'Escadrille Lafayette, plus tard intégrée au Lafayette Flying Corps. Pour accéder à notre Bulletin consacré à l'Escadrille Lafayette, veuillez cliquer sur :
https://conta.cc/3Qz0Xjl (version originale en anglais)
https://conta.cc/3QCRqYM (version en français)
Chaque mois, nous rendons hommage à un volontaire américain qui s'est battu pour la France, la liberté et la démocratie.
Comme nous procédons par ordre alphabétique, par pure coïncidence, le héros de ce mois-ci est un descendant d'un héros de la guerre d'indépendance, Israel Putnam.
1LT David Endicott Putnam V
"Mort Pour la France"
12 Septembre 1918 (19 ans)
Limey-Remenauville
Département de Meurthe-et-Moselle,
Lorraine, France
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• Né le 10 décembre 1898 à Jamaica Plains, dans le Massachusetts, et descendant du général Israel Putnam, héros de la guerre d'indépendance américaine, David Endicott Putnam étudia à l'université Harvard avant de décider de s'engager comme volontaire dans l'armée de l'air française en 1917.
• En juillet 1918, il volait encore avec les Français, mais il fut transféré dans les forces américaines en août. Il se spécialisa dans les missions de chasse loin derrière les lignes allemandes sur le front occidental. Ainsi, bien qu'il ait été officiellement crédité de 13 « victoires », il en remporta très probablement plus du double.
• Putnam fut tué au combat lors d'une mission aérienne le 12 septembre 1918 près de Limey, abattu dans son SPAD S.XIII par l'as allemand Georg von Hantelmann. Il était âgé de 19 ans.
• De son vivant, Putnam a reçu la Médaille militaire française et la Légion d'honneur. Il a également reçu la Médaille d'honneur américaine et a reçu à titre posthume la Distinguished Service Cross.
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« ...Il n'y a aucun doute quant au sort des hommes qui se sacrifient pour une telle cause. Si je suis appelé à le faire, j'y irai avec un sourire de satisfaction et de sérénité. » David Putnam, dans une lettre à sa mère
"Un pilote admirable et dévoué, faisant preuve d'une endurance, d'une volonté et d'un courage exemplaires. En seulement six mois au sein de son escadrille, il s'est révélé être un pilote exceptionnel, d'une habileté et d'une compétence hors pair. Infatigable, il recherche toutes les occasions de combat, pousse son audace à l'extrême et prend l'initiative d'attaquer l'ennemi à 20 kilomètres derrière les lignes. En moins d'un mois, il a abattu officiellement six avions ennemis, portant à neuf le nombre de ses victoires. Déjà cité deux fois à l'ordre du jour."
Citation Légion d'Honneur
"Par son courage et son mépris du danger, il s'est révélé être un pilote d'exception. Il a récemment attaqué une patrouille de neuf avions ennemis et en a abattu un. Le lendemain, lors d'une mission de protection, il a attaqué avec détermination une patrouille de huit avions ennemis et a abattu deux de ses adversaires, remportant ainsi ses 5e et 6e victoires. Trois citations."
Citation Médaille Militaire
"Etant en patrouille de chasse, a attaqué un groupe d'avions ennemis et a abattu un de ces appareils.
Etant en patrouille le 19 janvier 1918, a livré un combat très vif à deux biplaces ennemis, les a poursuivis jusqu'à très faible altitude dans leurs lignes, abattant l'un d'entre eux qui est tombé en flammes.
Pilote adroit et audacieux, recherche toutes les occasions de combattre. A attaqué deux avions ennemis et a abattu l'un d'eux en vue de nos tranchées.
Pilote de chasse de tout premier ordre. Attaquant une patrouille de dix monoplaces ennemis, a abattu l'un d'eux pendant que quatre autres tombaient désemparés et a mis en fuite le reste de la patrouille ennemie (septième victoire).
Citation à l'ordre de l'Armée
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Ci-dessus :
Pendant la Première Guerre mondiale, les aviateurs étaient de fervents collectionneurs de souvenirs. Certains découpaient et conservaient les insignes de leurs propres avions ou de ceux de leurs camarades tombés au combat. L'insigne du 139e escadron aérien a été prélevé sur l'avion SPAD XIII à bord duquel David Putnam a été abattu et tué.
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Troisième Partie
NOUVELLES, ANNONCES ET DATES À RETENIR
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Prof. Norman Desmarais
À l'honneur
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Le professeur Norman Desmarais, Délégué régional du Souvenir Français pour la Nouvelle-Angleterre, sera l'invité d'honneur d'une réunion conjointe des DAR et des SAR à Cape Cod le samedi 24 janvier. Il y donnera une conférence sur la présence française à Boston. Lors de cette réunion, la section Capt Joshua Gray - Jonathan Hatch des Filles de la Révolution américaine (DAR) lui remettra la médaille et le certificat de reconnaissance « DAR America 250 ! », décernés aux « personnes ou groupes extérieurs aux DAR qui ont fait preuve d'un engagement exceptionnel pour faire connaître les patriotes de la Révolution américaine et célébrer le 250e anniversaire des États-Unis ».
Le lendemain, il sera honoré en tant que Franco-Américain de l'année par... l'Association Francophone de Fall River (Massachusetts) lors d'une célébration de l'Épiphanie. La célébration a généralement lieu le dimanche le plus proche du 6 janvier, mais elle a été reportée cette année afin de s'adapter au calendrier du groupe de musique cajun Magnolia, qui se produira lors de l'événement.
Nous publierons des photos de ces deux événements dans notre bulletin du mois prochain.
Dans notre bulletin de décembre dernier, nous étions fiers d'annoncer la publication de son 51e livre. George Washington's Dilemma, Co-écrit avec Arthur S. Lefkowitz, cet ouvrage est le premier à relater l'histoire des 200 volontaires français qui rejoignirent l'armée continentale. Ils s'engagèrent avant l'entrée en guerre de la France aux côtés des États-Unis. Le Congrès continental les nomma officiers et leur ordonna de se présenter au général Washington pour recevoir leurs affectations. Washington dut alors déterminer lesquels de ces volontaires possédaient une véritable expérience militaire et lesquels étaient des imposteurs qui s'étaient infiltrés dans l'armée des Patriotes.
Le livre est disponible à Amazon.com
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Annonces de
The American Friends of Lafayette
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Cycle de conférences AFL
Conférences gratuites sur Zoom
Le mardi 3 février à 19h30 (heure de l'Est), l'auteur Donald Ryan présentera son livre : « Le colonel William Prescott – Commandant héroïque de la bataille de Bunker Hill ». Donald nous rafraîchira la mémoire sur cette confrontation décisive à Bunker Hill, évoquera la vie du colonel William Prescott, principal commandant américain sur le terrain, et expliquera pourquoi il est essentiel non seulement de se souvenir de cet événement, mais aussi d'honorer les soldats qui ont tenu bon face à une force ennemie supérieure pour faire progresser la cause de la liberté et de l'autodétermination en Amérique.
Le lien Zoom est disponible ici : https://us06web.zoom.us/j/85012132783
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Le 12 février 2025, à 19h30 (heure de l'Est), le Dr Richard Ingram présentera une conférence intitulée : Pourquoi Lafayette est-il important pour nous tous aujourd'hui ? Le Dr Ingram est président de la Lafayette Alliance à LaGrange, en Géorgie, et un membre éminent de l'AFL. Il expliquera avec brio en quoi l'héritage de Lafayette reste pertinent. Une séance de questions-réponses suivra la présentation.
Vous trouverez le lien Zoom ici : https://us06web.zoom.us/j/84425285827
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Le 24 février 2025, à 19h30 (heure de l'Est), Paul Spalding, auteur du livre « Lafayette : Prisonnier d'État », évoquera la captivité de cinq ans de Lafayette, détenu par une coalition de forces autrichiennes et prussiennes pendant la Révolution française, ainsi que les efforts internationaux déployés pour obtenir sa libération. Vous aurez l'occasion d'échanger directement avec M. Spalding sur ce sujet important.
Vous trouverez le lien Zoom ici : https://us06web.zoom.us/j/82646769221
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Washington-Rochambeau
Revolutionary Route Association
(W3R)
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Rejoignez W3R pour le
250e anniversaire de la nation
Un message de nos amis de W3R :
« Nous espérons que vous adhérerez ou renouvellerez votre adhésion à W3R-US, afin de nous aider à faire connaître la marche vers la victoire à Yorktown, notamment auprès des 12 millions de personnes qui vivent dans une ville ou un village situés sur le parcours.
Nous les appelons les Villes de la Victoire, et cette année, nous lançons un programme intitulé Victory Towns 250 . Nous souhaitons impliquer le plus grand nombre possible de ces communautés. Votre contribution à nos efforts nous permettra d'atteindre davantage de communautés, plus rapidement. Quinze villes labellisées « Villes de la Victoire » ont déjà rejoint notre programme dans les neuf États traversés par notre itinéraire.
Pour adhérer ou renouveler votre adhésion, veuillez consulter notre site web ICI. Si vous souhaitez faire un don plus important, vous pouvez le faire ICI.
Habitez-vous dans une ville portant le nom de Victory ? La route traverse neuf États : le Connecticut, le Delaware, le Maryland, le Massachusetts, le New Jersey, l'État de New York, la Pennsylvanie, le Rhode Island et la Virginie, ainsi que le district de Columbia. Si vous habitez dans l'un de ces États, consultez notre site web interactive map pour voir si le sentier traverse votre ville ou votre village.
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Annonce de l'Ecole Navale
Une traversée de l'Atlantique
de Brest à New York en voilier
pour célébrer les 400 ans de
la Marine nationale
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L'École navale, qui forme les futurs marins de la Marine nationale sur son site de Lanvéoc-Poulmic dans le Finistère, en Bretagne, et son homologue américaine, l'Académie navale des États-Unis (USNA), effectueront une traversée de l'Atlantique en mai 2026. Un défi organisé dans le cadre du 400e anniversaire de la Marine nationale et du 250e anniversaire de l'indépendance américaine.
Cliquez ci-dessus pour contribuer à la réalisation de cette traversée !
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Inaugurations à venir
2026
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Inauguration d'un mémorial
en l'honneur de quatre soldats du
Royal Deux-Ponts
Musée Odell Rochambeau
Greenburgh, New York
Printemps 2026 (date à confirmer)
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Ce printemps, une fois que le musée Odell Rochambeau sera achevé, nous inaugurerons notre mémorial en granit rendant hommage à quatre soldats de l'armée française morts dans les environs alors que les troupes américaines et françaises campaient côte à côte. C'est ici même que se trouvait le quartier général de Rochambeau du 6 juillet au 19 août 1781, et c'est ici que Rochambeau et George Washington se sont rencontrés pour adopter la stratégie gagnante qui les a menés à Yorktown.
Les noms des 4 soldats du régiment royal des Deux-Ponts gravés sur le mémorial sont les suivants:
David Petter, ✝︎ 18 juillet 1781
Antoine Houllier, ✝︎ 31 juillet 1781
Adam Steel, ✝︎ 14 juillet 1781
Johannes Anneury, ✝︎ 9 août 1781
La date sera annoncée par les Amis de la maison Odell, quartier général de Rochambeau, et leur présidente Susan Seal.
Cliquez sur le dessin ci-dessus pour regarder la vidéo produite par le musée Odell Rochambeau, « Dear France, thank you » (Chère France, merci).
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Cérémonie de ré-inauguration du
Mémorial Lapérouse
et inauguration de notre panneau d'information
Maui, Hawaï
Mai 2026 (date à confirmer)
| | La restauration du monument en pierre de lave et l'installation de la plaque commémorative n'auraient pas été possibles sans le soutien constant de Marc Onetto, Délégué régional de la côte ouest du Souvenir Français. Nous annoncerons la date exacte de la cérémonie (probablement en mai 2026) dans un prochain bulletin ! | | |
Inauguration
du "Rochambeau Memorial Park"
Meadowview Park, Middlebury, Connecticut
27 juin 2026
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Inauguration prévue le 27 juin 2026, soit 245 ans jour pour jour après le campement de l'Armée Française sous le commandement de Rochambeau. La statue en bronze d'un soldat français sera terminée au printemps.
Notre association soutient activement ce projet de plusieurs manières. Vous pouvez "flécher" un don si vous le souhaitez, et témoigner de votre attachement à ce qu'ont accompli ici et naguère ces vaillants soldats de l'Armée française qui venaient de nombreuses provinces de France.
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Inauguration d'une plaque commémorative en l'honneur du
Capitaine Louis d'Ohicky Arunder
Premier officier volontaire français tué
lors de la Guerre d'indépendance américaine
Gwynn Island, Virginie
9 juillet 1776 - 9 juillet 2026
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Le 9 juillet 2026, nous inaugurerons une plaque commémorative en bronze, financée par notre association, en l'honneur du capitaine Louis d'Ohicky Arundel, lors d'une cérémonie organisée par la Société de Virginie des Fils de la Révolution américaine, exactement 250 ans après la mort tragique du premier soldat français tombé au combat pendant la Guerre d'Indépendance.
Dans notre bulletin de mars 2025, https://conta.cc/4honqcW,, nous avons publié un article de M. Patrick Hannum, paru dans le Journal of the American Revolution du 26 février 2025.
https://allthingsliberty.com/2025/02/cricket-hill-and-gwynns-island-captain-arundels-only-fight/
Ci-dessus : Carte de l'action à Gwyn's Island, baie de Chesapeake, par Thomas Jefferson, juillet 1776 - Bibliothèque du Congrès, domaine public, https://www.loc.gov/item/mtjbib000158/
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Plaque commémorative en l'honneur des
ingénieurs militaires français
qui ont travaillé à Butts Hill Fort,
Plymouth, Rhode Island
de juillet 1780 à juin 1781
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Le 11 juillet 2026 (date à confirmer), nous prévoyons de dévoiler, en partenariat avec la Battle of Rhode Island Association (BoRIA), une plaque commémorative relatant l'histoire des ingénieurs militaires français qui ont œuvré au renforcement des fortifications de Butts Hill Fort. Grâce au Dr Robert A. Selig, historien de renom spécialiste de la participation française à la guerre d'indépendance américaine, le texte et les illustrations choisis pour cette plaque seront instructifs, d'une grande précision et inspirants.
Plus de détails seront communiqués prochainement !
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Inauguration de notre
Mémorial aux marins de la Marine française
Riverwalk, Yorktown, Virginie
18 octobre 2026
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En 2022, nous avons installé un panneau d'interprétation dédié à l'amiral de Grasse, expliquant le rôle crucial de la "Royale", la Marine française entre 1778 et 1783. Ce panneau a été vu par des milliers de touristes sur la promenade du fleuve, à quelques pas des quatre sculptures représentant le général Washington, Rochambeau, Lafayette et l'amiral de Grasse.
Nous avons obtenu l'autorisation des autorités de Yorktown pour installer un monument commémoratif en granit « à la mémoire des 3 520 marins de la marine française qui ont perdu la vie pour l'indépendance américaine », et dont les corps reposent au fond de l'océan. Nous avons reçu le soutien de la Société de Virginie des Fils de la Révolution américaine. L'inauguration est prévue pour le 18 octobre 2025, à la veille du 245e anniversaire de la victoire franco-américaine.
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Notre sculpture
Antoine de Saint-Exupéry et Le Petit Prince
Miami, Floride
Novembre 2026
Ligne d'arrivée en vue...
Mais nous avons besoin de vous!
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À ce jour, nous avons collecté près de 75 000 $, mais il nous manque encore 25 000 $ pour que la sculpture soit terminée et envoyée à la fonderie. Nous recherchons activement des dons, qu'ils proviennent de particuliers ou d'entreprises !
Nous vous invitons à contribuer selon vos moyens et à nous informer si vous connaissez des organisations ou des personnes susceptibles de faire des dons importants.
Le Musée s'est engagé par écrit à garder la sculpture devant l'entrée principale pour une durée minimale de 30 (trente) ans! Ce musée-planétarium est très fréquenté par les familles et les touristes du monde entier, en plein cœur de Miami.
Veuillez envoyer votre don (en précisant : Petit Prince) ou nous indiquer toute société, française ou américaine susceptible de nous aider.
par virement bancaire à :
The American Society of Le Souvenir Français Inc.
TD BANK - 1031 1st Avenue, New York, NY 10022
Routing # 026013673 - Account# 4326011741
ou via PayPal:
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Appel aux cotisations 2026!
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C'est le moment de renouveler votre soutien !
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La 3e édition de « Memories of France » (édition révisée et augmentée, en version électronique) est désormais disponible sur Amazon. Cet ouvrage recense 3 000 sites témoignant de la présence française dans les 50 États américains et couvre cinq siècles d'histoire américaine, soit 1 000 sites de plus que l'édition précédente. Lecture facile et immédiate sur votre ordi, tablette, ou n'importe quel smartphone.
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NOS MISSIONS:
• Honorer et préserver la mémoire des soldats, marins et aviateurs français qui ont donné leur vie pour la liberté et qui sont enterrés aux États-Unis,
• Promouvoir la valorisation de la culture et du patrimoine militaire français aux États-Unis et des idéaux qui unissent nos deux nations, et transmettre la torche du Souvenir aux générations suivantes.
• Renforcer les liens historiques d'amitié depuis 1778 entre les peuples américain et français, et à cette fin: ériger ou entretenir des mémoriaux et monuments et encourager la recherche historique, les présentations publiques et les publications dans les médias.
• Le Souvenir Français, association nationale placée sous le haut patronage du Président de la République, est né en 1872 en Alsace-Lorraine occupée, et a été fondé en 1887 à Paris par le Professeur Xavier Niessen. L'association compte plus de 100 000 membres en France et dans plus de 45 pays.
• Aux États-Unis, l'American Society of Le Souvenir Francais (Souvenir Français- USA) a été représenté depuis la première guerre mondiale par un Délégué Général, parmi lesquels ont figuré le docteur Jules Pierre, M. Bruno Kaiser, le Colonel Roger Cestac, Christian Bickert, Mathieu Petitjean, et Jean Lachaud. L’association est présidée depuis le mois de novembre 2020 par le CC(H) Thierry Chaunu.
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Conseil d'Administration
2025 - 2028
Françoise Cestac, Présidente d'Honneur • Gabriel Chalom • Thierry Chaunu, Président • Yves de Ternay, Secrétaire Général • Patrick du Tertre, 1er Vice-président • Francis Dubois • Alain Dupuis, 2nd Vice-président • Daniel Falgerho • Bertrand Jost • Dr. Patti Maclay, M.D. • Domitille Marchal-Lemoine • Mathias Maisonnier, Trésorier • Clément Mbom, 3e Vice-président • Jean-Hugues Monier, Commissaire aux Comptes • Patrick Pagni • Harriet Saxon • Nicole Yancey
Délégués Régionaux:
Jacques Besnainou, Great Lakes and Midwest • Bruno Cateni, South
Prof. Norman Desmarais, New England • Alain Leca, Washington D.C. •
Marc Onetto, West Coast • Brigitte Van den Hove – Smith, Southeast • Nicole Yancey, Yorktown & Virginia, ancienne Consule Honoraire de France en Virginie
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