Point de mire FAIR

octobre 2025

Bienvenue au bulletin d'information du mois de octobre! Ce mois-ci, nous mettons en lumière des réformes qui pourraient transformer la protection des investisseurs au Canada — notamment en accordant à l’OSBI un pouvoir décisionnel contraignant et en appelant à une interdiction complète des rétrocessions versées aux conseillers. Nous examinons également des affaires récentes en matière d’application de la loi et de décisions judiciaires, tout en soulignant les outils gratuits offerts dans le cadre du Mois de l’éducation des investisseurs.

Rendre le traitement des plaintes plus équitable pour les investisseurs canadiens


Le changement est à portée de main pour les investisseurs canadiens, et FAIR Canada joue un rôle de premier plan. En collaboration avec d'autres groupes de défense des consommateurs, nous avons soumis une lettre conjointe aux Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) avec une demande claire : donner à l’Ombudsman des services bancaires et d’investissement (OSBI) le pouvoir de rendre des décisions contraignantes.

Pourquoi est-ce important? Actuellement, les investisseurs lésés rencontrent souvent des obstacles lorsqu’ils cherchent à résoudre leurs plaintes. Les entreprises peuvent ignorer les recommandations de l’OSBI ou proposer des règlements dérisoires, laissant les investisseurs frustrés et sans recours.


Les ACVM proposent maintenant de rétablir l’équilibre en donnant à l’OSBI un pouvoir décisionnel contraignant. Fini les règlements qui désavantagent les investisseurs — place à des résultats concrets et exécutoires qui renforcent le système.


Notre lettre conjointe exhorte les autorités à :


  • Finaliser rapidement ces réformes et encourager les gouvernements à adopter les lois nécessaires.
  • Superviser l’OSBI de manière claire et efficace, sans lourdeur administrative inutile.
  • Fixer un seuil de 100 000 $ pour nommer un décisionnaire externe (DE) chargé d’examiner les recommandations.
  • S’assurer que les DE soient nommés rapidement, sans délais.
  • Maintenir le délai de prescription de six ans afin que les investisseurs aient suffisamment de temps pour demander de l’aide.


Renforcer le traitement des plaintes demeure essentiel pour protéger les investisseurs. Accorder à l’OSBI un pouvoir contraignant en matière de plaintes liées aux investissements offrira aux investisseurs lésés un moyen équitable et fiable de résoudre leurs différends, contribuant ainsi à restaurer la confiance dans le système financier canadien. 


La voie à suivre

 

Alors que les ACVM finalisent le nouveau cadre de l’OSBI pour les recommandations contraignantes, FAIR Canada exhorte toutes les provinces et territoires à suivre l’exemple de la Saskatchewan et à adopter une législation permettant la mise en œuvre de ce nouveau cadre au Canada. En attendant, les investisseurs peuvent contacter leurs représentants provinciaux pour partager leurs opinions. Les coordonnées des organismes de réglementation des valeurs mobilières sont disponibles sur le site des ACVM, et les membres des législatures provinciales peuvent être trouvés en ligne.

FAIR Canada continuera de défendre les droits des investisseurs et de promouvoir des réformes qui placent les investisseurs au premier plan.

Les rétrofacturation des conseillers : nuisibles et à interdire

Nous avons déjà expliqué comment fonctionnent les rétrocessions des conseillers et comment elles peuvent fausser les conseils reçus par les Canadiens. Dans notre plus récente lettre de commentaires aux ACVM, nous demandons leur interdiction complète.


Qu’est-ce qu’une rétrofracturation?


Il s’agit d’un mode de rémunération où le conseiller reçoit une commission qui peut être récupérée si le client vend l’investissement dans un délai déterminé. Ce modèle crée un conflit d’intérêts intégré. En recevant une rémunération importante dès le départ, le conseiller peut être tenté de recommander des produits comportant une rétrocession. Et à cause du risque de récupération, il pourrait décourager le client de vendre, même si cela est dans son intérêt.


La proposition des ACVM d’interdire les rétrofracturations pour certains fonds d’investissement est un bon début, mais elle ne va pas assez loin. Si l’interdiction ne s’applique qu’à certains produits, les entreprises pourraient simplement déplacer la pratique ailleurs. Les investisseurs méritent une protection uniforme, peu importe le produit.


Les examens de conformité ont révélé que de nombreuses entreprises ne parviennent pas à identifier, divulguer et gérer adéquatement les conflits. Ces lacunes soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à leur capacité à gérer les conflits structurels liés aux rétrofracturations. La seule solution est leur élimination.


FAIR Canada est clair : une interdiction partielle ne suffit pas. Nous demandons aux ACVM d’interdire les rétrofracturations pour tous les titres et émetteurs, sans exception. Nous les invitons également à collaborer avec les régulateurs d’assurance pour interdire les rétrofracturations dans la vente de fonds distincts et de produits similaires.


Les interdictions partielles créent des failles et mettent les investisseurs en danger. Mettons fin à la rémunération conflictuelle et plaçons les investisseurs en priorité.

Transactions discrétionnaires sans le consentement du client – Une leçon à retenir

 

Une récente affaire disciplinaire souligne l’importance de comprendre les pouvoirs de votre conseiller. Les conseillers ne sont pas autorisés à effectuer des transactions sans votre consentement explicite, sauf s’ils détiennent un permis de gestion discrétionnaire et que vous avez donné votre accord par écrit.


Dans cette affaire, un ancien conseiller de RBC Dominion Valeurs mobilières a effectué plus de 23 000 ordres de transaction pour 33 clients sans leur consentement préalable. Bien que la majorité des clients aient réalisé des gains, certains ont subi des pertes, et le conseiller a généré près de 4,5 millions de dollars en commissions.


Le conseiller a été sanctionné par l’OCRCVM pour avoir enfreint les règles en matière de valeurs mobilières en réalisant des transactions spéculatives à haut risque sans autorisation préalable. Il a été condamné à une amende, à rembourser ses commissions et à quitter l’industrie.


À moins que votre conseiller ne soit spécifiquement autorisé à effectuer des transactions discrétionnaires — et que vous ayez donné votre consentement écrit — il doit obtenir votre approbation pour chaque transaction. Si ce n’est pas le cas, c’est un signal d’alarme. Demandez toujours à votre conseiller comment les décisions sont prises — et assurez-vous de garder le contrôle.

Investir de façon autonome : connaître les risques avant de transiger


Une décision récente de la Cour de l’Ontario rappelle un point important aux investisseurs autonomes : lorsque vous investissez sur une plateforme libre-service, vous êtes entièrement responsable du résultat — même si vous ne comprenez pas bien son fonctionnement.



Dans une affaire disciplinaire, une investisseuse a poursuivi son courtier à escompte après avoir perdu de l’argent sur une action biotechnologique. La perte est survenue parce que la valeur de l’action a chuté entre le moment où l’ordre a été exécuté et celui où les fonds ont été débités de son compte. L’investisseuse soutenait qu’elle n’avait « acquis » les actions qu’au moment du débit, mais le tribunal n’était pas d’accord. Il a statué qu’il était de sa responsabilité de comprendre le fonctionnement de la plateforme, et que le courtier n’était pas responsable de ses pertes ni tenu de lui fournir des conseils.


L’investissement autonome continue de croître, mais ce n’est pas pour tout le monde. Notre sondage auprès des investisseurs autonomes révèle que plusieurs se sentent dépassés ou manquent de confiance. Si vous ne comprenez pas bien votre plateforme, prenez le temps d’apprendre — ou envisagez de demander de l’aide.

Le PDG de FAIR Canada s’exprime à l’Université Laval sur l’investissement autonome et les finfluenceurs

Jean-Paul Bureaud, PDG de FAIR Canada, a récemment participé à un panel à l’Université Laval aux côtés de la professeure Cinthia Duclos, de Steven Lortie-Desmarais (Direction des affaires juridiques, AMF) et de Nancy Pelletier (Conseillère juridique principale, Banque Nationale). Le panel portait sur l’investissement autonome et la montée des « finfluenceurs ».


La discussion a abordé le profil des investisseurs autonomes, le cadre juridique, les risques et les opportunités des plateformes numériques. M. Bureaud a partagé ses observations sur les motivations des investisseurs, les risques et l’évolution du cadre réglementaire. Le panel a aussi exploré les risques uniques posés par les créateurs de contenu en ligne et les défis à venir au cours des 15 prochaines années.


Nous restons engagés à défendre les intérêts des investisseurs particuliers à mesure que les marchés évoluent. Pour en savoir plus sur le paysage des investisseurs autonomes, consultez notre sondage.

Mois de l’éducation des investisseurs : le savoir, c’est le pouvoir

Octobre est le Mois de l’éducation des investisseurs au Canada, et la Semaine mondiale des investisseurs est reconnue à l’échelle internationale. Les investisseurs canadiens ont accès à de nombreuses ressources gratuites pour les aider à détecter la fraude, utiliser les outils fintech judicieusement et comprendre leurs droits. Profitez de ces outils ce mois-ci pour vous protéger et prendre des décisions éclairées.


Voici quelques ressources pour commencer :


 


Tout au long de l'année, FAIR Canada (Fondation canadienne pour l'avancement des droits des investisseurs) soumet de nombreuses lettres de commentaires sur diverses questions importantes de politique et de réglementation qui ont une incidence sur les investisseurs.

En savoir plus sur nos activités de défense des intérêts des investisseurs. 

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