The American Society of Le Souvenir Français Inc.
Bulletin Mensuel - Vol. III. No 7 - Juillet 2023
L'aventure de La Belle
Le marin de Louis XIV au Cimetière National du Texas
Illustration de couverture : L'expédition de La Salle en 1684, peinte en 1844 par Jean Antoine Théodore de Gudin. La Belle est à gauche, Le Joly est au milieu et L'Aimable est à droite.
EDITORIAL

Après avoir exploré de nombreux forts français à travers tout le bassin du Mississippi dans nos bulletins précédents, le nom de Robert Cavelier de La Salle n'était jamais loin. En effet, cet explorateur légendaire a laissé son empreinte partout, de Chicago à la Nouvelle-Orléans, et est honoré avec affection dans de nombreux États, comtés et villes.

En ce mois de juillet, nous raconterons son expédition malheureuse au Texas, partie de La Rochelle le 24 juillet 1684, et nous rappellerons ainsi plusieurs liens historiques qui existent entre la France et le Texas.

Il y a tout juste 20 ans, un accord a été signé entre le gouvernement des États-Unis d'Amérique et le gouvernement de la République française pour gérer l'épave du navire de La Salle, La Belle, qui est considérée comme l'une des épaves les plus importantes jamais découvertes en Amérique du Nord. 
Aujourd'hui, on peut s'émerveiller de l'état de conservation du navire dans une aile spéciale du Bullock Texas State History Museum, avec le nombre stupéfiant de 1 000 000 d'objets exposés. En plus d'être l'une des villes américaines à la croissance la plus rapide, Austin peut être fière d'accueillir un musée de classe mondiale.

En séjournant dans la capitale du Texas, on peut également se rendre sur la tombe d'un marin du roi Louis XIV, enterré dans le cimetière de l'État du Texas. Bien qu'il ne s'agisse probablement pas du premier soldat français enterré en Amérique, il s'agit sans doute du plus ancien officiellement inhumé. Nous avons l'intention d'organiser une commémoration annuelle avec une cérémonie de dépôt de gerbes en l'honneur de ce marin qui repose désormais pour l'éternité sous les 50 étoiles de la bannière américaine. 

Presque à côté, et plus près de nous, le site historique de la Légation de France à Austin nous rappelle que le Texas fut brièvement une république indépendante et que Louis-Philippe, roi des Français, y avait ouvert une ambassade en 1839. Il vaut également la peine d'être visité. 

Quelques années auparavant, la tournée triomphale du général Lafayette en 1824-1825 entamait sa dernière étape avant ses adieux définitifs de septembre 1825. "Notre cher marquis", qui avait été invité à l'origine à rester trois mois en tant que "Hôte de la Nation" à l'initiative du président James Monroe, est resté au total 13 mois, et fêté dans chacun des 24 États de l'époque. Une fois de plus, dans ce Bulletin, nous mettons en lumière certaines de ses étapes les plus mémorables de juillet 1825.

Comme d'habitude, vers la fin de ce bulletin, nous annoncerons plusieurs événements à venir d'organisations-sœurs susceptibles d'intéresser nos membres et nos sympathisants. 

Nous vous remercions pour vos remarques, vos suggestions et votre soutien. Nous vous remercions également pour vos dons. Le mois dernier, nous vous avons envoyé un récapitulatif illustré de nos projets passionnants dans le cadre de notre Rappel aux cotisations et nous tenons à remercier les lecteurs qui nous ont rejoints et qui soutiennent ainsi notre travail. Si vous pensez que ce Bulletin peut intéresser vos amis et connaissances, n'hésitez pas à le partager ! Et pour ceux d'entre vous qui ne l'ont pas (encore) fait, nous sommes toujours reconnaissants quelque soit le montant de la donation. Il n'est jamais trop tard et il est facile de faire un don. Il suffit de cliquer sur : 

Pour conclure, nous souhaitons à tous de merveilleuses vacances ou une période de détente cet été. C'est le moment idéal pour la lecture et/ou de prendre des photos de vos voyages à travers l'Amérique. Nous espérons que vous garderez notre Société à l'esprit si vous trouvez un site non encore répertorié où il y a eu une présence française, et que vous nous le signalerez... N'oubliez pas d'inclure dans vos itinéraires plusieurs des sites qui sont répertoriés avec des photos et des coordonnées GPS dans le livre électronique Mémoires de France, disponible sur: Amazon.fr Tous les droits d'auteur sont reversés à votre association !

Vous souhaitant un bel été,
Au nom du Conseil d'administration,

Thierry Chaunu
Président, American Society of Le Souvenir Français, Inc.
Délégué Général du Souvenir Français aux Etats-Unis
René-Robert Cavelier, Sieur de La Salle (1643-1687) 
René-Robert Cavelier, Sieur de La Salle by Charles André Waltner (1846-1925) -
Sulte - Histoires des Canadiens-français
, 1608-1880, tome II, 1882 (page 3), Domaine Public,
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=25673
À gauche: Armoiries de la Nouvelle-France, by By Sodacan - Own work, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8098208
À droite: Armoiries de René-Robert Cavelier, Sieur de La Salle - via Wikimedia Commons par Adelbrecht - Armorial du Canada français. Montréal: Librairie Beauchemin Limitée 1915, CC BY-SA .0, 
• Robert Cavelier est né le 22 novembre 1643 dans une famille aisée de Rouen, en Normandie. Il devient jésuite et s'embarque pour la Nouvelle-France au printemps 1666, mais il est rapidement libéré de la Compagnie de Jésus en raison de "faiblesses morales". Il reçoit le titre de Sieur de La Salle lorsqu'il achète la seigneurie de Lachine, près de Montréal. 

• Il apprend plusieurs langues indigènes, comme l'iroquois et le sénéca, et commence à planifier des expéditions pour trouver un passage occidental vers la Chine. Il construit des navires comme le Griffon pour naviguer sur les Grands Lacs et bâtit des forts comme le fort Conti (plus tard reconstruit et rebaptisé fort Denonville, puis fort Niagara à Youngstown, NY, comme le raconte notre Bulletin de janvier 2023) et le fort Miami dans le Michigan.
• En 1679, avec un groupe de 40 hommes, il part explorer le fleuve Mississippi.
Il atteint le golfe du Mexique en 1682, où il nomme le bassin du Mississipi Louisiane en l'honneur du roi Louis XIV. 
• En 1684, il part pour une mission malheureuse au Texas (voir plus bas le naufrage de l'expédition de La Belle) et après avoir erré pendant deux ans, perdu dans les marais du delta du Mississippi, il est tué lors d'une mutinerie près de Navasota, TX, le 19 mars 1687. 

• Des dizaines de sites, rues, parcs, bâtiments à travers les États-Unis portent le nom de La Salle, avec des monuments dans plusieurs États :
LaSalle County, Illinois, La Salle County, Texas, la ville de LaSalle en Illinois, LaSalle Parish, Louisiane, La Salle Landing Park sur Irondequoit Creek à Penfield, NY, Robert LaSalle County Park, Wisconsin...
Des dizaines d'avenues, de rues, et de bâtiments portent le nom de La Salle :
LaSalle Street, une artère nord-sud de Chicago qui mène directement au Board of Trade (le centre du quartier financier de Chicago), ou La Salle Avenue dans le centre-ville de Minneapolis, La Salle Street à Navasota, Texas, pour n'en citer que quelques-uns.

• Notre société prévoit d'honorer le grand explorateur par une cérémonie de dépôt de gerbes sur le site de sa statue à Port Lavaca, près de Houston, Texas, qui a été érigée en 1936 par le chapitre local Robert Raines de la National Society Daughters of the American Revolution et la Texas Society Daughters of the American Revolution.
L'Histoire de La Belle
Illustration : 
La Belle est considérée comme l'une des épaves les plus importantes jamais découvertes en Amérique du Nord.
La Belle a été construite en France en 1684. Ses dimensions initiales étaient de 54 pieds de long et 14 pieds de large. Le navire a été délibérément conçu avec un faible tirant d'eau, ce qui lui a permis de naviguer sur les eaux côtières et fluviales comme le fleuve Mississippi.
• Contexte historique:

• À la fin du XVIIe siècle, les pays européens avaient établi leurs prétentions sur une grande partie de l'Amérique du Nord. L'Espagne affirme son contrôle sur la Floride, tandis que la Nouvelle-Espagne englobe l'actuel Mexique et une partie importante de la région sud-ouest. La Grande-Bretagne revendique la côte nord de l'Atlantique et la Nouvelle-France couvre une grande partie du Canada actuel, y compris le pays des Illinois. La France, préoccupée par les attaques potentielles contre ses colonies au cœur du continent, a lancé une expédition en 1681, dirigée par René-Robert Cavelier, sieur de La Salle. L'objectif était de naviguer sur le Mississippi depuis la Nouvelle-France, dans l'espoir de découvrir un passage vers l'océan Pacifique. Cependant, au lieu d'atteindre le Pacifique, La Salle a découvert un chemin qui menait au golfe du Mexique. Malgré l'exploration antérieure d'Hernando de Soto et les revendications espagnoles sur la région 140 ans plus tôt, le 9 avril 1682, La Salle revendique la vallée du fleuve Mississippi pour le roi de France, Louis XIV, et la baptise Louisiane en son honneur.

• La Salle était conscient que si la France contrôlait le Mississippi, cela séparerait la Floride espagnole de la Nouvelle-Espagne. Il pensait que le Mississippi marquait la frontière de la Nouvelle-Espagne. À son retour en France en 1683, La Salle soutient qu'un petit groupe de Français pourrait réussir à envahir la Nouvelle-Espagne avec l'aide des Indiens qui luttent contre les Espagnols. La Salle propose d'établir une colonie à l'embouchure du Mississippi, qui servirait de base pour répandre le christianisme parmi les peuples indigènes et permettrait commodément d'attaquer la Nouvelle-Espagne pour prendre le contrôle de ses précieuses mines d'argent. 

• Le roi Louis XIV accepte de soutenir l'expédition de La Salle, qui se voit également confier la mission d'obtenir la loyauté des Indiens envers la couronne, de les évangéliser et de maintenir la paix entre les différentes tribus.

• L'expédition malheureuse est relatée dans les écrits d'Henri Joutel, chroniqueur de l'expédition, et de cinq autres survivants qui ont atteint le Canada avant de rentrer en France. Né à Rouen, Henri Joutel a servi comme soldat avant de rejoindre l'expédition de La Salle et de devenir commandant du Fort Saint Louis au Texas. Après la perte des navires de la colonie, une mutinerie et la mort prématurée de La Salle en 1687-88, Joutel ramène un groupe de membres de l'expédition en France. Leur voyage les conduit vers le nord, traversant terres et rivières à travers le pays des Illinois jusqu'à la Nouvelle-France. Le journal de Joutel, intitulé "Journal historique du dernier voyage que feu M. de La Sale fit dans le golfe de Mexique, pour trouver l'embouchure, & le cours de la rivière de Mississippi, etc.," Paris, 1713, in-12., (disponible à la BNF Gallica) fournit des informations précieuses sur l'intérieur, l'histoire naturelle et l'ethnographie du centre de l'Amérique du Nord.
L'expédition française de La Belle de 1686
Photo : Modèle réalisé par Bernard Frölich, conservé au Musée national de la Marine, Paris, France -
La Belle était un type de navire connu sous le nom de "barque-longue". Elle avait trois mâts et un tirant d'eau relativement faible, d'environ 8 pieds (2 mètres). La largeur du navire était de 14 pieds 9 pouces (4,50 mètres), et il mesurait 54 pieds 4 pouces (16,56 mètres) de long. La Belle avait une capacité de chargement d'environ 40-45 tonnes.
La Belle était l'un des quatre navires de Robert de La Salle lorsqu'il a exploré le golfe du Mexique avec la mission malheureuse de fonder une colonie française à l'embouchure du fleuve Mississippi en 1685. 

• Le plan initial de La Salle était de naviguer vers la Nouvelle-France, de faire un voyage terrestre jusqu'au pays des Illinois, puis de descendre le Mississippi jusqu'à son estuaire, où il avait l'intention d'établir sa colonie. Afin de transporter ses provisions, il avait besoin d'un navire de grande taille pour le voyage dans l'océan Atlantique, ainsi que d'un navire plus petit pour transférer les provisions de l'Illinois au golfe du Mexique.

• Louis XIV accorde à La Salle la permission d'utiliser deux navires, Le Joly et La Belle. Au départ, La Belle est construite de manière modulaire, ses membrures étant divisées en quatre quadrants et numérotées de manière séquentielle. Cette approche permettait d'assembler facilement le navire à un stade ultérieur! Le plan prévoyait le chargement des éléments du navire sur Le Joly en vue de leur transport vers l'Amérique du Nord. De là, les pièces seraient transportées par voie terrestre jusqu'au fleuve Mississippi, où l'équipage de La Salle reconstruirait le navire. Une fois assemblée, La Belle servira ainsi à transporter les différentes fournitures essentielles à l'établissement d'une colonie et au commerce avec les Indiens jusqu'à leur destination finale. Cependant, à la demande du roi, La Salle accepte de naviguer directement vers le golfe du Mexique plutôt que vers la Nouvelle-France. Ce changement élimine la nécessité de construire un navire dans le Nouveau Monde. Le Joly étant déjà lourdement chargé, La Salle prend la décision d'assembler La Belle en France et de s'embarquer pour un voyage océanique. Malgré les incertitudes sur la capacité du navire à supporter un tel voyage, il est construit en moins de deux mois, une performance remarquable pour les arsenaux de l'époque.
La traversée de l'Atlantique pouvait commencer.
La traversée de l'Atlantique
Photo : Cette carte de 1681 montre la perception qu'avait le cartographe Claude Bernou de l'Amérique du Nord avant que La Salle ne traverse le Mississippi. Le Rio Grande est appelé Rio Bravo, et la carte démontre un manque de compréhension de la géographie du Texas et de la côte du Golfe, y compris le Mississippi inférieur et les vastes "Terra Incognita" vers l'ouest.
Par Bernou, Claude (b. 16..-d. 17..), Abbé - Domaine public,
• Le 24 juillet 1684, La Salle embarque à La Rochelle avec une flotte composée de quatre navires : le navire de guerre Le Joly de 36 canons, le cargo L'Aimable de 300 tonnes, la barque-longue La Belle et le ketch Saint-François. Les navires transportent près de 300 Français, dont 100 soldats, six missionnaires, huit marchands, plus d'une douzaine de femmes et d'enfants, ainsi que divers artisans.

• François et toute sa cargaison de fournitures, de provisions et d'outils pour la colonie sont malheureusement saisis par des pirates espagnols à Saint-Domingue. La Belle a également perdu l'une de ses deux ancres, une perte qui se révéla tragique par la suite. À la fin du mois de novembre 1684, les trois navires restants poursuivent leur exploration du delta du Mississippi.

• Le 18 décembre, les navires arrivent dans le golfe du Mexique et pénètrent dans les eaux que l'Espagne a déclarée comme étant son territoire exclusif. Aucun des membres de l'expédition n'avait d'expérience préalable dans le golfe du Mexique ni ne possédait les connaissances nécessaires pour y naviguer. En raison de divers facteurs, dont des cartes erronées, une mauvaise estimation par La Salle de la latitude de l'embouchure du Mississippi et des ajustements excessifs pour tenir compte des courants, l'expédition ne réussit pas à localiser le Mississippi. Au lieu de cela, ils touchèrent terre dans la baie de Matagorda, dans le Texas espagnol, au début de l'année 1685, à environ 400 miles (644 km) à l'ouest du Mississippi.

Cargaison de La Belle en octobre 1685 :
4 800 livres de viande séchée ou de lard, 2 000 livres d'or, d'armes et outils, 200 livres de beurre, 108 quintaux de pain ou de farine, 90 quintaux de poudre et de plomb, 8 cochons, 10 tonneaux de vin ou d'eau-de-vie, 3 tonneaux de vinaigre, du sel et de l'huile, des canons et une grande quantité de "pétards" (petites bombes).
Le désastre à l'horizon
Illustration: L'expédition est confrontée à une violente tempête dans le golfe du Mexique.
• L'Aimable s'échoue sur un banc de sable dans la baie de Matagorda. En raison d'une violente tempête, La Salle n'est pas en mesure de sauver grand-chose du navire, ne réussissant à récupérer que de la nourriture, des canons, de la poudre et une quantité limitée de marchandises. Finalement, le 7 mars, le navire coule.

• Par ailleurs, le capitaine de vaisseau Taneguy Le Gallois de Beaujeu, qui a fait preuve de son expertise, s'étant acquitté de son devoir d'escorter les colons, regagna la France à bord du Le Joly à la mi-mars. On peut supposer qu'il avait pour but de remettre un rapport à la couronne. Il est également fort probable qu'il ait emmené un groupe de colons et de soldats mécontents du style de commandement de La Salle (avec qui il avait des rapports tendus) pour rentrer en France. En conséquence, La Belle devint le seul navire restant pour les colons.

• La Salle décide d'établir sa colonie sur un point élevé qui surplombe l'actuelle Garcitas Creek, située à environ 80 km de leur lieu de campement d'origine. Après avoir installé leur campement permanent, les colons entreprennent, au cours des mois suivants, de multiples et brèves excursions afin de mieux connaître la région qui les entoure.
Le nom de Fort Saint Louis, en hommage au roi Louis XIV, est une invention postérieure. L'établissement se compose de quelques huttes, dont l'une sert de chapelle.

• À la fin du mois d'octobre 1685, La Salle décide d'entreprendre une reconnaissance terrestre plus longue. Il charge La Belle d'une grande partie des provisions restantes et met à la voile avec 50 hommes, ainsi que l'équipage du navire composé de 27 marins. Il reste alors à Fort Saint Louis un groupe de 34 personnes composé d'hommes, de femmes et d'enfants. La plupart des hommes voyagent avec La Salle dans des canoës, tandis que La Belle suit la côte. Malheureusement, un certain nombre d'hommes, dont Canil Maraud, le capitaine de La Belle, succombent à la maladie après avoir consommé des figues de Barbarie avariées. Peu après, un petit contingent d'hommes, dont le nouveau capitaine de La Belle, l'ancien pilote Eli Richaud, est victime d'une attaque des Indiens Karankawa alors qu'il campe sur le rivage pendant la nuit.

• En janvier 1686, La Salle se sépare La Belle, qui se trouve à 30 miles (48 km) du Fort Saint Louis. Accompagné d'un groupe de 20 hommes, La Salle entreprend un voyage terrestre pour atteindre le fleuve Mississippi. Il confie à Pierre Tessier, ancien commandant en second de La Belle, la responsabilité de surveiller le navire. Malgré trois mois de recherches exhaustives, La Salle et son groupe ne parviennent pas à localiser La Belle à l'endroit désigné, ce qui les oblige à retourner à pied au fort.
Fort Saint Louis
Stèle, “Fort Saint Louis”
9 FM 444, Inez, TX 77968
Carte: Google Map annotée par Thierry Chaunu
Photo: Fort Saint Louis Marker à Inez, Texas, photo par John Stanton 8 Dec 2011
•La Salle a tenté d'établir une colonie en 1685 avec les restes de son expédition et a construit un fort qui a parfois été appelé "Fort St. Louis", mais ce nom n'a pas été utilisé pendant la durée de vie de la colonie et semble être une invention ultérieure. La Salle lui-même l'appelle "l'habitation de la rivière aux Boeufs près de la baye Saint-Louis".

- Le premier mariage au Texas fut, selon la légende, célébré dans la chapelle du fort, ainsi que la première naissance d'un Européen attestée au Texas, le petit Barbier, qui connut un sort précoce et cruel lorsque les Indiens Karankawa le tuèrent, lui et sa mère. (https://www.tshaonline.org/handbook/entries/barbier-infant)

• Inscription:

"A 13 miles au sud-est d'Inez se trouve le site de Fort St. Louis. Premier établissement français au Texas tenté par René Robert Cavelier Sieur de La Salle en 1685. Dévasté par les Indiens Karankawa, il fut incendié par les membres de l'expédition d'Alonso de Leon en 1689. Sur ses vestiges, les Espagnols construisirent le Presidio de Nuestra Senora de la Bahia del Espiritu Santo, établi par Joseph de Azlor, marquis d'Aguayo, et le père Fray Agustin Patron, O.F.M. En 1722, pour protéger la mission de Nuestra Senora del Espiritu Santo de Zuniga, chargée de civiliser et de christianiser les tribus indiennes des environs. En 1726, il s'installe à Mission Valley, sur la rivière Guadalupe, près de l'actuelle Victoria. En 1749, elle s'installe à Santa Dorotea, aujourd'hui Goliad, près de la rivière San Antonio.
Érigé en 1936 par l'État du Texas".
L'échouage de La Belle
Illustration: Radeau tâchant de sauver ce qui peut l'être
• Pendant l'absence de La Salle, le navire commence à manquer d'eau potable. Tessier prend la décision d'envoyer les cinq meilleurs marins du navire à terre dans l'unique chaloupe de La Belle pour chercher de l'eau. À l'approche de la nuit, les hommes sont observés en train de lutter contre un vent puissant pour tenter de regagner le navire. Cependant, ils sont considérés comme perdus lorsque la chaloupe n'atteint pas sa destination. Les marins restants se sont mis à boire du vin au lieu d'eau, ce qui n'a fait qu'aggraver leur déshydratation, entraînant la mort de plusieurs membres de l'équipage.

• Tessier décide finalement que le navire doit retourner au fort Saint-Louis afin d'acquérir des provisions supplémentaires. Alors qu'ils se mettent en route, un front froid inattendu s'installe. Comme les membres de l'équipage restants manquent d'expertise, ils sont incapables de garder le contrôle du navire. De plus, en raison de la perte de la deuxième ancre, il n'y a aucun moyen d'empêcher le navire d'être emporté par le vent vers le rivage. En peu de temps, La Belle s'échoue à la pointe sud de la baie, à environ un quart de mille (400 m) du rivage.

• Une fois la tempête calmée, les hommes construisent un radeau à l'aide de planches et de tonneaux et envoient deux personnes sur le rivage voisin. Malheureusement, le radeau s'est brisé sous l'effet des vagues, entraînant la noyade tragique des deux personnes. Ce revers n'a toutefois pas découragé le reste du groupe. Ils ont construit un radeau plus solide, qui les a emmenés en sécurité sur le rivage. Au cours des jours suivants, ils retournent régulièrement au navire pour récupérer divers objets, notamment les documents et les vêtements de La Salle, des barils de farine, des tonneaux de vin, des perles de verre et d'autres marchandises. Malheureusement, leurs efforts ont été de courte durée, car un fort vent du sud a poussé le navire dans les fonds marins boueux, ne laissant que le pont arrière visible au-dessus de la surface de l'eau. Sur les 27 personnes qui se trouvaient à bord du navire, seuls Tessier, un prêtre, un officier militaire, un soldat ordinaire, une servante et un jeune garçon ont survécu. Bloqués sur la péninsule pendant trois mois, ils n'ont d'autre choix que de traverser le territoire des Karankawa pour atteindre le fort. La chance leur sourit lorsqu'un petit canoë indien s'échoue sur le rivage, ce qui leur permet de traverser la baie à la rame et de revenir sains et saufs au fort. Malheureusement, la perte de leur dernier navire laisse les colons isolés sur la côte du Texas, sans espoir d'aide de la part des colonies françaises de la mer des Caraïbes.
Chasse à l'homme et découverte par les Espagnols
La colonie de Fort St. Louis a été établie pour offrir un abri aux colons - hommes, femmes et enfants - et une protection illusoire contre les Indiens Karankawa.
• Pendant plusieurs mois, le navire s'enfonce peu à peu dans les eaux troubles de la baie. Pour couronner le tout, La Salle, le chef de l'expédition, qui s'était entêté de parcourir les marais de la région pendant plusieurs mois à la recherche de l'embouchure du Mississippi, est assassiné par l'un des membres de son équipage lors d'une embuscade. 

• Cette tragique mutinerie incite la tribu des Karankawa à attaquer le fort Saint-Louis, entraînant la mort de la majorité des colons français restés sur place. L'aventure française sur les côtes du Texas s'achève donc, marquant la fin de l'ambitieuse vision de La Salle.

• À peu près au même moment, les autorités espagnoles ont pris conscience de la mission de La Salle après qu'un certain Denis Thomas, ancien résident de la colonie, ait été capturé par un navire pirate. Dans un effort pour épargner sa propre vie, Thomas révéla que La Salle avait l'intention d'établir une colonie près du fleuve Mississippi et, à terme, de prendre le contrôle des mines d'argent espagnoles. Denis Thomas fut promptement pendu, les autorités espagnoles considérant son récit comme crédible. Ces dernières furent ainsi alarmées et commencèrent à rechercher la colonie française.

• Les capitaines Martin de Rivas et Pedro de Yriarte mirent sur pied une expédition espagnole depuis Veracruz le 25 décembre 1686. Leur objectif était de naviguer le long de la côte du Golfe. Il leur fallut attendre le 4 avril pour atteindre la baie de Matagorda, où ils envoyèrent quelques canoës explorer les environs. À environ 3 miles (4,8 km) de leur navire, ils découvrirent les restes à moitié coulés de La Belle. Elle était clairement identifiée par les trois "fleurs de lys" qui ornaient sa poupe.

• Les Espagnols réussirent à récupérer une paire de canons et un total de cinq pièces d'artillerie du navire, ainsi que l'ancre, quelques cordages et les mâts qui furent transformés en avirons. Pour prouver de manière irréfutable l'origine française du navire, l'expédition découvrit également l'endroit où les colons français survivants avaient résidé pendant trois mois. Dans les vestiges du Fort Saint Louis, ils découvrirent les cadavres de plusieurs colons massacrés par les Karankawa. 

• Seuls 15 ou 16 individus ont réussi à survivre à la colonie de Fort Saint Louis, errant dans les marais après le massacre indien. Parmi ces survivants, six ont rejoint la France, tandis que les Espagnols en ont capturé neuf, dont les quatre enfants épargnés par la tribu des Karankawa. Dans un premier temps, ces enfants seront emmenés chez le vice-roi de Nouvelle-Espagne, le Conde de Galve, qui les traite comme des domestiques. Finalement, deux des garçons, Pierre et Jean-Baptiste, rentrèrent en France. Quant aux autres captifs, trois d'entre eux devinrent sujets espagnols et s'installèrent au Nouveau-Mexique. 

• Bien que la colonie française fut complètement détruite, l'Espagne prévoyait qu'une autre tentative française était inévitable. C'est pourquoi la couronne espagnole autorisa pour la première fois l'établissement de petits avant-postes dans l'est du Texas et à Pensacola. En 1722, les Espagnols construisirent un fort appelé Presidio La Bahia et une mission appelée Nuestra Señora del Espíritu Santo de Zúñiga sur l'ancien site du Fort Saint Louis.

• La France n'a renoncé à ses prétentions sur le Texas que le 3 novembre 1762. Cela s'est produit lorsque la France a concédé toutes ses terres à l'ouest du fleuve Mississippi à l'Espagne dans le cadre du traité de Fontainebleau. Cette décision a fait suite à la défaite de la France face à la Grande-Bretagne lors de la guerre de Sept Ans où la France a également cédé la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne. En 1803, après que l'Espagne a rendu la Louisiane à la France, Napoléon vend le territoire aux États-Unis. Au départ, les frontières de la Louisiane étaient ambiguës et contradictoires, car l'accord initial entre l'Espagne et la France ne les précisait pas explicitement. Avec l'achat de la Louisiane, les États-Unis doublent leur taille et ouvrent la voie à leur expansion jusqu'à la côte ouest.

• Les États-Unis ont toutefois insisté pour que leur achat englobe tous les territoires revendiqués par la France, ... y compris le Texas. Le différend n'a été résolu que plus tard, par le traité Adams-Onís de 1819 avec l'Espagne. Dans ce traité, l'Espagne cède la Floride aux États-Unis en échange de la renonciation de ces derniers à leurs prétentions sur le Texas...
La redécouverte de La Belle au XXe siècle
La coque de La Belle, juste avant qu'elle ne soit extraite de la boue. L'excavation de La Belle peut être vue sur YouTube : https://youtu.be/OIuHy2TDmWU
Photo: By Cmeide - Own work, CC BY-SA 3.0
Pendant 310 ans, La Belle est restée prisonnière des profondeurs boueuses, intacte mais jamais oubliée. Les historiens et les archéologues connaissaient son existence quelque part dans la baie de Matagorda, mais l'endroit précis leur échappait. En 1995, après de nombreuses tentatives infructueuses, J. Barto Arnold, archéologue marin de la Commission historique du Texas, a finalement découvert le trésor tant attendu. À l'aide d'un magnétomètre sous-marin, une équipe de plongeurs a commencé à chercher des objets métalliques dans les eaux troubles de la baie. Ils ont fini par remonter triomphalement à la surface avec un canon en bronze somptueusement orné portant la marque de Louis XIV, confirmant ainsi l'âge et l'identité de l'épave. Ce n'était autre que le navire français La Belle !
Une découverte archéologique étonnante,
une prouesse technique en matière de fouilles
Photos: Canons découverts dans la cale de La Belle, récupérés en juillet 1995. 
Canons en bronze et autres objets exposés dans la partie la plus basse des restes de la coque, tels qu'ils ont été vus lors des dernières étapes de la fouille en février 1997.
Haut: par Cmeide - Own work, CC BY-SA 3.0,
Milieu: par Franklin M. Jones, US Department of State - https://2001-2009.state.gov/r/pa/ei/pix/b/oes/19238.htm, Public Domain,
Bas: par Jim Evans - Own work, CC BY-SA 4.0,
• Les canons découverts lors des fouilles de La Belle constituent une preuve indéniable. L'un de ces canons, en bronze, a joué un rôle crucial en confirmant que le navire coulé dans les eaux troubles de la baie de Matagorda était bien d'origine française. Les armoiries du roi Louis XIV, représentées par le "L" couronné à la base du canon, ont fourni une indication claire. En outre, l'insigne du Comte de Vermandois, qui appartenait à Louis de Bourbon, amiral de la flotte française de 1669 à sa mort en 1693, étayait cette conclusion. En rassemblant divers éléments de preuve, tels que des inscriptions françaises, des symboles royaux et des objets datant de la bonne période historique, les archéologues ont pu déterminer que l'épave de la baie de Matagorda était bien celle de La Belle.

• Les canons, qui ont une grande valeur historique, restent la propriété de la France. Ils font actuellement partie de la collection du Musée national de la Marine et sont prêtés à la Texas Historical Commission.
The La Belle exhibit
Bullock Texas State History Museum, Austin, TX.
The Bullock Texas State History Museum, 1800 Congress Ave., Austin, TX 78701
La coque préservée de La Belle est la pièce maîtresse de la galerie d'histoire du Texas du Bullock Museum.
La coque a été traitée par trempage prolongé dans du polyéthylène glycol et par lyophilisation, un processus qui a duré plus de dix ans.
Les canons étaient décorés avec soin et portaient les armoiries du roi Louis et du comte de Vermandois, l'amiral de France. Fils illégitime de Louis XIV, Vermandois a servi comme amiral de la flotte française jusqu'à sa mort en 1683, ce qui signifie que les canons ont été coulés au plus tard en 1683, à l'époque où La Salle préparait son voyage.
All photos: Thierry Chaunu © American Society Le Souvenir Français, Inc.
• L'exposition « La Belle : le navire qui a changé l'histoire » a officiellement ouvert ses portes en octobre 2014 au Bullock Texas State History Museum à Austin.

• Les visiteurs peuvent voir la coque du navire et divers artefacts récupérés. La Belle contenait toutes les fournitures récupérées du navire-entrepôt naufragé L'Aimable. Cela a fourni un aperçu unique des fournitures nécessaires pour une mission de colonisation réussie. Étant donné que les Français considéraient cette zone comme un territoire ennemi (le Texas étant revendiqué par leurs rivaux espagnols) et que les Indiens locaux étaient hostiles, le navire transportait une large gamme d'armes. Ceux-ci comprenaient trois canons en bronze, un pistolet pivotant en fer, plusieurs boîtes de mousquets, de nombreux fûts de grenaille de plomb et de poudre à canon, quelques pots à feu en céramique (utilisés comme grenades à main) et plusieurs poignées d'épée. Les objets récupérés comprenaient également des outils et des fournitures diverses et variées, une pelle, une corde et de longues barres de fer. Divers composants de gréement du navire ont également été trouvés. Parmi les restes découverts figuraient du porc salé, des squelettes de rat et des crânes trophées de cerf, avec leurs bois.

• La coque de La Belle contenait environ 80 tonneaux et coffres remplis d'une variété d'objets du quotidien. Parmi ces artéfacts figuraient des assiettes et des bols en étain, des marmites et des ustensiles de cuisine, des pièces d'échecs et de trictrac, des boucles de vêtements, des pots en étain emboîtés, des tiges de pipe en argile, des instruments de navigation, des chandelles, un balai, une forme de chaussure, un flacon de poudre en laiton et un pot en grès qui avait encore des traces de graisse, peut-être utilisé pour la cuisine. Certains des plats en étain portaient des marques du fabricant et les initiales de leurs propriétaires, permettant l'identification et la correspondance avec des colons connus. De plus, il y avait divers produits commerciaux tels que des centaines de milliers de perles de verre bleues, blanches et noires, des bagues en laiton ornées de symboles religieux catholiques, des épingles en laiton, des cloches en laiton, des peignes en bois et un baril de têtes de hache en fer. Il s'agissait de marchandises destinées au commerce avec les peuples autochtones. Les archéologues ont découvert plus d'un demi-million de petites perles de verre vénitiennes, ainsi que des clochettes en bronze, des épingles droites en laiton, des têtes de hache en fer et des bagues en laiton. Ce n'étaient pas de simples bibelots, car les clochettes étaient de haute qualité et avaient des marques de fabricants. Les Amérindiens appréciaient fortement les objets en métal, car ils avaient un accès limité aux métaux dans leur propre culture.

• En tout, les archéologues ont découvert environ 1,6 million d'artéfacts dans le navire, ce qui en fait l'une des récupérations les plus importantes à ce jour. Ces découvertes offrent un aperçu unique de la vie des colons français au XVIIe siècle, éclairant leurs stratégies d'aménagement, de construction de maisons et de bâtiments, ainsi que leur commerce et leur vie quotidienne dans les terres nouvellement colonisées.

• "Ce navire est une sorte de "kit de colonie". De nombreuses colonies ont été établies dans le Nouveau Monde, mais les choses que les gens ont apportées avec elles ont disparu... Ce que nous avons sur le Belle est un bon inventaire de ce qu'un pays d'Europe ressentait comme important pour établir une colonie dans le Nouveau Monde."
Le Dallas Morning News, 24 octobre 2014

• Quantités d'artéfacts supplémentaires peuvent être trouvés dans l'exposition La Salle Odyssey, qui est répartie dans plusieurs musées du Texas. Le Corpus Christi Museum of Science and History sert de lieu de stockage officiel pour ces artéfacts. Le Museum of the Coastal Bend à Victoria, au Texas, abrite également plusieurs artefacts de La Belle, en particulier les sept autres canons de Fort St. Louis.

• Plus de détails et une visite virtuelle peuvent être trouvés à :

• Et pour visionner la captivante vidéo, cliquez sur le lien ci-dessous :
Hommage à un marin de Louis XIV
Pierre tombale, marin de ”La Belle”
Texas State Cemetery
Monument Hill, Section 2 (H2), Row D, Number 1
909 Navasota Street, Austin TX 78702

Photos, haut et bas: Thierry Chaunu © American Society of Le Souvenir Français, Inc.
La sculptrice médico-légale Amanda Danning a utilisé une réplique du crâne du marin pour façonner le visage et révéler son apparence potentielle dans la vie. La coupe en étain trouvée à côté du squelette, dont l'identité pourrait être "C. Barange"
• L'une des découvertes les plus poignantes faites fut un squelette humain complet d'un individu d'environ 30 ans. Le marin a été découvert en position fœtale au sommet d'un rouleau de corde, probablement pris de douleur en raison de l'arthrite et d'une dent gravement infectée. Cependant, la cause probable du décès a dû être la déshydratation. Remarquablement, une partie du cerveau de cette personne est restée intacte, préservée par l'absence d'oxygène dans les sédiments épais et boueux au fond de la baie. L'ADN ainsi préservé laisse entrevoir la possibilité de retrouver à terme le parent vivant le plus proche du marin.

• A côté du squelette, une écuelle en étain gravé portant l'inscription « C. Barange » a été retrouvée.

• Ce marin français repose désormais au Texas State Cemetery à Austin, à quelques minutes en voiture du Bullock Museum.

• Avant la cérémonie d'inhumation, le squelette a subi une tomodensitométrie (TDM). Ces scans ont été utilisés pour produire des répliques tridimensionnelles précises en résine du crâne du marin à des fins éducatives. La sculptrice médico-légale Amanda Danning a utilisé une réplique du crâne du marin pour façonner le visage et révéler son apparence potentielle dans la vie. Sa technique, qui est visible sur le côté gauche du modèle médico-légal sur la photo ci-dessus, impliquait l'application de "marqueurs de profondeur" des tissus mous spécifiques à l'âge, au sexe et à l'ethnie. Par la suite, elle a fabriqué des muscles faciaux, des tissus mous et de la peau à partir d'argile. La moitié complète du visage sur le côté droit du modèle présente des rides et des lignes adaptées à l'âge et à la vie difficile de l'homme. Il présente également des signes de nez cassé et une structure de la mâchoire basée sur des lésions dentaires et gingivales identifiées par les scientifiques lors de leur examen du crâne.

• De plus, des os provenant de la jambe, du pied et de la main d'un autre individu ont été découverts dans une soute. On pense que ces restes appartiennent à un Indien qui a peut-être péri en tentant de monter à bord du navire.

• Inscription de la pierre tombale :

“Ici sont enterrés les restes d'un marin du XVIIe siècle qui faisait partie d'une expédition française malheureuse de 1684 à 1687 vers le nouveau monde dirigée par Robert Cavelier, sieur de La Salle. Les archéologues de la Texas Historical Commission ont découvert le squelette le 31 octobre 1996, lors des fouilles du navire de La Salle, le Belle, qui a coulé lors d'une tempête en 1686 dans la baie de Matagorda. Près du squelette, les archéologues ont trouvé une coupe en étain inscrite C. Barange, ainsi qu'un petit tonneau. Selon les récits historiques, l'équipage du Belle a épuisé son approvisionnement en eau douce en attendant le retour de La Salle d'une randonnée terrestre à la recherche de l'embouchure du fleuve Mississippi, et les archéologues pensent que le marin est peut-être mort de soif. Les preuves médico-légales indiquent que le marin avait entre 35 et 45 ans et mesurait environ 5 pieds 4 pouces. Son dos souffrait d'arthrose, ses dents étaient gravement cariées et il avait déjà eu le nez cassé.
Louis XIV de France espérait que l'expédition de La Salle briserait l'étroite emprise de l'Espagne sur le golfe du Mexique et affirmerait la revendication française sur la Louisiane, mais elle était en proie au malheur. L'un des quatre navires de La Salle a été perdu par des corsaires espagnols dans les Caraïbes, un autre s'est échoué dans la passe Cavallo à l'embouchure de la baie de Matagorda et un troisième est rentré en France avec un équipage et des colons désabusés. La Salle n'a pas réussi à trouver l'embouchure du Mississippi, où il prévoyait d'établir un avant-poste pour le commerce avec les peuples autochtones, et a plutôt atterri à Matagorda Bay le long de la côte du golfe du Texas. À plusieurs kilomètres à l'intérieur des terres, le long de Garcitas Creek, il construisit une petite colonie, Fort St. Louis, pour les colons restants. Le coup final à l'expérience coloniale est venu lorsque le quatrième navire, le Belle, a coulé avec les fournitures restantes de l'expédition. L'année suivante, La Salle a trouvé la mort aux mains de ses propres hommes dans l'est du Texas alors qu'il tentait d'atteindre les colonies françaises au Canada. La disparition ultime de Fort Saint-Louis et les efforts de colonisation français contrecarrés ont ouvert la voie à la colonisation espagnole du Texas et à la domination ultérieure de la région.
Érigé en 2004 par la Texas Historical Commission"

• Inscription (bilingue) à la base de la pierre tombale :

"EN L'HONNEUR DE L'ÉQUIPAGE DU NAVIRE "LA BELLE" DES FRANÇAIS
LE ROI LOUIS XIV SOUS LE COMMANDEMENT DU CAVELIER DE LA SALLE QUI COULA DANS LA BAIE DE MATAGORDA EN JANVIER 1686.

CETTE PLAQUE A ÉTÉ OFFERTE PAR LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE LE
JEUDI 25 SEPTEMBRE 2003. »
Epilogue 1:
Un navire de guerre français est désormais placé
à la garde du Texas
L'Accord entre la France et les Etats-Unis
Signature de l'accord franco-américain : des représentants du Musée national de la Marine de France et de la Commission historique du Texas signent l'accord concernant La Belle sous le regard de l'ambassadeur français Jean-David Levitte et de la sous-secrétaire d'État américaine aux Affaires mondiales Paula Dobriansky.
• Une fois les fouilles terminées, le gouvernement français a déposé une demande officielle de propriété du navire et de son contenu. Selon le droit international, un navire militaire appartient officiellement au pays dont il bat pavillon. Certains historiens ont affirmé que La Belle était un cadeau personnel du roi à La Salle, mais il n'y a aucune preuve documentaire pour étayer cette affirmation. Cependant, des recherches menées dans les archives françaises ont mis au jour deux documents officiels indiquant que La Belle appartenait au roi mais qu'elle était prêtée à La Salle. Juste avant la fin de l'administration Clinton, la Secrétaire d'Etat Madeleine Albright a accepté la revendication de propriété en faveur de la France. Après plusieurs années de négociations, un accord a finalement été signé le 31 mars 2003, accordant le titre officiel de l'épave et de ses artefacts au Musée national de la Marine à Paris. La Texas Historical Commission a reçu le contrôle quotidien du site pendant une période de 99 ans.

• L'intégralité de « l'Accord entre le gouvernement des États-Unis d'Amérique et le gouvernement de la République française concernant l'épave de La Belle » peut être consulté à l'adresse : https://www.gc.noaa.gov/documents/gcil_la_belle_agmt.pdf

• "La Belle est une grande icône historique : un navire coulé qui a accidentellement orienté la suite de l'histoire de notre État... Des millions d'Américains comprennent maintenant les contributions de la France aux débuts du Lone Star State."
James Bruseth, commissaire invité de l'exposition Bullock, dans son livre From a Watery Grave: The Discovery and Excavation of La Salle’s Shipwreck.

Un livre sur La Belle est disponible auprès de la Texas A&M University Press :
Epilogue 2:
Un héritage durable :
 Monuments honorant La Salle au Texas
et des liens durables entre le Texas et la France
• L'échec de La Salle à trouver l'embouchure du Mississippi n'a pas empêché les Français de poursuivre l'objectif stratégique de séparer la Floride de la Nouvelle-Espagne au Mexique. L'expédition d'Iberville qui établit enfin une présence française durable près de l'embouchure du fleuve Mississippi réussit douze ans plus tard en 1699, établissant ainsi un vaste empire s'étendant du Canada au golfe du Mexique.

• L'épisode tragique de La Belle a eu un impact sur l'histoire du Texas.
La tentative française de colonisation du Texas a incité les Espagnols à réagir et à peupler rapidement la région.
Monument de La Salle, Port Lavaca, TX
Monument “René Robert Cavelier Sieur de la Salle”
2 TX-316 road, Port Lavaca, TX 77979
Photo: By Larry D. Moore, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48099060
• Le monument René Robert Cavelier Sieur de La Salle est une statue de granit rose du Texas de 22 pieds de haut à Indianola, Texas, surplombant la baie de Matagorda. Commandé pour le centenaire du Texas en 1936, le sculpteur Raoul Josset et l'architecte Donald S. Nelson ont conçu le monument qui a été consacré en 1939, et inscrit au registre national des lieux historiques le 27 juillet 2018.
• Inscription (face):
« Né à Rouen France le 22 novembre 1643. Venu au Canada en 1668. Fonda une première colonie près de Montréal. A dirigé plusieurs expéditions sur les Grands Lacs et les rivières Ohio et Illinois. Achèvement de l'exploration du Mississippi, 1682. Le 24 juillet 1684, La Salle quitte la France pour établir une colonie à l'embouchure du Mississippi. Débarqué dans la baie de Matagorda le 15 février 1685. Il y a établi le fort Saint-Louis. Alors qu'il se rendait au Canada, il fut assassiné près de la rivière Trinity le 19 mars 1687.

• Inscription (côté):
« Un gentleman mais pas un courtisan, un fier indépendant mais de nature timide, un explorateur à la vision audacieuse et à l'énergie infatigable. La colonie de La Salle sur la baie de Matagorda a donné aux Etats-Unis sa première revendication sur le Texas dans le cadre de l'achat de la Louisiane. L'Amérique lui doit un souvenir impérissable car dans cette figure masculine elle voit le pionnier qui l'a guidée vers la possession de son héritage le plus riche. Francis Parkman"
Érigé en 1936 par l'État du Texas
Statue de LaSalle à Navasota, TX
Site de la mutinerie
Statue & panneau “René Robert Cavelier Sieur de la Salle”
Intersection de Washington Ave and Old McMillican Rd, at 40 Old Millican Rd, Navasota, TX 77868
Photo: par Larry D. Moore, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48425758
• Les Filles de la Révolution américaine ont commandé et érigé une statue en bronze de La Salle à Navasota lors du centenaire du Texas en 1930.

• Inscription:

"Tué par traîtrise par ses propres hommes près de cet endroit en mars 1687 Né à Rouen France le 22 novembre 1643 / Explorateur du fleuve Mississippi / Homme d'État - Constructeur d'empire / Un noble par son rang et par son caractère" 
" Érigé en 1930 par la Texas Society of the Daughters of the American Revolution et les citoyens de Navasota.
Buste de La Salle, Navasota, TX
Buste de “René Robert Cavelier Sieur de la Salle”
August Horst Park Pavilion, 104 County Rd, Navasota, TX 77868
Photo: par Larry D. Moore, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48425758
• L'explorateur français René-Robert Cavelier, sieur de La Salle, malavisé dans sa tentative de 1687 de localiser le fleuve Mississippi et essayant de retrouver son chemin vers les terres détenues par les Français près des Grands Lacs, a traversé la région qui allait devenir Navasota. C'est là que La Salle a été assassiné par l'un de ses hommes. Après de nombreux voyages, des explorations de la vallée du Mississippi, des entreprises commerciales et plusieurs mutineries, les ossements de La Salle ont trouvé leur lieu de repos dans la vallée de Navasota.

• Un buste en pierre qui se trouvait auparavant au centre-ville, a été re-inauguré par le consulat de France en mai 2012 à August Horst Park. Le buste a été offert à la Ville par le gouvernement français en 1978.
La France et le Texas, plus de 3 siècles de liens solides:

Finalement, le Texas est devenu indépendant et a rejoint l'Union. Aujourd'hui, elle entretient des relations particulièrement étroites avec la France, qui a reconnu le "Lone Star State" en ouvrant une ambassade à Austin sous le roi Louis-Philippe en 1839, et dont les immigrants entreprenants, notamment d'Alsace, ont laissé des empreintes durables, comme à Castroville, TX.
Et, il y a quelques jours à peine, le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a assisté au défilé du 14 juillet à Paris.
“La Légation de France auprès de la République du Texas”
French Legation Historical Site, 802 San Marcos Street, Austin, TX 78702
(Il y a deux panneaux identiques, un à l'intérieur du jardin et un le long du trottoir près de la porte)
Photo: Thierry Chaunu, © 2021 American Society of Le Souvenir Français, Inc.
• Alphonse Dubois de Saligny, de son nom complet Jean Pierre Isidore Alphonse Dubois de Saligny, né à Caen, Normandie, France, le 8 avril 1809, et mort à Saint-Martin-du-Vieux-Bellême (Orne) le 6 novembre 18881, était un diplomate français.
• Inscription:

« Un pont entre les nations: Avant l'indépendance du Texas en 1836, les Français et les Espagnols se disputaient l'influence et le commerce dans la région. Avec la naissance de la République du Texas, le roi Louis-Philippe de France a envoyé le secrétaire diplomatique, Alphonse Dubois, dans la nouvelle République pour déterminer si la France devait officiellement la reconnaître en tant que nation indépendante. Après avoir voyagé à travers le pays, sa réponse à la question fut : « … Nous avons une opportunité glorieuse devant nous ; nous ne devons pas le laisser nous échapper ». Les efforts de Dubois ont abouti au Traité d'amitié, de navigation et de commerce entre la France et la République du Texas en 1839. Il a été promu chargé d'affaires et chargé d'établir une légation (présence diplomatique officielle), au Texas et de rechercher des accords au profit des deux nations. Dubois a encouragé le rétablissement de l'Église catholique au Texas et l'arrivée de colons français dans la nouvelle nation. Il a soutenu le projet de loi avorté franco-texien qui aurait amené 8 000 colons et construit des forts français pour défendre la frontière contre le Mexique.

«Père Odin: Le père Jean-Marie Odin est venu à Austin à la demande du pape en 1839. Il a adressé une pétition à la République du Texas pour qu’elle restitue les biens de l'église. Les propriétés comprenaient les missions à San Antonio telles que l'Alamo. Alphonse Dubois a invité le père Odin et le père Timon à rester dans sa maison louée sur la rue Pecan pendant la construction de la légation française. Le père Odin a acheté la légation française inachevée et la propriété de Dubois en décembre 1840 avec l'intention d'ouvrir une école paroissiale. La bonne entente entre Dubois et le Père Odin a contribué à assurer la reconnaissance par le Vatican de la République du Texas.
« Alphonse Dubois : Jean-Pierre Isadore (sic) Alphonse Dubois (1809-1888) est né d'un collecteur d'impôts en Normandie, France. Ambitieux d'améliorer son statut, Dubois entame une carrière diplomatique en 1831. Il est secrétaire des légations de France en Allemagne, en Grèce et aux États-Unis avant d'être promu chargé d'affaires à la légation de France en République du Texas. Une querelle avec l'aubergiste d'Austin, Richard Bullock a éclaté dans "la guerre des cochons" lorsque les porcs errants de Bullock sont entrés par effraction et ont endommagé la maison que Dubois avait loué sur Pecan Street (6th Street) pendant la construction de la légation. Eugène Pluyette, le serviteur de Dubois, tua les cochons sur l'ordre de son employeur, et Bullock battit Pluyette pour se venger. En mauvaise santé et ayant souffert de difficultés personnelles et politiques, Dubois quitta Austin en 1841. Dubois continua à servir de légat de France pendant l'annexion du Texas aux États-Unis mais préféra rester à Galveston et à la Nouvelle-Orléans. Il a ensuite occupé des postes diplomatiques en Europe, en Asie et au Mexique avant de revenir en France en 1863. »
Érigé par la Commission historique du Texas "
Plaque, "La Légation de France"
Plaque, "La Légation de France"
French Legation Historical Site, 802 San Marcos Street, Austin, TX 78702802 San Marcos Street, Austin, TX 78702
Photo: Thierry Chaunu, © 2021 American Society of Le Souvenir Français, Inc.
• Inscription:

"La Légation de France"
« Érigé en 1841 par Conte (sic) Alphonse Dubois De Saligny, chargé d'affaires du roi Louis Philippe de France, auprès de la République du Texas. Il a vécu ici 1841-1842. Maison construite en pin Bastrop, style bayou de la Louisiane. Le mobilier comprend plusieurs pièces ayant appartenu à Saligny. Acheté par l'État du Texas en 1945. Placé sous la garde des Filles de la République du Texas, qui ont restauré la maison et entretenu la propriété."
Monument historique du Texas, enregistré - 1967 "
Panneau, “L'Ambassade de France”
French Legation Historical Site, 802 San Marcos Street, Austin, TX 78702
Photo: Thierry Chaunu, © 2021 American Society of Le Souvenir Français, Inc.
Panneau (temporairement retiré pendant la rénovation)

• Inscription:

"Ce site, acheté à l'origine par Anson Jones qui devint plus tard le dernier président de la République du Texas, fut vendu par Jones le 15 septembre 1840 à Alphonse de Saligny, chargé d'affaires de Sa Majesté Louis Philippe, le roi des Français, à la République du Texas. Saligny a construit la maison et l'a occupée jusqu'au 1er avril 1842. Le bâtiment a ensuite appartenu à John Mary Odin, premier évêque du diocèse de Galveston, et à Moseley Baker, héros de la révolution du Texas et membre du Congrès de la République. Joseph W. Robertson, qui a acheté la propriété de Baker en 1848, était responsable du nom Robertson Hill. La maison appartenait à ses héritiers jusqu'à ce qu'elle soit achetée par l'État du Texas en 1945. »
DOUZIÈME PARTIE DE NOTRE SÉRIE:
"LAFAYETTE, HÔTE DE LA NATION"
Si vous avez raté les épisodes de nos précédents Bulletins...

• Le président James Monroe a invité Lafayette, le dernier général survivant de la guerre d'Indépendance américaine, à visiter les États-Unis, officiellement pour célébrer le 50e anniversaire de la nation, mais aussi pour insuffler "l'esprit de 1776" à la prochaine génération d'Américains au milieu d'un clivage politique rappelant celui que le pays connait actuellement. Sa tournée a attiré de grandes foules et a suscité un regain de patriotisme, favorisant l'union des citoyens de la jeune république.

• De juillet 1824 à septembre 1825, Lafayette fait une tournée dans les 24 États des États-Unis. Il a été accueilli en héros partout où il s'est arrêté. Des foules immenses, des enfants, de vieux soldats venaient de loin et attendaient des heures pour avoir une chance de le voir, de l'approcher, de le toucher. De nombreux honneurs lui ont été présentés et des monuments érigés pour commémorer sa visite.

• Les 24 États visités étaient : Alabama, Connecticut, Delaware, Géorgie, Illinois, Indiana, Kentucky, Louisiane, Maine (ex-Massachusetts / North part), Maryland, Massachusetts, Mississippi, Missouri, New Hampshire, New Jersey, New York, Caroline du Nord, Ohio, Pennsylvanie, Rhode Island, Caroline du Sud, Tennessee, Vermont, Virginie, Washington D.C.

• Les principaux moyens de transport étaient la diligence, l'équitation, la péniche et le bateau à vapeur.

• Tout au long des années 2024 et 2025, chaque ville célébrera ce Français des plus illustres, classé aux côtés des Pères Fondateurs, pratiquement à égalité avec George Washington. Si quiconque a le moindre doute à ce sujet, il suffit de lire quelques-uns des centaines d'articles de journaux locaux et les récits ou mémoires des témoignages contemporains pour réaliser la portée de cette tournée triomphale, trop méconnue des français.
• Plusieurs de ses arrêts sont commémorés par des bornes et des plaques, certaines vieilles de plusieurs décennies, et de plus en plus de toutes nouvelles, grâce à l'énergie et à l'enthousiasme déployés par Julien Icher, président du LafayetteTrail.org, dont l'objectif est d'inaugurer 175 "markers", plaque commémorative en fonte, d'ici 2024.

• Ces nouveaux "markers" du LafayetteTrail.org sont tous fabriqués dans le même métal coulé bleu et rouge distinctif et signés par la Fondation William C. Pomeroy qui finance généreusement ce projet gigantesque.

• L'American Society of Le Souvenir Français Inc. est honorée de s'associer à ces deux organisations aux missions mémorielles similaires, ainsi qu'à toutes les autres associations patriotiques américaines et bénévoles qui participent à ces célébrations, sous l'égide d'America250
Comme nous l'avons commencé avec le Bulletin d'août 2022, nous racontons chaque mois certains des épisodes les plus saillants de ce voyage remarquable du mois correspondant il y a 199 ans, tout en vous tenant au courant des nombreuses célébrations prévues par les comités locaux des American Friends of Lafayette en 2024 et en 2025.

Pour cette série, nous emprunterons également les témoignages d'un témoin privilégié et proche, Auguste Levasseur, secrétaire particulier de Lafayette, qui voyagea avec le marquis et son fils, George Washington Lafayette, et qui publia son quotidien abondant : « Lafayette en Amérique 1824 -1825, ou Journal d'un voyage aux Etats-Unis" (Publié par la Librairie Baudoin, Paris, en 1829), ainsi que d'autres sources bien documentées, comme Samuel Lorenzo Knapp. "Mémoires du général Lafayette : avec un Récit de sa visite en Amérique et de sa réception par le peuple des États-Unis ; de son arrivée, le 15 août, à la célébration à Yorktown, le 19 octobre 1824" (publié en novembre 1824)
ITINÉRAIRE JUILLET 1825
  • 14 juillet - Lafayette assiste à un banquet organisé en son honneur à Sansay House à Morristown, New Jersey.
  • 15 juillet - Lafayette assiste à une réception à Waverly House à Bottle Hill, maintenant Madison, New Jersey, en route pour Springfield.
  • 16 juillet - Lafayette arrive à Philadelphie pour sa deuxième visite de la tournée sur le SS Delaware depuis Bordentown, NJ.
  • 20 juillet - Lafayette visite Germantown et Chestnut Hill, près de Philadelphie. Il a spécifiquement visité Wyck Historic House et Cliveden.
  • 25 juillet - Lafayette quitte Philadelphie sur le SS Delaware pour Wilmington, Delaware
  • 26 juillet - Lafayette quitte Chester, Pennsylvanie, pour le champ de bataille de Brandywine, terminant la journée à West Chester.
  • 27 juillet - Départ de West Chester pour Lancaster, Pennsylvanie.
  • Fin juillet - Départ de Lancaster pour Baltimore, Maryland, via Port Deposit et Havre de Grace, Maryland. Passe deux jours à Baltimore.

Nous ne sélectionnerons ci-dessous que quelques arrêts remarquables.
Pour une liste plus complète, consultez TheLafayetteTrail.org ou notre e-book Mémoires de France disponible sur Amazon.fr
Visite de Lafayette, Morristown, New Jersey
14 juillet 1825
14 juillet 1825
Panneau, Sansay House
16-10 Dehart St, Morristown, NJ 07960
(Note: cette maison est une résidence privée)
Photo: par Jerrye & Roy Klotz, MD - Own work, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=33175342
• À la suite d’une cérémonie d’accueil à Morristown’s Green le 14 juillet 1825, au cours de sa tournée d’adieu triomphale, le général Lafayette a visité la maison de Charles Ogden situé en face, au coin de Market Street. Plus tard, il a assisté à un somptueux banquet «réservé aux hommes» qui lui était offert dans la salle à l'étage de la maison Sansay, rue DeHart. Ensuite, de retour à Ogden House, il a été présenté aux dames de Morristown. Il passa la nuit chez James Woods sur South Street en partant pour Philadelphie le lendemain.

• Inscription:
« Monsieur Louis Sansay, maître de danse français, a dirigé ici une école de danse. La maison a été le site du bal en l'honneur de Lafayette en 1825. Plus tard, la maison du général Joseph Revere »
Registre national des lieux historiques, Registre des lieux historiques du New Jersey, Commission du patrimoine du comté de Morris"
2ème visite de Lafayette, Philadelphie, Pennsylvanie
20 juillet 1825
20 juillet 1825
Panneau,Visite de Lafayette Philadelphia PA
6418 Germantown Ave, Philadelphia, PA 19119
Photos:
Haut: La parade triomphale de Lafayette par T. Holt(Life time: unknown) - Original publication: Lafayette: Recollections of His Visit, Domaine Public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=115105414
Milieu: Cliveden (mansion), Philadelphia, PA, a National Historic Landmark, By Jack Boucher - Historic American Buildings Survey; Library of Congress HABS PA,51-GERM,64-88, Domaine Public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6571315
Bas: Frank Johnson (Historical Society of Pennsylvania)
• Lafayette avait reçu un accueil triomphal lors de son séjour de 8 jours à Philadelphie en septembre 1824. Lorsqu'il retourna dans la région pour un séjour un peu plus long, mais plus calme, vers la fin de sa tournée en juillet 1825, son itinéraire comprenait des visites à Germantown, Mount Airy et Chestnut Hill. En route vers le sud pour partir de Washington, il s'est arrêté à West Chester (où environ dix mille personnes se sont rassemblées pour assister à sa procession) et a rejoint des unités militaires et des vétérans âgés lors d'une visite de la zone de la bataille de Brandywine, où il avait été blessé pendant la campagne de Philadelphie.

• "L'infanterie et d'autres corps militaires, ainsi que les manufacturiers, les sociétés, les citoyens, etc. ont fermé l'arrière et ont continué leur marche dans la rue principale, à Germantown, sur deux milles, jusqu'à ce qu'ils arrivent au siège du comté de Benjamin Chew, Esq. qui est l'endroit même où la célèbre bataille de Germantown a eu lieu, lorsque tous ceux qui ont précédé le général se sont disposés en colonnes, et le général et la suite ont franchi la porte du manoir de M. Chew, où il a été reçu par la famille de M. Chew , et immédiatement après présenté à ses frères de la famille maçonnique individuellement ; puis aux différents corps militaires, et à un grand nombre d'habitants de la ville, hommes et femmes. Après quoi, il a pris un somptueux petit-déjeuner, puis s'est rendu à Mount Airy ». The United State Gazette, 26 juillet 1825.

• Quelque chose que nous avons omis de mentionner dans notre bulletin de septembre 2022, Frank Johnson, un célèbre musicien, compositeur et chef de groupe, s'est produit avec son groupe afro-américain au "Lafayette Ball", un événement social majeur lors de la dernière nuit de Lafayette à Philadelphie lors de sa première visite. Nous n'insisterons jamais assez sur le fait que Lafayette était un abolitionniste convaincu et qu'on l'a vu serrer dans ses bras des Afro-Américains en public, ce qui n'était pas fréquent en Amérique à cette époque.
• Inscription:

« Le 20 juillet 1825, le général
Lafayette, héros de guerre révolutionnaire
et abolitionniste déclaré, est reçu ici
à la maison Chew."
Fondation William G. Pomeroy 2022
Visite de Lafayette, Champ de Bataille de
Brandywine, Pennsylvanie
26 juillet 1825
26 juillet 1825
Plaque & Panneau, Général Lafayette à Brandywine
421 N. Matlack Street & Lafayette Street, West Chester, PA 19380 (panneau)
GPS: 39.965333, -75.605067 (panneau)
421 N Walnut St, West Chester, PA 19380 (plaque apposée sur le sol, à 150 mètres environ)
GPS: 39.964750, -75.606150 (plaque)
Photos:
Haut: Washington et Lafayette à la Bataille de Brandywine, c. 1825
par John Vanderlyn (1775—1852) Oil on canvas. Thomas Gilcrease Museum, Tulsa, OK.
• Le marquis de Lafayette a connu son baptême du feu lors de la bataille de Brandywine. Alors qu’il s’efforçait de rallier les soldats américains en retraite, il reçut une balle dans la cuisse. . Washington dépêcha le futur président James Monroe voir Lafayette (Monroe parlait le français). Lafayette fut envoyé dans un hôpital de Bethlehem, en Pennsylvanie, en convalescence pendant 2 mois avant de rejoindre l’Armée Continentale à Valley Forge.

• Lors de sa visite aux États-Unis en 1824, Lafayette se rend à nouveau sur les lieux et indique où il a été blessé : le long de la crête de la colline.

• Le 25 février 1825, Lafayette accorda une interview à Poulson's Advertiser, l'un des principaux journaux de Philadelphie. Dans la pièce, Lafayette se souvient avoir reçu sa blessure à Brandywine :

"La balle passa de part en part ; j'étais à pied quand j'ai reçu ma blessure ; une partie de notre ligne avait cédé mais une partie tenait encore bon. Je fis en sorte d'y remédier. Pour encourager mes camarades et leur montrer que je n'avais pas de meilleures chances de fuite qu'eux, j'ordonnai mon cheval à l'arrière. La nouvelle de ma blessure fut transmise au commandant en chef, avec les exagérations habituelles en pareil cas. Le bon général Washington a librement exprimé son chagrin qu'un si jeune, et un volontaire dans la sainte cause de la liberté, soit tombé si tôt; mais il fut bientôt soulagé par l'assurance que ma blessure s'arrêterait avant la vie, lorsqu'il m'envoya son amour et sa satisfaction que de savoir que la blessure n'était pas pire que l'on craignait. Sur le champ de bataille, le chirurgien préparait ses pansements, mais le coup de feu tombait si fort autour de nous, qu'en très peu de temps, si nous étions restés, nous n'aurions tous deux nul besoin dechirurgie. Monté sur mon cheval, je quittai le champ de bataille et me rendis au pont près de Chester, où je m'arrêtai et plaçai une garde, pour arrêter les soldats fugitifs et les ordonner de rejoindre leurs régiments respectifs. Je n'en pouvais plus; m'évanouissant, je fus transporté dans une maison de Chester et étendu sur une table, lorsque ma blessure reçut son premier pansement. Les officiers généraux arrivèrent bientôt, quand je les saluai en les suppliant de ne pas me manger, car ils avaient l'air d'avoir très faim, et j'étais le seul plat sur la table de la maison. Le bon général en chef fut très satisfait de me trouver dans un tel état d'esprit et fit faire une litière sur laquelle je fus transporté à la Indian Queen [une auberge-taverne] à Philadelphie, et j'y fus accueilli par les membres du Congrès, qui étaient tous bottés et éperonnés et sur l'aile du bâtiment, un lieu plus sûr pour tenir leurs sessions. L'ennemi continuant d'avancer, je fus emmené à Bristol, et de là dans le carrosse du président Laurens (et les carrosses étaient rares à cette époque) à Reading [ici, la mémoire de Lafayette lui fait défaut - il fut en fait transféré à Bethlehem], où je restai jusqu'à ce que je sois suffisamment rétabli pour pouvoir me rendre au quartier général"...(https://www.ushistory.org/march/other/lafwound.htm)

• Inscription (panneau) :

«Après avoir visité le champ de bataille de Brandywine le 26 juillet 1825, le général Lafayette est venu à West Chester. D'un point situé à un demi pâté de maisons à l'ouest d'ici, il a passé en revue les troupes qui défilaient en son honneur. Érigé 1952 par la Pennsylvania Historical and Museum Commission.”

• Inscription de la plaque encastrée sur le trottoir (peu lisible) :
"De cet endroit, le 26 juillet 1825, le marquis de Lafayette a passé en revue les troupes qui l’ont escorté lors de sa visite au champ de bataille de Brandywine"
Colonne à la Mémoire des généraux Lafayette & Pulaski, Brandywine
Colonne à la Mémoire des généraux Lafayette & Pulaski, Brandywine
Birmingham Lafayette Cemetery, 1235 Birmingham Rd, West Chester, PA 19382
Photo: par Staury01 - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43449901
• Le monument a été inauguré au cimetière Lafayette en 1900. Situé à côté de l’ancien “Friends Meeting House” de Birmingham pendant la guerre, le cimetière a été nommé en son honneur. Ce monument a été financé par un banquier local, John G. Taylor, qui avait un ancêtre ayant combattu dans cette bataille et qui s’est passionné pour cette époque.

•Des parties de ce cimetière ont été un lieu des combats. Les murs près de la “Friends Meeting House” étaient utilisés par les soldats pour se protéger des tirs anglais. Dans le cimetière se trouvent plusieurs grands monuments dont le plus impressionnant est dédié à Lafayette.

• Inscription:

"Faut-il oublier les jours de vie rapide,
Bien que ces jours aient fui.
Pouvons-nous négliger le lieu sacré,
Où les Héros Patriotes ont saigné ?

Et par ces jours de "Old lang syne",
Nous ne pouvons jamais oublier.
Quand avec nos pères à Brandywine,
Vint le vaillant Lafayette.

Par le ruisseau enchanteur de Brandywine,
Nos valets en paix demeurent,
Jusqu'à l'arrivée des sbires des Tyrans,
Tacher ses rives de sang, etc.

Pour rencontrer les hommes ennemis dans la plaine
Chaque patriote se presse en avant.
Et là avec Washington et Wayne
Apparut notre invité d'honneur, &c.

Et là, on l'a porté dans la cariole,
Où Washington menait encore
Et pour soutenir les droits de l'homme
Le jeune guerrier saignait &c.

Puis aussi longtemps que notre courant romantique,
Roulera sa vague d'argent,
Ses vallées résonneront du nom
De Lafayette, le brave. &c.
Grand Dieu, Proniter et Père de la Liberté
John G. Taylor, érigé 18 pieds. 1900

Amiral Comte DeGrasse
B. 1722 - D. 1788, France"

 Érigé en 1900 par John G. Taylor.
Colonne de marbre, Général Lafayette à Brandywine
Colonne de marbre, Général Lafayette à Brandywine
Birmingham Lafayette Cemetery, 1235 Birmingham Rd, West Chester, PA 19382
• Le “Jour de Brandywine”, le 11 septembre 1895, en présence du gouverneur, du consul de France, de dignitaires locaux, d'unités de la milice et de fanfares militaires, les écoliers du comté de Chester ont dédié un monument en marbre à Lafayette, avec cinq mille personnes présentes à la cérémonie. Placé le long de Birmingham Road, il n'est pas situé à l'endroit même où il a été réellement blessé. Un article lors de cette inauguration note qu'il s'agit du point le plus élevé du champ de bataille et "visible de tous les points cardinaux".

• Inscriptions :
”Un peu plus en hauteur
A une courte distance au sud de cet endroit
Lafayette
a été blessé à la bataille de Brandywine
11 septembre 1777"

Côté:
« Par le sang versé par des milliers, avec un mérite égal,
pour la cause de l'indépendance et la liberté,
soyons pour les générations suivantes
une gage éternel de pur républicanisme, d'union fédérale,
de prospérité publique et de bonheur domestique »
Toast de Lafayette, à Westchester, 26 juillet 1825
Visite de Lafayette à West Chester, Pennsylvanie
26-27 juillet 1825
Visite de Lafayette, 26-27 juillet 1825
Stèle & Plaque “Lafayette”
Derrière les maisons à proximité de l'intersection de Old Phila. Pike (route 340) et chemin Greenfield. La Lafayette Fire Company est située juste au sud de cette zone sur E. Lincoln Highway (Route 462), West Chester, PA
GPS non déterminé
Photo: Lafayette Fire Company
• Inscription:
« Sur ce terrain
LAFAYETTE
Passa en revue les
bataillons locaux
d’Infanterie et de Cavalerie
Troupes
Qui se sont réunies ici
En garde d'honneur
pour l'escorter jusqu'à
LANCASTER
27 juillet 1825
Erigé par
La Société historique
du comté de Lancaster
1904"
Visite de Lafayette, Havre de Grace, Maryland
29 juillet 1825
29 juillet 1825
Panneau, Lafayette Tour, Havre de Grace, MD
at the intersection of Union Ave and St. John Street, 425 MD-7A, Havre De Grace, MD 21078
Photo: Lafayette Trail, Inc. and Pomeroy Foundation, https://thelafayettetrail.org/
• Au cours de sa tournée de 13 mois, Lafayette a visité les 24 États-Unis d'alors en tant qu'« invité de la nation ». À l'époque, il était le dernier général survivant de la Révolution américaine. Il visita brièvement Havre de Grace le 29 juillet 1825, alors qu'il passait de Lancaster, en Pennsylvanie, à Port Deposit, puis à Baltimore à bord du bateau à vapeur Norfolk.

• Inscription:

“Le 29 juillet 1825, le général
Lafayette visita Havre
de Grace après avoir descendu
la rivière Susquehanna
 à bord du Steamboat Norfolk. “
Fondation William C. Pomeroy. 
Statue de Lafayette, Havre de Grace, Maryland
Statue de Lafayette, Havre de Grace, MD
425 N. Union Avenue and Warren Street in Legion Square , Havre de Grace, MD 21478
Photo: Pomeroy Foundation
• En 1975, David Craig, professeur d'histoire, présente l'idée d'ériger une statue au marquis de Lafayette à l'occasion du Bicentenaire en 1976.

• Il choisit l'artiste Gary Siegel, alors étudiant au Maryland College of Art de Baltimore et proposa l’emplacement. Après avoir été approuvé par le Conseil Municipal de la ville, et après une collecte de fonds encouragée par l'ambassadeur de France aux États-Unis, Jacques Kosciusco-Morizet, la New Arts Foundry de Baltimore réalisa la statue.

• Comme l'explique David Craig : “Lafayette a joué un rôle majeur dans le changement de nom de la ville. Avant 1781, elle était connue sous le nom de Lower Susquehanna. Ce n'était pas une municipalité à l'époque. Ensuite, l’Armée française campa ici en route vers la future bataille de Yorktown, en Virginie. Pendant leur séjour, les résidents locaux décidèrent que l'endroit soit renommé Havre de Grace car de nombreux français leur avaient dit qu'il ressemblait à Le Havre, France. Les officiers français présentèrent l'idée à Lafayette, qui appuya cette idée et en devint l’auteur. L'endroit fut cartographié en 1785, et devint la deuxième municipalité officielle du Maryland avec une existence continue, et prit le nom de « Havre de Grace ».

• Après la fin de la Révolution américaine, le Maryland fit de Lafayette Citoyen d’Honneur de l'État. Au cours de sa tournée aux États-Unis (1824-185), il visita brièvement le Havre de Grâce. Au début des années 1980, Havre de Grace, dans le Maryland, devint « ville jumelle » avec Le Havre, en France.

• INSCRIPTION:

[Recto:]
Major General Marquis de LaFayette
"C'est le Havre"

[Verso]
A tous ceux qui ont risqué leur vie pour la liberté cette statue est dédiée. Érigé lors du bicentenaire de la Ville du Havre de Grace par le “Joseph L. Davis Post No. 47 American Legion” et le Havre de Grace Bicentennial Committee Novembre 1976, Gary Siegel — Sculpteur
NOUS CONTINUERONS À VOYAGER AVEC LAFAYETTE
AU COURS DES 2 PROCHAINS MOIS !...
NOS BULLETINS MENSUELS

NOTRE OBJECTIF : mettre en lumière un épisode ou un personnage historique célèbre ou moins célèbre de la longue histoire commune entre la France et les États-Unis, avec des illustrations et des anecdotes.

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Veuillez excuser d'éventuelles erreurs typographiques ou grammaticales lors de la traduction en français, effectuée en mode électronique.
Le mois d'août prochain, nous raconterons les exploits des pionniers de l'aviation Dieudonné Costes et Maurice Bellonte, qui ont été les premiers à traverser l'Atlantique de Paris à New York les 1er et 2 septembre 1930.
NOUVELLES & ANNONCES
Concert du 14 juillet à Central Park
avec la fanfare des Cadets Lafayette
et la Fédération des anciens combattants français
La célébration annuelle du concert à Central Park a été lancée par un "medley" d'airs patriotiques et populaires français et américains interprétés par la fanfare des Cadets Lafayette dirigée par Jacques Letalon et son épouse Marie sur scène, avec la garde d'honneur de la Fédération des anciens combattants français dirigée par son président Alain Dupuis (également 2e vice-président de notre Société et délégué général adjoint du Souvenir Français aux États-Unis). Photos : Alain Dupuis, en tête de marche, Jacques Letalon sur scène au clavier, les anciens combattants français Henri Dubarry tenant le drapeau français, et André Ferrara (ancien président de la Fédération des anciens combattants français) aux cymbales.
"Hommage aux français" à Newport, RI.
Vendredi 14 juillet - Samedi 15 juillet 2023
Cliquez sur l'image ci-dessus pour voir "Les Français arrivent !"
Le week-end du 14-15 juillet célébrant les Français à Newport a été organisé par la Newport Historical Society, l'Alliance Française de Newport, le National Park Service, avec la participation active des American Friends of Lafayette et de l'American Society of Le Souvenir Français, qui ont rendu hommage à Rochambeau avec leurs couronnes au pied du Monument à la Flotte Française. De nombreux touristes se sont émerveillés devant les uniformes d'époque, les reconstitueurs et ont assisté à un concert public de tambours et de fifres ainsi qu'à des conférences publiques sur le rôle crucial de l'armée et de la marine françaises pour assurer l'indépendance américaine.
Il était particulièrement encourageant de rencontrer un groupe de jeunes lycéens français visitant l'Amérique et travaillant sur un terrain archéologique à Bolton, Connecticut, site du cinquième campement de l'armée française en route vers Yorktown.
Lors d'une cérémonie séparée avec le commandant Malo Raoul, French Navy, US Navy Naval War College, le professeur Norman Desmarais, délégué régional du Souvenir Français en Nouvelle-Angleterre, Allan Hoffman et Marilyn Hoffman, Chuck et Bonnie Schwam, respectivement président et COO des American Friends of Lafayette, et le Dr Iris de Rode, Ph.D., nous avons déposé un bouquet de roses blanches sur la tombe de l'amiral de Ternay au cimetière historique de Trinity, et avons rendu hommage aux deux officiers de la marine française du la frégate Hermione qui sont également enterrées à proximité.
John Koopman III, auteur du livre "George Washington at War - 1776", (https://johnkoopmaniii.com) dont le physique et les dimensions sont presque identiques à George Washington, est venu avec nous et s'est assis sur le même banc où l'illustre général avait prié.
Merci à toutes les organisations qui ont uni leurs forces pour en faire un succès retentissant. Newport, RI est un joyau d'une ville, pratiquement inchangé depuis l'époque de la présence de l'armée et de la marine françaises en 1780.
(Photos: Thierry Chaunu)
DATES À NOTER SUR VOTRE AGENDA!
American Revolution Museum, Yorktown, Virginie
3 août 2023 à 18h30
Lecture at the American Revolution Museum, Yorktown, VA
In the midst of the Summer heat we will be assembling in the cool classrooms and learning more about the American Battlefield Trust and the good work they are doing. Our speaker will be Owen Lanier who is a student at Gettysburg College and is a promising historian speaking on why preserving history is important.  
So join us Thursday August 3rd at 6:30 PM at the American Revolution Museum at Yorktown. Members are encouraged to bring a friend and share and learn more about this great work.
De l'Association des Anciens de la 3e Division d'Infanterie
13-15 septembre 2023
à la Maison Française, Ambassade de France, Washington D.C.
De l'Association de la Ferme Odell - Q.G. de Rochambeau
29 septembre 2023 de 17h00 à 19h00
425 Ridge Rd, Hartsdale, NY 10530
Vous êtes invité à un événement spécial !
RÉSERVE CETTE DATE!
29 septembre, 17h00 à 19h00

Veuillez vous joindre au siège social des Amis d'Odell House Rochambeau pour une exposition privée de la tente de guerre révolutionnaire du général George Washington, venant au Hart's Brook Park & ​​Preserve du Museum of the American Revolution (MAR) à Philadelphie. Des reconstitueurs de MAR, en costumes d'époque, vous guideront à travers des répliques exactes de la tente personnelle de Washington, des tentes à bagages et à manger et des quartiers des soldats. Lorsque les troupes américaines ont campé à Ardsley en 1781, les tentes de Washington ont été érigées sur Appleby Farm à proximité, tandis que le général Rochambeau séjournait à l'OHRH.

Il y aura des hors-d'œuvre et des cocktails sans alcool servis dans l'historique Geisman Barn et une exposition des artefacts du siège social d'Odell House Rochambeau. Le lendemain, le public sera invité à voir la tente lors de notre événement Colonial Day.

Les fonds iront à la création des expositions qui seront utilisées dans le musée lorsque la restauration de l'OHRH sera terminée.

Plus d'informations et le lien pour acheter des billets seront envoyés en août.
LA SCULPTURE DU PETIT PRINCE®
BIENTÔT CHEZ NOUS À NEW YORK
Photos et illustrations avec l'aimable autorisation du sculpteur Jean-Marc de Pas. LE PETIT PRINCE® dans l'atelier de l'artiste au Château de Boisguilbert, Normandie, regardant les étoiles et bientôt coulé en bronze avant de s'envoler grâce à Air France vers sa nouvelle maison aux Services Culturels - Villa Albertine, NY.
Notre association The American Society of Le Souvenir Français est à l'origine du projet de sculpture du Petit Prince à Manhattan, avec le soutien de la Fondation Saint Exupéry pour la Jeunesse. Il sera installé en permanence face à Central Park, assis sur le mur près de l'entrée des Services Culturels de l'Ambassade de France / Librairie Villa Albertine.

La sculpture vient de quitter la fonderie pour être transportée à New York gracieusement par Air France, pour une installation en août et une inauguration prévue vers les 18-19 septembre 2023.

La liste de nos "Grands Donateurs" sera rendue publique et figurera en permanence sur notre site ainsi que sur le site de la Fondation Antoine de Saint Exupéry pour la Jeunesse :
Olivier d'Agay • Pierre-Olivier & Alexandra Bouée • Henri & Elisabeth Gazay • Jean-Hugues & Véronique Monier • Gildo Pallanca Pastor, Consul Général de Monaco à New York • Rémy Raisner • Lionel & Jinus de Saint Exupéry •
Et les compagnies suivantes : Dassault • Air France • Venturi

Nous vous tiendrons informés dans le prochain Bulletin d'août !
AUTRES DATES À NOTER:

Mardi 3 octobre (à confirmer) : inauguration de notre nouveau panneau historique "Duc de Lauzun et sa Légion de hussards" à la "bataille du Hook" à Gloucester, VA, juste de l'autre côté de la rivière York à Yorktown.

Jeudi 19 octobre : Célébration de la victoire combinée franco-américaine à Yorktown, VA. avec des cérémonies de dépôt de gerbe au Cimetière français à 8h30, le Monument commémoratif français à 9h30 et des exercices patriotiques au Monument de l'Alliance et de la Victoire à 11h00.

Nous publierons plus de détails dans notre prochain bulletin de septembre.
SOUTENEZ-NOUS ET ACHETEZ (OU OFFREZ)
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Couverture du livre : "Scènes de la Révolution américaine : le régiment français "Soissonnais" en revue à Philadelphie par le président Washington et le Congrès, 1781". Par Charles MacKubin Lefferts (Américain, 1873 - 1923). Reproduit avec la permission du New York Historical Society Museum.
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Nous sommes heureux d'avoir mis à la disposition du Consulat Général de France à New York plusieurs dizaines de sites dans leur jurisdiction pour l'application (française) mapstr.
Par contre les descriptifs complets et détaillés sont uniquement disponibles sur notre livre sous copyright.

MÉMOIRES DE FRANCE
950 sites de présence française aux États-Unis au cours des 5 derniers siècles

Tout le monde sait que Lafayette, la Statue de la Liberté ou la Nouvelle-Orléans sont associés avec la France…
Mais saviez-vous que la première prière protestante en Amérique, la première naissance enregistrée d'un Européen en Amérique du Nord, le premier artiste commercial, la première école gratuite à l'ouest du Mississippi, la première découverte de Niagara Falls, le premier planteur de pamplemousses en Floride, le premier découvreur de pétrole en Amérique, le premier prix Pulitzer de l'histoire, le premier archevêque du Nouveau-Mexique, pour ne citer que quelques-uns, ont tous quelque chose en commun ? (Indice : ils étaient tous français)

CONTENU:
Guide - répertoire historique de plus de 950 sites où l'empreinte française a été laissée à travers les 50 états des États-Unis actuels, de 1524 au début du XXe siècle.
Il est rédigé en deux versions : en anglais et en français.
C'est un hommage aux explorateurs, missionnaires, soldats, aventuriers, français, illustres ou inconnus, qui ont laissé leur empreinte aux Etats-Unis et sont reconnus, dont la mémoire est honorée par un monument, une statue, une stèle, un panneau, un panneau publicitaire , une plaque...
Chaque page correspond à un site et comprend :
• Photo (avec lien url)
• Adresse avec code postal
• Coordonnées GPS exactes
• Une explication historique succincte
• La transcription exacte de l'inscription apparaissant sur le piédestal ou la plaque
• Un ou plusieurs liens Internet dirigeant le lecteur vers des informations plus détaillées
• Certaines pages intercalaires sont consacrées à une brève biographie d'un personnage historique apparenté
Ce Guide peut ainsi être comparé à :
• Un "Dictionnaire Amoureux" compilant les traces laissées par les Français aux Etats-Unis
• Une collection de cartes postales françaises des 50 États
• Un guide touristique pour tous les touristes appréciant l'histoire des États-Unis

Disponible en e-book:
• Prix du livre électronique (version française) : 19,50 euros
• L'ouvrage est protégé par copyright © American Society of Le Souvenir Français, Inc.
NOS MISSIONS:

• Honorer et préserver la mémoire des soldats, marins et aviateurs français qui ont donné leur vie pour la liberté et qui sont enterrés aux États-Unis,

• Promouvoir la valorisation de la culture et du patrimoine militaire français aux États-Unis et des idéaux qui unissent nos deux nations, et transmettre la torche du Souvenir aux générations suivantes.

• Renforcer les liens historiques d'amitié depuis 1778 entre les peuples américain et français, et à cette fin: ériger ou entretenir des mémoriaux et monuments et encourager la recherche historique, les présentations publiques et les publications dans les médias.

• Le Souvenir Français, association nationale placée sous le haut patronage du Président de la République, est né en 1872 en Alsace-Lorraine occupée, et a été fondé en 1887 à Paris par le Professeur Xavier Niessen. L'association compte plus de 100 000 membres en France et dans plus de 45 pays.
• Aux États-Unis, l'American Society of Le Souvenir Francais (Souvenir Français- USA) a été représenté depuis la première guerre mondiale par un Délégué Général, parmi lesquels ont figuré le docteur Jules Pierre, M. Bruno Kaiser, le Colonel Roger Cestac, Christian Bickert, Mathieu Petitjean, et Jean Lachaud. L’association est présidée depuis le mois de novembre 2020 par le CC(H) Thierry Chaunu.
Board of Directors
American Society of Le Souvenir Français, Inc.
Membres (2023):
Françoise Cestac, Honorary President • Thierry Chaunu, President, and General Delegate, Le Souvenir Français in the United States • Yves de Ternay, Treasurer • Patrick du Tertre, 1st Vice President • Henri Dubarry • Francis Dubois • Alain Dupuis, 2nd Vice President & Deputy General Delegate, Le Souvenir Français in the United States • Daniel Falgerho, General Secretary • Pierre Gervois • Caroline Lareuse • Clément Mbom, Education Advisor • Jean-Hugues Monier, Auditor • Harriet Saxon • Nicole Yancey
Délégués Régionaux:
Jacques Besnainou, Great Lakes and Midwest • Bruno Cateni, South
Prof. Norman Desmarais, New England • Alain Leca, Washington D.C. •
Marc Onetto, West Coast • Brigitte Van den Hove – Smith, Southeast • Nicole Yancey, Yorktown & Virginia, ancienne Consule Honoraire de France en Virginie
Aidez-nous à mettre en œuvre plusieurs projets commémoratifs historiques honorant la mémoire de la France et des français
aux Etats-Unis!
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