|
Commentaires de la Dre Geraldine Farrelly
L'objectif de l'étude était de quantifier l'utilité clinique des TPC pour le diagnostic du TDAH comparativement au diagnostic clinique chez les enfants et les adolescents.
Les TPC ont été développés en 1956 et utilisés en pratique clinique et en recherche depuis des décennies. Selon cette nouvelle revue systématique et méta-analyse, l'utilisation de ces tests est en augmentation et certains professionnels de la santé dépendent excessivement d'eux en pratique clinique. Ils sont faciles à utiliser, nécessitent moins de temps pour établir un diagnostic de TDAH qu'une entrevue clinique fastidieuse et sont perçus comme « objectifs » par rapport aux échelles d'évaluation et aux entrevues plus « subjectives ». Les auteurs soulignent toutefois que ni les TPC ni les échelles d'évaluation n'ont déjà été recommandés comme outil autonome en pratique clinique.
Les auteurs ont sélectionné 19 études en utilisant des TPC offerts sur le marché sur les 8 507 examinés pour admissibilité. Le TPC Conners (CCPT) était le TPC le plus fréquemment utilisé dans les études, les autres incluaient le TPC IVA+ (Integrated Visual and Auditory) et le TOVA (Test of Variables of Attention). Les auteurs indiquaient que l'utilisation de différents outils et seuils à travers les études primaires était un enjeu.
Les participants étaient âgés de 3 à 18 ans, dont 72 % en bas de 13 ans et plus de garçons que de filles. L'objectif était de comparer la précision du diagnostic du TPC comme outil autonome par rapport à une norme de référence. Les normes de référence acceptées étaient un diagnostic clinique avec des preuves provenant d'une entrevue parentale, de l'observation de l'enfant et des preuves indépendantes d'omniprésence (rapports d'enseignants/etc.); un diagnostic de recherche avec entrevue parentale; un diagnostic clinique basé sur des codes (ICD/DSM) dans les dossiers médicaux/registres; ou des méthodes de diagnostic clinique non spécifiées.
Les auteurs excluaient un diagnostic de TDAH basé seulement sur des échelles d'évaluation. Tout type de TPC était accepté de même que toutes différences temporelles entre le diagnostic clinique et l'utilisation du TPC.
L'approche utilisée par les auteurs diffère de celle utilisée dans une ancienne méta-analyse et, à leur connaissance, il s'agit de la première méta-analyse mesurant l'utilité clinique du TPC en TDAH. Ils voient leurs résultats comme étant plus applicables à la pratique clinique en contexte de santé mentale et utiles pour développer des lignes directrices plus claires.
La méta-analyse a déterminé que la performance du TPC par rapport au diagnostic clinique n'est « pas forte ». L'aire sous la courbe (ASC), la sensibilité et la spécificité des TPC sont dans la tranche inférieure de ce qui est généralement considéré comme acceptable, tournant autour d'une valeur de 0,7. Par conséquent, les auteurs disent que ces résultats appuient des recommandations antérieures de ne pas utiliser un TPC comme seul outil de dépistage en contexte populationnel ou clinique.
Globalement, Arrondo et al. ont souligné que leurs résultats appuyaient les meilleures pratiques actuelles et correspondaient aux résultats déterminés en relation avec les échelles d'évaluation des symptômes du TDAH. Ils recommandent que d'autres études soient réalisées pour évaluer si la combinaison du TPC avec d'autres mesures améliorerait la sensibilité et la spécificité. Les auteurs pensent que leur étude fournit une référence facile à interpréter pour comparaisons futures.
Ils concluent en déclarant que malgré toute la littérature de recherche sur les mesures de TPC en TDAH, ils montrent une « utilité clinique limitée à différencier entre les individus avec et sans TDAH ».
|