Syrie 10 ans
Les médecins de l'UOSSM France et Médecins du Monde France reçus par le commissaire européen ce jeudi 20 mai à 10h30
Paris, mardi 18 mai 2021. Après avoir adressée une lettre pour interpeller le Président de la République Emmanuel Macron et la commission européenne en mars dernier à l’occasion du triste anniversaire des 10 ans du conflit en Syrie, les médecins de l’UOSSM France Dr Ziad Alissa et le Pr Raphaël Pitti ainsi que Joël Weiler, directeur exécutif de Médecins du Monde France, accompagnés par le député européen Raphaël Glucksmann, seront reçus par la commission européenne ce jeudi 20 mai à 10h30 au parlement européen à Bruxelles. Ils seront reçus par M. Lenarčič, Commissaire européen pour la gestion des crises et M. Papaconstantinou, Directeur responsable du voisinage et du moyen orient Direction générale de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes.
Dans cette lettre, l’UOSSM France et Médecins du Monde France font un retour sur 10 ans de conflit en Syrie, ses enjeux et ses conséquences en 2021. 10 ans de bombardements, 10 ans de déplacements de populations, 10 ans d’attaques chimiques, 10 ans d’aide humanitaire entravée, 10 ans d’un système médical et sanitaire détruit. Ce sont ces 10 ans de guerre que nous souhaitons remettre au premier plan de nos échanges avec le commissaire européen. 

“Après 10 ans de conflit, le pays est en ruines, à genoux. Une économie nationale minée par une guerre qui s’éternise, une livre syrienne dévaluée significativement, une pauvreté qui s’accentue avec toutes les conséquences que l’on connaît : famine, maladies chroniques accentuées, surmortalité… La guerre en Syrie est loin d’être finie. Les conséquences de 10 ans de conflit sont bien présentes, toujours aussi désastreuses. La fragile accalmie que l’on nous dépeint, n’est que de façade." Dr Ziad Alissa, médecin-anesthésiste réanimateur, président UOSSM France. 

10 ans sous les bombes, 10 ans de faim, 10 ans de catastrophe humanitaire

Les bombardements persistent en Syrie et frappaient encore en mars dernier des zones densément peuplées entravant directement les actions des organisations humanitaires. Selon le rapport de l’ONU, “Les bombardements et les frappes aériennes ont frappé près du poste-frontière de Bab Al Hawa et sur l'hôpital Atareb. Cette zone connaît une forte densité de camps de nombreuses personnes déplacées. Elle correspond à la route principale pour transporter l’aide humanitaire à Idleb, et pour l'ONU au nord d'Alep. Les bombardements de mars dernier conduisent à des pertes colossales pour les ONG et une suspension de l’aide humanitaire.”

Avec la pandémie de la COVID-19, la Syrie disposant d’un système sanitaire quasi-inexistant, détruit par 10 ans de guerre, peine à faire face. Le pays dépend exclusivement de l’aide humanitaire et de la mise en place d’une réponse des ONG pour lutter contre la COVID-19. Le mois de mars a vu une augmentation considérable du nombre de cas de COVID-19 signalés, affectant également les travailleurs humanitaires bien que des tests limités dans toutes les régions du pays rendent l'étendue de l'épidémie impossible à évaluer avec certitude.
Aujourd’hui, les syrien.nes font face au défi de la vaccination avec une première vague lancée auprès des soignants qui reste marginale au vu de de la densité de population. 
“Nous sommes loin du jour d’après en Syrie ! “

“Lorsque l’on évoque la Syrie aujourd’hui, il est souvent question de reconstruction. En réalité, nous sommes très loin du jour d’après. Les besoins d’urgence sont toujours aussi prégnants notamment l’accès aux soins de santé primaire qui sont assurés uniquement grâce à l’aide humanitaire des ONG. Depuis 10 ans, une autre urgence sourde croît de façon exponentielle, l’absence de soins de santé préventifs, de suivi des maladies chroniques. On parle souvent du chiffre de 500 000 morts dus à la guerre. En réalité, c’est le double voir plus si l’on inclut tous les morts indirectes liés aux manques de soins : maladies cardio-vasculaire, diabète, et l’absence de système de santé préventif dans tout le pays, pas seulement dans le nord-ouest.” Pr Raphaël Pitti, responsable formation UOSSM France

Après 10 ans de guerre, les financements se tarissent et empêchent les ONG d’avoir une vision à moyen et long terme sur les actions qu’elles peuvent mettre en œuvre.“Ils nous arrivent très souvent de devoir fermer des centres de santé, de ne pas garder des médecins, des soignants car une subvention s’est arrêtée. C’est terrible sur le terrain avec un arrêt de la continuité des soins et des vies qui sont littéralement en jeu. Car personne ne peut prendre le relais.” Dr Ziad Alissa, président UOSSM France. 

L’ONU indiquait dans son dernier rapport que 58% de son plan de réponse humanitaire 2020 avait été financé et évaluait à 4,2 milliards de dollars le montant nécessaire pour subvenir aux besoins d’urgence et de base des populations en 2021 : coordination et suivi des camps de déplacés, éducation, sécurité alimentaire, santé, protection des personnes vulnérables, nutrition, mise à l’abri, eau, assainissement et hygiène.

 “Aujourd’hui, se creuse de plus en plus un écart patent entre les moyens à disposition et les besoins réels sur le terrain pour assurer ne serait-ce que l’urgence vitale des populations.” Pr Raphaël Pitti , responsable formation UOSSM France
Ce que nous demandons pour la Syrie et les sujets que nous aborderons avec le commissaire européen : 

  • La mise en place d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui impose une trêve totale sur l’ensemble du territoire syrie. Une trêve identique à la résolution 2401 de 2018 mais qui n’a jamais été appliquée. 
  • L’engagement de toutes les parties au conflit de se conformer à leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, de protéger les populations et de garantir la protection des structures sanitaires et des soignants.
  • L’ouverture de tous les couloirs humanitaires en Syrie pour assurer un acheminement immédiat de l’aide internationale vitale.
  • Le déblocage de fonds d’urgence pour la réhabilitation du système sanitaire, éducatif, alimentation, eau, logement.
  • Laisser libre les organisations humanitaires d’intervenir sans restriction en Syrie.


Notre pétition en ligne : https://10anssouslesbombes.uossm.fr/
Notre page plaidoyer 10 ans : https://www.uossm.fr/10anssyrie
Contact Presse :
Jehan LAZRAK-TOUB,
Responsable communication et fundraising UOSSM
06 20 86 57 01 / 0788389597
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