Covid-19 en Syrie, le scénario catastrophe

Paris, le 23 mars 2020 - Dans un contexte de chaos humanitaire dans la province d’Idleb, la propagation du covid-19 serait une véritable crise dans la crise, un scénario catastrophe redouté par les soignants de l’UOSSM. Le système sanitaire et médical est très précaire avec les bombardements intensifs ces derniers mois sur les hôpitaux et structures médicales. 

Message du Dr Ziad Alissa, médecin anesthésiste-rénimateur, au sujet du Covid-19
Au vu de la situation épidémiologique actuelle dans la région avec la propagation rapide des cas dans les pays voisins, l’OMS s’inquiète du risque élevé de propagation du virus. Afin de limiter les conséquences d'une prochaine épidémie, l'UOSSM se mobilise. En collaboration avec l'OMS, nos équipes ont élaboré un plan d'action sur le terrain. Centres et acteurs de la santé se préparent de nouveau au pire. 
 

L’UOSSM travaille en étroite collaboration avec le directorat de santé d’Idleb pour la mise en place de ce plan de prévention. Il y a quelques jours, le directorat de santé annonçait l’ouverture d’un laboratoire de surveillance épidémique afin effectuer les tests PCR d’identification du Covid-19, même si à ce jour les kits ne sont pas encore disponibles à ce jour. Nous suivons de très près l'évolution de l'épidémie. Nos équipes se tiennent prêtes à apporter une réponse d'urgence. Elles sont formées aux règles d'hygiène pour éviter la propagation, nous renforçons nos programmes de santé, et un travail de sensibilisation des populations aux mesures barrières, a commencé.
 

Dans les camps de réfugiés, sous les tentes ou les habitations de fortune, il est très difficile de pouvoir faire respecter les consignes de sécurité et de lutte contre la propagation du virus. En effet, ces camps connaissent un surpeuplement, les tentes sont souvent occupées par plusieurs familles en même temps et les toilettes sont souvent collectives. Autant dire que les mesures de distanciation sociale et de lavage des mains semblent compliquées à appliquer. Ainsi, tous les éléments de base pour prévenir une épidémie manquent clairement dans la province d’Idleb. 
"Ce qui nous inquiète, c'est que, dans ces camps, alors qu'il le faudrait, nous ne pourrons pas faire de tests de dépistage du COVID-19 pour tout le monde, car le coût de ces tests est beaucoup trop élevé. Mais nous aurons le moyen de vérifier les cas les plus graves, ceux qui présentent des symptômes respiratoires sévères. Mais il faut être clair : les hôpitaux, ici, sont déjà confrontés à de grandes difficultés, chaque crise affaiblit un peu plus notre système médical. (...) Ce qui est sûr, c'est qu'appliquer des mesures de confinement sera très difficile dans le camp d'Atme surpeuplé..." Dr Muhannad Alkhalil, médecin dans le centre de santé de Kafr Oweid dans le camp d’Atme. 


Photo : Dr Muhannad Alkhalil soigne une petite fille dans notre centre de santé de Kafr Oweid à Atme 

Les soignants de l'UOSSM sont disponibles pour des interviews. Veuillez nous contacter directement pour l'organisation :
  • Oussama Alhussein, coordinateur médical dans la province d'Idleb dans le camp d'Atme
  • Dr Muhannad Alkhalil, médecin dans le centre médical de l'UOSSM Kafr Oweid à Atme
  • Dr Ziad Alissa, médecin anesthésiste-réanimateur, président de l'UOSSM
  • Pr Raphaël Pitti, médecin anesthésiste-réanimateur, responsable formation de l'UOSSM
En Syrie et partout dans le monde, la situation est particulièrement préoccupante. Plus que jamais, nous devons nous mobiliser aux côtés des plus vulnérables et faire preuve de solidarité. 

Contact Presse :
Jehan LAZRAK-TOUB,
Responsable communication et fundraising UOSSM
06 20 86 57 01 /
j.lazraktoub@uossm.fr