17 avril :
Le 17 avril à 13h05 heure locale, l’hôpital pour enfant et la maternité d’Idlib de Syria Relief, membre de l’UOSSM, ont été la cible de 3 attaques aériennes. Aucun décès ou blessure grave n’est à déplorer mais au moins cinq membres du personnel médical ont été blessés, dont un gynécologue et un anesthésiste qui étaient au milieu d'une opération lorsque l'hôpital a été attaqué. La mère et son enfant ont été évacués juste à temps. L’établissement a été fortement endommagé, les salles d'opération et le laboratoire ont été mis hors service.
(Image de l'hôpital de l'UOSSM bombardée)
Au même moment, des attaques avaient également lieu sur un hôpital de la banlieue de Damas, provoquant la mort d’un agent paramédical et mettant l’établissement hors service.
15 avril :
Deux jours avant, le samedi 15 avril, 15h30 heure locale, à Al-Rashidin, une explosion a touché un convoi de personnes évacuées des villes de Kefraya et Foah. 126 personnes y ont perdu la vie, dont plus de 50 enfants. 114 des 273 personnes blessées ont été transférées à l’hôpital Bab Al-Hawa, plus grand hôpital de l’UOSSM au nord de la Syrie, pour les soins d'urgence. Parmi les patients transférés on compte plus de 20 enfants et 53 femmes. 2 membres du personnel de l'UOSSM se trouvent aussi parmi les blessés.
Le personnel d'UOSSM était debout 24 heures à l'avance pour recevoir les évacués et était en mesure de fournir une aide immédiate lorsque la bombe a explosé. La rapidité exceptionnelle dont on fait preuve les équipes de l'UOSSM dans l’évacuation des 114 patients a permis de sauver de nombreuses vies qui auraient été perdues si elles n’avaient pas été là.
4 et 12 avril : attaques à Khan Sheikhoun sur l’hôpital Al-Rahma
2 avril : bombardement de l’hôpital central Maaret al-Numan dans la province d’Idlib
Faire de la protection des civils et des hôpitaux une priorité
L'UOSSM condamne fermement ces attaques répétées contre les civils et les hôpitaux et appelle toutes les parties à une résolution pacifique. Ces dernières semaines, on a pu constater une multiplication des attaques chimiques contre des civils. Elles doivent cesser et le droit international humanitaire doit être appliqué. L'ONU et les observateurs internationaux doivent jouer un rôle plus actif dans la protection des civils et la priorité à leur sécurité doit être donnée.
Le Dr Ziad Alissa, président d’UOSSM France, a déclaré : « C’est déjà assez grave que ces personnes aient été chassées de chez elles, en laissant leurs souvenirs et leur vie derrière eux, elles se retrouvent en plus face à toujours plus de souffrance et d’atrocités. Je voudrais que toutes les parties trouve une solution pour arrêter la souffrance de ces personnes afin qu'elles puissent vivre leur vie normalement, comme tout le monde ».
A propos des hôpitaux, il déclare également : « Nous avons condamné à plusieurs reprises les attaques contre les hôpitaux et les établissements médicaux. Il est intolérable qu'un hôpital qui fournit des soins spécifiques aux femmes et aux enfants ait été attaqué à trois reprises […]. Nous demandons à la communauté internationale d'exiger un arrêt immédiat du ciblage des hôpitaux et des établissements médicaux et de traduire les responsables en justice ».
Nous dénoncions dans un rapport exclusif de l'UOSSM le mois dernier la multiplication des attaques sur les hôpitaux au Nord et au Sud de la Syrie. Tous ont été atteints par des frappes aériennes au moins une fois depuis 2016 – certains jusqu’à 25 fois. Le rapport complet est disponible ici.
Mise en place de formations pour la prise en charge des victimes des attaques
Face à ces attaques, l’UOSSM réaffirme son engagement de fournir une aide médicale gratuite à la population syrienne. C’est dans cette optique que les équipes UOSSM France, accompagnées du Dr Ziad Alissa et du Pr Raphaël Pitti, administrateur et responsable formation UOSSM, se sont rendus en Syrie le 8 avril dernier pour acheminer 500 kilogrammes de médicaments d’urgence, destinés à la lutte contre les effets des armes chimiques, ainsi que les équipements de protection transmis par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.
Arrivés sur place, ils ont lancé un vaste programme de formation pour préparer le personnel soignant à l’usage de ces médicaments. Ils doivent à nouveau se rendre en Syrie dans les prochaines semaines pour continuer leur nouveau protocole de formation auprès des médecins syriens dans le Nord du pays. Plus d'informations : http://www.uossm.fr/mission_humanitaire_khan_sheikhoun