The American Society of Le Souvenir Français Inc.
Bulletin mensuel - Vol. III. No 2 - Février 2023
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Les ingénieurs français de George Washington
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Médaille "François Louis Teissèdre de Fleury at Stony Point", 1779, Congrès des États-Unis, (autorité émettrice), par Benjamin Duvivier, National Museum of American History, Smithsonian, U.S. Mint, Public Domain.
Avers de la médaille: Mars (Arès) se dresse sur les ruines du fort de Stony Point, piétinant le drapeau britannique.
VIRTUTIS / ET / AUDACIAE / MONUM. / ET / PRAEMIUM / D. / DE / FLEURY / EQUITI / GALLO / PRIMO / SUPER / MURES / RESP. / AMERIC. / D. / D. / DU / VIVIER / S.,
‘Un mémorial et une récompense de bravoure et d’audace. La République américaine a décerné (cette médaille) au colonel D. de Fleury, originaire de France, le premier sur les murs (de l'ennemi)."
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ÉDITORIAL
L'année 2023 vient à peine de commencer, et votre Société est déjà bien occupée avec quantité de projets. De la sculpture du Petit Prince sur la Cinquième Avenue à Manhattan à la plaque dédiée au Duc de Lauzun qui s'illustra lors de la "Battle of the Hook" à Gloucester, Virginie, de la rénovation du monument de La Pérouse à Maui, Hawaï, à l'hommage au marin de Louis XIV de La Belle, enterré au Texas State Cemetery à Austin, nos activités couvrent une vaste zone géographique et une longue chronologie s'étendant sur plus de 400 ans.
Le mois dernier, nous avons exploré plusieurs fortifications françaises dans l'État de New York. Avant de continuer à explorer d'autres forts français dans les prochains bulletins, des confins du Wisconsin jusqu'au sud de la Louisiane, sur un vaste empire qui s'étendait du Canada au golfe du Mexique, nous aimerions faire une pause ce mois-ci et honorer les ingénieurs français qui ont servi sous le commandement de George Washington dans l'Armée Continentale (c'est ainsi que s'appelait l'armée des Insurgés, avant de devenir l'US Army) et dont les contributions essentielles à l'indépendance américaine sont souvent négligées.
C'est un fait historique: leur expertise technique était inégalée à l'époque, et s'est avérée cruciale non seulement pendant la guerre d'indépendance, mais également au cours des décennies qui ont suivi. Avec l'artillerie, autre domaine d'expertise de l'armée française, (et objet d'un autre futur Bulletin), et aussi la cartographie, ces ingénieurs ont posé les bases de l'arme du génie militaire de l'armée américaine. Peu de gens savent que la médaille De Fleury, la plus haute distinction du U.S. Army Corps of Engineers, a été ainsi dénommée en l'honneur du Colonel François-Louis Teissèdre de Fleury, un ingénieur militaire français, volontaire de l'Armée Continentale.
Notre Société est honorée d'avoir le professeur Norman Desmarais, l'un des meilleurs experts américains et auteur de nombreux livres sur la guerre d'Indépendance américaine, professeur émérite au Providence College, Rhode Island, comme Délégué Régional en Nouvelle-Angleterre.
En ce mois hivernal de février, le professeur Desmarais a contribué à notre Bulletin avec un article captivant : "Valley Forge : Lieutenant-colonel Antoine-Jean-Louis Le Bègue de Presle Duportail", racontant l'histoire d'un des plus éminents ingénieurs militaires français. Duportail a été le fondateur du Corps of Sappers and Miners qui est devenu le US Army Corps of Engineers. De plus, Duportail et ses trois compagnons furent les seuls officiers à partir en Amérique avec un contrat du Congrès, et avec la permission de Louis XVI, avant la déclaration de guerre.
Notre association est également fière de participer au Comité du Bicentenaire de la tournée triomphale du Général Lafayette de 1824-1825, mené par les American Friends of Lafayette, dans le cadre des célébrations "America250" ordonnées par le Congrès des Etats-Unis. Dans ce Bulletin, nous continuerons à suivre le plus illustre des Français (dans ce pays-ci) sur quelques-uns de ses pas au cours du mois de février 1825.
Enfin, comme toujours, nous partagerons certains événements annoncés par des organisations avec qui nous travaillons étroitement, et qui intéressent beaucoup nos membres et sympathisants.
Nous remercions chaleureusement tous ceux d'entre vous qui ont tout récemment renouvelé leur adhésion 2023. Si vous ne l'avez pas encore fait, nous vous remercions d'y songer: aucune contribution n'est trop petite et votre soutien est grandement apprécié.
Pourquoi poursuivons-nous nos missions ? La réponse simple est : parce qu'il est important que les jeunes générations apprécient à sa juste valeur la longue et riche histoire entre l'Amérique et la France.
La semaine dernière, nous avons été invités par la Manchester Regional High School à Haledon, New Jersey, (un lycée régional de la grande banlieue new-yorkaise) à nous adresser à de jeunes élèves de première et de terminale, et leur intérêt a été manifeste. Bien plus doit être fait un peu partout, évidemment. Ainsi, nous remercions tous ceux d'entre vous qui partagez ces bulletins mensuels avec la communauté éducative. Merci également pour tous les encouragements que nous recevons.
À l'American Society of Le Souvenir Français, nous n'oublions jamais ce que nous devons à nos aïeux qui se sont battus côte-à-côte pour la liberté des États-Unis et de la France. Comptez sur nous pour continuer à honorer leurs actions dans les mois et les années à venir !
Au nom du Conseil d'administration.
Thierry Chaunu
Président de l'American Society of Le Souvenir Français, Inc.
Délégué Général du Souvenir Français aux Etats-Unis
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UNE LONGUE TRADITION D'EXCELLENCE MILITAIRE
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Neuf-Brisach, la dernière forteresse conçue par Vauban ; notez comment les maisons soutiennent et renforcent les murs défensifs extérieurs. Photo par Luftfahrer, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1629710
En bas : Fortifications de West Point. Ce plan du système complet de défenses à West Point a été copié de la carte originale dessinée en 1780 par le chevalier de Villefranche(1747-84), Lionel Pincus and Princess Firyal Map Division, The New York Public Library. "Plan of West Point" The New York Public Library Digital Collections. 1880 - 1899. https://digitalcollections.nypl.org/items/a2fc7450-4d05-0134-b10f-00505686a51c
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POURQUOI DES INGÉNIEURS FRANÇAIS ?
Le grand ingénieur militaire Vauban sous le règne de Louis XIV porta l'art du siège et de la construction de forteresses à de nouveaux sommets. Il n'est pas exagéré de dire que ses enseignements ont influencé des générations d'ingénieurs militaires pendant deux siècles. Vauban est légitimement considéré comme l'un des plus grands ingénieurs militaires de l'histoire.
Écrivant en 2004, l'historien Jānis Langins rend hommage à l'influence de Vauban sur les générations suivantes d'ingénieurs:
"Les ingénieurs militaires français des Lumières ont laissé un héritage important aux ingénieurs militaires et aux armées du monde entier, ainsi qu'à l'ingénierie moderne et à la formation des ingénieurs. En effet, la France est un lieu privilégié et les Lumières sont une période primordiale pour étudier l'émergence de la science de l'ingénierie, telle que nous la connaissons aujourd'hui. L'influence du génie militaire français s'est fait sentir de West Point à Saint-Pétersbourg... L'ingénierie est ainsi devenue une des professions les plus importantes de notre temps."
En Amérique du Nord, des forts comme Fort Ticonderoga (que nous avons visité dans notre dernier Bulletin) ou Fort Duquesne (dans l'actuel Pittsburgh, que nous visiterons le mois prochain), pour n'en citer que quelques-uns, ont tous été conçus selon les préceptes de Vauban. La plupart des fortifications côtières aux États-Unis au 19ème siècle sont construites selon les mêmes préceptes, et par des ingénieurs militaires français.
Les ingénieurs français, formés à l'École royale du génie de Mézières dans les Ardennes, jouissaient d'une réputation bien méritée d'excellence en mathématiques et en physique, d'où leur suprématie dans l'artillerie et la cartographie, si intimement liées à l'ingénierie. Le cursus de leurs études incluait des formations sur le terrain auprès d'officiers chevronnés, avec une attention toute particulière à l'art des fortifications.
Face à la puissance des forces armées britanniques, les insurgés américains étaient impatients de recevoir une formation et une assistance professionnelle.
Pour citer l'étude (étude/EE) pour la "Route Révolutionnaire Washington-Rochambeau" sous l'égide du National Park Service:
"Les officiers américains comme Henry Knox étaient en grande partie autodidactes. Les Français étaient des soldats de carrière, et leurs ingénieurs et officiers d'artillerie avaient été formés dans les écoles militaires et techniques les plus avancées de l'époque."
Les ingénieurs français ont rejoint l'Armée Continentale sous les ordres directs de George Washington de plusieurs manières:
La plupart étaient des volontaires de l'Armée Continentale (tel le célèbre François de Fleury, ou encore Philippe du Coudray, Jean de Villefranche, Louis de Cambray-Digny et Etienne de Rochefontaine), présentés un peu plus loin dans ce Bulletin.
Quatre d'entre eux furent recrutés sous contrat : les envoyés américains à la Cour de Versailles, Silas Deane et Benjamin Franklin, recrutèrent ainsi : Antoine LeBègue de Presle Duportail, Jean-Baptiste Gouvion, Louis de la Radière, commissionnés avec les grades de colonel, major et lieutenant-colonel respectivement, en février 1777, et le lieutenant-colonel Jean-Baptiste de Laumoy. Ils furent les seuls étrangers recrutés sous la direction expresse du Congrès. Ingénieurs royaux français, tous les quatre sortaient de l'École de Mézières.
Un autre ingénieur volontaire, recruté par Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, n'était autre que le major Pierre Charles L'Enfant, qui resta au service de George Washington après la guerre d'Indépendance, et conçut les plans de la capitale fédérale Washington D.C., ainsi que nous l'avons raconté dans notre Bulletin d'avril 2022.
Le 11 mars 1779, le Congrès créa le US Army Corps of Engineers composé principalement de personnel français servant dans l'Armée Continentale.
Comme nous le verrons dans ce Bulletin, l'influence des ingénieurs militaires français s'est poursuivie au-delà de la guerre d'Indépendance, jusqu'à la fin du XIXe siècle, voire même le premier conflit mondial.
Pour citer la même étude du National Park Service :
"Dans l'armée américaine en particulier, l'influence française est restée forte, longtemps après la fin du conflit. Tout au long de la guerre, les Américains n'avaient pas d'expertise dans les branches techniques des forces armées, telles que l'artillerie, le génie ou la cartographie. Les volontaires français ont fourni cette expertise. La formation et l'expertise fournies par des conseillers et des volontaires français ont contribué à façonner l'Armée Continentale, puis l'Armée des États-Unis, en une force de combat qualifiée et professionnelle. Aujourd'hui encore, l'U.S. Army Corps of Engineers décerne la médaille Fleury pour l'excellence en ingénierie, tandis que les armoiries et la devise de l'U.S. Army Engineering School sont celles de l'école française de Mezières: "Essayons !"
Toujours dans le même ouvrage, on peut lire, à propos du cursus enseigné à l'école de génie militaire américaine de la West Point Academy : "..La maîtrise du français était nécessaire pour que les Cadets puissent lire le grand classique "Traité de fortifications" de Sébastien Le Prestre de Vauban et d'autres manuels. Tous ces efforts représentaient le souci de l'Académie à inculquer aux officiers de l'armée la «profession des armes».
La contribution de ces excellents ingénieurs militaires français à la cause de l'Indépendance américaine (et pas seulement lors du siège réussi de Yorktown) a été immense et souvent oubliée aujourd'hui. Nous tenterons d'en présenter quelques-uns, ainsi que leurs actes, dans les pages qui suivent.
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François-Louis Teissèdre de Fleury
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Stony Point State Park et la médaille De Fleury.
44 Battlefield Rd, Stony Point, NY 10980
Droite: Revers de la médaille De Fleury. Le fort de Stony Point est visible avec ses canons et un grand étendard.
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• Stony Point Battlefield est un site historique du comté de Rockland, dans le nord de l'État de New York. En mai 1779, la guerre faisait rage depuis quatre ans et les deux parties étaient impatientes de conclure. Sir Henry Clinton, commandant en chef des forces britanniques en Amérique, tenta de contraindre le général George Washington à livrer une bataille décisive pour contrôler la rivière Hudson. Dans le cadre de sa stratégie, Clinton fortifia Stony Point. Washington mis au point un plan pour mener une attaque contre la garnison. Armée uniquement de baïonnettes, l'infanterie captura le fort en peu de temps, mettant fin au contrôle britannique de la rivière.
• François-Louis Teissèdre de Fleury (1749–1799) était un noble français qui rejoignit l'armée royale en 1768 et se porta plus tard volontaire pour combattre dans l'Armée Continentale où il fut nommé capitaine du génie. En 1777, il combattit au Brandywine (où son cheval fut abattu sous lui), fut blessé à Germantown, servit pendant le siège de Fort Mifflin où il fut de nouveau blessé. Il fut promu lieutenant-colonel et combattit dans le Rhode Island en août 1778.
• Alors qu'il dirigeait l'une des colonnes d'attaque à Stony Point en juillet 1779 (où il était le commandant adjoint du 1er régiment ; il devint l'officier le plus haut gradé et le commandant par intérim de toutes les forces révolutionnaires au cours de la bataille) Fleury remporta une récompense pour avoir été le premier attaquant à pénétrer dans le bastion britannique. Il mena la charge de ses hommes armés de baïonnettes à travers les défenses britanniques jusqu'au sommet de Stony Point; il fut le premier à franchir les lignes ennemies et à atteindre le mât du drapeau, où il amena les couleurs britanniques, signifiant ainsi la prise du fort (un exploit que Washington lui-même ne pensait pas possible).
• Suite à son fait d'armes à Stony Point, le Congrès reconnut formellement la bravoure de Fleury en décernant le 1er octobre 1779 une médaille (frappée en son honneur) pour son « zèle, son génie militaire et sa bravoure ». La citation relate qu'il "a montré un brillant exemple devant ses frères d'armes et mérite d'une manière particulière l'approbation et la reconnaissance des États-Unis".
Il fut l'un des onze seuls récipiendaires de médailles pendant la révolution américaine, et le seul médaillé parmi tous les volontaires étrangers.
• Autorisé à rentrer en France plus tard cette année-là, il retourne combattre à Yorktown en octobre 1781. De retour dans l'armée française en tant que colonel, il commande en Inde et dans l'océan Indien jusqu'en 1790, date à laquelle il rentre en France, sert dans les Armée de la Révolution et fut de nouveau blessé en 1794. Il reçut une pension en juin 1796 et mourut en 1799. Les circonstances de sa mort sont débattues, l'emplacement de sa sépulture n'est pas connu.
La médaille De Fleury est décernée à des membres d'exception du
United States Army Corps of Engineers.
L'« Ordre des du Fleury » a été créé en 1779. Il existe quatre niveaux différents de récompense, qui sont l'acier, le bronze, l'argent et l'or, l'or étant le plus prestigieux.
Il y a deux panneaux à Stony Point mentionnant ses exploits :
• Détail extrait du panneau signalétique :
"Vous êtes maintenant à l'intérieur des vestiges des étages supérieurs. A 15 minutes d'intervalle, les deux colonnes d'infanterie légère américaine convergent sur les flancs de ces fortifications. Le lieutenant-colonel François de Fleury, ingénieur français et soldat professionnel servant dans l'Armée Continentale, fut le premier homme à pénétrer cet endroit et, en entrant dans la batterie dite de Flagstaff, amena les couleurs ennemies. Plus tard, de Fleury est devenu le seul Européen à recevoir une médaille du Congrès pendant la guerre d'Indépendance, décernée pour sa bravoure à Stony Point. "
• [Près de la carte en haut à gauche du panneau] :
« Une réplique de la médaille décernée à de Fleury par le Congrès Continental. De plus, il a reçu 500 dollars pour avoir été le premier homme à entrer au sommet des fortifications, une somme qu'il a répartie entre ses hommes."
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Louis Le Bègue de Presle Duportail
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Louis Antoine Jean Le Bègue de Presle Duportail (1743-1802)
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• Louis Antoine Jean Le Bègue de Presle Duportail (14 mai 1743 – 12 août 1802) était un chef militaire français qui a servi comme volontaire et ingénieur en chef de l'armée continentale pendant la guerre d'indépendance américaine. Il a également été le dernier secrétaire d'État à la Guerre et le premier ministre de la Guerre au début de la Révolution française.
• Il est diplômé de l'École royale d'ingénieurs de Mézières en 1765.
Promu lieutenant-colonel dans le Royal Corps of Engineers, Duportail rejoint l'armée continentale de Washington en vertu d'un accord secret entre Benjamin Franklin et le gouvernement du roi Louis XVI.
• Capturé à Charleston, Caroline du Sud en mai 1780, il fut libéré lors d'un échange de prisonniers.
Dans plusieurs lettres, il demande à être promu à un grade supérieur afin de donner le poids nécessaire à ses ordres. Il s'est non seulement révélé être un excellent technicien lors de la campagne de Pennsylvanie, mais s'est surtout fait remarquer par ses judicieux conseils de stratège lors des premiers conseils de guerre auxquels il a participé. Washington se ralliera à ses vues et le nommera chef des opérations combinées lors des opérations décisives menées avec Rochambeau et de Grasse jusqu'à la victoire de Yorktown, où il dirigera également la construction des ouvrages de siège.
• Lafayette l'a un jour qualifié de « l'un des meilleurs et des plus honnêtes officiers de ce continent ».
• De retour en France en octobre 1783, Duportail est nommé maréchal-de-camp (général de brigade). Il a servi comme ministre de la guerre de la France au début de la Révolution française, sur la recommandation du général Lafayette. Poursuivi par les factions les plus radicales de la Révolution, il parvient à se réfugier en Amérique et achète une ferme près de Valley Forge, en Pennsylvanie. Il y vécut jusqu'en 1802, date à laquelle il mourut en mer lors de son voyage de retour en France.
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Philippe Tronson Du Coudray
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"Le Baron de Kalb présentant Lafayette à Silas Deane" The Miriam and Ira D. Wallach Division of Art, Prints and Photographs, The New York Public Library Digital Collections. 1778 - 1880. Public Domain
Silas Deane a recruté du Coudray dans un cadre similaire.
Il n'y a pas de portraits connus du malheureux ingénieur. A noter, plusieurs sites utilisent par erreur d'autres portraits, le confondant avec d'autres membres de la famille du Coudray.
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• Philippe Charles Jean Baptiste Tronson du Coudray (8 septembre 1738 - 11 septembre 1777) était un officier de l'armée française où il devint un officier d'artillerie renommé, écrivant des traités sur la poudre à canon et la métallurgie. Il se porta volontaire pour servir dans l'Armée Continentale pendant la guerre d'Indépendance américaine.
Il atteignit finalement le grade d'adjudant général.
• Silas Deane le décrivit comme le « premier ingénieur » parmi tous les militaires français et s'efforça de le recruter avec le grade de général de division, nommé au commandement du corps d'artillerie et du génie de l'armée continentale. Trop zélé dans sa volonté de recruter d'autres volontaires et de rassembler 200 canons pour son projet américain, Du Coudray agaça la Cour de France qui voulait garder une totale discrétion à l'époque, et reçut l'ordre de rester dans sa résidence. Du Coudray désobéit et s'embarqua pour l'Amérique en mai 1777.
• Dès son arrivée, Du Coudray fit face à une forte jalousie de la part des officiers américains qui n'apprécièrent pas que des étrangers se vissent attribuer des grades et une autorité supérieurs. Pour calmer la situation, Du Coudray fut simplement nommé "Inspecteur général de l'artillerie et des manufactures militaires" en août 1777.
• Ses missions d'inspection des défenses autour de Philadelphie, Fort Mercer (Red Bank), Fort Billingsport, Fort Mifflin, donnèrent lieu à des recommandations qui n'ont pas été suivies, augmentant les récriminations mutuelles et ralentissant les travaux de façon dommageable pour la conduite des opérations. À un moment donné, son tempérament assez caractériel et ses difficultés à faire preuve de souplesse dans ses rapports avec son entourage rendirent sa présence très controversée.
• Il mourut prématurément dans un tragique accident lorsque son cheval s'emballa et sauta d'un ponton flottant dans la rivière Schuylkill. Ses éperons accrochèrent ses étriers, il ne put se dégager et il se noya sous son cheval. Ses funérailles, tenues à l'église St. Mary's de Philadelphie, furent suivies par de nombreux représentants du Congrès. Il fut enterré dans la cour de l'église, mais l'emplacement exact de la tombe est inconnu, bien qu'une pierre tombale avec ses initiales (à peine lisibles) existe encore.
La mort de Coudray a eu pour effet de pérenniser la position de Duportail.
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Jean Louis Ambroise de Genton, chevalier de Villefranche
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Panneau “Revolution in the Mohawk Valley”, "French engineer Jean de Villefranche"
Fort Plain Museum, 389 Canal St, Fort Plain, NY 13339
Couverture du livre: "French Military Engineering at Fort Plain" par Norman J. Bollen
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• Jean-Louis-Ambroise de Genton, chevalier de Villefranche était un ingénieur français qui s'est porté volontaire dans l'Armée Continentale et a servi sous le général George Washington. Parce qu'il a été affecté à la vallée de la Mohawk, il n'a pas reçu la gloire de servir à Yorktown, mais il a été félicité par George Washington dans une lettre datée du 3 décembre 1782.
• Le site de Fort Plain a été choisi à la fois pour son sommet défendable et son emplacement stratégique dans la vallée. Le quatrième côté de la colline formait un isthme, qui était traversé par des tranchées et une redoute défensive conçue par l'ingénieur français Jean de Villefranche.
• Une liste du nombre d'hommes nécessaires pour effectuer les travaux à West Point retrouvée sur le major britannique John André au moment de sa capture par les Américains, comprend un document signé « Villefranche, ingénieur ». Le Chevalier de Villefranche, était l'ingénieur en chef de West Point à partir de 1780 (Archives de l'État de New York, État de New York. Documents trouvés sur l'espion britannique Major Andre ("Andre Papers", 1780. Série A4681-99 , Men Necessary), le colonel De la Radière a aussi beaucoup contribué aux travaux de West Point sous la direction de Duportail.
• Inscription (extrait) :
« Des fouilles archéologiques ont confirmé le plan de l'original de 1779 Fort Plain. Willet agrandit le fort en 1781 avec une redoute et de nouveaux bâtiments pour abriter jusqu'à 600 soldats. Un nouveau blockhaus conçu par le major Jean de Villefranche est ajouté en 1782 pour accueillir 200 hommes. Le général George Washington a inspecté le fort lors d'une visite de la région en 1783. »
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Louis Antoine Chevalier de Cambray-Digny
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Louis Antoine Jean Baptiste Chevalier De Cambray-Digny
Par Charles Willson Peale, 1783. Independence Hall National Historic Park, Public Domain, via Wikimedia Commons
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cambray-Digny_by_Charles_Willson_Peale.jpg
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Carte de Charleston, Caroline du Sud, appelée "Carte de Cambray", Library of Congress, Public Domain
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=54176913
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• Louis Antoine Jean Baptiste de Cambray-Digny (1751–1822) était un officier français (né à Florence, en Italie, de parents français).
Il rejoignit l'artillerie française en 1770. Au début de 1778, il s'embarqua pour l'Amérique avec des lettres de recommandation de Benjamin Franklin à George Washington, rejoignit l'armée continentale en tant que colonel et combattit à la bataille de Monmouth.
• Il a dirigé la construction de Fort McIntosh en Pennsylvanie, en tant qu'ingénieur en chef. Il a participé à la campagne de Savannah, a été fait prisonnier en 1780 et échangé en 1782.
• Le lieutenant-colonel de Cambray-Digny a reçu une médaille de l'Assemblée de Caroline du Sud pour son leadership dans la création de fortifications lors du siège britannique de Charleston en 1780. Cambray-Digny fit partie d'un groupe d'élite de médaillés de la guerre d'Indépendance. Sa médaille est l'une des 15 médailles décernées par les Américains pendant la guerre d'Indépendance - et l'une des deux seules décernées aux officiers français, l'autre étant De Fleury.
• À sa libération, De Cambray-Digny a demandé et obtenu un congé d'un an et est retourné en France. Il prit sa retraite avec le grade de Brevet Colonel et fut libéré avec une décharge honorable le 15 novembre 1782.
Il fut membre de la Société de Cincinnati.
Il participa aux élections françaises de 1789 au début de la Révolution française et réussit à survivre à ces temps tumultueux. Il fut élu et resta maire du petit village de Villers-aux-Érables dans la Somme jusqu'à sa mort paisible en 1822 à l'âge de 71 ans.
COMMENT ENTRAIT-ON DANS L'ARMÉE CONTINENTALE ?
Dans le cas de Cambray-Digny, tout a commencé par une lettre de recommandation de Benjamin Franklin à George Washington :
Extrait de lettre
« Passy près Paris » du 10 septembre 1777 :
« Le porteur, M. de Cambray propose d'aller en Amérique en vue d'entrer à notre service. Il m'est vivement recommandé par le duc de Rochefoucauld, qui est non seulement un chaleureux ami de notre cause, mais un excellent juge du mérite militaire. Je joins sa lettre, avec un état des services de M. de Cambray que j'ai reçu d'une autre main, par lequel il paraît qu'il est habile dans l'arme du génie ; et comme vous ne pouvez pas avoir trop de cette science dans votre armée, j'ai la plus grande confiance que vous trouverez ce gentilhomme utile, je prends donc la liberté de le recommander à la protection de votre excellence, et d'exprimer mes espoirs qu'il rendra de bons services».
Benjamin Franklin
(DLC : Benjamin Franklin Papers)
À son arrivée en Amérique, Cambray-Digny écrivit une Lettre à George Washington :
À George Washington de Cambray-Digny, le 27 février 1778
À bord du Ferdinand
Cape Look out [N.C.] 27 fev. 1778
Mon général—
Je m'annonce à Votre Excellence comme un Français dont le plus grand désir est de prendre sa part dans la juste et noble cause dont vous êtes le Protecteur - Je suis porteur d'une Lettre du Docteur Franklin, que j'aurai l'honneur de vous remettre quand j'aurai celui de vous faire ma cour.
Je suis arrivé il y a quatre jours au cap Look out, où le navire Ferdinand est ancré. Le navire est commandé par M. Cottineau, qui jugea la mise en service d'une batterie à terre nécessaire à la sécurité de son navire. J'ai été chargé de l'exécution de cette tâche et ai ainsi trouvé une occasion à mon premier débarquement, de montrer mon zèle pour la nation américaine contre les ennemis de la liberté - ce travail protégeant la cargaison actuelle qui peut être très utile, et offrant en même temps un asile pour les navires qui peuvent être chassés par l'Ennemi, rien d'autre que ce louable motif n'aurait pu me retenir ici ; Je considère cela comme la preuve qui me rend digne de me présenter à Votre Excellence. Je suis officier d'artillerie et, à ce titre, je désire me placer sous vos drapeaux. Après avoir étudié les ouvrages des plus grands généraux, je suis venu chercher des exemples sous vos ordres, et suis avec beaucoup de respect, mon général, le plus obéissant et humble serviteur de Votre Excellence
Le Chevalier de Cambray
Sur quoi George Washington répondit :
De George Washington à Cambray-Digny, 4 avril 1778
Vers Cambray-Digny
Quartier Général [Valley Forge] 4 avril 1778.
Monsieur.
J'ai reçu votre lettre du 27 février m'informant que vous avez des lettres du docteur Franklin, et que vous êtes désireux de servir dans l'Armée Continentale - cela vous évitera des déplacements et des dépenses inutiles si je vous informe que seul le Congrès peut vous y placer, et par conséquent que votre candidature personnelle auprès d'eux est la première mesure à prendre par vous afin de poursuivre cette affaire. S'ils se prononcent en votre faveur, je me ferai un plaisir de rendre votre situation dans l'armée aussi agréable que possible. Je suis Monsieur Votre serviteur le plus obéissant et le plus humble,
Go: Washington
"
Dire qu'il a fallu des semaines pour attendre à une hypothétique réponse... On ne peut que s'émerveiller devant la ténacité, la patience, la sincérité, le courage dont firent preuve ces vaillants soldats de la Liberté !
Et accessoirement, des performances de la poste en temps de guerre, sachant qu'il y a 532 miles (856 Km) entre Cap Lookout en Caroline du Nord et Valley Forge en Pennsylvanie.
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Les trois autres ingénieurs recrutés sous contrat:
Jean-Baptiste Gouvion
Louis de la Radière
Jean Baptiste Joseph, chevalier de Laumoy
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"Plan des forts, batteries et poste de West-Point, 1780" par Louis de la Radière
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• Le chevalier Jean-Baptiste Gouvion (1747-1792) était l'un des quatre ingénieurs militaires français envoyés en Amérique à la demande du Congrès (les autres étant Duportail, La Radière et de Laumoy).
Il fut élève sous-lieutenant à l'école d'ingénieurs de Mézières (1769-1770).
• Il entre dans l'Armée Continentale le 8 juillet 1777 comme major. En novembre 1777, il reçut le grade de lieutenant-colonel. Avec Duportail, il a planifié et exécuté les fortifications de West Point. Il a également construit la redoute de Verplancks Point, dans la ville de Cortlandt, NY et a effectué d'importantes réparations à Fort Schuyler. Il participa au siège de Yorktown sous le commandement de Duportail, fut breveté colonel en novembre 1781 et se retira de l'Armée Continentale en octobre 1783.
• Washington le félicita en 1783 pour "des preuves incontestables de bravoure, d'activité, d'intelligence et d'habileté" (Writings, 27, pp. 40-41).
• Gouvion rentre en France et en 1783, il reçoit le grade de lieutenant-colonel dans l'armée française. L'année suivante, il est reconnu chevalier de Saint-Louis puis, en 1787, il est promu mestre de camp (général de brigade).
• Il joua un rôle assez important au début de la Révolution française. Connu de Lafayette pour son service en Amérique, il fut nommé général de division de la garde nationale parisienne en août 1789. Il fut élu à l'Assemblée législative comme député de Paris et le mois suivant, il rejoignit le comité militaire.
• En avril 1792, le général Gouvion démissionne de son poste au sein du gouvernement pour servir à nouveau dans l'armée sous les ordres de Lafayette. Il fut tué d'un coup de canon près de Maubeuge en 1792.
• Le nom GOUVION est gravé sur le côté nord de l'Arc de Triomphe à Paris.
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• Louis-Guillaume-Servais des Hayes de La Radière (1744-1779), diplômé de l'école française d'ingénieurs de Mézières qui avait atteint le grade de capitaine en 1775, était l'un des quatre ingénieurs français que les commissaires américains à Paris engagèrent pour l'Armée Continentale en février 1777.
• Breveté major avant de quitter la France en mars 1777, La Radière est nommé lieutenant-colonel par le Congrès le 8 juillet 1777, et il est promu colonel le 17 novembre 1777. La Radière est impliqué dans des querelles plutôt acrimonieuses avec des officiers supérieurs et d'autres ingénieurs alors qu'ils servaient dans les hautes terres de la vallée de l'Hudson au cours des derniers mois de 1777 et des premiers mois de 1778.
• En août 1778, il fut envoyé à Rhode Island pour aider aux opérations de Sullivan, mais il arriva probablement trop tard pour être d'une grande utilité.
• La Radière est décédé le 30 octobre 1779, apparemment à West Point.
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• Jean Baptiste Joseph, chevalier de Laumoy (1750-1832) était le fils d'un capitaine d'infanterie français. Il entre à l'école française du génie militaire en 1760.
• de Laumoy fut recruté en Amérique en 1777, fut nommé colonel du génie et rejoignit le camp d'hiver de Washington à Valley Forge.
• Le 8 février 1779, il est affecté au général Benjamin Lincoln, et le 12 mai 1780, il est fait prisonnier par les Anglais après la capitulation de Charleston, et est échangé le 26 novembre 1782.
• Laumoy est breveté brigadier général le 30 septembre 1783 et honorablement réformé de l'armée le mois suivant.
• Il rentre en France en décembre 1783. Le 4 juillet 1784, il est décoré de l'Ordre de Saint Louis. Le 14 février 1789, il était commandant en second à la Martinique, lorsque les Français réprimèrent une rébellion de l'importante population d'esclaves et d'anciens esclaves africains de l'île. Comptant parmi les administrateurs détestés, Laumoy est obligé de rentrer en France en mai 1790.
• Pendant un certain temps, Laumoy occupe plusieurs postes d'état-major dans l'Armée de la Révolution française sous le marquis de Lafayette. Comme Lafayette, sa vie fut mise en danger par les éléments les plus radicaux de la Révolution; il n'eut d'autre choix que de partir en exil, mais fut capturé par les Autrichiens qui les traitèrent, l'un comme l'autre, d'anti-royalistes. Il réussit à s'échapper en Amérique et vécut à Philadelphie jusqu'à ce qu'il fût retiré de la liste des émigrés. Il rentre en France à l'été 1801, se retire complètement en 1810 et meurt le 19 janvier 1832.
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Étienne Béchet, Sieur de Rochefontaine
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Monument - “Lt. Col. E.M. Bechet, Sieur de Rochefontaine”
St Paul’s Churchyard, intersection of Broadway and Vesey Street, New York, NY 10007
Photo: Thierry Chaunu (2021) © American Society of Le Souvenir Français Inc.
Inscription:
"Lt. Col. E.M. Bechet
Sieur de Rochefontaine
1755-1814
Soldat de la guerre révolutionnaire
Officier français qui s'est battu pour l'indépendance américaine, Rochefontaine a servi sous le général français Rochambeau
pendant la guerre d'Indépendance.
Il a aidé à la capture de Lord Cornwallis et a ensuite commandé
le Corps des artilleurs et du génie à
l'Académie militaire de West Point."
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• Étienne Nicolas Marie Béchet, sieur de Rochefontaine (20 février 1755 - 30 janvier 1814) était un ingénieur militaire français qui a servi dans l'armée continentale, pendant la guerre d'indépendance américaine, et plus tard en tant que chef des ingénieurs du United States Army Corps of Engineers. Il est né à Ay, Marne France, et est venu en Amérique en 1778 après avoir échoué à obtenir un poste dans le Corps royal français du génie. Il s'est porté volontaire dans l'armée continentale du général Washington en 1778 et a été nommé capitaine dans le Corps of Engineers. Pour ses services distingués lors du siège de Yorktown, Rochefontaine reçut le grade de brevet de major par le Congrès, le 16 novembre 1781.
• Il revient en France en 1783 et sert comme officier d'infanterie, atteignant le grade de colonel dans l'armée française. Il revint aux États-Unis en 1792 et anglicisa son prénom en Stephen. Le président Washington le nomma ingénieur civil, en charge de fortifier la côte de la Nouvelle-Angleterre en 1794.
• Après l'organisation du nouveau Corps des Artilleurs et du Génie, Washington nomme Rochefontaine lieutenant-colonel et commandant du nouveau Corps le 26 février 1795. Rochefontaine ouvre une école militaire à West Point en 1795, mais le bâtiment et tout son équipement sont incendiés l'année suivante. Il quitta l'armée le 7 mai 1798 et vécut à New York, où il mourut le 30 janvier 1814. Il est enterré dans le cimetière de la chapelle Saint-Paul à Manhattan
Épitaphe (en français, face sud du monument):
"E.M. Bechet Sire de Rochefontaine
Sieur de Rochefontaine
Se voua à la carrière des armes
et s'y distingua long temps
Il fit sous le Comte de Rochambeau
la campagne d'Amerique
glorieusement terminée en 1782
par la prise du Lord Cornwallis
qui mit fin à cette guerre
Louis XVI le nomma en 1792
ADJUDANT GENERAL
De L'armée De Saint Domingue
Et après la mort du Roi
Il entra Col. au service des E. Unis
Enfin il se retira en 1798
Pour jouir au sein de l'amitié
d'une consideration justement acquire
et d'un repos dignement mérité"
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Major Pierre Charles L'Enfant
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Cérémonie d'inauguration du panneau signalétique du Major Pierre L'Enfant au Cimetière National d'Arlington, le 14 juin 2022, avec Denise Doring VanBuren, Présidente nationale des Filles de la Révolution américaine.
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Notre Bulletin d'avril 2022 fut dédié à ce grand Français :
• Pierre Charles L'Enfant (2 août 1754 - 14 juin 1825) était un ingénieur militaire français qui conçut les plans de la capitale des États-Unis en 1791.
• Il arriva en 1777 à l'âge de 23 ans avec le général Lafayette et sert dans l'Armée Continentale. Il fut blessé lors du siège de Savannah en 1779. Il servit dans l'état-major du général Washington pour le restant de la guerre. En 1783, il devint architecte civil.
• Le président Washington nomma L'Enfant en 1791 pour dresser les plans de la nouvelle "ville fédérale" (appelée plus tard "la ville de Washington"). Sa source d'inspiration pour les avenues majestueuses et les motifs géométriques furent les jardins d'André Le Nôtre à Versailles.
• Bien qu'il mourût dans la misère en 1825, sa dépouille fut exhumée à l'instigation de l'ambassadeur de France Jean Jusserand, et transférée au cimetière d'Arlington en 1909 après avoir été exposée au Capitole des États-Unis. En 1911, un monument fut placé au sommet de la tombe de L'Enfant lors d'une cérémonie d'inauguration présidée par le président Howard Taft.
• Ce qui est particulièrement intéressant compte tenu du sujet de ce Bulletin, ce sont les conditions qui ont fait que certains ingénieurs restèrent aux États-Unis (ou y revinrent assez rapidement) Le Congrès adopta une loi en 1777 obligeant tous les officiers à prêter allégeance aux Etats-Unis. Ce faisant, les officiers français obtinrent automatiquement la citoyenneté américaine. Lorsque la Révolution française éclata, beaucoup d'entre eux revinrent aux États-Unis en tant que citoyens.
Dans son livre Engineers of Independence: A documentary history of the Army Engineers in the American Revolution, 1775-1783, Paul Walker écrit :
« Espérant toujours une armée en temps de paix et particulièrement soucieux d'avoir des artilleurs et des ingénieurs suffisamment entraînés, Washington pressa Du portail de convaincre au moins quelques officiers français de rester en Amérique. Cependant, ceux-ci exigèrent que les États-Unis leur donnassent "un emploi honorable et solide" et "se montrent comme un grand empire respectable, ou du moins prennent les mesures appropriées pour le devenir".
L'inaction continue du Congrès lia les mains de Washington. À la fin de l'année, Duportail et Gouvion étaient de retour en France. À la fin de 1784, le major Pierre Charles L'Enfant , un officier du génie de la guerre d'Indépendance qui obtint plus tard une grande renommée en tant que géniteur de la capitale fédérale, lança un autre appel - en vain - pour un corps d'ingénieurs en temps de paix. Auparavant, L'Enfant avait été amené à croire qu'il dirigerait l'arme du génie d'après-guerre, mais maintenant il n'y avait plus de département à commander. Pire encore, il avait déjà perdu toute chance d'obtenir un poste d'ingénieur en France. Dans son mémoire détaillé et bien argumenté, L'Enfant ne préconise pas une armée à l'européenne pour les États-Unis, mais il reconnaît la nécessité d'un système général de défense planifié et entretenu par des ingénieurs de l'armée. Sa préférence pour les ingénieurs continentaux et pour un système centralisé de fortifications était claire. Il craignait que les États ne soient pas suffisemment conscients des menaces potentielles à leur sécurité. "Ce n'est ni le nombre ni l'étendue des forts qui sécurisent un pays", insista L'Enfant, "mais leur situation".
Dans un mémoire envoyé au Congrès, L'Enfant écrivit:
« Une Puissance neutre, dira-t-on, bénéficie d'un commerce universel, fait respecter ses biens, ainsi que ses couleurs, par toutes les Puissances en guerre. On peut dire cela d'une nation puissante, mais cette Amérique n'est pas à attendre ; une Puissance neutre doit être prête à la guerre, et son commerce dépend des moyens de protéger et de faire respecter ses couleurs. L'Amérique, neutre sans [sa] marine, sans troupes ni ports fortifiés ne peut s'attendre qu'à des calamités. Elle ne peut pas vivre libre et se développer en toute sécurité sans "pouvoir de rétortion, et de capacité à se protéger".
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ÉPILOGUE : UN HÉRITAGE DURABLE
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Illustration ci-dessus: écusson avec la devise du Corps of Engineers:
« Essayons »
L'utilisation de ce terme reflète les contributions des ingénieurs français à la lutte américaine pour l'indépendance et l'influence des ingénieurs français sur le développement précoce du Corps of Engineers.
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Panneau signalétique “Essayons – Let Us Try”
West Point Military Academy, Visitors Center
New South Post Rd, Highland Falls, NY 10928
GS: 41.373114, -73.962885
Photo: Thierry Chaunu (2022) © American Society of Le Souvenir Français, Inc.
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• Inscription:
« La devise du US Army Corps of Engineers est "Essayons". C'est avec le même esprit que les ingénieurs militaires français se sont portés volontaires et ont servi dans l'Armée Continentale pendant la guerre d'Indépendance. L'un d'eux était Louis Le Bègue de Presle du Portail. Il arriva en Amérique en 1777 et gagna rapidement la confiance et le respect de Washington. En 1779, il participa à la planification de West Point et travailla comme ingénieur en chef principal de l'armée." [...]
L'importance de Du Portail grandit. En 1781, il servit d'interprète à Washington pour sa rencontre avec Rochambeau tandis que les deux commandants planifiaient la stratégie de campagne. Plus tard cette année-là, les généraux montrèrent leur confiance en du Portail en l'envoyant en Virginie avant leurs armées pour planifier le siège de Yorktown, un tournant dans la guerre d'Indépendance. Là, du Portail rencontra l'amiral français François-Joseph Paul, comte de Grasse, afin obtenir le soutien crucial de la marine pour l'attaque.
Washington escorta Rochambeau lors d'un détour qu'il fit pour visiter la forteresse de West Point lors de la marche des alliés vers la Virginie en 1781."
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Plusieurs des ingénieurs restèrent, d'autres continuèrent à être embauchés depuis la France.
Nous vous présenterons dans de prochains bulletins d'autres ingénieurs français qui ont puissamment contribué à l'expansion et à la défense des États-Unis :
- Louis de Tousard, à l'origine artilleur lorsqu'il servit dans l'armée continentale sous Lafayette, mais qui servit dans le corps des artilleurs et du génie en 1795 et qui devint l'initiateur (oublié) de l'Académie militaire de West Point, en devenant son premier surintendant de facto , et qui co-fonda avec Irenée Dupont de Nemours le géant de la chimie DuPont Company,
- Le Colonel Claudius Crozet, alias « Le Pionnier de Blue Ridge Mountains»,
- Le général de brigade du génie Simon Bernard, qui conçut et construisit de nombreux forts côtiers,
- Joseph-François Mangin, l'architecte du plan en damier de la ville de New York...
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The Valley Forge Encampment
By Prof. Norman Desmarais
Professor Emeritus, Providence College, Rhode Island
Délégué Régional du Souvenir Français pour la Nouvelle-Angleterre
Auteur de nombreux ouvrages sur la Guerre d'Indépendance
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George Washington et cinq de ses officiers sont représentés dans un paysage pittoresque et enneigé. Basé sur la peinture de l'artiste Veron Fletcher, qui a été exposée au Smithsonian en février 1855, l'estampe a été dessinée sur pierre par Edward Moran, frère du célèbre artiste Thomas Moran.
Note: L'article ci-dessous a été écrit pour ce Bulletin a été originalement rédigé en anglais. Veuillez excuser d'éventuelles erreurs typographiques ou grammaticales lors de la traduction en français, effectuée pour une grande part en mode électronique.
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Le lieutenant-colonel Antoine-Jean-Louis Le Bègue de Presle Duportail arrive en Amérique le 5 juillet 1777 pour présenter ses lettres de créance au Congrès. Il rejoint l'armée continentale à Whitemarsh après sa défaite à Germantown et le Congrès le nomme général de brigade le 17 novembre 1777. Le terrible hiver 1777-1778 approche et l'avenir des États-Unis semble précaire. L'armée manquait déjà de vêtements, de nourriture, d'hôpitaux et de moyens de transport. Les victoires militaires ressemblaient plus à des défaites, contribuant à un mauvais moral.
Le général Duportail assista à son premier Conseil de guerre le 24 novembre 1777. Le commandant en chef rendit compte de l'état des choses aux généraux réunis (Armstrong, Gates, Greene, Knox, Lee, Mifflin, Scott, Sterling, Wayne, Woodford, de Kalb, Steuben, Lafayette et Duportail) et leur demanda de réfléchir à la question : « Quelles mesures valait-il mieux prendre dans l'urgence actuelle ? » Il leur a demandé de mettre leurs réponses par écrit et de donner leur avis concernant "l'opportunité d'une attaque contre Philadelphie." Onze des généraux furent contre l'attaque et seulement quatre (Stirling, Wayne, Scott et Woodford) furent en faveur. "1
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Le premier mémoire de Duportail analysait tous les aspects du problème : le terrain, le rapport et la préparation des troupes, l'ennemi, la motivation et le niveau d'entraînement des combattants, les conditions météorologiques, les opérations possibles, etc. Il estimait qu'une attaque entraînerait une défaite certaine et risquerait l'annulation de tous les gains précédents. Sa suggestion a dû être suivie d'effet, comme l'a écrit le colonel John Laurens, aide de camp de Washington, dans une lettre à son père, alors président du Congrès, le 26 novembre :
"
Notre commandant en chef souhaitant ardemment satisfaire l'attente du public en attaquant l'ennemi tout en préférant en même temps une perte de popularité à s'engager dans une entreprise qu'il ne pouvait justifier ... s'est rendu hier [25 novembre] pour voir les travaux ... nous avons vu des redoutes d'un profil très respectable, recouvertes de planches, formidablement fraisées, et les intervalles entre elles se fermaient par un abattis d'une force inhabituelle. Le général Duportail déclara qu'avec de tels travaux et cinq mille hommes, il défierait toute force qui serait amenée contre lui." 2
Quartiers d'hiver
Le général Washington a choisi Valley Forge pour ses quartiers d'hiver le 12 décembre. Son camp surplombait un paysage d'hiver morne et désolé avec une pluie battante qui s'abattait sur les soldats qui avaient dressé des tentes pour se mettre un peu à l'abri Le cœur brisé d'avoir abandonné son plan d'action pour 1777 et pleinement conscient des difficultés qu'ils enduraient et devaient affronter, il écrivit une adresse à l'armée remplie de cœur et d'esprit:
"Quartier général de Gulph,
17 décembre 1777—
Le commandant en chef, avec la plus grande satisfaction, exprime ses remerciements aux officiers et aux soldats pour le courage et la patience avec lesquels ils ont soutenu les fatigues de la campagne - Bien que dans certains cas, nous ayons malheureusement échoué, mais dans l'ensemble, le ciel a souri à nos armes et les a couronnées d'un succès éclatant ; et nous pouvons, sur les meilleures bases, conclure que, par une poursuite fougueuse des mesures nécessaires à notre défense, nous obtiendrons enfin la fin de notre guerre—l'Indépendance—la Liberté et la Paix—Ce sont des bienfaits qui valent la peine de faire des sacrifices devant tous les dangers —mais nous ne prendront pas de risques indus. La puissance de l'Amérique seule, dûment exercée, n'aurait rien à craindre de la puissance de la Grande-Bretagne. Pourtant, nous ne sommes pas entièrement établis sur notre terrain. La France nous accorde toute l'aide que nous demandons, et il y a des raisons de croire que la période n'est pas très éloignée. quand elle prendra une part plus active, en déclarant la guerre à la couronne britannique. Par conséquent, chaque motif nous pousse irrésistiblement - voire nous commande une persévérance ferme et virile dans notre opposition à nos cruels oppresseurs - à de légères difficultés, à endurer des épreuves et à contenir tous les dangers - Le général souhaite ardemment qu'il soit maintenant en son pouvoir de conduire le les troupes aux meilleurs quartiers d'hiver. Mais où les trouver ? Si nous nous retirions dans les parties intérieures de l'État, nous les trouverions remplies de citoyens vertueux qui, sacrifiant tout, ont quitté Philadelphie et s'y sont enfuis pour se protéger. A leurs détresses, l'humanité interdit d'ajouter : Ce n'est pas tout ; nous laisserions une vaste étendue de pays fertile être spoliée et ravagée par l'ennemi, d'où ils tireraient de vastes approvisionnements, et où beaucoup de nos bons amis seraient exposés à toutes les misères des déprédations les plus insultantes et les plus gratuites, de maux pourraient être énumérés, mais ceux-ci suffiront—Ces considérations font qu'il est indispensable que l'armée prenne la position qui lui permettra le plus efficacement de prévenir la détresse et de donner la sécurité la plus étendue, et dans cette position, nous devons nous faire le meilleur abri en notre pouvoir - avec activité et diligence. Des huttes peuvent être érigées qui seront chaudes et sèches. Dans celles-ci, les troupes seront compactes, plus à l'abri des surprises que si elles étaient dans un état divisé, et à portée de main pour protéger le pays. Ces raisons fortes ont déterminé le général à prendre poste aux environs de ce camp ; et influencé par eux, il se persuade que les officiers et les soldats, d'un même cœur et d'un même esprit, se résoudront à surmonter toutes les difficultés, avec un courage et une patience qui conviennent à leur profession et à la cause sacrée dans laquelle ils sont engagés. Il partagera lui-même les difficultés et endurera les mêmes inconvénients.
Demain étant le jour ordonné par l'honorable Congrès pour l'action de grâces et la louange publiques ; et le devoir nous appelant à exprimer avec dévotion nos remerciements reconnaissants à Dieu pour les multiples bénédictions qu'il nous a accordées - le général ordonne que l'armée reste dans ses quartiers actuels et que les aumôniers accomplissent le service divin avec leurs plusieurs corps et brigades - et exhorte sincèrement tous les officiers et soldats, dont l'absence n'est pas indispensable, assistent avec révérence aux solennités de la journée".3
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Fig. 2. Cabanes de soldats. Les soldats ont construit deux mille huttes semblables à celles-ci pour loger 20 000 hommes et officiers. Chaque hutte abritait neuf à douze hommes. La construction a été achevée en un mois et le campement est devenu la quatrième plus grande ville d'Amérique après Philadelphie, New York et Boston.
Valley Forge
Valley Forge fut choisie et l'armée y installa son quartier général le 20 décembre 1777. Avant de quitter Gulph, des ordres furent donnés concernant la construction de huttes que les soldats devaient immédiatement se construire. Thomas Paine, qui était à Lancaster et York pendant l'hiver 1778, écrivit une lettre à Benjamin Franklin relatif au campement à Valley Forge :
"J'étais là quand l'armée a commencé à construire des huttes ; ils m'apparaissaient comme une famille de castors ; tout le monde occupé; certains transportant des bûches, d'autres de la boue et les autres les attachant ensemble. Le tout fut relevé en quelques jours" .4
Immédiatement après avoir érigé des abris pour les hommes, le travail de fourniture de défenses a commencé. Duportail a été chargé de renforcer ces défenses pour se préparer à une attaque ennemie car l'armée était campée dans un endroit facilement accessible depuis le quartier général de l'ennemi à Philadelphie. Washington s'attendait à une attaque au printemps suivant, mais cela ne s'est jamais produit. Ce fut l'un des plus importants de tous les services de Duportail et établit sa réputation.
Le Journal d'Ordres du général Washington du 15 janvier 1778 précisait que
"Les ouvrages tracés par les ingénieurs pour la défense du camp doivent être érigés avec toute la célérité possible et le commandant en chef demande au général Greene, de Lord Sterling et du marquis de la Fayette (le général Sullivan étant occupé à d'autres devoirs) de consulter le général Portail sur les moyens appropriés et le nombre d'hommes nécessaires pour exécuter les travaux dans les différentes ailes et deuxième ligne et donne des ordres en conséquence - et que chacun d'eux nomme des officiers appropriés pour surveiller et faire avancer les défenses".5
Plus tard, lorsque le général William Howe retourna en Angleterre, il fut sévèrement critiqué pour ne pas avoir chassé Washington de ses retranchements avant son départ de Philadelphie. Son excuse était que l'endroit était naturellement protégé et avait été tellement fortifié par des "ouvrages artificiels" qu'il ne jugeait pas prudent de tenter une attaque "pendant la rude saison" et que la reporter plus tard aurait été impossible. Il déclara: "... ayant de bonnes informations au printemps que l'ennemi avait renforcé son camp par des travaux supplémentaires et étant certain de l'en déplacer dès l'ouverture de la campagne, j'ai abandonné toute pensée d'attaque."
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Fig. 3. La «Duportail House» à Chesterbrook, en Pennsylvanie, servait de quartier général à Valley Forge.
Défenses de Valley Forge
Les défenses de Valley Forge étaient pratiquement achevées à la fin du mois de mars 1778. Henry Laurens, président du Congrès, écrivit à un ami le 7 avril : « L'actuel campement nouvellement adopté Genl. Duportail m'assure, est tenable contre les plus grands efforts de l'ennemi compte tenu de ses forces actuelles.” 6
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Fig. 4. Les défenses de Valley Forge consistaient en cinq redoutes (mises en évidence) reliées par des kilomètres de tranchées et de terrassements destinés à renforcer les avantages naturels du terrain. Les redoutes étaient disposées en triangle et étaient toutes visibles les unes des autres car le sol avait été déboisé sur des kilomètres à la ronde pour construire les cabanes et les terrassements et pour le bois de chauffage. L'ennemi s'approchant du campement pouvait être repéré à des kilomètres. Brochure des visiteurs du parc historique national de Valley Forge.
Les travaux ont été accélérés car le général Washington s'attendait à ce que l'ennemi attaque l'Armée Continentale dans ses retranchements dès le retour du beau temps. Washington pensait également qu'un travail fermé sur une hauteur particulière ("Joy Hill" ou "Mount Joy" côté gauche de la carte à droite de Valley Creek Road) pourrait ajouter à la sécurité de l'armée. Le général Duportail, écrivit une note, le 13 avril, exprimant sa crainte qu'un tel travail ne soit une gêne plutôt qu'une aide, car il ne permettait de voir une avancée ennemie que d'un ou des deux côtés. Ils pourraient monter une attaque des autres côtés à l'abri et incapables de se défendre. 7
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Fig. 5.Valley Forge montrant certaines des cabanes protégées par l'artillerie.
La situation à Valley Forge était très tendue en avril 1778. La soi-disant «Conway Cabal» tenta de remplacer Washington par le général Gates en tant que commandant en chef. Le débat a fait rage au Congrès en février et mars et était toujours dans l'esprit de tous lorsque la nouvelle d'une nouvelle menace a atteint le camp.
Après que la nouvelle de la reddition de Saratoga ait atteint Londres, le Parlement a examiné les projets de loi de conciliation de Lord North et le général Howe envoyait des avis de Philadelphie à leur sujet. Il y avait aussi des rapports de commissaires du Parlement venant rétablir la paix. Ils devaient arriver sous peu avec les pleins pouvoirs pour accorder toute demande autre que l'indépendance et pour gracier tous ceux qui déposeraient immédiatement les armes.
Washington a écrit une lettre privée à John Banister, un ami personnel et un délégué de Virginie, quelques jours plus tard, soulignant sa détresse :
". . . L'ennemi commence à jouer un jeu plus dangereux que ses efforts par les armes. . . qui menace de porter un coup fatal à l'indépendance de l'Amérique, et bien sûr à ses libertés. Ils s'efforcent de piéger le peuple par des incitations spécieuses à la paix ... Rien de moins que l'indépendance, me semble-t-il, ne peut se faire. Une paix avec d'autres termes serait ... une paix de guerre. Les blessures que nous avons reçues des Britanniques ... sont si grandes et si nombreuses qu'elles ne pourront jamais être oubliées."
Il pense alors à la France et son regard s'éclaire aussitôt :
". . . Je pense que la France doit avoir ratifié notre indépendance et déclarera la guerre immédiatement, en constatant que des propositions sérieuses d'accommodement sont faites .... On ne peut pas raisonnablement supposer qu'elle hésitera à déclarer la guerre si on lui fait comprendre, d'une manière appropriée , qu'une réunion des deux pays pourrait être la conséquence de tergiversations. Une guerre européenne ou une alliance européenne répondrait effectivement à notre objectif. . . " 8
La France avait en fait déjà déclaré la guerre à la Grande-Bretagne en signant le traité d'alliance le 6 février 1778, mais la nouvelle n'était pas encore parvenue au général Washington qui proposa, le 20 avril 1778, trois plans et des questions connexes à ses officiers généraux à examiner pour la prochaine campagne :
1. tenter de récupérer Philadelphie et d'y détruire l'armée ennemie. Quel mode d'exécution poursuivre et quelle force sera nécessaire contre environ 10 000 hommes, à l'exclusion des marines et des marins, dont l'aide peut être mobilisée ? Tenter une attaque d'assaut, par approches régulières ou par blocus, et de quelle manière ?
2. transférer la guerre au nord en attaquant New York. Cela devrait-il être fait par un coup de main, avec une petite force, ou faire une attaque avec une grande force ? Quelle serait la taille d'une force nécessaire dans les deux cas, en estimant le nombre de l'ennemi dans et autour de New York à 4000 hommes, et comment disposer des troupes pour obtenir le résultat souhaité, et pour protéger le pays et sécuriser les magasins en même temps?
3. rester tranquille dans un camp sécurisé et fortifié, en s'entraînant et en disciplinant l'armée. Quelle posture devrait être adoptée pour assurer la sécurité de l'armée, couvrir le pays et les magasins et être en mesure de contrecarrer tout mouvement futur de l'ennemi ? 9
Le mémorial de Duportail à cette occasion était un document très important car il a eu une profonde influence sur l'élaboration de la politique de Washington. Il indiquait aussi que Duportail s'était imprégné de la cause américaine, pendant les cinq mois qu'il avait passés dans l'Armée Continentale, parce qu'il y voyait la cause de la France.
Lorsque l'Armée Continentale quitta Valley Forge en juin 1778, elle rencontra l'armée britannique à Monmouth, New Jersey. L'entraînement qu'ils ont reçu sous la direction du général Steuben pendant leur campement d'hiver a prouvé qu'ils étaient devenus une force de combat respectable.
Notes
1. William Spohn Baker. Itinerary of General Washington: From June 15, 1775, to December 23, 1783. Hunterdon House, 1970. p. 106.
2. ibid.
3. General Orders. Washington, George, and Philander D Chase. The Papers of George Washington. Edited by Dorothy Twohig et al., Revolutionary War Series. University Press of Virginia, 1985. 12: 620-621.
4. Franklin, Benjamin, et al. The Papers of Benjamin Franklin. New Haven, Yale University Press, 1959. http://franklinpapers.org. May 16, 1778 26: 478.
5. Taylor, Frank H. Valley Forge: A Chronicle of American Heroism. Philadelphia: James W. Nagle, 1905. GW 13: 243.
6. Burnett, Edmund Cody, editor. Letters of Members of the Continental Congress. P. Smith, 1963. GW 14:419-420.
7. Washington, George. Op. cit. 14: 493-494.
8. Fitzpatrick, John Clement. The Writings of George Washington from the Original Manuscript Sources, 1745-1799. U.S. Govt. Printing Office, 1931). 11: 288. The Writings of George Washington: Being His Correspondence, Addresses, Messages, and Other Papers Official and Private: Selected and Published from the Original Manuscripts: With a Life of the Author, Notes, and Illustrations. Edited by Jared Sparks, American Stationers' Company, John B. Russell, 1834. 5:325
9. Washington, George. Op. cit. 14: 567.
Le professeur Desmarais est l'auteur de la série Guide to the American Revolutionary War (six volumes sur la guerre sur terre et sept volumes sur la guerre en mer et outre-mer), ainsi que de America's First Ally: France in the American Revolutionary War, America’s First Ally: France in the American Revolutionary War, as well as Washington’s Engineer: Louis Duportail and the Creation of an Army Corps, and The Road to Yorktown: The French Campaigns in the American Revolution, 1780-1783. Il est l'ancien rédacteur en chef de The Brigade Dispatch, le journal de la Brigade de la Révolution américaine.
Il a traduit la Gazette Françoise, le journal français publié à Newport, Rhode Island par la flotte française qui transporta le comte de Rochambeau et 6.100 soldats français en Amérique en juillet 1780. Ce fut le premier Journal jamais publié sur place pour les troupes d'un corps expéditionnaire.
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7e PARTIE DE LA SÉRIE
"LAFAYETTE, HÔTE DE LA NATION"
Si vous avez raté les épisodes de nos précédents Bulletins...
• Le président James Monroe a invité Lafayette, le dernier général survivant de la guerre d'Indépendance américaine, à visiter les États-Unis, officiellement pour célébrer le 50e anniversaire de la nation, mais aussi pour insuffler "l'esprit de 1776" à la prochaine génération d'Américains au milieu d'un clivage politique rappelant celui que le pays connait actuellement. Sa tournée a attiré de grandes foules et a suscité un regain de patriotisme, favorisant l'union des citoyens de la jeune république.
• De juillet 1824 à septembre 1825, Lafayette fait une tournée dans les 24 États des États-Unis. Il a été accueilli en héros partout où il s'est arrêté. Des foules immenses, des enfants, de vieux soldats venaient de loin et attendaient des heures pour avoir une chance de le voir, de l'approcher, de le toucher. De nombreux honneurs lui ont été présentés et des monuments érigés pour commémorer sa visite.
• Les 24 États visités étaient : Alabama, Connecticut, Delaware, Géorgie, Illinois, Indiana, Kentucky, Louisiane, Maine (ex-Massachusetts / North part), Maryland, Massachusetts, Mississippi, Missouri, New Hampshire, New Jersey, New York, Caroline du Nord, Ohio, Pennsylvanie, Rhode Island, Caroline du Sud, Tennessee, Vermont, Virginie, Washington D.C.
• Les principaux moyens de transport étaient la diligence, l'équitation, la péniche et le bateau à vapeur.
• Tout au long des années 2024 et 2025, chaque ville célébrera ce Français des plus illustres, classé aux côtés des Pères Fondateurs, pratiquement à égalité avec George Washington. Si quiconque a le moindre doute à ce sujet, il suffit de lire quelques-uns des centaines d'articles de journaux locaux et les récits ou mémoires des témoignages contemporains pour réaliser la portée de cette tournée trimphale, trop méconnue des français.
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• Plusieurs de ses arrêts sont commémorés par des bornes et des plaques, certaines vieilles de plusieurs décennies, et de plus en plus de toutes nouvelles, grâce à l'énergie et à l'enthousiasme déployés par Julien Icher, président du LafayetteTrail.org, dont l'objectif est d'inaugurer 175 "markers", plaque commémorative en fonte, d'ici 2024.
• Ces nouveaux "markers" du LafayetteTrail.org sont tous fabriqués dans le même métal coulé bleu et rouge distinctif et signés par la Fondation William C. Pomeroy qui finance généreusement ce projet gigantesque.
• L'American Society of Le Souvenir Français Inc. est honorée de s'associer à ces deux organisations aux missions mémorielles similaires, ainsi qu'à toutes les autres associations patriotiques américaines et bénévoles qui participent à ces célébrations, sous l'égide d'America250.
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Comme nous l'avons commencé avec le Bulletin d'août 2022, nous raconterons chaque mois certains des épisodes les plus saillants de ce voyage remarquable du mois correspondant il y a 199 ans, tout en vous tenant au courant des nombreuses célébrations prévues par les comités locaux des American Friends of Lafayette en 2024 et en 2025.
Pour cette série, nous emprunterons également les témoignages d'un témoin privilégié et proche, Auguste Levasseur, secrétaire particulier de Lafayette, qui voyagea avec le marquis et son fils, George Washington Lafayette, et qui publia son quotidien abondant : « Lafayette en Amérique 1824 -1825, ou Journal d'un voyage aux Etats-Unis" (Publié par la Librairie Baudoin, Paris, en 1829), ainsi que d'autres sources bien documentées, comme Samuel Lorenzo Knapp. "Mémoires du général Lafayette : avec un Récit de sa visite en Amérique et de sa réception par le peuple des États-Unis ; de son arrivée, le 15 août, à la célébration à Yorktown, le 19 octobre 1824" (publié en novembre 1824)
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- 23 février 1825 - Départ pour la partie sud de sa tournée Parce que la route de Richmond à Raleigh se faisait en calèche sur des routes en mauvais état, le groupe de voyageurs fut obligé d'emprunter la "Lower Road" sablonneuse par Suffolk et Halifax.
- 25 février - Interviewé par Poulson's Advertiser, un journal de Philadelphie, se souvient de sa blessure à Brandywine
- 26 février — Arrêt de nuit à l'Indian Queen Inn à Murfreesboro, Caroline du Nord
- 27 février - Voyage à Northampton Court House (aujourd'hui Jackson, Caroline du Nord) où il rencontre la fête de salutation officielle de la Caroline du Nord et séjourne à Eagle Tavern à Halifax, Caroline du Nord
- 28 février - A traversé Enfield, en Caroline du Nord, avec un bref arrêt au domicile de Joseph Branch et de l'autre côté de la rivière Tar aux chutes et a passé la nuit à la taverne du colonel Allen Rogers à Rogers Crossroads dans l'est du comté de Wake, en Caroline du Nord.
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Lafayette à Suffolk, Virginia
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Panneau, tournée de Lafayette, Suffolk, VA
25 février 1825
Suffolk Visitor Center, 610 E Market St, Charlottesville, VA 22902
Photo: Lafayette Trail, Inc.
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• « Arrivé en ville, il [Lafayette] fut reçu avec les honneurs militaires par une troupe magnifique, les « Suffolk Columbians », commandée par le capitaine Charlton, et escorté au Palais de justice, où il reçut les félicitations des autorités de la place, des citoyens et d'un grand concours d'individus respectables qui s'étaient empressés de venir en ville depuis le comté environnant pour saluer son arrivée.” American and Commercial Daily Advertiser, daté du 2 mars 1825
• Inscription:
« Le 25 février 1825, le général
Lafayette était l'invité
d’honneur alors qu'il dînait au
Palais de justice avant de partir
pour Suffolk le lendemain.
Fondation William G. Pomeroy 2020
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Lafayette à Murfreesboro, North Carolina
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Panneau, Tournée de Lafayette, Murfreesboro, NC
26 février 1825
586 W Broad St, Murfreesboro, NC 27855
Photo : North Carolina Highway Historical Marker Program
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• “ ...les coups de fouet et les imprécations de nos cochers, rien de tout cela ne stimulait nos chevaux, qui, plantés dans la boue jusqu'aux jarrets, semblaient y avoir pris racine, et refusaient de faire le moindre effort pour nous tirer de cette triste situation dans laquelle ils nous laissèrent près d'une heure. Enfin, nous arrivâmes, et nous fûmes bien amplement dédommagés par la cordiale hospitalité des habitans (sic) de Murfreesborough qui ne négligèrent rien pour prouver au général Lafayette que les citoyens de la Caroline du Nord ne lui étaient pas moins sincèrement attachés que ceux des autres états.” (Auguste Levasseur “Lafayette en Amérique en 1824 et en 1825, Vol. II. p 84)
• Inscription du panneau historique A-65 (sur Main & 3rd Street) :
« Lors de sa tournée américaine
Lafayette a passé la nuit
du 26 février 1825, à
Indian Queen Inn qui
se tenait à deux pâtés de maisons au nord »
• Inscription du panneau de 2019 :
"Le marquis de Lafayette
à l'Indian Queen Inn
a passé la nuit à Murfreesboro
il aurait raté le bal ici en son honneur
lorsque la calèche s'est coincée dans la boue à proximité"
North Carolina Folklife Institute & William G. Pomeroy Foundation 2019
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Lafayette à Jackson, North Carolina
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Fresque murale Lafayette & Panneau, “Jackson, NC”
Visite de Lafayette, 27 février 1825
119 W Jefferson St, Jackson, NC 27845
Haut: Fresque: Image Capture July 2022 (c) Google 2022
Bas: Photo du panneau: Lafayette Trail Inc.
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• Le 27 février 1825, Lafayette retrouva le colonel William Polk, un vieil ami de la guerre d'indépendance, à Jackson, en Caroline du Nord. Il a été reçu à l'intérieur du palais de justice du comté par le premier juge en chef de la Cour suprême de Caroline du Nord, John Louis Taylor.
• Le conseil municipal a récemment adopté une résolution pour nommer le petit parc «Lafayette Park», et le musée du comté de Northampton développe actuellement une exposition permanente sur le général de la guerre d'indépendance. Il y a aussi une peinture murale, peinte par l'artiste local Napoleon Hill, représentant le général Lafayette et la délégation d'accueil du NC. Il est situé de l'autre côté de la rue, du côté de l'Embassy Café.
• Inscription:
"Le 27 février 1825,
Lafayette a été reçu au
Palais de justice du comté par
le juge de Caroline du Nord John Taylor,
réuni avec son ami le colonel. WM Polk. “
Fondation William G. Pomeroy 2020
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Lafayette à Enfield, North Carolina
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Panneau, “Enfield, NC”
Visite de Lafayette, 28 février 1825
404 Sherrod Heights, Enfield, NC 27823
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• Le 28 février 1825, le général Lafayette fit un arrêt de 30 minutes chez l'avocat Joseph Branch alors qu'il se rendait à Raleigh et Fayetteville.
• La "Cellar" est une maison historique. Elle a été inscrite au Registre National des Lieux Historiques en 1979. Le fils du major Joseph Branch, Lawrence O'Bryan Branch, âgé de 5 ans lorsque Lafayette s'est arrêté à la maison, est devenu un général de brigade dans l’armée des Confédérés, tué à la bataille d'Antietam.
• Inscription:
"Le 28 février 1825, le général
Lafayette a été reçu ici,
dans la maison de Joseph Branch,
alors qu'il se rendait à Raleigh et Fayetteville."
Fondation William G. Pomeroy 2020
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NOUS CONTINUERONS A VOYAGER AVEC LAFAYETTE
AU COURS DES 7 PROCHAINS MOIS !...
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NOS BULLETINS MENSUELS
NOTRE OBJECTIF : mettre en lumière un épisode ou un personnage historique célèbre ou moins célèbre de la longue histoire commune entre la France et les États-Unis, avec des illustrations et des anecdotes.
Vous pouvez avoir accès à tous nos anciens bulletins mensuels
depuis février 2021 en visitant notre site internet :
Vous pouvez cliquer sur toutes les photos de nos bulletins et/ou sur tous les liens (indiqués en bleu) pour plus d'informations et un accès direct aux références.
Veuillez excuser d'éventuelles erreurs typographiques ou grammaticales lors de la traduction en français, effectuée en mode électronique
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Le mois prochain, nous retournerons notre attention sur la série sur les forts français aux 17e et 18e siècles dans le Midwest.
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INSTALLATION DE NOTRE PANNEAU TOURISTIQUE
"L'AMIRAL DE GRASSE, LA MARINE FRANÇAISE,
ET L'INDÉPENDANCE AMÉRICAINE"
À YORKTOWN
Pour rappel, l'inauguration de notre "marker" a eu lieu le 18 octobre 2022 sur Riverwalk à Yorktown, en présence de l'Amiral Frédéric de Rupilly.
Cependant, l'armature métallique avait été endommagée pendant le transport. Nous sommes reconnaissants au National Park Service pour son aide dans la commande d'un remplacement. Nous remercions également chaleureusement les autorités du comté de York, qui ont récemment installé le panneau à son emplacement définitif, pour leur patience et leur coopération.
Nous sommes fiers de cette belle réalisation.
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Photos : courtoisie de Katie Meis, Bureau de développement économique et touristique du comté de York
Riverwalk, Yorktown, Virginie 23690
Les membres du "Comité de la Plaque" qui ont mené à bien ce projet:
Nicole Yancey, Déléguée Régionale du Souvenir Français et ancienne Consule Honoraire de France en Virginie • Contre-Amiral Hilaire Ducellier • Contre-Amiral Frédéric de Rupilly • Colonel Aymeric Tardieu de Maleyssie • Lt Colonel Alain Abad • Lt Colonel Mathieu Brulais • Dr Robert A Selig, Ph.D. historien, et auteur des textes • Thierry Chaunu • Johnny Carawan, National Park Service.
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In Memoriam:
Burt Quist, directeur de l'association Battle of Rhode Island
C'est avec une grande tristesse que la Battle of Rhode Island Association et le Butts Hill Fort Restoration Committee annoncent le décès du directeur, le colonel Burton C. Quist, USMC (Ret.). Il est décédé avec sa famille à ses côtés après une brève bataille contre le cancer le 25 janvier 2023. En plus d'être un directeur fondateur de la Battle of Rhode Island Association (BoRIA) et un membre actif du Butts Hill Fort Restoration Committee (BHFRC ), Burt était membre du conseil d'administration de la Rhode Island Society of the Sons of the Revolution et président du Rhode Island de la Washington-Rochambeau Revolutionary Route Association.
Les contributions de Burt à la BoRIA ont été nombreuses et significatives. Grâce à sa capacité à travailler avec les gens, il a recruté plusieurs bénévoles au conseil d'administration de BoRIA et au BHFRC. Reconnaissant que la réalisation de notre mission nécessitait de «faire connaître l'histoire», il est devenu directeur des affaires publiques et a commencé à se faire connaître par le biais des médias et de multiples événements.
Burt a été nommé dans le Corps des Marines en 1969 et a pris sa retraite du service actif en 1996. Parmi ses déploiements en tant qu'officier d'infanterie, il a servi au Vietnam et à Guantanamo Bay, a commandé le 1er Bataillon du 1er Marines et a commandé la Force opérationnelle interarmées Promise (Forward) pendant les guerres yougoslaves. Il était diplômé de la Marine Corps Amphibious Warfare School et du Naval War College et a enseigné au Marine Corps Command and Staff College. Après avoir été instructeur au Naval War College, il a pris sa retraite du Corps à Newport, Rhode Island. Il a noué des amitiés pour la vie au cours de ses 27 années de carrière et sa famille a bénéficié de multiples affectations sur les deux côtes et en Norvège. Après sa carrière militaire, Burt a travaillé dans le développement des affaires pendant encore 20 ans. Après avoir été stationné dans la région de Newport, il a constamment souhaité retourner à l'île Aquidneck pour sa retraite. Lui et Cathy sont retournés à Middletown en 2009, où il a finalement pris sa retraite de Northrup Grumman en 2016.
À la retraite, Burt a organisé des visites de Newport pour la Newport Historical Society, a travaillé comme guide touristique à Fort Adams et a poursuivi sa passion pour la restauration de Butts Hill Fort à Portsmouth. Il a toujours aimé utiliser son amour de l'histoire pour contribuer à la communauté locale sur l'île d'Aquidneck. Il trouvait souvent l'occasion de s'assurer qu'une conversation se terminait d'une manière ou d'une autre par une discussion sur l'histoire de la guerre d'indépendance du Rhode Island. Il a également voyagé fréquemment pour voir ses fils et petits-enfants et rendre visite à des amis et à sa famille dans tout le pays et dans le monde, notamment en Norvège, en Croatie et au Chili.
Burt était un bon ami pour beaucoup et avait un sens de l'humour sec. Il aimait étudier l'histoire et éduquer la communauté sur les efforts de restauration du fort de Butts Hill. Son amitié, son dévouement et ses contributions nous manqueront beaucoup.
Les dons à la mémoire du colonel Quist peuvent être faits à la Battle of Rhode Island Association (BoRIA) par courrier à PO Box 626 Portsmouth, RI 02871 ou sur www.battleofrhodeisland.org.
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Annonce du Consulat Général de France à New York
Conférence:
"The History of the French in New York"
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Si vous ne pouvez pas assister à la conférence, vous pouvez l'écouter sur Facebook Live ou après l'événement sur la chaîne YouTube du Consulat.
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ANNONCE DE NOS AMIS DE LAFAYETTE TRAIL, INC.
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Le Lafayette Trail, Inc. est heureux d'annoncer l'inauguration prochaine d'un nouveau marqueur historique du Lafayette Trail à Buras-Triumph, Plaquemines Parish, Louisiane, le mardi 7 mars 2023, à 14 h CT. Ce sera notre premier événement dans le Pelican State.
La cérémonie d'inauguration du marqueur aura lieu à Fort Jackson, situé au 220 Herbert Harvey Drive, Buras-Triumph, LA. Un parking sera disponible sur place.
La cérémonie devrait durer environ 45 minutes. Les participants sont encouragés à rester sur place à la fin de l'événement et à socialiser avec les autres participants !
Si vous êtes dans la région et que vous pouvez assister au dévoilement, pensez à le faire! Cet événement sera une occasion unique de célébrer le fort attachement historique de la Louisiane à la France et l'héritage très vivant que Lafayette a laissé dans l'État.
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ANNONCE DU
NATIONAL ARTS CLUB
INVITATION À UNE RECEPTION POUR
LES AMIS ET ADMIRATEURS DE MARCEL MARCEAU
20 mars 2023
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Amis et Admirateurs
Vous êtes cordialement invités à une réception
en l'honneur de Marcel Marceau
le 20 mars 2023 à 18h30
Le National Arts Club (NAC) accueille
"Marcel Marceau : Maître du mime",
une exposition spéciale (9 mars - 28 avril 2023)
célébrant le légendaire mime à l'occasion de son 100e anniversaire.
L'exposition présente des photographies de Ben Martin, un photographe du Time qui les a produites en étroite collaboration avec le célèbre artiste pantomime. Une édition révisée du portrait photographique de l'artiste de 1978 sera publiée en mars 2023 pour coïncider avec l'exposition. Sa veuve Anne Sicco sera présente représentant la famille Marceau.
L'accueil est gratuit et l'exposition est ouverte au public.
Si vous souhaitez vous joindre au dîner français servi après la réception, veuillez réserver avant le 15 mars à francisdubois2005@yahoo.fr.
Le coût du souper est de 90 $, payable en argent comptant ou par chèque.
Pour plus d'informations, veuillez appeler : Francis Dubois au 917 880 2274
Marcel Marceau (né Mangel) et son frère Alain fuient les persécutions et rejoignent la Résistance française à Limoges. Ils ont sauvé de nombreux enfants des lois raciales et des camps de concentration dans le cadre de la Résistance juive en France et, après la libération de Paris, ont rejoint l'armée française.
En raison de sa maîtrise de l'anglais, du français et de l'allemand, Marcel Marceau a travaillé comme officier de liaison avec la troisième armée du général George Patton.
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ANNONCE DE
Paris Post 1 Légion Américaine
et
la Société de la Garde d'Honneur, Tombe du Soldat Inconnu
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Michele Crosley, sergent d'armes de la Légion du poste de Paris 1, avec sa mère, présidente de l'auxiliaire du poste 1 de Paris, Ginette Crosley, au cimetière américain de Suresnes.
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• En 1845 à Lyon, en France, Claude Ducher organise la première exposition internationale jamais consacrée à la reine des fleurs : la rose. Cette même année, il crée sa pépinière de roses qui sera un jour reconnue internationalement.
• En 1921, après la Première Guerre mondiale, Claude Ducher assiste et fournit les roses blanches pour la cérémonie d'élection du Soldat Inconnu qui a lieu à Châlons-en-Champagne (alors Châlons-sur-Marne).
• Après le choix du Soldat Inconnu, le corps a été transporté sous bonne garde par les Légionnaires de Paris Poste 1 vers la ville portuaire du Havre. Le 25 octobre 1921 depuis le port du Havre, le croiseur USS Olympia est parti pour les États-Unis, avec non seulement un équipage complet, mais aussi avec une unité de détachement de Marines dont le devoir était de garder le Soldat Inconnu jusqu'à ce qu'ils arrivent tous en toute sécurité à Washington, D.C.
Le Soldat Inconnu a ensuite été mis au repos éternel au Cimetière National d'Arlington en Virginie.
• Poursuivant la tradition familiale, Florence et Fabien Ducher ont créé la rose Never Forget en 2021 en partenariat avec la Sociéty of Honor Guard, Tomb of Unknown Soldier.
Cette même rose est maintenant disponible (sous forme de graine) pour l'expédition en Europe (ce printemps/été pour les Etats-Unis).
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Un message de Chuck Schwam,
Chief Operating Officer
The American Friends of Lafayette
JOURNÉE DE LAFAYETTE EN VIRGINIE
14 mars 2023
Heure de début : 10h00
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Le 24 février 2015, l'Assemblée de Virginie a adopté la résolution conjointe de la Chambre n° 797 « Désignant le 14 mars, en 2015 et chaque année suivante, comme une journée d'honneur pour le marquis de Lafayette en Virginie ».
Aujourd'hui, huit ans plus tard, j'ai le plaisir de vous annoncer notre huitième "LAFAYETTE DAY" annuel !!!
Encore une fois, nous commençons à la Virginia State House et ferons quelques courtes promenades le reste de la journée. Des parkings payants et des terrasses se trouvent à proximité sur les rues 8th & Grace et 7th & Marshall Streets. VEUILLEZ NOTER : L'itinéraire ci-dessous est accessible à pied. Vous n'aurez qu'à garer votre voiture une seule fois.
Nous attendons de nombreux dignitaires présents.
L'itinéraire du 14 mars 2023 est :
• 10h00 : Nous commencerons par la cérémonie du Lafayette Day dans la rotonde de la Virginia State House (1000 Bank St. Richmond, VA 23219). Le Virginia Statehouse abrite le plus ancien organe législatif élu d'Amérique du Nord. Nous organiserons une cérémonie de dépôt de gerbe devant le buste de Houdon Lafayette (voir ci-dessous) et la statue de Washington dans la rotonde du Capitole. C'est un événement gratuit. Nous allons alors....
• ...faire une visite privée du Capitol Statehouse. C'est une visite à ne pas manquer (même si vous l'avez déjà fait). C'est un événement gratuit. Nous nous dirigerons ensuite vers….
• ...le Manoir du Gouverneur, où vous aurez également droit à une visite privée. C'est une opportunité passionnante de voir le manoir exécutif de Virginie, qui abrite les gouverneurs de Virginie depuis 1813, et la plus ancienne résidence de gouverneur du pays encore utilisée pour son objectif initial... et un lieu que Lafayette a visité. J'espère que nous pourrons voir la "Chambre Lafayette" où se trouvait Lafayette il y a près de 200 ans. C'est un événement gratuit. Nous nous dirigerons ensuite vers….
• ...un déjeuner de groupe à distance de marche de la Statehouse (Meriwether's). Ce déjeuner a été un ÉNORME succès l'année dernière alors que le chef fait travailler ses muscles culinaires avec un délicieux et authentique repas français à quatre plats (soupe aux champignons, salade niçoise, coq au vin, crème brûlée) (35 $ par personne à payer à l'entrée).
avant le 28 février
Je dois fournir à tous les lieux le nombre de personnes attendues.
Merci et vive Lafayette !!!
Chuck Schwam
AMERICAN FRIENDS OF LAFAYETTE
DIRECTEUR GÉNÉRAL
PRÉSIDENT DU COMITÉ NATIONAL DU BICENTENAIRE
240.676.5010
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NOS MISSIONS:
• Honorer et préserver la mémoire des soldats, marins et aviateurs français qui ont donné leur vie pour la liberté et qui sont enterrés aux États-Unis,
• Promouvoir la valorisation de la culture et du patrimoine militaire français aux États-Unis et des idéaux qui unissent nos deux nations, et transmettre la torche du Souvenir aux générations suivantes.
• Renforcer les liens historiques d'amitié depuis 1778 entre les peuples américain et français, et à cette fin: ériger ou entretenir des mémoriaux et monuments et encourager la recherche historique, les présentations publiques et les publications dans les médias.
• Le Souvenir Français, association nationale placée sous le haut patronage du Président de la République, est né en 1872 en Alsace-Lorraine occupée, et a été fondé en 1887 à Paris par le Professeur Xavier Niessen. L'association compte plus de 100 000 membres en France et dans plus de 45 pays.
• Aux États-Unis, l'American Society of Le Souvenir Francais (Souvenir Français- USA) a été représenté depuis la première guerre mondiale par un Délégué Général, parmi lesquels ont figuré le docteur Jules Pierre, M. Bruno Kaiser, le Colonel Roger Cestac, Christian Bickert, Mathieu Petitjean, et Jean Lachaud. L’association est présidée depuis le mois de novembre 2020 par le CC(H) Thierry Chaunu.
Conseil d'Administration:
Par ordre alphabétique:
Françoise Cestac, Présidente d'Honneur
Thierry Chaunu, Président, et Délégué National du Souvenir Français aux USA
Yves de Ternay, Trésorier
Patrick du Tertre, 1er Vice-Président
Henri Dubarry
Francis Dubois
Alain Dupuis, 2nd Vice Président, Délégué National Adjoint
Daniel Falgerho, Secretaire
Pierre Gervois
Caroline Lareuse
Clément Mbom, Conseiller Education
Jean-Hugues Monier, Commissaire aux Comptes
Harriet Saxon
Nicole Yancey
Délégués Régionaux :
Jacques Baisnenou, Grands Lacs et Midwest
Prof. Norman Desmarais, Nouvelle-Angleterre
Marc Onetto, Côte Ouest
Brigitte Van den Hove-Smith, Sud-Est
Nicole Yancey, Yorktown & Virginie, ancienne Consule Honoraire de France en Virginie
Nous cherchons à compléter notre couverture géographique avec des délégués régionaux dans des villes telles qu'Austin ou Houston (pour la circonscription du Sud-Ouest), et La Nouvelle-Orléans (Louisiane).
L'American Society of Le Souvenir Français, Inc. est une société américaine indépendante, apolitique, incorporée en 1993 dans l'Etat de New York, avec le statut 501 (c) 3 à but non lucratif de l'I.R.S.
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Malheureusement, Amazon a annoncé la fin de son programme à compter du 20 février 2023 et nous ne bénéficierons plus des achats éligibles des membres Amazon qui se sont inscrits à ce programme.
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The American Society of Le Souvenir Français, Inc. est une association reconnue "non-profit" par l'Administration Fiscale Fédérale Américaine. Les donations sont déductibles des impôts fédéraux.
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Merci de nous contacter si vous souhaitez recevoir ce bulletin dans sa version traduite en français.
Contact: Thierry Chaunu, President
697 Third Avenue #341 New York, NY 10017
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